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Full text of "Le règne animal distribué d'après son organisation, pour servir de base à l'histoire naturelle des animaux et d'introduction à l'anatomie comparée."

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Fr 


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MU 


RÈGNE ANIMAL 


D'APRÈS SON ORGANISATION. 


IMPRIMERIÉ D’HIPPOLYTE TILLIARD, 


RUE DE LA HARPE, N° 78. 


LE 


RÈGNE ANIMAL 


DISTRIBUÉ D'APRÈS SON ORGANISATION, 


POUR SERVIR DE BASE 


A L’HISTOIRE NATURELLE DES ANIMAUX 


ET D'INTRODUCTION A L’ANATOMIE COMPARÉE. 


Par m. 1e sanon GUVIER; 


GRAND OFFICIER DE LA LÉGION-D'HONNEUR, CONSEILLER-D'ÉTAT ET AU CONSEIL ROYAL DE L'INSTRUCTION 
PUBLIQUE , L'UN DES QUARANTE DE L/ACADÉMIE FRANÇAISE, SECRÉTAIRE PEBPÉTUEL DE L'ACADÉNIE DES 
SCIENCES, MEMBRE DES ACADÈMIES ET SOCIÈTÉS ROYALES DES SCIENCES DE LONDRES, DE BERLIN , 
DE PÉTEESBOURG ; DE STOCKHOLM, D’ÉDIMBOURG, DE COPENHAGUE, DE GŒTTINGUE, DE TURIN, 
DE BAYIÈRE, DE MODÈNE , DES PAYS-BAS, DE CALCUTTA , DE LA SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE LONDRES, etc. 


AVEC FIGURES DESSINÉES D'APRÈS NATURE. 


NOUVELLE ÉDITION, REVUE ET AUGMENTÉE. 


TOME IT. 


CHEZ DÉTERVILLE, LIBRAIRE, 


RUE HAUTEFEUILLE, N° 8; 


ET CHEZ CROCHARD , LIBRAIRE, 


CLOÎTRE SAINT-BENOÎT, NS 16. 


1899. 


ao aol nMÉbeRé 
TEE AE ESA 


à qu 


TABLE MÉTHODIQUE 


DU TOME SECOND. 


REPTILES, ..… « » » . 
Leur division en or- 
MES UE à à 
CHÉLONIENS. . . . 
Tortues. . . . . . 
Tortues de terre. . 

Tort. d’eau douce. 

Tort. à boite. 

Chelonures.. 

Tortues de mer. . 
Sphargis. . . 

Chelides ou tor- 
tues à gueule. . 

Tortues molles ou 
Trionyx. . . . 
SAURIENS. 
CROCODILIENS. . . . 
Crocodiles. . . . 
Gavials, ..... 
Crocodiles pro- 
presse. 3 

Caïmans ou Alli- 

gALOrS « « + » » 
LacEnTIENS. . . . . 
Monitors ou Tupi- 
nambjs. . . . . 
Monitors propres. 


Dragonnes . . . . 
rSauvegardes. . . 
Ameïvase » « « 


Ieuariens. . . . . . 
Agamiens. . ... . 
Stellions.. . . . 
Cordyles. + + « « 
Siellions. ordinai- 
Fes o © eee 
Queues rudes ou 
deryphores, . . 
Fouette-queues. . 
Agames.. . . .. 
Agames ordinai- 
FES {Me ester 
Tapayes, « «+ « 
Changeants. . . . 
Leiolepis. . .‘.. 
Tropidolepis. . . . 
Leposomes. . . . 
Galeotes. .*. . . 
Lophyres. . . . . 
Gonocéphales. . . 
Lyriocéphales, . . 
Physigunathes. . 
futé: 0. 
Dragons... . .. 
Sitanes. + , « . . 


Ptérodactyles. . . 
Iguanienspropres. 
Iguanes.. . . . . 
Ophryesses.. . . 
Basilics® . . . , 


v 


Marbrés.. . . 


Ecphimotes. . . 
Quetzpaleos ou 
Oplures. . . . 
AmOMS: 2 et LUS 
GECKOTIENS. . . . . 
Beckos "ve | 5 
Platydactyles. . 
Hémidactyles. ie 
Thécadactyles.. . 
Ptyodactyles. . . 
Sphériodactyles. . 
Stenodactyles. . . 
Gymnodactyles. . 


Phillures. . 


CAMÉLÉONIENS. . . . 
. Caméléons . . . . 


SGINGOÏDIENS. « . 


Scinques. . . . . 
Tiliques . . . . 
SEDBr Lise 


Bipes. . . : . . 


Chalcides. . . . . 
Bimanes. . . .. 


OPHIDIENS. . . . . 


Ancuis ira. Le. 


Orvets. «+ . . 
-  Sheltopusik 


Pseudopus. . . 


Ophisaures. . 


Orvets propres. . 
Acontiass . . .. 


Vraïs SERPENTS. . . 
Doubles marcheurs . . 
Amphisbènes: . . 
Lepesternons. . . 


Pags! 


46 
#7 


tb. 
48 
5o 
tb. 


TABLE MÉTHODIQUE 


Typhlops. . . .. 13 
Serpents propres. . . . "74 
Non venimeux. : ... 175 

Rouleaux. . . .. 76 


Uropellis. . . . . 1b. 


Erpetons. . . . . 80 


Couleuvres. . . . cb. 


Pythons. . . . . tb. 
Cerbères. . . . . 8 


. Xenopeltis. . . . 1b. 


Hétérodons. , . . 2b. 
Hurria. . . «+. 82 


Dendrophis.. .. cb. 
Dryinus. . . . . 10. 
Dryophis, .. .. 83 
Olygodon. . . . . £b. 
Couleuvrespropres 26. 


Acroccrdes. . . . 85 
Venimeux :à crochets 

simples. ... . . . . . 86 

. Crotales.:.. . . 87 


Trigonocéphales.. 88 


Nipères. .... .. 92 


Naïahoñesh”". 03 


 Elapsrat. 0 . 94 


Micrures. .« . . . 2b. 
Platures. « « « . . &b. 
Trimeresures.. + + 9 
Oplocephales. . . . 16. 
Acanthophis. . . » tb. 
Echis. « « . «+ « . tb. 
Langaha. ... . . tb. 


Venimeux à crochets 
accompagnés d’autres 


DU DEUXIÈME VOLUME. 
Pag. 
dents... .. 4... dé + Perches. . : .. . 
Bongares. . . . . tb. Bars. .,. + . .!. 
Hydres. . . . . «97 Varioles. ... , . . 
Hydrophis. . .. 6b. Centropomes. . . 
Pelamides. . . .« 6. Grammistes. . . . 
Chersydres. . .. 98 APEONB- re" = 
Serpents nus. . . . . . tb. COR SNS 
Cécilies. . . . . . 1b.| "Elelie es 6e 
BATRACIENS. . . .. ro1 Niphons. « . ,.. - 
Grenouilles. . . . 102 Enoploses. 

Grenouilles pro- Diploprions. . . . 
PEU 104 Apogons. . . . . 

Ceratophis. . . . 106 Cheïlodiptères. . 
Dactyietres ; . . 107 Pomatomes. . . 

Raineites, . . . . D. -Ambasses. . . . . 
Crapauds. . . . . 109 Sandres.. . . - . 


Bombinator. .. 
Rhinelles.. . . . 112 
Otilophes. … . . à 

Breviceps. .. . . 4h. 


dents canines. 
Serrans. + + « . 


+ lT|A une seule dorsale, à 


Fete ALT EUR ib. ._. Serrans propres. . 


Salamandres. . . 113 
S. Terrestres. . . 

. S..Aquatiques.. . 115 
Menopoma. . +. . 118 Diacopes. . .. 


Amphiuma. . . . 5b. Mésoprions. ape 


Axolotl. . .... 119 1A une seule dorsale, à 


Menobranchus. . :b.| .dents en velours. 


Proteus, 2". !. 2 "1. Gremilles. er 

. Sirènes. . + . . . 120 Savonniers. . . . 
POISSONS. . . . . . 122 Cerniers. . . .. 
ACANTHOPTERY- _ Centropristes. . . 
GENS. salsse0t 10834 | Growlers. . . , . 
Percoïpes. . . . « . 1b.| A moins de sept rayons 

À ventrales thoraciques.  branchiaux. . .... 
À sept rayons bran- À dorsale unique, à 
chiaux, à deux dorsales. dents canines. . , . 


Barbiers, , , « . . 
re Merous. . . ... . 
Plectropomes. . . 


vi] 
Pag. 
Cirrhites. . . . . tb. 
À dorsale unique, à 
dents en velours . . £b. 
Chironèmes. . . . £b. 
Pomotis.. . . . . 147 
Centrarchus.. . . b. 
Priacanthes. . . . b. 
Doules 4 D 
Thérapons. . . . 148 
Hatnin sn deu. cb. 
Pélates. . -. -,. . 0. 
Hétoles. 2): -« -. 1b.! 
À deux dorsales. . . . 149 
Trichodons... . . 1b. 
Silagot.2. - 1. 
À plus de sept rayons 
branchiaux. . . . . . 150 
Holocentrum. . . 2. 
Myripristis. . . . &b. 
Beryx.. . . . . . 151| 
Trachichtes. . . . 2b. 
À ventrales jugulaires. . 5b. 
Ju Vives. DA LA 
Percis.. . . . . . 153 
Pinguipes.. . . . tb. 
Percophis.. . . . cb. 
Uranoscopes. . . 1b. 
A ventrales abdominales. 154 | 
Polynèmes. . . . 1b. 
Sphyrènes. . . . 156 


Paralepis. . . . . 2b. 
Mulles. . . . . . cb. 


JouEs CUIRASSÉES. . 158 
Trigles jee. éb. 


TABLE MÉTHODIQUE 


Trigles  propre- 
ment dits. . . . 
Prionotes. . . . . 


Malarmats. . . . 


Dactyloptères . . . 


Céphalacanthes. . 


Cottes. . . 
Cottes proprement 
dits. . 
Aspidophores. . . 


.. 


Hémitriptères. . . 
Hémilépidotes . . 
Platycephales. . . 
Scorpènes. . . . . 
Scorpènes propre- 
ment dites. . . 
Tœnianotes. . . . 
Sebastes. . . . . 
Ptérois. . -.. . 


Blepsias. . . . . . 
Apistes. . . + . « 
Agriopes. « . . . 
Pelorse.. 4. 
Synancées. . . . . 
Lepisacanthes. . . 
Épinoches. . .. 
Epinoches propre- 

meut dites. . . 

Gastrès. . . . . . 
Oréosomes. . . . 
SCIÉNOÏDES. . . . . 
À deux dorsales. . . . . 
Sciènes. , . . . . 
Maiïgres ou sciènes 


propres. . . . . 
Otolithes. . . . . 


172 
ib. 


DU DEUXIÈME VOLUME. 1x 


Pag- 
Ancylodons. . 173 
Corbsst. . . . ëb, 
Joknius. . . . , . tb, 
Ombrines. . . .« . 174 
Tambours. tb, 
. Chevaliers. . 175 
A dorsale unique. . , . . tb, 

À sept rayons bran- 
chausatios . .'. 1b. 
Gorettes. . ... :b. 
Pristipomes. . . , 176 
Diagrammes . . , cb. 

À moins de sept rayons 

branchiaux et ligne 
latérale continue. . . 177 
Lobotes. . . . . cb. 
Cheilodactyles. ib. 
Scolopsides. . . . 178 
Microptères . . . 1b. 

A moins de sept rayons 

branchiaux , et ligne 
latérale interrompue. cb. 
Amphiprions. . . 179 
Premnades, , .. 5b. 
Pomacentres. . . b. 
Dascylles, .... :b. 
_ Glyphisodons, . , 180 
Héliases. , .,.-. . 2b. 
SPAROÏDES. « + + + + 180 
Spares. ..;e.ole + 187 
Sargues. . ... : . id. 
Daurades. . . . . cb. 
Pagressiue ste + 182 
Pagels. . . 183 


Dentés. . . . .. 


Page 
Pentapodes. . . . 814 
Lethrinus . . . . 184 
. 105 
Salpesi 5 0 + + 
Bogues. . . . . . &b. 
Oblades.;.sue . + : 2h. 
MéÉNiDEs. . 


? 18 | | 
Mendoles. . . .. 1h. 
Picarelss it à... 187 
Cæsio. . . . . . ab: 
188 
SQUAMMIPENNES. . . 2D. 
Chætodons. . . . 189 
Chætodons propre- 
ments dits. . . 4h. 
Chelmons.. . . . 190 
Heniochus. . . . 191 


Ephippus. . . . . cb, 
Taurichtes. . . 192 
Holacanthes. .. . tb, 
Pomacanthes. . 6, 
Platam 0. 022 1193 
Psettus. . . . .« . cb. 


Piméleptères. . . tb. 


Canthères. 


Geérres re 


Dipterodons. - 194 
Castagnoles. . . . 2b. 
Pempherides. 195 
Afcheras t'ont tb. 
ScomBéroÏDEs. . . . 196 
Scombres. . . . . ib. 
Maquereaux. . . . 197 
Thons. .. .., tb. 
Germons. : . - . 198 
Auxides. . « « + + 199 
Sardes. . . . .. &b. 
Tassards. . . . . ib. 


TABLE MÉTHODIQUE 


Thyrsites. . : . . 
Gempyles. Fr 
Espadons. . . . . 
Espadons propre- 
ment. dits. . . « 
Tetraptures. . . 
!. Makaira. . . .. 
. . Voiliers .4:.1. . 


Centronotes.. . . 
Pilotes... : . . . 
. Elacates .., -. 


Trachinotes. . 

Rhinchobdelles. . 
Macrognathes, . . 
Mastacembles. . 


Notacanthes. . . . 


Pag. 
200 


ib. 
tb. 


Serioles. . . . . . cb. 
Pasteurs. . . . . . 206 
Temnodons. . . . 16. 


CARMEN Eee à 
 Carangues.. . . . 
Giuless ie 2e 2. 
Vomers. . . . .. 
OHStess TE 
-Seyres. .. ... 


Argyreioses. .,. . 
Vomers . propre- 
ment dits. . . 
Fiens %° 4: 08 
Dorees 2. -11. 0e 
Capros. . . . . . 
Lampris ou chry- 
sotoses. . . . . 


207 
208 


Pag. 


Stromatées. . . . 212 
» | 


Fiatoles. .. . . . 
Pamples. . . . . 
Peprilus. . . .. 
Luavarus. . . . . 
Seserinus. . : . . 
Kurtus. . . . . . 


tb. 


tb. 


Coryphænes. . . .- 215 


Coriphènes propre- 
. ment dites. . . 
Caranxomores.. . 
Centrolophes. . . 
Astrodermes. . . 
Pteraclis. . . . . 


TÆNIOÏDES. . . . . . 
A museau alongé, fortes 
dents 2à 


Lepidopes. . . . . 


Tüichiures. . . . 


À museau court, petite 
bouche. . 


Gymnètres. . . . 


Stylephores. . . . 


A museau court, bouche 
* fendue, tête obtuse. . 


Rubans (Cæpola). 
Lophotes. ". . .. 


THeuTiEs. . . 4." . 


* Sidjans (Ampha- 


canthus ). . . . 
Acanthures. .« . . 


: Prionures . . . . 
* Nasons. 


Axinures. : .- .. 
Priodons . . .. 


PHARYNGIENS  LA- 


cb. 
216 
tb. 
tb. 
tb. 


217 
218 


219 


219 
220 


221 
cb. 
222 
tb. 


223 
1b. 
224. 
1b. 
225 
tb. 


RS Se em = 


DU DEUXIÈME VOLUME. x} 


BYRINTHIFOR- Sen on à 

MES. . .« ... 225 Trichonotes . . . 248 
Anabas. . . . . . 296 Comephores . . . 5b. 
Polyacanthes. +. 227 Platyptères. . . . 5b. 
Macropodes. . . . cb. Chirus. + + + + 249 
Hélostomes. . . . tb. PECTORALES PÉDICU- 


HÉES Mdde s ie à VDS 


Osphromenes. . . 228 k 
Baudroiïes. . . . 250 


Trichopodes. 4 . . 1. 
Baudroïes propre- 
. ment .dités. 4! . ? 6b. 
Chironectesouan- 


Spirobranches., . 229 
Ophicephales. . . 4h. 


Muaizoïpes. . . . . 230 tennaires, s . 21 
Mugesili@. … .. 2h, ë Malthées. . . . . 252 
Tetragonurus. . . 233 Batracoïdes. ss. + 253 
‘Athérines. . . . . 234| -. LamroïDes. . , . . . 2594 - 

Gortoïnes. . . . . . 236 Labrese .. . . . 5b. 
Blennies. . . . . cb. Labres proprement 

; ds Ets 255 


Blennies propre- 
HU Cheiïlines. . . . . 256 


Capitaines.. . . . 257 
Girelles. . . .. 5b. 
Anampsès.. . . . 259 


ment dits. . . tb. 
© Pholis. . ... 238 
Myxodes. A MNT 


Salarias. + . . . db. Crenilabres . .. üb. 


Clinus. .. . .. 4. Le PO NOMRN E e 260 
UGirrhibarbes. . . 239 Piloëg os, 5 
. Gonnelles. . . . &b. . . (Cleptiques. … . . &b. 
Opistognathes.. . 240 . . Gomphoses. ,!. . cb. 
"Zoarcës. . . . . . ib, | 1 . Rasons ‘("Xirich- 
- Anarrhichas. . . . 5b. . « thysiaouiloË . 262 
Gobies. . / ... 941 . Chromis. . 14. . 263 
Gobies  propre- Cychles. . . . « . ib. 
ment dits. . . 242 . Plésiops... 414 . 264 
Gobioïdes. . . . 244 |. Malacanthes. . . . 5b. 
Tænioïdes.. . .. db, | Soafés tar. OU 
Periophtalmes.. . 245 |: Calliodons. . . . 266 


Éléotris. : . . .. ib. amour. . 7 ib. 


Xi) 
Pag. 
BoucuEs EN FLUTE. . 1. 
Fistulaires. . . . 267 
Fistulaires propre- 
ment dites. . . 4. 
Aulostomes. . . . 268 
Céntrisques.. . . b. 
Centrisques pro- 
prement dits. . &b. 
Amphisiles. . . . 269 
MALACOPTÉRYGIENS 
ABDOMINAUX. . . . 269 
Cypninoïpes . . . . 1. 
Cyprins. . - . . 270 
Carpes. . . . . . tb. 
Barbeaux. . . . . 
Goujons. . . . . 
Tanches. . . . . b. 
Cirrhines. . . . . 
Brèmes. . . . . . ib. 
Labéons.. . . :. 60. 


Catastomes. . . . 275 
Ables. . . . : .. tb. 
Chela. . . . . . . 277 


Gonorhinques.. . &b, 
Loches. . . . . . 1h, 


Anableps. . . .. 
Pæcilies. . . . . 
Lebiasi ans). -. . 2. 
Fondules. . . . . 2b. 
Molinesia. . . . 
. Cyprinodons. . . cb. 
Esotes, 014210 D. 


Brochets. . . . . 282 
Brochets propre- 
ment dits. . . &b. 
Galaxies. . . . . cb. 
Alepocéphales.. . 283 


* SILUROÏDES. . . 


TABLE MÉTHODIQUE 


Pag. 
Microstomes.. . . 283 
Stomias. . . . . . tb. 
Chauliodes. . . . 284 
Salanx. - : . - . &. 
Orphies.. . . . . 6b. 
Scombrésoces. . . 
Demibees. ., . . . 1, 
Exocets. . . . . . 286 
Mormyres. . . . 255 
. 289 
Silures..- 42:02 290 
Silures  propre- 
ment dits.. . « 991 
Silures spécial. 
nommés. . . db. 
Schilbés. . . . üb. 
Machoirans. . . . 
Pimelodes. , . . cb. 


Bagres. . . .. ib, 

Pimélodes pro- 
ment dits. . 293 

Schals. . . , . 295 


Ageneyoses.. .  ib. 
Doras. . . ... üb. 
Hétérobranches. . 296 
Macroptéronotes.… 297 


Hétérobranches or- 
dinaires. . . . cb. 
Plotoses. . . . . ib. 


Callichtes. . . . 
Malaptérures. . . cb, 
Asprèdes. . . . . 299 
Loricaires. . . . 300 

Hypostomes.. . . 301 

Loricaires ordinai- 

TER nue fe elfes ds 
SALMONES. . « « + + 1h. 
_ Saumons... . . . 302 


DU DEUXIÈME VOLUME. xii] 


ae Pag. Pag. 
Saumons propre- Erythrins.. . . . 326 
ment dits, . . . 302| Amies 2 20 4. 327 
Eperlans. . . .. 305 Vastrès . - . . . . ib. 
NOT “ee Ostéoglosses. . . . 328 
LEE Éctg Lepisostées. . . . 2h. 
ee EL RS 7 À RÉ on polyp- 
Argentines. . - . 308 à 
Characins. « « « + 16. Ares 2 HA DÉS FOR 329 
Curimates. . . . . 309 MALACOPTERYGIENS 
An pe SUBRACHIENS. . . 330 
Serpes. . .... ib. Gapoïpes. . . . . . 1b. 
Piabuques.. . . . 310 Gades.,. 45e tb. 
Serrasalmes. . . . 16. Morues. . . . . . 331 
Tetragonopières.. cb. Merlans. . . . . . 332 
Chalceus. . - . . 311 Merluches.. . . . 333 
Raïüs ou Myletes. 56. Lotes. Éfre: se ME VEN à NL CPP 
Hydrocyns. . . . 312 Motelles. . . .. 334 
Citharines. . . . . 313 Brosmes.. . « . . ih. 
Saurus. + . . .. ib. Brotules.. . . . . 335 
Scopéles: « . . . 314 Phyais 0,1%. 2%: 
Aulopes. « . . . . 315 Raniceps. . . . . 326 
._ Sternoptyx. . . . 5b. Grenadiers ou Ma- 
Cite." 2 L'3:6 croures. . . .« . . cb. 
Harengs. . . . . . 316 Poissons PLATS-. . . 337 
Harengs  propre- Pleuronectes. . . 2b. 
ment dits. . . cb. Phessi US. 338 
Aloses. . . ... 319 Flétans. « . . . . 340 
Cailleutassarts. . . 330 Æarhots 1 MCE 
Odontognathes . . hi Soles. :.. . .. . 343 


Pristigastres . . . 5h. as A à 
Achires. . . ... ëb 


Notoptères . . . . :b. ES: 
Plagusies. . . . . 3 

Anchoôis . . . . . 323 (52 44 

Thrisses.. . . + . 323 

Mégalopes.. . . . 5b. 


Diséosozes. . . . . . cb. 
Porte-écuelles. . . 2h. 
Porte-écuellespro- 58. 


Elopes . . .. .. 324 pres. . ... 5 
Butirins.. . . . . :b. Gobiésoces. . . . 345 
Chirocentres . . . 325 Cycloptères. . . . 1h. 


Hyodons. . . . . 326 Lumps. . ..,.. 344 


Pag: 
Liparis. : « « » . 


Écheneis. . . .. 
MALACOPTÉR YGIENS 
APODES. 


ANGUILLIFORMES. . . 


348 
ib. 
ib, 


Anguilies. . . . . 
Añnpguilles propre- 
. + 349 
Anguilles vraies. &b. 
Congres. . . . . 350 
“Ophisurés.. . . . 16. 


Murènes. . ... 351 
Sphagebranches. . 353 


ment dites. 


Monoptères. . . . £b,. 
Synbranches. . . 354 
Alabès. . . . . . 16. 


Saccopharynx. . . 355 


Gymnotes.. . . 5h. 
Gymnotes propre- 
ment dits .. ib. 
Carapes.. . . . . 355 
Aptéronoles.. . « £b. 
Gymnarchus . . . 1. 
Leptocéphales . . 358 


Donzelles. . . . . tb. 
Donzelles propre- 


ment dites- . . cb. 


Fierasfers. . 359 

Am Équilles SPP 360 

LOPHOBRANCHES. . 361 

Syngnathes... . 362 
Syngnathes  pro- 

prement dits. . 1. 

Hippocampes. . . 36u 

Solénostomes.. . D. 

Pégases. . . , . . 1b. 


347 |. 


TABLE MÉTHODIQUE 


Pag. 
PLECTOGNATHES. . 364 
GymunoponTEs. . . . 364 


Diodons . . . .. 367 
Tétrodons . . . . 368 
Moles 0. @at 369 
Triodons. . . . . 370 
SCLÉRODERMES. . . . 371 
Balistes. . . . . . tb. 
Balistes  propre- 
ment dits.. . . id. 
Monacanthes. . . 373 
Alntères. . . . . 374% 
Triacanthes. . . . àb. 
Coffresw.,11 . . 375 
CHONDROPTÉR Y- 
GIENS 00H 376 
À branchies libres. 
STURIONIENS, . « « « 375 
Esturgeons. . . . 5b. 
Polyodons . . . . 380 
Chimèrés. . . . . 381 
Chimères propres. 382 
Callorhynques.. . 1. 
A branchies fixes. é 
SÉLAGENS. . 4. . . 383 
Squales...dés 385 
Roussettes. … , 386 
Squales. proprement 
AUOT «+ . 387 
Requins. . . .. tb. 
Milandres. . 389 
Emissoles. . : , . tb. 
Grisets. . . . . . 300 
Pelerins. tb. 
Cestracions. . . .« 391 
Aiguillais. . . . . cb. 
Humantins. . 392 


DU DEUXIÈME 
Leiches. 200 r 
Marteaux . . . . . 393 
Anges. . . . . . 394 
OS MT Use - ah. 
Dane 203098 


Rbinobates. . . . cb. 


Rhina. . . 396 
Torpilles. . . .. tb. 
Raïes proprement 
dites. . . - 397 
Pastenagues. . . . 309 


Anacanthes. . . . 400 


VOLUME. XV 
Pag- 
Mourines ou My- 
lobates. . . . . . 4oo 
Rhinoptères. . . . 4or 
Céphaloptères. . .  1b. 
SucEurs ou CycLo- 
STOMES. . « « « 4o2 
Lamproyes. . . . 402 


Myxines. . . .. 405 
Heptatrèmes.. . . 6. 
Gastrobranches. . 406 

Ammocètes. . . . 408 


"LE 


RÈGNE ANIMAL 


DISTRIBUÉ D'APRÈS SON ORGANISATION. 


TROISIÈME CLASSE DES ANIMAUX VERTÉBRÉS. 
LES REPTILES. 


Les reptiles ont le cœur disposé de manière qu'à 
chaque contraction, il n’envoie dans le poumon 
qu'une portion du sang qu’il a recu des diverses 
parties du corps, et que le reste de ce fluide re- 
tourne aux parties sans avoir passé par le poumon, 
et sans avoir respiré. 

Il résulte de là que l’action de l'oxygène sur le 
sans est moindre que dans les mammifères, et 
que , si la quantité de respiration de ceux-ei, où 
tout le sang est obligé de passer par le poumon 
avant de retourner aux parties, s’exprime par l’u- 
nité, la quantité de respiration des reptiles devra 
s'exprimer par une fraction d’unité d'autant plus 
petite, que la portion de sang qui se rend au pou- 
mon , à chaque contraction du cœur , sera moindre. 

Comme c’est la respiration qui donne au sang sa 
chaleur, et à la fibre la susceptibilité pour l'irri- 
tation nerveuse, les reptiles ont le sang froid, et 


les forces musculaires moindres en totalité que les 
TOME II, 2 


2 REPTILES 


quadrupèdes, et à plus forte raison que les oiseaux ; 
aussi n’exercent-ils guère que les mouvements du 
ramper et du nager: et, quoique plusieurs sautent 
et courent fort vite en certains moments, leurs ha- 
biludes sont généralement paresseuses, leur di- 
gestion excessivement lente, leurs sensations ob- 
tuses, et dans les pays froids ou tempérés, ils 
passent presque tous l’hiver en léthargie. Leur cer- 
veau proportionnellement très petit n’est pas aussi 
nécessaire que dans les. deux premières classes à 
l’exercice de leurs facultés animales et vitales ; Jeurs 
sensations semblent moins se rapporter à un centre 
commun ; ils continuent de vivre et de montrer des 
mouvements volontaires, un temps tres considérable 
après avoir perdu le cerveau, et même quand on 
leur a coupé la tête. La connexion avec le système 
nerveux est aussi beaucoup moins nécessaire à la 
contraction de leurs fibres, et leur chair conserve 
son irritabilité bien plus long-temps après avoir été 
séparée du reste du corps que dans les classes précé- 
dentes; leur cœur bat plusieurs heures après qu’on 
l’a arraché, et sa perte n’empèche pas le corps de 
se mouvoir encore long-temps. On a remarqué dans 
plusieurs, que le cervelet est d’une petitesse ex- 
trême , ce qui est assez d'accord avec leur peu de 
propension au mouvement. 

La petitesse des vaisseaux pulmonaires permet 
aux reptiles de suspendre leur respiration sans ar- 


rêter le cours du sang; aussi plongent-ils plus aï- 


EN GÉNÉRAL, 3 


sément et plus long-temps que les mammifères et 
les oiseaux. Les cellules de leur poumon étant 
moins nombreuses, parce qu’elles ont moins de 
vaisseaux à loger sur leurs parois, sont beaucoup 
pluslarges, et ces organes ont quelquefois la forme 
de simples sacs à peine celluleux. 

Du reste, les reptiles sont pourvus de trachée 
artère et de larynx, quoiqu'ils n'aient pas tous 
la faculté de faire entendre une voix. 

N'ayant point le sang chaud, ils n’avaient pas 
besoin de tésuments capables de retenir la chaleur ; 
et ils sont couverts d’écailles ou simplement d’une 
peau nue. 

Les femelles ont un double ovaire et deux ovi- 
ductus; les mâles de plusieurs genres ont une verge 
fourchue ou double; dans le dernier ordre ( ce- 
lui des batraciens), ils n'ont pas de verge du 
tout. 

Aucun reptile ne couve ses œufs, Dans plusieurs 
genres des batraciens, les œufs ne sont fécondés 
qu'après avoir été pondus; aussi n’ont-ils qu’une 
enveloppe membraneuse. Les petits de ce dernier 
ordre ont, au sortir de l’œuf, la forme et les bran- 
chies des poissons, et quelques genres conservent 
ces organes, même après le développement de 
leurs poumons. Dans plusieurs des reptiles qui pon- 
dent des œufs, notamment dans les couleuvres, le 
petit est déjà formé et assez avancé dans l’œuf au 
moment où la mère fait sa ponte, et 1! en estmême 


15 


4 7 REPTILES 


des espèces que l’on peut rendre à volonté vivipares 
en retardant leur ponte (1). 

La quantité de respiration des reptiles n’est pas 
fixe, comme celle des mammifères et des oiseaux ; 
mais elle varie avec la proportion du diamètre de 
l’artère pulmonaire comparé à celui de l’aorte. 
Ainsi les tortues, les lézards, respirent beaucoup 
plus que les grenouilles, etc. , De là des différences 
d'énergie et de sensibilité beaucoup plus grandes 
qu'il ne peut en exister d’un mammifère à un autre, 
d’un oiseau à ur autre. 

Aussi les reptiles présentent-ils des formes, des 
mouvements et des propriétés beaucoup plus variés 
que les deux classes précédentes; et c’est surtout 
dans leur production que la nature semble s'être. 
jouée à imaginer des formes bizarres, et à mos 
difier dans tous les sens possibles le plan général 
quelle a suivi pour les animaux vertébrés, et spé- 
cialement pour les classes ovipares. 

La comparaison de leur quantité de respiration 
et de leurs organes de mouvement a donné lieu 
cependant à M. Brongniart de les diviser en quatre 
ordres (2), savoir : 

Les Crécoxrens ( où Torrues), dont le cœur a 
deux oreillettes, et dont le corps, porté sur quatre 


(x) Par exemple, les couleuvres lorsqu'on les prive d’eau , ainsi que l’a 
expérimenté M. Geoffroy. 

(2) Al. Brongniart, Essai d’une classification naturelle des reptiles, 
Paris 1805, et dans les Mém. des savants étrang. , présentés à l’Institut; 


tom. I, p 587. 


CHÉLONIENS. 5 


pieds , est enveloppé de deux plaques ou boucliers 
formés par les côtes et le sternum. 

Les Saurtens (ou Lézanps), dont le cœur a 
deux oreillettes, et dont le corps , porté sur quatre 
ou sur deux pieds, est revêtu d’écailles. 

Les Oruiprexs ( ou SErPents), dont le cœur a 
deux oreillettes, et dont le corps reste toujours 
dépourvu de pieds. 

Les Barracrens, dont le cœur n’a qu’une oreil- 
lette, dont le corps est nu, et dont la plupart 
passent, avec l’âge, de la forme d’un poisson re- 
spirant par des branchies , à celle d’un quadrupède 
respirant par des poumons. Quelques-uns cependant 
ne perdent jamais leurs branchies, et il y en a qui 
n’ont jamais que deux pieds (1). | 


LE PREMIER ORDRE DES REPTILES, 
Ou Les CHÉLONIENS, 


Plus connus sous le nom de Tortues, ont le cœur 
composé de deux oreillettes, et d’un ventricule à 
deux chambres inégales qui communiquent en- 


(1) D’autres auteurs, comme Merrem , font une autre répartition des 
sauriens et des ophidiens. Ils détachent les crocodiles pour en faire un 
ordre à part, et réunissent au contraire au reste des sauriens, la première 
famille des ophidiens , ou les anguis, distribution qui repose sur quelques 
particularités de l’organisation des crocodiles, et sur une certaine res- 
semblance des anguis avec les lézards. Nous avons cru suflisant d’in- 
diquer ces rapports presque tous intérieurs, en conservant néanmoins 
une division d’une application plus facile, 


6 REPTILES 


semble. Le sang du corps entre dans l'oreillette 
droite ; celui du poumon, dans la gauche; mais 
les deux sangs se mêlent plus ou moins en passant 
par le ventricule: | 

Ces animaux se distinguent au premier coup d’œil 
par le double bouclier dans lequel le corps est en- 
fermé , et qui ne laisse passer au dehors que leur 
tête, leur cou, leur queue et leurs quatre pieds. 

Le bouclier supérieur, nommé carapace, est 
formé par leurs côtes, au nombre de huit paires, 
élargies et réunies par des sutures dentées entre 
elles , et avec des plaques adhérentes à la portion 
annulaire des vertèbres dorsales, en sorte que toutes 
ces parties sont privées de mobilité. Le bouclier in- 
férieur , appelé plastron, est formé de pièces qui re- 
présentent le sternum , et qui sont ordinairement au 
nombre de neuf (1). Un cadre composé de pièces 
osseuses auxquelles on a cru trouver quelque ana- 
logie avec la parte sternale ou cartilagineuse des 
côtes, et qui demeure même dans un sous-genre 
à l’état cartilagineux, entoure Ja carapace en Cei- 
gnant etréunissant Loutes les côtes qui la composent. 
Les vertèbres du cou et de la queue sont donc les 
seules mobiles. 

Ces deux enveloppes osseuses étant recouvertes 
immédiatement par la peau ou par les écailles , l’o- 


(x) Voyez Geoffroy , Ann. du Mus., 1. XIV, p. 5. Consultez aussi sur 
toute l’ostéologie des tortues, mes Recherehes sur les Ossements fos- 
siles, tom. V, ae partie. d 


CHÉLONIENS. 7 


moplate et tous les muscles du bras et du cou, au 
lieu’ d’être attachés sur les côtes et sur lépine, 
eomme dans les autres animaux, le sont dessous ; 
il en est de même des os du bassin et de tous les 
muscles de la cuisse, ce qui fait que la tortue peut 
être appelée , à cet égard, un animal retourné. 

L’extrémité vertébrale de l’omoplate s'articule 
avec la carapace ; et l'extrémité opposée, que l’on 
peut croire analogue à la clavicule, s'articule 
avec le plastron, en sorle que les deux épaules 
forment un anneau dans lequel passent l’œsophage: 
et la trachée. 

Une troisième branche osseuse, plus grande que 
les deux autres, et dirigée en bas et en arrière , re- 
présente, comme dans les oiseaux, l’apophyse co- 
racoïde, mais son extrémité posiérieure reste 
libre. 

Les poumons sont fort étendus et dans la même 
eavité que les autres viscères (1). Le thorax étant 
immobile dans le plus grand ncnbre, c’est par le 
jeu de la bouche que la tortue respire, en tenant 
les mâchoires bien fermées, et en abaïssant et éle-- 
vant alternativement son os hyoïde : le premier 
mouvement laisse entrer l’air par les narines ; et, la 


langue fermant ensuite leur ouverture intérieure, 


(1) Remarquez que , dans tous les reptiles où le poumon pénètre dans 
l'abdomen ( etle crocodile est le seul où cela ne soit pas), il est enveloppé, 


comme les intestins , par un repli du péritoine, qui le sépare de la cavité 
abdominale. 


8 REPTILES 


le deuxième mouvement contraint cet air à pénétrer 
dans le poumon (1). * 

Les tortues n’ont point de dents ; leurs mâchoires 
sont revêtues de cornes comme celles des oiseaux, 
excepté dans les chélydes, où elles ne sont garnies 
que de peau. Leur caisse et leurs arcades palatines 
sont fixées au crâne et immobiles; leur langue est 
courte, hérissée de filets charnus; leur estomac 
simple et fort; leursintestins de longueur médiocre 
et dépourvus de cæcum. Elles ont une fort grande 
vessie. 

Le mâle a une verge simple et eonsidérable ; 
la femelle produit des œufs revêtus d’une coque 
dure. On reconnaît souvent le mâle à l’extérieur, 
parce que son plastron est concave. 

Les tortues sont tres vivaces ; on en a vu se mou- 
voir sans tête pendant plusieurs semaines; il leur 
faut très peu de nourriture, et elles peuvent 
passer des mois entiers et même des années sans 
manger. 

Les chéloniens, tous réunis par Linnæus dans le 
genre 

Des Tortues. (TEsruno. L.) 


Ont été divisés en cinq sous-genres, principalement 
d’après les formes et les téguments de leurs carapaces et 
de leurs pieds. 


(1) Voyez, sur ce mécanisme qui est commun aux tortues et aux batra- 
ciens, les Mémoires de Robert Townson. Londres 1799. 


CHÉLONIENS. 9 
1° Les Tortues DE TERRE. (Tesrupo. Brongn. ) (1). 


Ont la carapace bombée, soutenue par une charpente 
. osseuse toute solide, et soudée par la plus grande partie de 
ses bords latéraux au plastron ; les jambes comme tronquées, 
à doigts fort courts et réunis de très près jusqu'aux ongles; 
pouvant, ainsi que la tête, se retirer entièrement entre les 
boucliers; les pieds de devant ont cinq ongles, ceux de der- 
rière quatre, tous gros ct coniques. Plusieursespèces se nour- 
rissent de matières végétales. 


La Tortue grecque. (Test. græca. Lin. Schæpf.) pl. vu. 1x. 


Est l’espèce la plus commune en Europe; elle vit en 
Grèce , en Italie, en Sardaigne, et, à ce qu’il paraît, tout 
autour de la Méditerranée. On la distingue à sa carapace 
large , également bombée ; à ses écailles relevées, granu- 
lées au centre, striées au bord, tachetées de noir et de jaune 
par grandes marbrures; et à son bord postérieur, qui adans 
son milieu une proéminence un peu recourbée sur la queue. 
Elle atteint rarement un pied de long; vit de feuilles , de 
fruits, d'insectes, de vers; se creuse un trou pour y passer 
l’hiver ; s’accouple au printemps, et pond quatre ou cinq 
œufs semblables à ceux des pigeons. 

Parmi les espèces étrangères , il en est plusieurs des 
Indes orientales, d’un volume énorme, de trois pieds et 
plus de longueur. L’une d’elles a été trop particulièrement | 
nommée 


La Tortue des Indes. ( Test. indica. Vosm. ) Schæpf. 
Tort. pl. xxur. 


Sa carapace est comprimée en avant, et le bord anté- 
rieur serelève au-dessus de la tête. Sa couleur est un brun 
foncé. : 

Il en est aussi plusieurs remarquables par la jolie dis- 
tribution de leurs couleurs, comme 


La géométrique. ( Test. geometrica. L.) Lace». I. 1x. 
Schæpf. x. 


Petite tortue dont la carapace noire a chacune de ses 


(1) Merrem a changé ce nom en CuErsine. 


F0 REPTILES 


écailles régulièrement ornées de lignes jaunes en rayons 
partant d’un disque de même couleur, et 


Le Coui. (T. radiata.) Shaw. Gen. zool. IE. pl. n.et Daud. 


IL. xxvr. 


Espèce de la Nouvelle-Hollande, presque aussi bien des- 
sinée que la géométrique, mais qui atteint une bien plus 
grande taille (r). 


Quelques espèces (les Pyxrs. Bell.) ont la partie anté- 
rieure du bouclier mobile, comme les tortues à boîte; et 
d’autres (les Kinixys, id. ) peuvent mouvoir la partie pos- 
térieure de la carapace (2). 


2° Les Torrues p’Eau pouce. ( Emys. Brongn. ) (3). 


N’ont d’autres caractères constants pour les distinguer 
des précédentes, que des doigts plus séparés, terminés par 
des ongles plus longs, et dont les intervalles sont occupés. 
par des membranes, encore y a-t-il des nuances à cet égard. 
On leur compte de même cinq ongles devant et quatre 
derrière. La forme de leurs pieds leur donne des habitudes 
plus aquatiques. La plupart vivent d’insectes, de petits pois- 
sons, etc. Leur enveloppe est généralement plus aplatie que 
celle des tortues de terre. 


(1) Ajoutez : T. stellata, Schæpf. , xxv ; — T°. angulata, Schweig.; 


— T. areolata, Sch., xx; — T°, denticulata, Sch., xxvm, 1; — 
T.cafra, Schweiger. ; — T!. signata, Schw.;— T. marginata, Sch.,xu, 
1,2; — 2. carbonaria, Spix., xvi; — 7°. hercules, id. , x1v; — T°. 


cagado , id., xvn; —T. tabulata, Sch., x; — T!. sculpta, Spix., xY ; 
— T. nigra, Quoy et Gaym. Vôyage de Freyc., Zool., xxxvir; — 77. 
depressa , Cuv. ; — T. biguttata , id. ; — T7. carolina, Leconte, etc. 

(2) Voyez les Mém. de M. Bell. , dans les Trans. Linn. , tome XV, 2e 
part., p. 392; deux de ces kinixys que nous avons vus vivants, avaient 
les bords de la jointure de la carapace, incgalement usés et comme 
cariés, au point que l’on pourrait croire qu’il y avait quelque chose de 
maladif dans cette conformation. 

(3) D’égvs ({ Tortue). 


) CHÉLONIENS. 11 


La Tortue d’eau douce d'Europe. ( Testudo europæa. 
Schn. orbicularis Lin.) Schæpf. pl. L. (1). 


Est l’espèce la plus répandue; on l’observe dans tout 
le midi et l’orient de l’Europe jusqu’en Prusse. Sa cara- 
pace est ovale, peu convexe , assez lisse, noirâtre , toute 
semée de points jaunâtres disposés en rayon. Elle atteint 
jusqu’à dix pouces de long; on mange sa chair ,eton en 
élève pour cela avec du pain , de jeunes herbes ; elle mange 
aussi des insectes, des limas, de petits poissons , etc. Mar- 
sigli dit que ses œufs sont un an à éclore. 


La Tortue peinte. ( Test. picta. Schœpf. pl. 1v.) 


Est une des plus jolies espèces ; elle est lisse, brune, et 
chacune de ses écailles est entourée d’un ruban jaune, fort 
large au bord antérieur. On la trouve dans l’Amérique sep- 
tentrionale , le long des ruisseaux , sur les rochers ou les 
troncs d'arbres , d’où elle se laisse tomber dans l’eau sitôt 
qu’on approche (2). 


(x) C’est la même que la verte et jaune , Lacép. PI. VI et sa ronde 
pl. V. On doit consulter , sur cette espèce , la belle monographie qu’en a 
donnée M. Bojanus , Vilna, 1819, in-folio. 

(2)Aj. Em. lutaria, Lacep., 1v; —Em. Adansonü, Shweig ; —ÆEm.se= 
negalensis , Dumer. ; — Em. subrufa , Lacep., xiu1; — Em. contracta , 
Sckweig; — Em. punciata, Schœpf., v ; — Em. reticulata, Leconte ; — 
Em. rubriveniris, id. ; — Em. serrata, Daud., IT, xx1; — Em. concinna, 

-Lec. , ou geometrica, Lesueur; — Em. pseudogeographica , Lesueur ; — 
Em. scripta , Schœpf., II, 4 ; — Em. scabra , id., IL; — Em. cinerea, 
id., Il, 3; — Em. centrata, Daud., ou terrapen, Lin. , Schæpf., xv ; — 
Em. concentrica, Lec.; — Em. odorata , id.; — Em. fusca, Lesueur ; 
— Em. leprosa, Schw. ; — Em. nasuta, id. ; — Em. dorsata , Schæpf.; 
— Em. pulchella , Schœpf., xxvi, ou insculpta, Lec.; — Em. 
lutescens; Schw.; — Em. expansa,id.; — Em. macquaria, Cuy. 

M. Fitzinger sépare sous Le nom de Cmeconiwa, "et M. Bell sous celui 
d'Hyprasris, les espèces à cou plus alongé, telles que : Em. longicollis, 
Shaw., gen. Zool. III, part. I, pl. xv1; —Æm. planiceps, Schœpf., xxvu1, 
ou Canaliculata, Spix., vi; —ÆEm. platicephala, Merrem; — Em. de- 


pressa, Spix. NI, 2 ; — Ln. carunculata, Aug. St.-Hil. ; — Em. tritenta- 
culata , id. 


12 REPTILES 
On doit remarquer parmi les tortues d’eau douce, 
Les ToRTuEs À BOITE (1). 


Dont le plastron est divisé en deux battants par une articu- 
lation mobile, et qui peuvent fermer entièrement leur cara- 
pace quand leur tête et leurs membres y sont retirés. 

Les unes ont le battant antérieur seulement mobile (2). 

Dans d’autres, les deux battants se meuvent égale- 
ment (3). 

Il y a au contraire des tortues d’eau douce dont la queue 
longue et les membres volumineux ne peuvent rentrer en- 
tièrement dans les boucliers. Elles se rapprochent en cela 
des sous-genres suivants, et surtout des chelydes , et méri- 
tent par conséquent aussi d’être distinguées (4). 

Telle est : 

La Tortue à longue queue. ( T. serpentina. L.) Schæpf. 
pl. vi. 

Que l’on reconnaît à sa queue presque aussi longue que. 
sa carapace , hérissée de crêtes aigues et dentelées , et à ses 
écailles relevées en pyramides. Elle habite les parties 
chaudes de l’Amérique septentrionale, détruit beaucoup 
de poissons et d’oiseaux d’eau , s’écarte assez loin des riviè- 
res, et pèse quelquefois au-delà de vingt livres. 

3° Les Tortues DE mer. (CmELONIA (5). Brongn.) 


Ont leur enveloppe trop petite pour recevoir leur tête et 
surtout leurs pieds qui sont extrêmement alongés ( princi- 
palement ceux de devant), aplatis en nageoires, et dont tous 
les doigts sont étroitement réunis etenveloppés dans la même 


(x) C’est de cette subdivision que Merrem a fait son genre TERRAPÈNE; 
Spix, son genre Kivosrernon ; Fleming, son genre Cistuna. L'espace. 
d'Europe et d’autres ont déjà quelque chose de cette mobilité; ce qui 
rend son genre difficile à limiter. 

(2) Test. subnigra ,1, var, 2; — T. clausa, Schæpf, , var. 

(3) La tortue à boîte d’Amboine. Daud. IT, 309: Test. tricarinata , 
Schæœpf., 1; Test. pensilvanica, 1, d., xx1v. 

(4) M. Fitzinger a fait de cette subdivision son genre CnezxprA, et 
M. Fleming, son genre CHELONURA. : 

(b) Chelonia , de %th0Y4. Merrem a préféré le nom barbare de Ga- 
RETTA, 


: CHÉLONIENS. 15 
membrane, Les deux premiers doigts de chaque pied ont 
seuls des ongles pointus qui tombent même assez souvent 
l’un ou l’autre à un certain âge. Les pièces de leur plastron ne 
forment point une plaque continue, maissont diversement 
dentelées, et laissent degrands intervalles qui ne sont occupés 
que par du cartilage. Les côtes sont rétrécies et séparéesl’ane 
de l’autre à leur partie extérieure; cependant le tour de la 
carapace est occupé en entier par un cercle de pièces corre- 
spondantes aux côtes sternales. La fosse temporale est cou- 
verte en-dessus d’une voûte formée par les pariétaux, et d’au- 
tres os, en sorte que toute la têteest garnie d’un casque osseux 
continu. L'æsophage est armé partout en dedans de pointes 
cartilagineuses et aiguës dirigées vers l’estomac. 


La Tortue franche où Tortue verte. ( Testudo mydas.(1) 
Lin. T. viridis. Schn. ) Lacép. I. r. 


Se distingue par ses écailles verdâtres au-nombre de 
treize qui ne se couvrent point en tuiles, et dont celles de 
la rangée du milieu sont à peu près en hexagonesréguliers. 

Elle a jusqu’à six ou sept pieds de long et jusqu’à sept et 
huit cents liv. de poids. Sa chair fournit un aliment agréa- 
ble et salutaire aux navigateurs dans tous les paragés de la 
zône torride. Elle paît en grandes troupes les algues au 
fond de la mer, et se rapproche des embouchures desfleuves 
pour respirer. Ses œufs qu’elle dépose dans le sable au s0- 
leil , sont très nombreux et excellents à manger, maisou 
n’emploie point son écaille 

Une espèce voisine ( Chel. maculosa. nob.) a les plaques 
mitoyennes du double plus longues que larges , et fauves 
marquées de grandes taches noires; et une autre ( Chel. 
lachrymata , nob.,) avec des plaques comme la précé- 
dente, a la dernière relevée en bosse , et des flammes noires 
sur le fauve. Leurs écailles s’'employent utilement. 


Le Caret. ( Testudo imbricata. L.) Lac. I. n. Schæpf. 
XVIIL. A. 


Moius grande que la tortue franche, à museau plus 


{1) Ce nom de WMydas a été pris par Linnæus dans Niphus. Schneider 


le croit corrompu d’ sv. 
. 
’ 


14 REPTILES 


alongé , à mâchoires dentelées , portant treize écailles fau- 
veset brunes qui se recouvrent comme des tuiles ; cette 
espèce a la chair désagréable et malsaine ; mais ses œufs 
sont très délicats, et c’est elle qui fournit la plus belle 
écaille de tortue employée dans les arts. On la trouve dans 
les mers des pays chauds. 

Il yaaussi deux espèces à rapprocher du caret | Chel. 
virgata, nob. ; Bruce , Abyss., pl.xzur, qui a les plaques 
moins-relevées , celles du milieu égales mais à angles laté- 
raux plus aigus, êt des vergetures noires et rayonnées sur 
ses écailles ; et. Chel. radiata , Schæpf, xvi, B, qui ne dif- 
fère de la précédente que parce que la dernière de ses pla- 
ques mitoyennes , est plus large ; ce n’est peut-être qu’une 
variété. 


La Caouane. (Test. Caretta. Gm. ) Schæpf. pl. xvr. 


Est plus ou moins brune ou rousse, et a quinze écailles 
dont les mitoyennes sont relevées en arêtes , surtout vers 
leur extrémité; la pointe du bec supérieur crochue, et les 
pieds de devant plus longs et plus étroits que dans les 
espèces voisines et conservant deux ongles plus marqués. 
Elle vit dans plusieurs mers et même dans la Méditerranée, 
se nourrit de coquillages , a la chair mauvaise et l’écaille 

‘peu estimée , mais fournit une huile bonne à brüler. 


Merrem a distingué récemment, sous le nom de SPnARGIs, 
les chélonées , dont le test n’a point d’écailles et est revêtu 
seulement d’une sorte de cuir (1). Î 


Telle est une très grande espèce de la Méditerranée : 


‘Le Luth. (Testudo coriacea. L.) Lacep. I. m. Schæpf. 


XXVIII. 


Sa carapace ovale et pointue en arrière, présente trois 
arêtes longitudinales, saillantes au travers du cuir (2). 


4° LesCnéuipes ou TorTuEs À GUEULE. (Cuezys. Dumer.) (3). 


Ressemblent aux émydes par les pieds et par les ongles; 


(1) M. Fleming les nomme Comiuno. M. Lesueur, DermocHeLis. 

(2) Aj: Dermochelis atlantica , Lesueur. 

(3) Merrem a préféré pour ce genre , le nom barbare de Maramara. 
* 


CHÉLONIENS. 15 


leur enveloppe est beancoup trop petite pour recevoir leur 
tête et leurs pieds, qui ont beaucoup de volume; leur nez 
se prolonge en une petite trompe; mais le plus marqué de 
leurs caractères consiste en ce que ieur gueule fendue en 
travers n’est point armée d’un bec de corne comme celle des 
autres chéloniens, et ressemble à celle de certains batra- 
ciens, nommément du Pipa. 


La Matamata. ( Testudo fimbria. Gm.) Bruguières. Journ. 
d'Hist. nat. I. xni. Schœpf. xxr. 


A carapace hérissée d’éminences pyramidales ; le corps 
bordé tout autour d’une frange déchiquetée. On la trouve 
à la Guiane. 


5e Les Torrurs mozces. (Trionyx. Geoff. ) 


N'ont point d’écailles, mais seulement une peau molle 
pour envelopper leur carapace et leur plastron , lesquels ne 
sont ni l’un ni l’autre complétement soutenus par des os, 
les côtes n’atteignant pas les bords de la carapace et n’étant 
réunies entre elles que dans une portion de leur longueur , 
les parties analogues aux côtes sternales étant remplacées 
par un simple cartilage , et les pièces sternales en partie den- 
telées comme dans les tortues de mer, ne remplissant point 
toute la face inférieure. On aperçoit après la mort, au tra- 
vers de la peau desséchée, que la surface des côtes est très 
raboteuse. Les pieds, comme dans les tortues d’eau douce, 
sont palmés sans être alongés, mais trois de leurs doigts 
seulement sont pourvus d'ongles. La corne de leur bec est 
revêtue en dehors de lèvres charnues, et leur nez se pro- 
longe en une petite trompe. Leur queue est courte et l’a- 
nus percé sous son extrémité. Elles vivent dans l’eau douce, 
et les bords flexibles de leur enveloppe les aident davs la 
natation. 


Le Tyrsé ou Tortue molle du Nil. (Testudo triunguis. 
Forsk et Gm. ) Zrionyx æœgyptiacus. Geoff. Anr. du 
Mus. XIV. 1. 


Quelquefois longue de trois pieds; d’un vert mou- 
cheté de blanc, à carapace peu convexe. Elle dévore les 


16 REPTILES 


petits crocodiles au moment où ils éclosent, et rend par 
là plus de services à l’Egypte que la mangouste(r). 


La Tortue molle d'Amérique. ( Testudo ferox. Gm.) 
Penn. Trans. Phil. LXI. x. 1-3. Cop. Lacep. I. vur. 
Schæpf. x1x. 


Habite les rivières de la Caroline, de la Géorgie, de la 
Floride et de la Guiane; se tient en embuscade sous les ra- 
cines des joncs, etc., saisit les oiseaux, les reptiles , etc., 
dévore les jeunes caïmans et devient la proie des grands. 
Sa chair est bonne à manger (2). 


LE DEUXIÈME ORDRE DES REPTILES, 
Ou LES SAURIENS (3). 


Ont le cœur composé, comme celui des chélo- 
niens , de deux oreillettes, et d’un ventricule quel- 
quefois divisé par des cloisons imparfaites. 

Leurs côtes sont mobiles, en partie attachées au 
sternum , et peuvent se soulever ou s’abaisser pour 
la respiration. 

Leur poumon s'étend plus ou moins vers lar- 
rière du corps; il pénètre souvent fort avant dans 
le bas-ventre, et les muscles transverses de l’ab- 
domer se glissent sous les côtes et jusques vers le 


(x) Sonnini., voyage en Egypte, tome IL, p. 333. 

(2) Aj. Trionix javanicus, Geoffr., Ann. du Mus. x1v;, — 77. 
carinatus, id.; — Tr. stellatus, id.; — Tr. euphraticus, Olivier, 
Voyage en Turq., etc., pl. xin; — Tr. gangeticus, Duvaucel; — 7r. 
granosus , Leach. ou test. granosa, Schæpf. xxx, A et B. 

IV. B. La Tortue de Bartram, Voyage en Am. sept., trad. fr., I, pl. 2, 
me paraît le T'estudo ferox , auquel le dessinateur a donné , par mégarde, 
deux ongles de trop à chaque pied. 

(3) De cadpos (Lézard ), animaux analogues aux lézards. 


SAURIENS. 17 
col pour l’embrasser. Ceux qui l'ont très grand 
exercent la faculté singulière de changer les cou- 
leurs de la peau, suivant qu’ils sont émus par leurs 
besoins ou par leurs passions. 

Leurs œufs ont une enveloppe plus ou moins 
dure: Les petits en sortent avec la forme qu’ils doi- 
vont toujours conserver. 

Leur bouche est toujours armée de dents; leurs 
doigts portent des ongles, à très peu d'exception 
près ; leur peau est revêtue d’écailles plus ou moins 
serrées, ou au moins de petils grains écailleux ; ils 
s’accouplent, tantôt par deux verges, tantôt par une 
seule, selon les genres. 

Tous ontune queue plusou moinslongue, presque 
toujours fort épaisse à sa base ; le plus grand nombre 
a quatre jambes ; quelques-uns seulement n’en ont 
que deux. | 

Ils ne formaient dans Linnæus que deux genres, 
les Dracows et les LézaArps; mais ce dernier a dû 
être divisé en plusieurs, qui différentipar le nombre 
des pieds, celui des verges, les formes de la langue, 
de la queue et des écailles , au point qu’on est obligé 
d’en faire même plusieurs familles. 

La première , ou celle 


DEs CROCODILIENS. : 
Ne comprend qu’un seul genre, savoir : 
_ Les CROCODILES. (CrocoprLzus. Br.) 


Ils ont une grande stature, la queue aplatie par les 
TOME II. 2 


18 REPTILES 


côtés, cinq doigts deyant, quatre derrière, dont les 
trois internes seulement armés d’ongles à chaque pied, 
tous plus ou moins réunis par des membranes; un seul 
rang de dents pointues à chaque mâchoire; la langue 
charnue, plate et attachée jusque très près de ses bords, 
ce qui a fait croire aux anciens qu’ils en manquaient ; 
une seule verge; l’ouverture de l’anus longitudinale; le 
dos et la queue couverts de grandes écailles carrées très 
fortes, relevées d’une arête sur leur milieu ; une crête de 
fortes dentelures sur la queue, double à sa base. Les 
écailles du ventre carrées, minces et lisses. Leurs nari- 
nes, ouvertes sur le bout du museau par deux petites 
fentes en croissant que ferment des valvules, donnent, 
par un long canal étroit percé dans les palatins et dans 
le sphénoïde, jusque dans le fond de l’arrière-bouche. 

La mâchoire inférieure se prolongeant derrière le 
crâne ; il semble que la supérieure soit mobile, et les 
anciens l’ont écrit ainsi; 5 mais elle ne se meut qu’ avec la 
tête toute entière. 

Leur oreille extérieure se ferme à volonté par deux 
lèvres charnues ; leur œil a trois paupières. Sous la gorge 
sont deux petits trous, orifices de glandes, d’où sort 
une pommade musquée. DE 

Les vertèbres du cou appuient les unes sur les autres 
par de petites fausses côtes qui rendent le mouvement 
latéral difficile : aussi ces animaux ont-ils de la peine à 
changer de direction, et on les évite aisément en tour- 
noyant. Ce sont les seuls sauriens qui manquent d’6s 
claviculaires; mais leurs apophyses coracoïdes s’attachent 
au sternum , comme dans tous les autres. Outre les 
côtes ordinaires et les fausses côtes , il y en a qui pro- 
tègent l'abdomen sans remonter jusqu’à l’épine, et qui 
paraissent produites par l’ossification des inscriptions 
tendineuses des muscles droits. 

Leurs poumons ne s’enfoncent pas dans l’abdomen, 
comme ceux des autres reptiles, et des fibres charnues, 


SAURIENS. 19 


adhérentes à la partie du péritoine qui recouvre le foie, 
leur donnent une apparence de diaphragme, ce qui, 
joint à leur cœur divisé en trois loges, et où le sang qui 
vient du poumon ne se mêle pas avec celui du corps 
aussi complétement que dans les autres reptiles, rap- 
proche un peu plus les crocodiles des quadrupèdes à 
sang chaud. 

Leur caisse et leurs apophyses ptérygoïdes sont fixées 
au crâne , comme dans les tortues. 

Leurs œufs sont durs et grands comme ceux de nos 
oies , et les crocodiles passent pour les animaux dont les 
deux extrêmes de grandeur sont le plus différents. Les 
femelles gardent leurs œufs, et quand ils sont éclos, 
elles soignent leurs petits pendant quelques mois. 

Ils se tiennent dans les eaux douces, sont très car- 
nassiers, ne peuvent avaler dans l’eau, mais noient 
leur proie , et la placent dans quelque creux sous l’eau, 
où ils la laissent putréfier avant de la manger (1). 

Les espèces, plus nombreuses qu’on ne le croyait avant 
nous, se rapportent à trois sous-genres distincts. : 

Les Gavrars. Cuv. 

Ont le museau grêle et très alongé ; les dents à peu près 
égales; les quatrièmes d’en bas passant, quand la bouche 
est fermée , dans des échancrures , et non pas dans des trous 
de .la mâchoire supérieure; les pieds de derrière dentelés 
au bord externe et palmés jusqu’au bout des doigts, deux 
grands trous aux os du crâne derrière les yeux, que l’on 
sent au travers de la peau. On n’en a encore observé que 
dans l’ancien continent. 

Le plus connu est 


Le Gavial du Gange.( Lac. gangetica. Gm. ) Faujas. Hist. 
de la Mont. de St.-Pierre. pl. xrvi. Lacep. E. xv. 

Espèce qui devient fort grande, et qui, outre la lon- 

(x) Les crocodiles diffèrent assez des autres lézards, pour que plusieurs 

auteurs récents aient cru devoir en faire un ordre particulier. Ce sont 


les LonicarA de Merrem, et de Fitzinger, les Euynosauriexs de Blainville. 


o*t 
- 


20 REPTILES 


gueur de son museau, se fait remarquer par une grosse 
proéminence cartilagineuse qui entoure ses narines , et se 
rejette en arrière (1). 


Les Croconizes (2) proprement dits. 


Ont le museau oblong et déprimé, les dents inégales, les 
quatrièmes d’en bas passant dans des échancrures et non pas 
dans des trous de la mâchoire supérieure, et tous les autres 
caractères des gavials. Il y a des espèces de cette forme dans 
les deux continents. | 


Le Crocodile vulgaire, ou du Nil. ( Lac. crocodülus. L. ) 
Geoffr. Descr. de l’Ég. Rept. IL. 1. Ann. Mus X. IL 1. 
Cuv. tbid. X. pl. E f. 5 etxr. f. 7. et Ossem. foss. V. 
part. 2. même pl. et fig. 


Si célèbre chez les ancicns, a six rangées de plaques 


(1) C'est cette proéminence qui avait fait dire à Elien ( Hist. an. zxn, 
c. 41), qu'il existe dans le Gange des crocodiles qui ont une corne sur le 
bout du museau. Voyez en la description et les figures, par M. Geoffroy 
St.-Hil., Mém. du Mus., XII, p. 97. 

Aïoutez le petit gavial ( Croc. tenuirostris | Cuv.), Faujas, loc. cit., 
pl. xzvur , si toutefois c’est une espèce distincte. 

IN. B. Les Schistes calcaires de Bavière ont donné un petit Gavial 
fossile d’une espèce particulière, qui a été décrit par M. Sæœmmering dans 
les Mém. de l’Ac. de Munich, pour 1814. 

J'ai fait connaître des crânes et d’autres parties de crocodiles fossiles, 
voisins du gavial, trouvés à Caen, à Honfleur et en d’autres lieux , et 
j'ai marqué les points par lesquels l’ostéologie de leur crâne diffère de 
celle du gavial actuel. Voyez mes Recherches sur les ossem. foss., V, 
2e part. Il y a aussi des observations analogues faites en Angleterre, par 
M. Conybeare. D’après ces différences qui tiennent surtout à l'arrière 
du palais, M. Geoffroy a cru devoir faire de ces animaux perdus, deux 
genres, qu'il nomme TnerrosauURus et STENEOSAURUS , et néanmoins il 
paraît croire que les gavials actuels peuvent en descendre , et que leurs 
différences peuvent résulter du changement des circonstances atmosphé- 
riques. Mém. du Mus., XII. ; 

(2) KpoxodesAos , qui craint le rivage , nom donné par les Grecs à un 
lézard commun chez eux; ils l’appliquèrent ensuite, à cause de ia res- 
emblance , au crocodile d'Egypte, quand ils voyagèrent dans ce dernier 
pays. Hérodot., lib. II. M. Merrem a changé ce nom de sous-genre en 
Caawrses qui était le nom égyptien de cet animal selon Hérodote. 


SAURIENS, 21 
carrées, et à peu près égales, tout le long du dos (1). 
Le Crocodile à deux arêtes. (Croc. biporcatus. Cuv.) Ann. 


Mus. X. L. 4. et II. 8. et Ossem. foss. V. 2° part. mêmes 
pl. et fig. 


À huit rangées de plaques ovales le long du dos, et 
deux arêtes saillantes sur le haut du museau, se trouve 
dans plusieurs îles de la mer des Indes , et probablement 


(1) W. B. On trouve depuis le Sénégal jusqu’au: Gange et au-delà , des 
crocodiles très semblables au vulgaire, et qui ont, les uns le museau un 
peu plus long et plus étroit , les autres quelques variétés dans les plaques 
ou écailles qui garnissent le dessus de leur cou ; mais il est très difficile de 
les distribuer en espèces distinctes , à cause des nuances intermédiaires. 
Les petites écailles isolées qui forment une rangée transverse, immédiate - 
ment derrière le crâne, varient de deux à quatre et à six; les plaques 
rapprochées qui composent le bouclier de la nuque, sont généralement 
au nombre de six; mais il y en a quelquefois une plustpetite à peu de 
distance de chaque angle antérieur de ce bouclier, et d’autres fois, celle. 
là est contiguë au bouclier, ce qui lui donne huit plaques. M. Geoffroy 
nomme Croc. suchus, ceux qui ont Le museau plus étroit et plus alongé; 
Cr. marginatus , ceux où l’on compte six écailles à la rangée de derrière le 
crâne ; il yen a parmi eux qui ont six plaques au bouclier, d’autres qui en ont 
huit; Cr. lacunosus , un individu qui ne lui a offert que deux écailles der- 
rière le crâne , et six plaques au bouclier; enfin, Cr. complanaius, un in- 
dividu dont les caractères tiennent à quelques proportions de la tête. 

Ces différents crocodiles ont bien aussi quelques variations dans les 
formes de détail du museau, et dans les écailles latérales du dos; mais à 
cet égard, et surtout pour le museau, les variétés seraient encore bien plus 
nombreuses, et M. Geoffroy reconnaît que rien n’est plus fugitif que les 

formes des crocodiles. C’est au point que je n’ose élever au rang d’es 
pèce, des crocodiles envoyés du Bengale par M. Duvaucel, quoique leur 
tête soit plus convexe que dans tous les autres. 

J'ai une autre discussion avec le savant naturaliste que je viens de citer; 
il suppose que l'espèce ou variété à museau plus étroit, demeure plus pe- 
tite, qu’elle est douce et inoffensive , que sa petitesse fait qu’elle est portée 
plutôt sur le rivage lors des inondations, dont elle est ainsi un précurseur, 
et d’après ces idées qu’il s’en estfaites, il pense que c’était particulièrement 
à elle que les Egyptiens rendaient des honneurs religieux, et que lenom de 
Suchus ou de Suchis lui appartenait comme espèce. Je crois, au contraire, 
avoir prouvé par Aristote et par Cicéron que les crocodiles vénérés en 
Egypte, n'étaient pas moins féroces que les autres; il est certain aussi 
que le crocodile à museau étroit, n’était pas soigné exclusivement par 


22 REPTILES 


aussi dans les deux presqu’iles. On l’a reçu principalement 

des Séchelles. | 

Le Crocodile à museau effilé. ( Croc. acutus. Cuv. ) Geoffr. 
Ann. Mus. I. xxxvur. 

À museau plus long, bombé à sa base, à plaques du 
dos rangées sur quatre lignes ; les extérieures disposées ir- 
régulièrement et avec des arêtes plus saiilantes. C’est l’es- 
pèce de Saint-Domingue et des autres grandes Antilles. 
La femelle place ses œufs dans la terre, et les découvre au 
moment où ils doivent éclore (1). . 


Les Caïmans (2). (Arrçaror. Cuv.) 


Ont le museau large, obtus, les dents inégales, dont les 


les prêtres; car, d’après les recherches très exactes de M. Geoffroy lui- 
même, il se trouve que les trois crocodiles embaumés qui existeni en ce 
moment à Paris, ne sont justement pâs le Suchus, mais bien le mar- 
ginatus , le lacunosus et le complanatus ; enfin , tout me fait croire que, 
Souc ou Souchis, qui, selon M. Champollion, tait le nom égyptien de 
Saturne, était aussi le nom propre du crocodile que l’on entretenait à 
Arsinoë; comme A pis était Le nom du bœuf sacré de Memphis, et Mnevis 
celui du bœuf d'Hermopolis. 

On peut consulter, sur ce point d’antiquité, les différents écrits de 
M. Geoffroy, et celui où il les a résumés dans le grard ouvrage sur 
l'Egypte, ainsi que mes Recherches sur les ossements fossiles, tome V, 
ue part., p. 45. Ce dernier article ayant été fait avant celui de l’ou- 
vrage sur l'Egypte, je n’ai pu y faire entrer l'argument tiré de la diffé- 
rence des crocodiles embaumés , argument qui m'est fourni par M. Geof- 
froy, et qui me paraît singulièrement corroborer ma manière de voir. 

(1) Le Croc. à mus. effilé a été particulièrement observé par M. Des- 
courtils. — Aj.: Le Crocodile à losange ( Croc. rhombifer) ; Cuv., Ann. 
Mus. XII, pl. 1, 1; — le Crocodile à casque ( Croc. galeatus); Per- 
rault, Mém. pour servir à l’Hist. des an., pl. zxiv, si toutefois cette espèce, 
qui n’est connue que par cette figure, est une espèce constante; — le 
Crocodile à deux boucliers (Croc. biscutatus); Cuv., Ann. Mus., X, 1,6, 
et Ossem. foss., t. V, part. 2, pl. x, f. 6, dont on n’a vu qu'un ou deux 
individus; — le Croc. 4 nuque cuirassée ( Croc. cataphractus , Cuy. ); 
Oss. foss. V , ie part. , pl. v, f. 1 et 2. 

(2) Le nom de Caïman est celui que les nègres de la Guinée donnent 
aux crocodiles. Les colons français l’emploient pour désigner l’espèce de 
crocodile la plas commune autour de leur habitation. Les colons anglais 
et hollandais emploient, dans le même sens, le mot alligator, corrompu 
du portugais lagarto , qui vient lui-même de lacerta. 


SAURIENS. 29 
quatrièmes d'en bas entrent dans des trous, et non dans des 
échancrures de la mâchoires supérieure; leurs pieds sont à 
demi palmés seulement et sans dentelure. On n’en connait 
encore pour sûr qu’en Amérique. 

Le Caïman à lunettes. ( Croc. selerops. Schn. ) Seb. L. cv. 
10. Cuv. An. Mus. X. L. 7 et 16. et Il. 3. 


Ainsi nommé d’une arête transversale qui réunit en 
avant les bords saillants de ses orbites . est l’espèce la plus 
commune à la Guiane et au Brésil. Sa nuque est cuirassée 
de quatre bandes transverses de fortes écailles. La femelle 
pond dans le sable , couvre ses œufs de paille ou de feuil- 
les, et les défend avec courage (1). 


Le Caiman. à museau de brochet ( Croc. lucius. Cuv.) 
Ann.Mus. X.1.6et 15. et Il. 4. 


Ainsi nommé de la forme de son museau , se distingue 
encore par quatre plaques principales qu’il porte sur la 
nuque. Îl habite dans le midi de Amérique septentrio- 
nale. Il s’enfonce dans la vase et tombe en léthargie dans 


(1) Il y a aussi des caïmans de plusieurs sortes, qui ont cette arête 
transverse en avant des orbites, et qui forment peut-être, comme les cro- 
codiles voisins du vulgaire, des espèces différentes, mais difficiles à bien 
caractériser. - 

Les uns ont le museau plus court, plus arrondi, l’arête transverse 
concaye en avant, et se prolongeant de chaque côté sur la joue. Je leur 
compte treize dents de chaque côté en haut ; leur crâne n’est point élargi 
en arrière ; leur corpsest vert, pointillé et tacheté de noir, avec des band es 
noires sur la queue. 

D’autres ont la même tête, les mêmes dents, mais leur corps est noir, 
avec des bandes étroites, jaunâtres comme dans le Jacaré noir de 
Spx , pl. 1v. 

D’autres encore ont le museau moins élargi, l’arête concave se pro- 
longe moins ; je leur trouve quinze dents, leur cou est mieux cuirassé; je 
les prendrais volontiers pour le Cr. fissipes de Spix , pl. © 

Enfin, il y en.a à museau encore moins large , à crâne un peu élargi en 
arrière, dont l’arête transverse est convexe en avant, et ne se prolonge 
pas sur la joue; leurs écailles da dos ont les arètes moins saillantes , et 
les bandes de leur queue sont moins marquées ; serait-ce le Cr. punctula- 
tus de Spix, pl. u ? Malheureusement M. Spix m'a point insisté sur les 
caractères pris de l’arête transverse. 


24 REPTILES 


les grands froids. La femelle dépose ses œufs par couches? 
avec des lits de terre (x). 


La deuxième famille, ou celle 
Drs LACERTIENS (2). 


Est distinguée par sa langue mince, extensible, 
et terminée en deux filets, comme celle des cou- 
leuvres et des vipères ; leur corps est alongé ; leur 
marche rapide; tous leurs pieds ont cinq doigts 
armés d’ongles , séparés, inégaux, surtout ceux de 
derrière ; leurs écailles sont disposées , sous le ventre 
et autour de la queue, par bandes transversales et 
parallèles ; leur tympan est à fleur de tête ou peu 
enfoncé , et mermbraneux ; une production de la 
peau fendue longitudinalement, qui se ferme par un 
sphincter , protège leur œil ; sous l’angle antérieur 
est un vestige de troisième paupière ; leurs fausses 
côtes ne font point de cercle entier ; les mâles ont 
une double verge ; l’anus est une fente transversale. 

Leurs espèces étant fort nombreuses et fort va- 
riées, nous les subdivisons en deux grands genres. 
Les MoniTors, appelés nouvellement, par une erreur 

singulière, TuPINAMBIS (3), 


Sont celui où il y a des espèces de la plus grande 


(1) Voyez, sur cette espèce , le mém. de M. Harlan, Ac. nat. sc. Pli- 
lad. 1v, 242. — Aj. le Caïman à paupières osseuses ( Croc. palpebrosus, 
Cuv.) Ann. Mus. X, pl.1, 6et 7, et n, 2; et Le Croc. trigonatus, Schn., 
Seb., 1, cv, 3; ou le Jacaretinga moschifer , Spix., pl. I. Cette espèce a 
la paupière occupée entièrement dans son épaisseur, par trois lames os- 
seuses , dont les autres crocodiles ont à peine un léger vestige. 

(2) Du latin lacerta, qui a la même signification que lézard. 

3) Margrave, parlant du sauvegarde d’Amérique , dit qu’il se nomme 


SAURIENS. 25. 


taille ; ils ont des dents aux deux mâchoires, et en man- 
quent au palais : on en reconnaît le plus grand nombre 
à leur queue comprimée latéralement , qui les rend plus 
aquatiques. Le voisinage des eaux les rapprochant quel- 
quefois des crocodiles et des caïmans, on a dit qu’ils 
avertissent , par un sifflement , de l’approche de ces dan- 
gereux reptiles : c’est probablement cette assertion qui 
a fait donner le nom de sauvegarde ou monitor à quel- 
ques-unes"de leurs espèces, mais elle n’est rien moins 
que certaine. 


Is se divisent en deux groupes très distincts. Le premier , 


ou celui 
Des Monirons proprement dits, 


Se reconnaît à des écailles petites et nombreuses sur la 
tête, et les membres, sous le ventre et autour de la queue, 
laquelle a en dessus une carène formée par une double ran- 
gée d’écailles saillantes. Leurs cuisses n'ont point cette 
rangée de pores, que nous voyons dans plusieurs autres 
sauriens. [ls sont tous de l’ancien continent (1). 

L’Égypte en nourrit deux espèces, qui peuvent être con- 
sidérées comme les types de deux subdivisions : 


Le Monitor du Nil. Ouaran des Arabes. ( Lacerta nilo- 
tica. L .) Mus. Worm. 313. Geoffr. s. hil. Gr. Ouv. sur 
Égypte. Reptiles. pl. r. f. 1. 


À dents coniques et fortes, dont les postérieures de- 
viennent rondes avec l’âge; brun avec des piquetures plus 
pâles et plus foncées , furmant divers compartiments, 
parmi lesquels or remarque des rangées transverses de 
grandes taches ocellées, qui, sur la queue, deviennent des 
anneaux. Sa queue, ronde à sa base, est surmontée de la 
carène sur presque toute sa longueur ; il atteint cinq et 


Teyu-guacu, et chez les Topinambous, Temapara ( Temapara tupi- 
nambis ). Séba a pris ce dernier mot pour le nom de l'animal, et tous les 
autres naturalistes l’ont copié. 

(1) Seba, etd’après lui Daüdin , donnent quelques vrais monitors pour 
américains ; mais c’est une erreur. 


26 REPTILES 
six pieds. Le peuple, en Égypte, prétend que c’est un jeune 
crocodile éclos en terrain sec. Les anciens Égyptiens l’ont 
gravé sur leurs monuments, peut-être parce qu’il dévore 
les œufs du crocodile (1). 
L'autre espèce, | 
Le Monitor terrestre d'Égypte Ouaran el hard des Arabes. 
( Lacerta Scincus Merr.) Geoff. Egyp. Rept. Il. f. 2. 


A dents comprimés, tranchantes et pointues ; à queue 
presque sans carève , et demeurant ronde beaucoup plus” 
loin ; ses habitudes ER plus terrestres; il est commun 
211 les déserts qui avoisinent l'Égypte, et les bateleurs 
du Caire l’emploient à faire des tours, après lui avoir ar- 
raché les dents. C’est le Crocodile terrestre d'Hérodote , et, 
comme le croit Prosper Alpin, le véritable (res de 
anciens (2). 

L'Afrique et les nd produisent un grand nombre de 
monitors à dents tranchantes comme le précédent, mais 
dont la queue est encore plus comprimée qu’a celui du Nil. 

Le plus commun dans l'archipel des Indes, est 


La M. à deux rubans. ( Lac. bivittata. Kuhl. ) 


Blanc dessous, noir dessus, avec cinq rangées transver- 
ses de taches blanches ou d’anneaux blancs. Une bande 
blanche le long du cou, et un angle formé par le blanc 
de la poitrine, qui remonte obliquement sur l’épaule. On 
en a de trois pieds de long (3). 


(r) A cette espèce se rattachent par la forme des dents et même par la 
disposition des taches, qui, au reste, se ressemblent dans presque tous les 
monitors : le M. orné ( M. ornatus, Daud.), Ann. Mus. J1, xzwinr, 
Lac. capensis , Sparm. — le M. à gorge blanche ( M. albogularis, 
Daud., Rept., IL, pl. xxxu1.) 

C’est de cette subdivision que M. Fitzinger fait son genre VArANUS. 
Sous ce nom de Varanus, Merrem comprenait tous mes monitors pro- 
prement dits. 

(2) M. Fivzinger fait de cette espèce son genre PsAmmosaurus. 

(3) A cette espèce se rattachent par la distribution des couleurs, Le 
T. bigarré, Daud. ( Lac. varia, Shaw. vat. Misc. 83, J. White, 253), de 
la Nouv. Hollande ; — une espèce voisine, de manille ( 4. marmoratus, 
C.): — Le T. élégant et le T. étoilé, Daud. HIT, xxx1, et Seb., I, xex1v, 
1,2, 3,XCxVUT, XCIX » 2; IT, XXX, 2, XG, CV; 4, etc. ,-qui ne forment 


SAURIENS. 27 


L'autre groupe des monitors a des plaques anguleuses 
sur la tête, et de grandes écailles rectangulaires sous le ven- 
tre et autour de la queue La peau de leur gorge revêtue de 
petites écailles, fait deux plis en travers. Ils ont une rangée 
de pores sous les cuisses (1) 

On peut y établir aussi des subdivisions. 

La première, ou ! 
Les Draconness. 


A pour caractère distinctif, des écailles relevées d’arêtes 
comme dans les crocodiles , formant des crêtes sur la queue, 
qui est comprimée (2). 

La grande Dragonne. (Mon. crocodilinus Merr.) 
Lacep. Quadr. ovip. pl. 1x. 


À aussi des écailles relevées d’arêtes éparses sur le dos. 
Avec l’âge les dents du fond de sa bouche deviennent ar- 
rondies. Elle atteint de quatre à six piedsde long et vit à 
la Guiane, dans des terriers, près des marécages. On 
mange sa chair. 


Le Lézardet. Daud. ( Lac. bicarinata. L.) Crocodilurus 
amazonicus. Spix. pl. xxt. 


Est plus petit, et n’a point d’écailles relevées sur le dos. 
On le trouve dans plusieurs parties de l’Amérique méri - 
dionele. 

_—_—_—_——_—— __—_—__—————— ———…—”…"”…"— ——————————- <<< — 
qu’une espèce originaire d'Afrique. Il faut y ajouter le T°. cepedien, Daud.; 
III, xxiv , ou Lac. exanthematica, Bosc. ; Act. Soc. at. Par.; pl. v, 
f.3, ocellé partout; — Le M. piqueté de brun du Bengale ( M. Benga- 
lensis, Daub.; — Le I. noir piqueté de vert, de Moluques ( 42. in- 
dicus, Daud. ; — Une espèce noirâtre uniforme de Java , M. nigricans , 
Cuv.);etc. 

Toute comparaison faite, j’ai lieu de croire maintenant que la fig. de 
Seba 1, pl. c1, f. 1, dont Lin. a fait son Lacerta dracœna, maïs qui est 
wrès différente de la Dragonne de Lacép, , est le M. bengalensis. L'ori- 
pr de Seba est au Museum. 

M. Fitzinger réserve à ces espèces à queue comprimée , le nom géné- 
ique de Turmvamsis. 

(1) Merrem a fait de ce second groupe , son genre Tervs. 

(2) M. Spix a fait de cette subdivision son genre CrocoDILURUS; dout 
M, Gray a changé le nom en Ana. 


26 REPTILES 
La deuxième, ou 


Les SAUVEGARDES. 


A toutes les écailles du dos et de la queue sans carë- 
nes ; les dents sont dentelées, mais avec l’âge celles de 
l’arrière-bouche s’arrondissent aussi (1). 


Les uns, appelés plus particulièrement SAUVEGARDES, 
ont la queue plus ou moins comprimée ; les écailles du 
ventre plus longues que larges; ils vivent au bords des 
eaux. 

Tel est surtout 


Le Grand Sauvegarde d'Amérique , Teyu-Guazu ; Téma- 
para , etc. (Lacerta teguixin. Lin. et ETREN Seb. I. 
XGVI. 1. 2. 3. XCVII. 5. XCIX. 1. 


À piquetures et taches jaunes disposées par bandes trans- 
verses, sur un fond noir en dessus, jaunâtre en dessous; des 
bandes jaunes et noires sur la queue (2). Au Brésil, à la 
Guiane, arrivant à six pieds de longueur. Il va rapidement 
surterre; se réfugie à l’eau quand on le poursuit; y plonge, 
mais n’y nage point; mange toute sorte d'insectes, de 
reptiles, des œufs dans les basses-cours, etc. ; niche dans 
des trous qu’il creuse dans le sable. On mange sa chair et 
ses œufs (3). 


D’autres appelés Ameiva (4)ne diffèrent des précédents que 


(1) C’est à ceux-là que M. Fitzinger réserve le nom de Mowrror. 

(2) Les individus desséchés, ou conservés dans la liqueur , prennent 
une teinte bleuâtre ou verdâtre dans leurs parties claires, et c’est ainsi 
que les représente Seba; mais vivant, tel que nous l'avons vu, il a les 
parties claires plus ou moins jaunes. Le Pr. Max. de Wied l’a bien rendu 
‘dans sa onzième livr. 

(3) Aj. le Tupin. à taches vertes de Daud. , si ce n’est pas une simple 
variété du Sauvegarde. Spix le nomme Tup. monitor, pl. xx; ce "est son 
T. nigropunctatus qui est le vrai Sauvegarde. 

(4) Le nom d’Ameiva, selon Margrave, désigne un lézard à queue 
fourchue, ce qui ne peut être qu’une circonstance accidentelle ; Edwards 
ayant eu un individa dela division ci-dessus, où cet accident s’observait, 
en a appliqué le nom à toute l'espèce. Margrave compare le sien à son, 
T'araguira qui , d’après sa description , serait plutôt un Marbre. 


SAURIENS. 29 


par une queue ronde, et nullement comprimée, garnie, 
ainsi que le ventre, de rangées transversales d’écailles car- 
rées ; celles du veatre sont plus larges que longues. Ce sont 
des lézards d'Amérique, assez semblables aux nôtres à l’exté- 
rieur , et qui les représentent dans ce pays-là ; mais outre le 
manque de dents molaires, la plupart n’ont point de col- 
lier, et toutes les écailles de leur gorge sont petites; leur 
tête est aussi plus pyramidale qne dans nos lézards , et ils 
n’ont pas , comme eux, une plaque osseuse sur l’orbite. 

On a confondu souslenom de Lacerta ameiva, plusieurs 
espèces , dont quelques-unes sont encore assez difficiles à 
distinguer ; la plus répandue ( Teyus ameiva, Spix, xx, 
Pr. Max. de Wied, Ve. liv.,) est longue d’un pied et plus, 
verte, et a le dos plus ou moins piqueté et tacheté de noir, 
et des rangées verticales d’ocelles blancs bordés de noir 
sur les flancs. 

Îl y en a une autre ( Teyus cyaneus, Merr.; Lacep. , 1, 
xxx1; Seb., Il, cv , 2,) a peu près de même taille, bleuâtre, 
à taches rondes, blanches, éparses sur les flancs et quel- 
quefois sur le corps. 

Les individus jeunes de ces ameïva et de quelques au- 
tres , ont des raies noirâtres sur les côtés du dos; il faut 
y faire attention pour ne pas multiplier les espè- 
ces (1). 


(1) Tel me paraît le Teyus ocellifer, Spix, xxv. 

Ajoutez l’Am. literata, Daud. Séb., I, zxxxin1; — Am. cæruleo- 
cephala, id., Séb., 1, xci, 3; — Am. lateristriga, Cuv., Séb., T, xc, 7; 
—Am. lemniscata (Lacert. lemnisc., Gmel.), Séb., T, xcu1, 4; —Teius 
trilæniatus, Spix, xx1, 2, — T. cyanomelas, Pr. Max. , cinquième li. 

Je ne sais par quelle confusion de synonymie, Daudin a placé l’Æm. 
litterata en Allemagne ; il est d'Amérique comme tous les autres. L’ 4m. 
graphique de Daud., Séb., I, xxxv, 2, 4, est le monitor piqueté; son 
Am, argus , Séb., 1} zxxxv, 3, est le monitor cépédien ; son Goitreux , 
Séb., II, cn, 3, 4, ne diffère pas du litterata; enfin sa téte rouge, Séb., I, 
xc1, 1, 2, est un lézard vert ordinaire. 11 a probablement été induit 
en erreur par les enluminures de Séba. Le Lac. 5-lineata, me paraît un 
L. cæruleocephala, dont une partie de la queue cassée avait repoussé 
avec de petites ‘écailles, comme cela arrive toujours après cet accident ; 
l'axe de cette portion nouvelle de queue, est aussi toujours une Lige car- 


30 REPTILES 

On peut séparer des ameïva , certaines espèces qui ont 
toutes les écailles du ventre, des jambes et de la queue rele- 
vées d’une carène (1). 

Et d’autres où les écailles du dos sont elles-mêmes caré- 
nées , en sorte que leurs flancs seuls ont de petits. grains (2). 

Ces espèces se rapprochent encore des lézards par un collier 
sous le col (3). ” 


Les LÉZARDS proprement dits 


Forment le deuxième genre des lacertiens. Ils ont le 
fonds du palais armé de deux rangées de dents, et se 
distinguent d’ailleurs des ameïva et des sauvegardes parce 
qu’ils ont un collier sous le col, formé par une rangée 
transversale de larges écailles, séparées de celles du ventre 
par un espace où il n’y en a que de petites, comme sous la 
gorge, et parce qu’une partie de leurs os du crâne s’avan- 
cent sur leurs tempes et sur leurs orbites , en sorte que 
tout le dessus de la tête est muni d’un bouclier osseux. 


Ils sont très nombreux, et notre pays en produit plu- 
sieurs espèces , confondues par Linnæus sous le nom de 
Lacerta agilis. La plus belle est le grand Lezard vertocellé, 
( Lac. ocellata. Daud. ) Lacep., 1, xx; Daud., HE, xxxim, 
du midi de la France, d'Espagne et d'Italie; long de plus 
d’un pied , d’un beau vert , avec des lignes de points noirs 


tilagineuse sans vertèbres. On ne peut, sur ces circonstances accidentelles, 
caractériser des espèces, comme l’a fait Merrem , pour ses 7'eyus monitor 
et cyaneus. 

(1) L'une d’elles a, dans un sexe , deux petites épines de chaque côté 
de l'anus, ce qui a donné lieu au genre Cenrrorrx de Spix. , xxi1, 2. 

(2) Le Lézard strié de Surinam, Daud., II, p. 347. Fitzinger en fait 
son genre PsEuDO-AME1IVA. 

(3) 11 me semble même que le Centropyx a des dents au palais; mais 
d’ailleurs ces deux sortes de lézards ont la tête des ameïva : point d’os 
sur l'orbite, etc. 

IV. B. Fitzinger fait un genre ( Tevus ), du lézard teyou de Daudin, 
qui n'aurait que quatre doïgis aux pieds de derrière; mais qui ne repose 
que sur une description incomplète d'Azzara, et ne me paraît pas assez 
authentique. 


SAURIERNS. 31 


formant des anneaux ou des yeux ctune espècede broderie; 
et dont le jeune est, selon M. Milne-Edwards, le /ezard gen. 
til. Daud., IE, xxxr. — Le vert piqueté (Lac. viridis. Daud., 
HE, xxx1v) ; dont le vert à deux raies ( Lac. bilineata. id., 
XxXxvI, 1) est une variété selon le même observateur ; — 
le vert et brun des souches (Lac. sepium , id., ib.,2) dont - 
le gris des sables ( lac. arenicola , id., xxxvinr, 2), est une 
variété ; — le gris des murailles (Lac. agilis, id., xxxvin , 1), 
se trouvent tous dans nos environs. Notre midi produit 
le véloce, Pall., auquel il faut rapporter le bosquien, 
Daud., xxxvi, 2, et quelques espèces nouvelles (1). 


Les Azcyres, ( ALcyra. Nob.) 


Ont la langue, les dents, les pores aux cuisses des lézards, 
mais leurs écailles du dos et de la queue sont carénées, 
celles du ventre lisses et imbriquées, et ils manquent de 
collier. (1) 


Les Tacaypromes (2). (Tacaypromus. Daud.) 


Ont des écailles carrées et carénées sur le dos, sous le ven- 
_tre et à la queue ; le collier leur manque ainsi que les pores 
aux cuisses; mais de chaque côté de leur anus est une pe- 
tite vésicule ouverte d’un pore. Leur langue est encore 
comme dans les lézards. Leur corps et leur queue sont très 
alongés (3). 


(1) Je n’ajoutequ’en hésitant les Lac. Sericea., Laur., Il, 5; Argus, id., 
5; Terrestris ; id., II, 5. 

Le Tüiliguerta de Daudin est un mélange d’un ameïva d'Amérique 
avec le lézard vert de Sardaigne, mal décrit par Cetti. Le Cœruleoce- 
phala, le Lemniscata, le Quinquelineata sont des ameïya. Le Sexki . 
neata, Catesb., Lxvir, est un seps. 

(2) Lacerta Alegyra lin. 


(3) Texyset dhwgsoy, prompt-coureur. 6 


92 REPTILES 
Les IGUANIENS (1). 


Sont une troisième grande famille de sauriens 
qui à la forme générale, la longue queue et les 
doigts libres et inégaux des lacertiens; leur œil, 
leur oreille, leurs verges, leur anus sont sem- . 
blables, mais leur langue est charnue, épaisse, 
non extensible , et seulement échancrée au bout. 

On peut les diviser en deux sections ; la première 
celle des Acamrens, n’a point de dents au palais. 

Nous y placons les genres suivants. 


LEs STELLIONS. ( STELLIO. Cuv. ) 


Qui ont, avec les caractères généraux de la famille des 
iguanes, la queue entourée par des anneaux composés 
de grandes écailles souvent épineuses. 

Leurs sous-genres sont comme il suit : 


Les Corpyzes (2). (Corpyzus Gronov. ) 


Ont non-seulement la queue, mais encore le ventre et le 


(1) Icuaxe, nom originaire de Saint-Domingue selon Hernandés, 
Scaliger, etc. ; les habitants l’auraïent prononcé Hiuana ou 1goana. 

Selon Bontius , il serait originaire de Java, où les naturels le pronon- 
cent Leguan. Dans ce cas, les Portugais ou les Espagnols l’auraient 
transporté en Amérique et transformé en Zguana. Ils l’y donnent au 
Sauvegarde, comme au véritable Zguane. On l’a donné aussi quelque- 
fois , ainsi que celui de Guano, à des monitors de l’ancien continent. Il 
faut y faire attention en lisant les voyageurs; je pense même que le 
Leguan de Bontius n’est pas autre chose qu’un monitor. 

(2) Selon Aristote « le Cordyle est le seul animal qui ait à la fois des 
» pieds et des branchies. Il nage deïses pieds et de sa queue, qu’il a sem- 
» blable à celle du silure ; autant qu’on peut comparer les petites choses 
» aux grandes, Cette queue est molle et large. IL n’a point de nageoires; 


SAURIENS. 35 


_ dos garnis de grandes écailles sur des rangées transversales. 
Leur tête, comme celle des lézards communs, est munie 
d’un bouclier osseux continu ; et couverte de plaques. Dans 
plusieurs espèces les pointes des écailles de la queue forment 
des cercles épineux ; il y a aussi de petites épines à celles des 
côtés du dos, des épaules et du dehors des cuisses. Les cuisses 
ont une ligne de très grands pores. 

Le cap de Bonne-Espérance en produit plusieurs con- 
fondus long-temps sous le nom de Zacerta cordylus, L. 
Ces sauriens si bien cuirassés, un peu plus grands que 
nôtre lézard vert commun, se nourrissent d’insectes (1). 


Les Srezriows ordinaires (2), ( Srezzio. Daud. ) 


Ont les épines de la queue médiocres ; la tête renflée en 
arrière par les muscles des mâchoires ; le dos et les cuisses 


» c’est un animal de marais comme la grenouille : il est quadrupède ct 
» sort de l’eau ; quelquefois il se dessèche et meurt. » 

I est évident que ces caractères ne peuvent convenir qu’à la larve de la 
salamandre aquatique , ainsi que l’a très bien vu M. Schneïder. Bélon a 
décrit cette salamandre sous le nom de cordyle, mais son imprimeur 
ajouta par mégarde la figure du Sauvegarde du Nil. Rondelet a appliqué 
ce nom au grand Stellion d'Égypte ou Caudiverbera de Bélon, parce 
qu’il avait pris dans la figure, l’oreille pour une fente de branchie. Entre 
ÆRondelet et Linné, Cordy lus a donc passé pour synonyme de Caudiverbera. 
L’application spéciale faite au sous-genre ci-dessus est entièrement arbi- 
traire. Merrem l’a changé en Zowurus. 

(1) Daudin a rapporté au cordyle plusieurs synonymes du stellion, 
comme il a rapporté au stellion plusieurs des synonymes du geckotte. 
Nous en avons quatre espèces : Le Cord. gris (Cord. griseus), Nob., Séb. 
1, zxxxiv, 4; — le C. noir ( C. niger), qui a les arêtes des écailles 
plus mousses , Seb., IT, zxt, 5; — le C. à raie dorsale jaune ( C. dor- 
salis ); — le C. à petites écailles sur le dos ( C, microlepidotus ). 

IL y a aussi au Cap des cordyles dont les écailles, même sur la queue , 
n’ont presque pas d’épines ( C. lœvigatus ; Nob. ). 

(2) Le stellion des Latins était un lézard tacheté, vivant dans Les trous 
de murailles. 11 passait pour venimeux , ennemi de l’homme et rusé. De 
Ja le nom du $tellionat ou Dol dans les contrats. C’était probablement la 
Tarentole ou le Gecko tuberculeux du midi de l'Europe, Geckotte de 
Lacép., ainsi que l'ont conjecturé divers auteurs, et, en dernier lieu, 
M. Schneider. Rien ne justifie l’application faite à l'espèce actuelle; Béton 
en est, je crois, le premier coupable, 


TOME I, 3 


34 REPTILES 


hérissés ça et là d’écailles plus grandes que les autres, et 
quelquefois épineuses; de petits groupes d’épines entou- 
rent leur oreille; leurs cuisses manquent de pores; leur 
queue est longue et finit en pointe. 

Nous n’en connaissons qu’une espèce. 


Le Stellion du Levant. ( Lac. stellio. L.) Seb. 1. cvr. f. 1. 
2, etmieux Tournef. Voyage au Lev. I. 120, et Geoffroy. 
Desc. de l’Égyp. Rept. Il. 3. Koscordylos des Grecs mo- 
dernes. Æardun des Arabes. 


Long d’un pied; olivâtre nuancé de noirâtre ; très com- 
mun dans tout le Levant, surtout en Égypte. D’après 
Bélon , ce sont ses excréments que l’on recueille pour les 
pharmacies , sous les noms de cordylea, crocodilea, ou 
stercus lacerti , etque l’on recommandait autrefois comme 
cosmétique ;- mais il paraît que les anciens attribuaient 
plutôt ce nom et cette vertu à ceux du monitor. Les Ma- 
hométans tuent notre stellion, parce que, disent-ils, il 
se moqüe d'eux, en baissant la tête comme quand ilsfont 
la prière. 

Les Queues-sunes. ( Doryraonus. Cuv.) 


Manquent de pores comme les stellions , mais n’ontpas le 
tronc hérissé de petits groupes d’épines (1). 
Les Fouerre-queus. ( Uromasrix (2). Cuv. SrezLions BaTarps. 
Daud.) 


Ne’sont que des stellions qui n’ont point la tête renflée, 
et dont toutes les écailles du corps sont petites, lisses et 
uniformes, et celles de la queue encore plus grandes et 


(1) Stellio brevicaudatus, Seb. , I, zxu, 6; Daud., IV, pl. 47. 4. 
azureus, Daud., id., 46. 

(2) Le nom de Caudiverbera et celui d’épopasi£ me sont pas anciens. 
Ils ont été forgés par Ambrosinus pour la grande espèce d'Egypte, dont 
Bélon avait dit caudé atrocissimè diverberare creditur. Linne Va appliqué 
le premier à un gecko, et d'autres auteurs à des sauriens encore tous dif- 
{érents. Aj. Urom. griseus, de la Nouv. Hol. ;— Ur. reticulatus , du Ben- 
gale; —Ur. acantinurus, Bell., Zool. journ., I, 45 ; si toutefois c'est une 
espèce distincte. 

IV.B. Le stellion à queue plate dela Nouv.-Holl., Daud., est un phyllure. 


SAURIENS. 35 


plus épineuses qu’austellion ordinaire, maiselle n’en a point 
en dessous. Il y a unesérie de pores sous leurs cuisses. 


Le Fouette-queue d'Égypte. (Stellio spinipes. Daud. ) 
Geoff. Rept. d'Egyp. pl. Il. f. 9. 

Long de deux ou trois pieds; le corps renflé; tout en- 
tier d’un beau vert de pré; de petites épines sur les cuis- 
ses; la queue épineuse en dessus seulement. On le trouve 
dans les déserts qui entourent l'Egypte; il a été ancien- 
nement décrit par Bélon, qui a dit, mais sans preuves, 
que c’est le crocodile terrestre des anciens (1). 


Les AGAMES. ( AGAMA. Daud. ) (2) 


Ont une grande ressemblance avec les stellions ordi- 
naires, surtout par leur tête renflée; mais les écailles 
imbriquées et non verticillées de leur queue les en dis- 
ünguent. Leurs dents maxillaires sont à peu près les 
mêmes, et ils en manquent aussi au palais. 


Dans 
Les AGAMESs ordiuaires. T 


Des écailles relevées en pointe ou en tubercules, héris- 
sent aussi diverses partiesdu corps et surtout les environs de 
l'oreille, d’épines tantôt groupées, tantôt isolées. On en voit 
quelquefois une rangée sur la nuque, mais elles n’y forment 
point la crête paléacée qui caractérise les galéotes. La peau de 
la gorge est lâche, plissée en travers , et susceptible de 
renflement. 

Il y en a des espèces dont les cuisses ont la série de pores. 


L’Agame ocellé de la Nouvelle-Hollande. ( Ag. bar- 


bata , n.) 


Est bien remarquable par sa grandeur et par sa figure 


(1) C’est un fouette-queue qui a été décrit par M. de Lacépède, Rept. 
IT; 497 , sous le nom de Quetzpaleo , qui est celui d’un saurien différent, 
dont nous parlerons plus bas.—Aj. Ur. ornatus , Ruppel. 

(2) Agama, d'éyanoe, célibataire. On ne sait pourquoi Linnæus 
a donné cé nom à Pun de ces lézards; Daudin l’a étendu à tont le 
sous genre où cette espèce doit entrer, et croit qu’ Agama est son nom 
de pays. 

7 


36 REPTILES 


extraordinaire ; une suite de grandes écailles épineuses 
règne par bandes transversales sur la longueur de son dos 
et de sa queue, et le rapproche des stellions. Sa gorge, 
susceptible de se renfler beaucoup, est garuie d’écailles 
alongées-en pointes, qui lui font une sorte de barbe. Des 
écailles semblables hérissent ses flancs, et forment deux 
crêtes obliques derrière ses oreilles. 

Sous son ventre sont des taches jaunâtres bordées de 
noirâtre. | 


Il faut en distinguer ; 


L’Agame muriqué du même pays. (Lac. muricata. Sh. ) 
Gen. zool. vol. Il. part. 1. pl. zxv. f. x1, White. p.244. 


Où les écailles relevées sont disposées par bandes lon- 
gitudinales , et qui a , entre elles, deux séries de taches 
plus päles que le fond, quiest brun noirâtre. Il prend 
aussi une assez Dee ARTE 

D’autres espèces n’ont point de pores aux cuis$es. 


L’Agamenommé mal-à-propos des Colons.( Ag. colonoruni. 
Daud. ) Seb. I. cvur. 5 (1). 


Brunâtre, à longue queue, portant une petite rangée 
d’épines courtes sur la nuque, vient d’Afrique et non pas 
de la Guiane , comme on l’a dit. 

Il y a au Cap, un agame plus petit, à queue médiocre, 
varié de brun et de jaunâtre, hérissé sur tout le dessus, 
d’écailles relevées et pointues ( 4g. acuieata , Merr. (2); 


(1) Rien n’égale la confusion des synonymes cités par les auteurs sous 
différentes espèces de lézards, mais principalement sous les divers 4ga- 
mes, Galeotes et Stellions. Par exemple, à propos de l’agame, Daudin 
cite, d’après Gmelin, Séb., I, cvur, 1 et 2, qui sont des Stellions ; Sloane, 
Jam., II, cezxxm,2, qui est un Ænolis ; Edw. cexzv, 2, qui est aussi 
un Ænolis ; et cette même figure est encore citée par lui et par Gmelin 
sous-le marbre. Shaw la copie même pour représenter le marbré, avec le- 
quel elle n’a rien de commun. Séb., I, cvn, 3, qui est le véritable 
Ag. colonorum de Daud., est cité par Merrem sous Æg. superciliosa; et 
Séb., I, c1x, 6, qui est son Æculeata, est cité sous Dre etc. 

(2) L'Agame à Aer Daud.IV, 410; Séb.,T, vin, 6, n’est qu’un 
jeune de cet agame épineux du Cap, plus varié en couleurs que VPadulte. 

Ajoutez l'Agame sombre ( Ag. atra), Daud., UT, 349 , rude, noi- 


SAURIENS... 37 


Seb.,[, vus, 6, Lxxxur, 1 et2, cix, 6) ; son ventre prend 
quelquefois une forme renflée qui conduit aux 


Tapayes. ( Agames rbiculaires. Daud. en partie. ) 


Lesquels ne sont que des agames qui, avec le ventre renflé, 
ont la queue courte et menue. Tel est 


Le Tapayaxin du Mexique , Hern. 327. (Lac. orbicu- 
laris. L.) 


À dos épineux, à ventre semé de points noirâtres (1). 
Les CaancEanrs. (TrAPEeLus. Cuv.) 


L 
Ont la forme et les dents des agames , mais leurs écailles 
sont petites et sans épines. Ils n’ont point de pores aux 
cuisses. 


Le Changeant d'Égypte. ( Trapelus OEgyptius ). Geoff. 
Rept. d'Ég. pl. v.f. 3.4. L’adulte, Daud. IL. xzv. 1. 
sous lenom d’Orbiculaire. 


Est un petit animal qui a quelquefois aussi le corps 
renflé , et.se fait remarquer par des changements de cou- 
leur Hé promptsque ceux du caméléon. Le jeune est en- 
tièrement lisse ; l’adulte a quelques écailles un peu plus 
grandes, HS sur le corps, parmi les autres (2). 


Les Lrrozeris. Cuv. 


Ont les dents des agames, la tête moins renflée, et sont 
entièrement couverts de très petites écailles lisses et serrées. 
Hs ont des pores aux cuisses (3). 


râtre , une ligne jaunâtre le long du dos ; — lg. ombre (Lac. umbra.), 
Daud. , qui n’est point le Lac. umbra de Lin.; mais se distingue par cinq 
lignes de très petites épines règnant sur son dos. etc. 

(1) Je ne pense pas que le sous-genre des Tapayes puisse être conservé; 
l'espèce de Hernandès ( Lacerta orbicularis, L.), Hern., p. 327, ne me 
paraît pas différer de l’Ægama cornuta de Harlan; An. nat. sc. Phil. IV, 
pl. xzv; si ce n’est tout au plus par le sexe. Daudin a représenté à sa place, 
tome LIL, pl. xzv, f. 1, l'adulte de notre changeant d'Égypte. 

(2) Ce sous-genre est aussi assez difficile à séparer nettement de certains 
agames trapus et peu épineux. “ 

(3) Nous en ayons une espèce de la Cochinchine, à longue queue, bleue, 
avec des raies et des taches blanches ( Leiol, Guttatus, Cuy. ). 


38 REPTILES 
Le Trorrnozeris. Cuv. 


Sont encore semblables aux agames pour les dents et pour 
les formes, mais uniformément recouverts d’écailles imbri- 
quées et carénées. Leur série de pores est très marquée (x). 


Les Leposoma. Spix. (Tropinosaurus. Boié) 


Ne diffèrent des tropidolepis que parce qu’ils n’ont pas de. 
pores (2). 
Les Gazéotes (3). (Cazores. Cuv.) 


. 

Diffèrent des Agames parce qu’ils sont régulièrement cou- 
verts d’écailles, disposées comme des tuiles, souvent caré- 
nées et terminées en pointe, tant sur le corps que sur les 
membres et sur la queue, qui est très longue; celles du 
milieu du dos sont pius ou moins relevées et comprimées 
en épines, et forment une crête d’étendue variable; ils n’ont 
point de fanons ni de pores visibles aux cuisses,.ce qui, 
joint à leurs dents, les distingue des iguanes. 

L'espèce la plus commune ( Lac. calotes , L.), Seb.,1, 
LXXNIX, 2, XQU1, 2; XCV, 3 et4; Daud., II, xuur; Agama 
ophiomachus , Merr., est d’un joli bleu-clair, avec des 
traits transversaux blancs sur les côtés; deux rangées d’é- 
pines derrière l’oreille. Elle nous vient des Indes orien- 
tales. On l’appelle caméléon aux Moluques, quoiqu’elle 


(1) Ag. undulata, Daud., espèce de toute l'Amérique , remarquable 
par la croix blanche qu’elle a sous la gorge, sur un fonds d’un bleu noir. 
Les agames nigri-collaris, Spix, avi, 2, et Cyclurus, xvir, f. 1, en sont 
au moins très voisins. 

(2) Spix s’est exprimé peu exactenent en disant que les écailles de 
son leposome sont verticillées, ce qui-a trompé M. Fitzinger. Le genre 
tropidosaure a été fait par Boïé , d’après une petite espèce de la Cochin- 
chine, qui est au cabinet du roi, 

(3) Pline dit que le stellion (des Latins ) était nommé par les Grecs 
galeotes, colotes et askalabotes. e Fée comme nous l’avons vu, le 
gecko des murailles. L'application qu’en a faite Linnæus à son lacerta 
calotes est aire: elle Ii a été suggérée par Seéba. Spix comprend 
nos galeotés dans son genre LoPnyrus, qui n’est pas le même que celui 
de Duméril 


SAURIENS. 39: 


change peu ses couleurs. Ses œufs ont la forme de fu- 


seaux (1). 
Les Lopuyres. Duméril. 


Ont les écailles du corps comme les agames , et une crête 
d’écailles paléacées, encore plus haute que celle des galéotes. 
Leur queue est comprimée. Îls n’ont pas de pores aux 
cuisses. 

Une espèce remarquable est 

Le Lophyre à casque fourchu. ( Agama gigantea. (2) Kuhl. 

Seb. k c.2. 

Qui a sa crête dorsale très haute sur la nuque, et for- 
mée de plusieurs rangs d’écailles verticales ; deux arêtes 
osseuses partent du museau, et vont finir chacune en 
pointe sur l’œil de son côté, en se joignant à la tempe. Ce 
singulier saurien paraît venir des Indes. 


Les Gonôcépaaces. Kaup. 


Tiennent de près à ces lophyres ; leur crâne forme aussi 
une sorte de disque, au moyen d’une arête qui se termine 


(x) Ajoutez l'Ag. gutturosa , Merr., ou cristatella , Kubl., bleu sans 
bandes, à petites écailles sur Le dos; Séb., I, Lxxxix, 1, — l’4g. cristata, 
Merr., Séb.. 1,xcux, 4, et Il, Lxxvr, 5, bran-roussâtre, à taches éparses, 
brun-noirâtres, dont l’Ægame arlequine’, Daud., HI, xuwv, est le jeune; 
—V Ag. vultuosa, Harl., nat. Sc., Philad., IV, xix. Toutes ces espèces 
viennent des Indes orientales; les Lophyrus ochrocollaris et margarita- 
ceus, Spix., xn, 2, sont des galeotes d'Amérique ; le premier est le même 
que l’Agamatpicta du pr. Max. ; le Loph. panthera, Spix, pl. xxur, . 1, 
enest le jeune; aj. à ces Gal. d'Amérique, Loph. rhombifer, Spix. , xt, 
dont Lophyrus albomazxillaris , id., xxin, f, 2, est le jeune; — Loph. 
auronitens , Sp. , pl. x111. 

On pourrait séparer des autres galéotes ; une espèce de la Cochinchine, 
à dos lisse, sans écailles apparentes, à ventre , membres et queue couverts 
 décailles carenées, ( Cal. lepidogaster, nob. ) ; l'Ag. catenata , Pr. 
Max., cinquième livr., pourrait appartenir à ce groupe. 

IV. B. I] faut remarquer que le dessinateur de Séba a donné à la plu- 
part de ses iguanes, de ses agames , de ses galéotes , etc, des langues 
extensibles et fourchues , tirées de-son imagination. 

(2) ILn’est pas aisé de dire pourquoi Kuhl a donné à ce saurien l’épi- 
thète de gigantesque; sa taille ne surpasse point celle des agames et des 
galéotes les plus voisins. 


ho REPTILES 


au-dessus de chaque œil par une dentelure; ils ont un 
fanon et une crête sur la nuque. Leur tympan est vi- 
sible (1). 

Les Lyrrocrpnazes. Merrem. 


Joignent aux caractères des lophyres, celui d’un tympan: 
caché sous Ja peau et sous les muscles, comme dans les camé- 
léons : ils ont aussi une crête dorsale et une queue carénée. 

Dans l’espèce connue ( Lyriocephalus margaritaceus , 

Merr. ; Lacerta scutata , 1. ;Seb:, cix. 3), la crête osseuse 

des sourcils est encore plus marquée, que dans lelophyre à 

casque fourchu, et se termine de chaque côté en arrière par 

une pointe aiguë. Des écailles plus grandes sont éparsès 
parmi les petites sur le corps et sur les membres; sur la 
queue sont des écailles imbriquées êt carénées; un renfle- 
ment mou, bien qu’écailleux, -est sur le bout du museau. 

On trouve cette espèce vraimeñt étrange, au Bengale et 

dans d’autres parties des Indes (2). Elle vit de graines. 


Les Bracuyzorues. Cuv. 


Ont de petites écailles , une queue un peu comprimée,, 
une crête à la nuque et au dos peu saillante , un petit fa- 
non, une série de pores à chaque cuisse , en un mot beau- 
coup de Flapparence des iguanes ; mais ils manquent de 
dents au palais ; celles des mâchoires sont dentelées. 


(1) Isis, 1825, 1, p. 500, PL. mi. 

(2) M. Fitzinger forme de ce Lyriocephalus; du PneusreS de.Merre, 
et du Parysocernazus de Kaup, une famille qu’il nomme Pneusroinra, 
et qu'il rapproche de celle des caméléons. Le Pxeusres ne repose que sur 
une description incomplète et vague de d’Azara, ÎT, 4o1,sar laquelle aussi 
Daudin avait établi son 4game à queue prenante, UT , 44o; d’Azzara dit 
que l’on ne voit pas son oreille, peut-être parce qu’elle ést très petite. 
Le ParyxocermaLus se compose du Lacerta guttata, et du Lacerta ura:. 
lensis de Lepechin. Voy. I, p. 319, PL. xxn, f. 1 et2, qui ne font 
qu’une espèce. M. Kaup assure qu’elle n’a pas de tympan extérieur ( Isis 
de 1825, 1, 591.). N'ayant point vu ces animaux, j'hésite à les classer. 

T1 y aura probablement encore un sous-genre à faire, du lézard à oreilles 
( laceria aurita, Pall. ), Daud., IIL, xzv, remarquable par les renfle- 
ments qu'il peut faire paraître des deux côtés de sa tête sous les oreilles ; 
mais c’est aussi un animal que je n’ai pu examiner. 


SAURIENS. 4x 
Tel est , 


L’Iguane à bandes. Brongt. Essai et Mém. des sav. étr. I. 
pl.-x..f.b. 


Des Indes, bleu-foncé, avec des bandes bleu-clair. 


Les PuaysienwaTués. Cuv.. 


Ont avec les mêmes dents, les mêmes écailles , les mêmes 
pores, une tête très renflée en arrière, sans fanon, une 
crête de grandes écailles pointues sur le dos et sur la queue, 
qui est très comprimée. 

Nous en connaissons une grande espèce de la Cochin- 
chine(Phyhignat, us cocincinus, Nob.) bleue; avec de fortes 
écailles et quelques épines sur le renflement des côtés de 
la tête. Elle vit de fruits, de noyaux. 


Les Isriures. (Isriurus. Cuv. LoPHura. Gray.) (1) 
! 


Ont pour caractère distinctif une crête élevée et tran- 
chante,quis’étendsur une partie de la queue et quiest sou- 
tenuespar de hautes apophyses épineuses des vertèbres ; 
cette crête est écailleuse comme le reste du corps; leurs 
écailles du ventre et de la queue sont petites, et appro- 
chent un peu de la forme carrée; leurs dents sont fortes, 
comprimées, sans dentelures : ils n’en ont pas au pa- 
lais ; leurs cuisses portent une ra ngée de pores. La peau 
de leur gorge est lâche sans former de fanon. 


Le Porte-Créte. Lacep. ( Lac. amboïnensis. Gm. ) Schlosser. 
monogr. copie Bonnat. Erpet. pl. v. f. 2. 


Wa de crête que sur l’origine de la queue, et porte des 
épines sur le devant du dos; vit dans l’eau ou sur les ar- 
brisseaux de ses bords ; mange des graines et des vers. 
Nous avons trouvé daus son estomac des feuilles et desin- 
sectes. Sa taille approche quelquefois de quatre pieds. On 


mange sa chair. 
. 


(1) J'ai changé ce nom de Lophura qui se rapproche trop de celui dé 
Lophyrus. 


A2 REPTILES. 
Les Dracows. ( Draco. L.) (1) 


Se distinguent au premier coup d’æil de tous les au- 
tres sauriens, parce que leurs six premières fausses cè- 
tes , au lieu de se contourner autour de l’abdomen , s’é- 
tendent en droite ligne, et soutiennent une production 
de la peau, qui forme une espèce d’aile, comparable à 
celle des chauve-souris, mais indépendante des quatre 
pieds : elle soutient l’animal comme un parachute, lors- 
qu’il saute de branche en branche, mais elle n’a point 
assez de force pour choquer l'air, et faire élever le dra- 
gon comme un oiseau. Du reste, les dragons sont de pe- 
tite taille, recouverts partout de petites écailles imbri- 
quées , dont celles dela queue et des membres sont ca- 
rénées. Leur langue est charnue, peu extensible et lé- 
gèrement échancrée. Sous leur gorge est un long fanon 
pointu , soutenu par la queuede los hyoïde , et aux côtés 
deux autres plus petits, soutenus par les cornes de ce 
même os. La queue est longue; les cuisses n’ont pas de 
grains poreux; sur la nuque est une petite dentelure. 
Chaque mâchoire a quatre petites incisives, et de chaque 
côté une canine longue et pointue, et une douzaine de 
mâchelières triangulaires et trilobées. 

Ils ont donc les écailles et le fanon des iguanes, avec 
la tête et les dents des stellions. 


Les espèces connues viennent toutes des Indes orientales ; 


(1) Le nom de dhaxov, draco, Gésignait en général un grand ser- 
pent; quelques añciens ont fait mention de dragons qui portaient une 
crête et une barbe; ce qui ne s’appliquerait guère qu’à l'iguane ; Lucain 
parle le premier de dragons volants, faisant sans doute allusion aux pré- . 
tendus serpens volants dont Hérodote rapporte l’histoire ; saint Augustin 
et d’autres auteurs postérieurs ont ensuite attribué constamment des ailes 
aux dragons. 


SAURIENS. 43 


elles avaient été long-temps confondues ; mais Daudin en à 
bien déterminé les différences spécifiques (1). 


Les Siranes. (Srrana. Cuv.) (2) 


Ont, comme les dragons, des dents d’agames et quatre ca- 
nines;. le corps et les membres couverts d’écailles imbri- 
quées et carénées ; les cuisses sans pores; mais leurs côtes ne 
s'étendent point. Ils se distinguent par un énorme fanon 
qui se porte jusque sous le milieu du ventre, et a plus du 
double de la hauteur de l’animal. 

L'espèce connue (Sït. ponticeriana. Cuv.) est petite, 
fauve , et a le long du dos une série de grandes taches 
rhomboïdales brunes. Elie vit aux Indes orientales. 


C'est peut-être de cette tribu des Ægamiens que 
l'on doit rapprocher un reptile fort extraordinaire , 
qui ne se trouve plus que parmi les fossiles d’an- 
ciennes couches jurassiques. 


Le Préropacryze. Cuüuv. 


Ïl avait la queuetrès courte, le cou très long, la tête fort 
grande; les mâchoires armées de dents égales et pointues ; 
mais son caractère principal consistait dans l’alongement 
excessif du deuxième doigt de ses pieds de devant, lequel 
dépassait le tronc de plus du double, et servait probable- 
ment à soutenir quelque membrane qui aiïdait animal à 
voler, comme celle que supportent les côtes du dragon (3). 


La deuxième section de la famille des Iguaniens, 
celle des Icuaniess propres se distingue de la pre- 
mière parce qu'elle a des dents au palais. 


(x) Le Dragon rayé; — le Dragon vert, Daud. , III, xur; — le dr a 
gon brun. 

(2) Sitane , nom de l’espèce à la côte de Cormandel. 

(3) Voyez mes Recherches sur les ossements fossiles, deuxième éd. , 
tome V, part, 2, pl. xxux, d 


44 REPTILES 
Les IGUANES proprement dits. (IGUANA. Cuv.) 


Ont le corps et la queue couverts de petites écailles 
imbriquées; tout le long du dos une rangée d’épines, 
ou plutôt d’écailles redressées , comprimées et pointues, 
et sous la gorge un fanon comprimé et pendant, dont 
le bord est soutenu par une production cartilagineuse'de 
los hyoïde. Leurs cuisses portent la même rangée de tu- 
bercules poreux que celles des lézards proprement dits, 
et leur tête est couverte de plaques. Chaque mâchoire 
est entourée d’une rangée de dents comprimées, trian- 
gulaires, à tranchant dentelé; il y en a aussi deux pe- 
tites rangées au bord postérieur du palais. 


L'Iguane ordinaire d'Amérique (1). ( Lac. iguana. L. 
Iguana tuberculata. Laur.) Seb. I. xcy. 1. xovar. 3. 
XCVIII. Ie 


Dessus vert-jaunâtre , marbré de vert pur, la queue an- 
nelée de brun; dans la liqueur il paraît bleu, changeant 
en verteten violet, et piqueté de noir; dessous plus pâle; 
une crête de grandes écailles dorsales en forme d’épines ; 
une grande plaque ronde sous le tympan, à l’angle des 
mäâchoires ; les côtés du cou garnis d’écailles pyramidales 
éparses parmi les autres ; le bord antérieur du fanon den- 
telé comme le dos: long de quatre à cinq pieds; commun 
dans toute l'Amérique chaude, où sa chair passe pour dé- 
licieuse, quoique malsaine , surtout pour ceux qui ont eu 
Je mal vénérien, dont elle renouvelle les douleurs. Il vit 
en grande partie sur les arbres , va quelquefois à l’eau , se 
nourrit de fruits, de grains et de feuilles; la femelle pond 
dans le sable des œufs gros comme ceux d’un pigeon, 
agréables au goût , presque sans blanc. 


L’Iguane ardoise. Daud. Seb. I. xcv. 2. xevi 4. 


Bleu violâtre uniforme, plus pâle dessous; les épines 
dorsales plus petites : du reste semblable au précédent. 


(1) Les Mexicains le nomment Æquaquetzpallia ( Hernand, ); Les 
Drasiliens senembi ( Margr. ). 


SAURIENS. A5 


L'un et l’autre a un trait blanchâtre oblique sur l’épaule. 

Celui-ci vient des mêmes pays, et n’est probablement 

qu’une variété .d’âge ou de sexe (1). 

L’Iguane à col nu. (Ig. nudicollis. Cuv.) Mus., Besler. 
tab. XIII. fig. 3. Zg. delicatissima. Laur. 


Ressemble à l’ordinaire, surtout par la crête dorsale; 
mais n’a point la grande plaque sous le tympan, ni les 
tubercules épars sur les côtés du cou. Le dessus du crâne 
est garni de plaques bombées, l’occiput tuberculeux ; le 
fanon est médiocre et n’a que peu de dentelures , et seu- 
lement en avant. Laurent: le dit des Indes , mais c’est une 
erreur , nous l’avons reçu du Brésil et de la Guade- 
loupe (2). 

L’Iguane cornu de Saint-Domingue. Lacep. ( Ig. cornuta. 
Cuv.) Bonnaterre. Encyc. méth. Erpetolog. Lézards. 
pl. 1v, f. 4. 

Assez semblable à l’iguane ordinaire, et encore plus au 
précédent ; mais se distinguant par une pointe conique 
osseuse entre les yeux, et deux écailles relevées sur les 
narines ; il n’a point de grande plaque sous l'oreille, ni 
de tubercules sur le cou, mais les écailles des branches 
de la mâchoire sont bosselées. 


L’Zguane à queue armée, de la Caroline. ( Ig. cychlura. 
Cuv. ) 


Est dépourvu , comme les deux précédents, de grande 
plaque sous l'oreille et de petites épines sur le cou; mais 

« des écailles plus prandes que les autres et un peu carénées, 
forment d’espace en espace des ceintures sur sa queue (3). 


(1) J'ai même tout lieu de croire que cette conclusion doit être étendue 
aux Iguanes de Spix; pl. v, vi, vir, vin et 1x 3 Qils ne me paraissent 
que des variétés d'age de l'espèce commune. 

(2) Je soupconne lÆmblyrhynchus cristatus, Bell., Zool. journ., I, 
Supl. , pl. xx, d’être un indiv. mal préparé de mon iguane à col nu. 

(3) IL me semble aussi que cet iguane est le même que M. Harlan 
(An. des sc. nat. de Phil., IV, pl. xv.) appelle cychlura carinata ; 
mais alors il y aurait, comme pour l’amblyrhynchus, erreur relativement 
aux dents palatines. Ces dents existent dans tous mes iguanes, je m’en 
suis assure. 


46 REPTILES 
Les OPHRYESSEs. (OPHRYESSA, Boié.) 


Ont de petites écailles imbriquées, une crête dorsale 
peu saillante se prolongeant sur la queue , qui est com- 
primée; des dents maxillaires dentelées, et des dents au 
palais, toutes circonstances qui les rapprocheraient des 
‘iguanes, mais ils n’ont pas de fanon, ni de pores aux 
cuisses. 

Le Sourcilleux. ( Lac. superciliosa. L. ) Seb. K. aix. 4. 
Lophyrus xiphurus. Spix. X. 
Nommé ainsi à cause d’une carène membraneuse que 
forme son sourcil, est une espèce d'Amérique, fauve, 
avec une bande festonnée brune le long de chaque flanc. 


Les Basrzics. (Basiziscus. Daud. ) 


Manquent de pores, et ont des dents au palais, 
comme les ophryesses. Leur corps est couvert de petites 
écailles ; il y a sur leur dos et sur leur queue une crête 
continue et élevée, que soutiennent Îes apophyses épi- 
neuses des vertèbres, comme celle de la queuedes istiures. 

L'espèce connue ( Lacerta basiliscus. Lin.), Seb. I. c. 1. 

Daud. If. xzn, se reconnaît à une proéminence membra- 
neuse de son occiput, en forme de capuchon, soutenue 
par du cartilage. C’est un animal dela Guiane, qui devient 
grand et est bleuâtre, avec deux bandes blanches, une 
derrière l’œil , l’autre derrière les mâchoires , qui se per- 
dent vers l'épaule (1). Il se nourrit de graines. 


Les MarBRés. ( Porycurus. Cuv.) 


J 
Ont, comme les iguanes, des dents au palais, et des 
pores aux cuisses, quoique peu marqués ; mais leur 
corps, couvert. de petites écailles, n’a aucune crête. 
Leur tête est couverte de plaques; leur queue longue. et 


(1) C’est à tort que l’on a cru jusqu’à présent, sur le témoignage de 
Séba, le basilic des Indes. 


SAURIENS. 47 
grêle; leur gorge extensible peut former un fanon au 
gré de l’animal; ils jouissent, comme les caméiéons, de 
la faculté de changer de couleur : aussi leur poumon 
est-il très volumineux, remplissant presque tout le 
corps, et se divisant en plusieurs branches, et leurs 
fausses côtes, comme celles des caméléons, entourent 
l’abdomen , en se réunissant pour former des cercles en- 
tiers. 

Le Marbré de la Guiane. ( Lac. marmorata. L.) Lacep. I- 
xxvi; Seb. IL. cxxvi. 4. Spix. XIV. 

“Gris-roussâtre, marbré de bandes transversales irrégu- 

lières d’un roux-brun et quelquefois mêlées de bleu ; la 
queue très longue. Commun à la Guiane (1). 


Les ECPHIMOTES. Fitzinger. 


Ont les dents et les pores des marbrés, mais de pe- 
ttes écailles sur le corps seulement; la queue, qui est 
grosse, en a de grandes pointues et carénées. Leur tête 
est couverte de plaques. Ils ont la formé un peu courte 
et aplaitie de certains agames, plutôt que la forme élan- 
cée des marbrés. 

L'espèce la plus commune ( 4gama tuberculata. Spix. 

XV. 1. ou Tropidurus toquatus. Pr. Max.) (2) est cendrée, 

semée de gouttes blanchätres, et a de-chaque côté du cou 

un demi-collier noir. Elle vit au Brésil. 


Les QuerzpaALeo (3). (OrLurus ) Cuv. 


Ont aussi, avec les dents des marbrés, les formes des 
agames, mais ils manquent de pores aux cuisses, et les 


(1) Aj. polychrus acutirostris | Spix, XIV. 

(2) Le tropidurus du pr. Max. de Wied , n’est pas, comme il l’a pensé, 
le quetzpaleo de Séba, quoiqu'il ait aussi des demi-colliers noirs. 

(3) Cenom de quetzpaleo donné par Séba à cette espèce , paraît cor- 
rompu du Mexicain aqua quels pallia qui paraît être un nom de 
l’iguane ; le queizpalco de Lacép., rept. in-4°, IL, 407, est un fouctte . 
queue; mais c’est de l'animal de Séba qu’il cite la figure. 


48 REPTILES 

écailles de leur queue pointues et carénées lui donnent 
du rapport avec celle des stellions; leurs écailles du dos 
sont aussi pointues et carénées, mais très pelites. 


On n’en connaît qu’un du Brésil, 
Le Quetzpaleo gris à collier noir. ( Opl. Torquatus Cuv. ) 


Avec un demi-collier noir de chaque côté du cou. 


Les Anozis. (AnoLIUS. Cuv.) (1) 


Ont, avec toutes les formes des iguanes et surtout des 
marbrés, un caractère distinctif très particulier; la 
peau de leurs doigts s’élargit sous l’antépénultième 
phalange en un disque ovale, strié en travers par des- 
sous, qui les aide à s’attacher aux diverses surfaces, où 
ils se cramponnent d’ailleurs fort bien par le moyen d’or- 
gles très crochus. Ils ont de plus le corps et la queue uni- 
formément chagrinés par de petites écailles,etla plupart 
portent un fanon ou un goître sous la gorge, qu’ils en- 
flent et font changer de couleur dans la colère et dans 
l'amour. Plusieurs d’entre eux égalent au moins le ca- 
méléon, par la faculté de faire varier les couleurs de 
leur peau. Leurs côtes se réunissent en cercles entiers, 
comme dans les marbrés et les caméléons. Leurs dents 
sont iranchantes et dentelées , comme celles des iguanes 
et des marbrés, et ils en ont de même dans le palais. 
La peau de la queue a de légers plis ou enfoncements , 
dont chacun comprend quelques rangées circulaires d’é- 
cailles. Ce genre paraît propre à l’Amérique. 


1 y en a qui ont sur la queue une crête soutenue par les 


(1} Anoli, anoalli, nom de ces sauriens aux Antilles, Gronovius l'a 
donné à l’Æmeiva fort gratuitement. Rochefort, dont on l'a pris, ne 
donne pour figure qu’une copie du Teyuguacu de Margrave, ou grand 
sauvegarde de la Guiane. ÆVicholson semble annoncer que ce nom s’ap- 
rlique à plusieurs espèces , et celle qu’il décrit paraît être l'anolis roquet, 
qui a été en effet envoyé de la Martinique au Muséum sous ce nom d’ano- 
lis. M. Moreau de Jonnès a même constaté que c’est aujourd’hui le seul 
sous leqnel on le connaisse. 


SAURIENS. 49 


apophyses épineuses des vertèbres comme dans les istiures 
et les basilics (1). 


Le grand Anolis à créte. (An. velifer. nob.) 


Long d’un pied; une crête sur la moitié de la queue, 
soutenue de douzeà quinze rayons; le fanon s’étend jusque 
sous le ventre. Couleur d’un bleu cendré noirûâtre. 

De la Jamaïque et des autres Antilles. Nous avons 
trouvé des baies dans son estomac. 


Le petit Anolis à crête. ( Lac. bimäculata. Sparrm ?) 

Moitié plus petit que le précédent ; même arête; cou- 
leur verdâtre , piquetée de brun vers le museau et sur les 
flancs.De l’Amérique septentrionale et dediverses Antilles. 


Le grand Anolis à écharpe. ( An. equestris. Merr. ) 


Fauve nué de lilas cendré; une bande blanche sur l’é- 
paule ; la queue trop charnue pour qu’on distingue les 
apophyses de sa crête; long d’un pied. 

D’autres ont la queue ronde, ou seulement un peu com- 
primée. Leurs espèces sont nombreuses et ont été en partie - 
confondues, sousles noms de roquet, degoitreux, de rouge- 

_ gorge et d’anolis ( Lac. strumosa , et bullaris, Lin. ). Elles 
habitent dans l'Amérique chaude, et dans les Antilles, et 
changent de couleur avec une facilité prodigieuse, surtout 
lorsqu’il fait chaud. Leur fanon s’enfle dans la colère, et 
rougit comme une cerise. Ces animaux sont moins grands 
que notre lézard gris, se nourrissent surtout d’insectes , 
qu'ils poursuivent avec agilité; lesdivers individus ne peu- 
vent, dit-on, se rencontrer, sans se combattre avec fu- 
reur. 

L’espèce des Antilles , ou Roquet de Lacép.,[, pl. xxvur 
(c’est plus particulièrement le Lacerta bullaris, Gm.), 
a le museau court, piqueté de brun, les paupières sail- 
lantes ; sa couleur ordinaire est verdâtre. Excepté sa 
queucronde, elleressemble beaucoupau petitanolis à crête. 


L'Anolis rayé. Daud. 1V. xzvin. r. 
N’en diffère que par des suites de traits noirs sur les 


(1) Is ont été confondus entre eux et avec une partie des suivants, sous 
les noms de Lac. principalis et bimaculata. X.. 


TOME II. VA 


20 REPTILES 


flancs. Il paraît le même que le Lacerta strumosa. Lin. 
Seb. II. xx. 4. Sa longueur est un peu plus considérable 
qu’au précédent. ji 
‘ L’Anoûs de la Caroline. (Iguane goitreux. Brongn.)Catesb. 
IL. zxvi. 


Est d’un beau vert doré, une bande noire à la tempe, son 
museau est alongé et aplati , ce qui lui donne une physio- 
nomie particulière, et en fait une espèce bien distincte. (1) 


C’est à cette famille des Ieuanrens, à dents au palais, 
qu’appartient un énorme animal fossile, connu sous le nom 
d’animal de Maëstricht, et pour lequel on a fabriqué fré- 
cemment le nom de Mosasaurus (2). 


La quatrième famille des sauriens, 
Où 1es GECKOTIENS. 
Se compose de lézards nocturnes, ettellementsem- 
blables, quel’on pourraitleslaisser dans un seul genre. 


Les Grcxos. Daud. (STELLIO. Schn. ASCALABOTES. 
Cuv. ) (3) 


Sauriens qui n’ont point la forme élancée de ceux 


(1) Aj. lAnolis à points blancs, Daud., IV, xzvur, 2; — l'An. 
viridis pr. Max., 6e liv ; — An. gracilis, id. , et plusieurs autres es- 
pèces dont je n'ai malheureusement point de figures à citer, 

(2) Voyez sur cet animal , le cinquième vol. , deuxième part. de mes 
Recherches sur les ossements fossiles. 

On a découvert parmi les fossiles, plusieurs reptiles de grande taille, 
qui paraissent aussi devoir être rapprochés de cette famille; mais dont les 
caractères ne sont pas assez complétement connus pour que l’on puisse les 
classer avec sûreté. 

Teis sont le Grosaurus découvert par M. de Sæmmering , le Mecaro- 
saurus de M. Bückland; l’Icuano non de M. Mantell., etc. J'en traite plus 
au long dans le cinquième vol., deuxième part. de mes Recherches sur les 
ossements fossiles. 

(3) Gecko, nom donné à une es; èce des Indes, etimité de son cri, 
comme une autre espèce a été nommée tockaie à Siam , et une troisième 
geilje au Cap. éreænaCalns , nom grec du gecko des murailles. 


NN + 0 


SAURIENS. 51 


dont nous avons parlé jusqu’à présent, mais sont, au 
contraire , aplatis, surtout de leur tête, etont les pieds 
médiocres et les doigts presque égaux ; leur marche est 
lourde et rampante ; de très grands yeux, dont la pu- 
pille se rétrécit à la lumière , comme celle des chats, en 
font des animaux nocturnes, qui se tiennent lé jour dans 
les lieux obscurs. Leurs paupières très courtes se reti- 
rent entièrement entre l'œil et l'orbite , ce qui donne à 
leur physionomie un aspect différent des autres sau- 
riens. Leur langue est charnue, et non extensible; leur 
tympan un peu renfoncé; leurs mâchoires garnies tout. 
autour d’unerangée de très petites dents serrées; leur pa- 
lais sans dents; leur peau, chagrinée en dessus de très pe- 
tites écailles grenues, parmi lesquelles sont souvent des 
tubercules plus gros, a en dessous des écailles un peu 
moins petites, plates et imbriquées. Quelques espèces 
ont des pores aux cuisses. La queue a des plis circulaires, 
comme celle des anolis ; mais, lorsqu'elle à été cassée, 
elle repousse sans plis, et même sans tubercules, quand 
_elle en a naturellement , ce qui a fait quelquefois mul- 
tiplier les espèces. 

Ce genre est nombreux et répandu dans les pays 
chauds des deux continents. L’air triste et lourd des 
geckos , et une certaine ressemblance avec les salaman- 
dres et les crapauds, les a fait haïr et accuser de venin, 
sans aucune preuve réelle. 

La plupart ont les doigts élargis sur toute ou partie 
de leur longueur, et garnis en dessous de replis très ré- 
guliers de la peau, qui leur servent si bien à adhérer 
aux corps, que l’on en voit marcher sous des plafonds. 
Leurs ongles sont rétractiles de diverses manières , et 
conservent leur tranchant et leur pointe; conjointe- 
ment avec leurs yeux, ils peuvent faire comparer les : 
gechos parmi les sauriens, à ce que sont les chats parmi 
les mammifères carnassiers; mais ces ongles varient en 


1* 


52 REPTILES 


nombre selon les espèces, et manquent entièrement 
dans quelques-unes. 


La première et la plus nombreuse division des geckos, 

que j’appellerai 
PLATYDACTYLES. 

A les doigts élargis sur toutes leur longueur , et garnis en 
dessous d’écailles transversales. 

Parmi ces geckos platydactyles, quelques-uns n’ont pas 
d'ongles du tout, et leurs pouces sont très petits. Ce sont de, 
jolies espèces , toutes couvertes de tubercules et peintes de 
couleurs vives. Celles que l’on connaît viennent de l’Île-de- 
France. 

Quelques-unes manquent de pores aux cuisses (1). 

Il y en a une violette dessus, blanche dessous, avéc 
une ligne noire sur les flancs ( G. inunguis, Cuv.). 
Une autre est grise, toute couverte de taches æillées, 
brunes , à milieu blanc (G. ocellatus, d’Oppel). 
Quelques autres ont, au contraire, ces pores très mar- 
qués. (2) Tel est 
Le Gecko cépédien. Péron. 


De l’île de France, aurore marbré de bleu, une ligne 
blanche le long de chaque flanc. 

Je ne sais cependant si les pores, dans ce premier sous- 
genre, ne sont pas une marque du sexe. 


D’autres platydactyles manquent d’ongles aux pouces, 
aux deuxièmés et aux cinquièmes doigts de tous les pieds, 
ils n’ont point de pores aux cuisses (3). Tel est 

Le Gecko des murailles. (Lacertus facetanus. Aldrov. 654.) 

Tarente, des Provençaux ; Tarentola , ou plutôt Ter- 
rentola , des Italiens ; Stellio, des anciens Latins ; Gec- 
kotte. Lacep. Gecko fascicularis. Baud. 


Gris-foncé ; la tête rude; tout le dessus du corps semé 


(1) C’est à cette division que M. Gray réserve le nom de Platydactyle. 
(2) M. Gray a fait de cette division son genre Phelsuma; le Lacerta 

gietje de Sparm. , doit y appartenir. On le croit très venimeux au Cap. 
(3) C’est de cette division que M. Gray a fait son genre T'arentola. 


SAURIENS. 53 
de tubereules, formés chacun de trois ou quatre tubercu- 
les plus petits et rapprochés ; les écailles du dessous de la 
queue semblables à celles du ventre. Animal hideux, qui 
se cache dans les trous de murailles, les tas de pierres, et 
se recouvre le corps de poussière et d’ordures. Il paraît 
que la même espèce habite tout autour de la Méditerranée, 
et jusqu’en Provence et en Languedoc. 

Il y en a en Égypte et en Barbarie une espèce voisine, 
à tubercules simples et ronds , plus saillants sur les flancs 
(G. ægyptiacus , nob.) D. Rept., pl. V,f.7, (1). 

Le plus grand nombre de geckos platydactyles ne man- 
quent d’ongles qu'aux quatre pouces seulement. Ils ont 
une rangée de pores au-devant de l’anus (2). Tels sont 


Le Gecko à gouttelettes. Daud. (Gecko. Lacep. xx: 
Stellio gecko. Schneid. ) Seb. [. cv. toute la pl. 


Des tubercules arrondis, peu saillants, répandus sur 
le dessus du corps, dent la couleur rousse est semée de 
taches rondes et blanches ; le dessous de la queue garni 
d’écailles carrées et imbriquées. Séba le dit de Ceylan , et 
prétend que c’est à lui particulièrement qu’on donne le 
nom de gecko, d’après son cri; mais Bontius l’attribuait , 
bien auparavant, à une espèce de Java. Probablement le- 
cri et le nom sont communs à plusieurs espèces. Nous 
nous sommes assurés que l’on trouve celle*c i dans tout 
l'archipel des Indes. 


Le Gecko à bandes. Lézard de Pandang à Amboine. 
( Lacerta vittata. Gm.) Daud. IV. 1. 


Brun, une bande blanche sur le dos, qui se bifurqu 
sur la tête et sur la racine de la queue, des anneaux blancs 
autour de la queue. Desindes orientales ; il se tient à Am- 
boine, sur les branches de l’arbuste nommé pandang de 
rivage (3). 

Il y a de ces platydactyles à quatre ongles, dont le: 


(x) Cette fig. intitulée : var. du Gecko annulaire , a trop d’ongles. 


(2) Cette division est nommée en particulier, Gecko par M. Gray. 
(3) M. B. Daudin donne à tort des ongles aux pouces de ces deux. 
geckos. 


A REPTILES 
corps est bordé d’une membrane horizontale , et les pieds 
palmés. 
Un des plus remarquables est , 


Le Lacerta homalocephala ; Crevelt. Soc. des nat. de 
Berl. 1809. pl. vu. 


Qui a les côtés de la tête et du corps augmentés d’une 
large membrane, laquelle est découpée en festons sur les 
côtés de la queue. Ses pieds sont palmés. On le trouve à 
Java , au Bengale. (1) 

Les Indes en ont une autre espèce , à tête et corps bor- 
dés, et à pieds palmés, mais sans festons à la queue et 
sans pores au-devant de l’anus (Prerorreura Horsfiel- 
dit , Gray., Zool., jour., n° X, p. 222). 

Enfin quelques platydactyles ont des ongles à tous les 
doigts. 

Nous en avons une espèce lisse, à pieds palmés ( 4. 
leachianus, Nob. ). à 
Une see division des geckos, que) appellera 


HEmIDAGTYLES. 


Ont la base de leurs doigts garnie d’un disque ovale, 
formé en dessous par un double rang d’écaille en chevron ; 
du milieu de ce disque s’élève la deuxième phalange, qui est 
grêle, et porte la troisième, ou l’ongle, à son extrémité. 
Les espèces connues ont toutes cinq ongles, et la rangée de 
pores des deux côtés de l’anus ; les écailles du dessous de 
leur queue sont en forme de bandes larges, comme celles du 
ventre des serpents. 

Il y en a une espèce dans le midi de l’Europe(G. verru- 
culatus,Nob.) d’un gris roussâtre; le dos tout semé de petits 
tubercules coniques un peu arrondis ; la queue a des cer- 
cles de semblables tubercules ; d’ Italie , de Sicile, de Pro- 
vence, comme Je G. RL. 

Une espèce très semblable ( G. mabuia, nob. ) à tuber- 
cules encore plus petits, ceux de la queue plus pointus, 
grise, nuagée de brun, des anneaux bruns sur la queue, 


(2) M. Fitzinger fait de ce platy-dactyle bordé, son genre Prxcmozoow. 
M. Gray en sépareencore ses PreropzeurA , à cause de l’absence des pores. 


SAURIENS, 55 


est répandue dans toutes les parties chaudes de l’Amé- 
rique, et s’y introduit dans les maisons. On la connaît 
dans nos îles sous le nom de Mabouïia des murailles (x). 

Il y en a, à Pondichéry et au Bengale, de si semblables, 
que l’on serait tenté de croire qu’ils y auraient été trans- 
portés par les vaisseaux (2). 

On trouve aussi aux Indes, un hémidactyle à corps 
bordé (G.marginatus, Nob.): ses pieds ne sont pas palmés. 
Sa queue est aplatie horizontalement, et a les bords tran- 
chants et un peu frangés. Il a été envoyé du Bengale par 
M. Duvaucel. 

La troisième division des geckos, que j’appellerai 


THECADATYLES. 


A les doigts élargis sur toute leur longueur , et garnis en 
dessous d’écailles transversales ; mais ces écailles sont par- 
tagées par un sillon longitudinal profond, où l’ongle peut 
se cacher entièrement. 

Ceux que je connais ne manquent d'ongles qu'aux pouces 
seulement ; ils n’ont pas de pores aux cuisses, et leur queue 
est garnie en dessous et en dessus de petites écailles. 


Le Gecko lisse. (G. læœvis. D. Stellio perfoliatus. Schn. 
Lac. rapicauda. Gm.) Daud. IV. 11. Connu dans nos 
îles sous le nom de Wabouia des bananiers. 


Gris, marbré de brun; de très petits grainssans tubercu- 
les dessus ; petites ailes dessous ; sa queue ; naturelle- 
ment cie et entourée de plis comme à l'ordinaire, 
se casse très aisément, ct revient quelquefois très ren- 
flée, et en forme de petite rave. Ce sont ces monstruosités 


(x) Autant que l’on en peut juger par la figure, le Thecadactylus pol- 
Licaris, et le Gecko aculeatus , Spix, xvur, 2 et 3, pourraient n’être que 
ce Mabouia des murailles , en différents âges. M. Moreau de Jonnès er a 
donné une monographie, mais il l’y confond avec des espèces diffé- 
renLes. 

(2) A cette division appartiennent encore le G. & tubercules trièdres et 
le G. à queue épineuse de Daud.; le prèmier est le même que le Ste/l. 
mauritanicus de Schn. Le stell. platyurus de Schn. en est aussi fort 
voisin. 


56 REPTILES 
accidentelles qui l'ont fait appeler alors G. rapi- 
cauda (x). 
La quatrième division des geckos, que j'appellerai 


Pryo-Dacryzes (2), 


A les bouts des doigts seulement dilatés en plaques, dont 
le dessous est strié en éventail. Le milieu de la plaque est 
fendu , et l’ongle placé dans la fissure. Il y a à tous les 
doigts des ongles fort crochus. 

Les uns ont les doigs libres, la queue ronde. 


Le Gecko des Maisons. ( Lac. gecko. Masselquist. ) Gecko 
lobatus. Geoffr. Rept. Egyp. IE. 5. Sie/lio Hassel- 
quistii. Schneid. 


Lisse, gris-roussâtre piqueté de brun ; les écailles et les 
tubercules très petits. Cette espèce est commune dans les 
maisons des divers pays qui bordent la Méditerranée , au 
midi et à l’orient. Au Caire, on la nomme abou burs 
(père de la lèpre), parce qu’on prétend qu’elle donne ce 
mal en empoisonnant avec ses pieds les aliments , et sur- 
tout les salaisons, qu’elle aime beaucoup. Quand elle 
marche sur la peau, elle y fait naître des routeurs, mais 
peut-être seulement à cause de la finesse de ses ongles. Sa 
voix ressemble un peu à celle des grenouilles. 


D’autres ont la queue bordée de chaque côté d’une mem- 
brane , etles pieds demi-palmés ; ils sont probablement aqua- 
ss Ce sont les Uroplates de Duméril. 


Le Gecko frangé. (Stelïio fimbriatus. Schn.) Téte plate. 
Lac. ou Famo-Cantrata de Madagascar. Brug. Lacep. Î. 
xxx. Daud. IV. zu. 


À non-seulement uné bordure aux côtés de la queue, 
mais elle s’étend le long des flancs , où elle est frangée et 
déchiquetée. On le trouve à Madagascar , à ceque l’on dit, 


(x) Le gecko squalidus, Herm. , doit appartenir à cette division , s’il 
n’est pas le même que le lævis. Le gecko de Surinam, Daud. , n’est qu’un 
individu plus j jeune et mieux coloré du lævis. 

(2) De mvor, éventail. : 


SAURIENS. 57 


sur les arbres , où il saute de branche en branche. Le peu- 
ple de ce pays le redoute beaucoup , mais à tort (1). 


Le Fouette-Queue de Lin. ou Gecko du Pérou. (Lac. 
caudiverbera. Lin.) Feuillée. I. 319. 


N’a point de frange aux côtés du corps, mais seulement 
à ceux de la queue, sur laquelle il y a aussi une crête 
membraneuse verticale. Feuillée l’a trouvé dans une fon- 
taine des Cordilières. Il est noirâtre , etlong de plus d’un 
pied. 


On peut faire une cinquième division, 
Les SPHERIODACTYLES, 


De certains petits geckos, qui ont les bouts des doigts 
terminés par une petite pelotte sans plis, mais toujours 
avec des ongles rétractiles. 

Lorsque la pelotte est double, ou échancrée en avant, ils 
tiennent de près aux ptyodactyles non bordés. Ceux que 
l’on connaît viennent du Cap ou des Indes. Tel est 


Le G. porphyré. Daud. 
Gris roussâtre, marbré et piqueté de brun. (2) 


Plus souvent la pelotte est simple et ronde. Les espèces 
sont d'Amérique. Tel est , 


Le Gecko sputateur à bandes. Lacép. Rept. I. pl. 
xxvin. f, 1. 


Petite espèce, joliment marquée de bandes transverses 
brunes, tranchées sur un fond roux, et répandue dans les 
maisons à Saint-Domingue, où on lui donne aussi le nom 
de mabouia. Il y a dans la mêmeîle, une espèce voisine, 
mais d’un cendré uniforme, id., ib., f., 2. : 
Enfin , il y a des sauriens qui, avec tout les caractères des 

geckos, n’ont pas les doigts élargis. Leurs ongles, au nombre 
de cinq, sont néanmoins rétractiles. 


NT A 


(1) Selon la descrip. de Bruguière, le sarroubé de Madagascar aurait 
tous les caractères du famocantraca excepté la frange, et le pouce qui lui 
manquerait aux pieds de devant. M. Fitzinger en a faitson genre SARRUBA. 

(2) Daudin a cru à tort ce gecko d'Amérique et synonyme des ma- 
bouia. hé 


58 REPTILES 


Les uns ont la queue ronde, les doigts striés en i'dessous 
et dentelés aux bords. Ce sont 


Les SreNopACrYLESs. 


Il y en a un en Égypte (Sten. guttatus), Égyp.; Rept., 
pl. V,f.2 (1), lisse, gris, semé de taches blanchâtres. 
D’autres ont les Fe grêles etnus; ceux AN PREE queue 

ronde sont 
Les GymnopacryLes de Spix. 

Il y en a en Amérique à séries régulières de petit tuber- 
cules. Gymnodactylus geckoides, Spix., X, vus, 1, en Pa- 
raît aussi un. 

D’autres ont la queue aplatie horizontalement en forme 
de feuille ; je les nomme 


PayLLurrs. 


On n’en connaît encore qu’une espèce de la Nouvelle- 
Hollande (4Stellio phyllurus, Schn.; Lacerta platura, 
White New. South. Wh., p..246, f. 2) (2), grise, 
marbrée de brun en dessus, toute hérissée de petits tu- 
bercules pointus. 


On est obligé d'établir une cinquième famille 
Des CAMÉLÉONIENS 


Pour le seul genre 
des CAMÉLÉONS. ( CHAMÆLEO. ) (3) 


Lequel est bien distinct de tous les autres sauriens, 
et ne se laisse pas même aisément intercaler dans leur 
série. 


(x) Sous le nom impropre d’agame ponotue’ Il est reproduit, supl. , 
pl. E f. 4; et une espèce voisine, ” 4. 
(2) Rapportée , on ne sait pourquoi, aux stellions par Daudin. 


(3) Xapaséw ( petit lion }, nom de cet animal chez les Grecs, et 


surtout dans Aristote, qui l’a parfaitement bien décrit, Hist. an., lib. IT, 


Cap. XI. x 


VV UE les 


SAURIENS. 59 
Ls ont toute la peau chagrinée par des petits grains 
écailleux; le corpscompriméet ledos comme tranchant ; 
la queue ronde et prenante; cinq doigts à tous les pieds, 
mais divisés en deux paquets, l’un de deux, l’autre de 
trois : chaque paquet réuni par la peau jusqu'aux on- 
gles; la langue charnue, cylindrique et extrêmement 
alongeable; les denis trilobées; les yeux grands, mais 
presque couverts par la peau, excepté un petit trou vis- 
à-vis la prunelle, et mobiles indépendamment l’un de 
l’autre; point d’oreille extérieure visible, l’occiput re- 
levé en pyramide. Leurs premières côtes se joignent au 
sternum, les suivantes se continuent chacune à sa corres- 
pondante, pour enfermer l’abdomen par un cercle entier. 
Leur poumon estsi vaste, que, quand ilestgonflé, leur 
corps paraît transparent, ce qui a fait dire aux anciens 
qu’ils se nourrissent d’air. Ils vivent d'insectes, qu’ils 
prennent avec l'extrémité gluante de leur langue : c'est 
la seule partie de leur corps qu’ils meuvent avec vitesse. 
Ils sont pour tout le reste d’une lenteur excessive. La 
grandeur de leur poumon est probablement ce qui leur 
donne la propriété de changer de couleur , non pas, 
comme on l’a cru, selon les corps sur lesquels ils se 
trouvent, mais selon leurs besoins et leurs passions. 
Leur poumon , en effet, les rend plus ou moins trans- 
parents, contraint plus ou moins le sang à refluer vers 
la peau, colore même cefluide plus on moins vivement, 
selon qu’il se remplit ou se vide d’air. Ils se tiennent 
constamment sur les arbres. 
Le Caméléon ordinaire. (Lacerta africana. Gm.) Lacep. 1. 
. ne Seb. L. Lxxxur. 1. LxxxIu. 4. (1). 
D'Égypte et de Barbarie, qui se trouve aussi dans le 
midi de l'Espagne, et jusque dans les [ndes , a le capu- 
chon pointu et relevé d’une arête en avant; les grains de 


(x) Le cam. trapu, Eg., Rept., 1v, 3; Cham. carinatus, Merr. , 


U'?2 
Ch. suboroceus , id.? 


60 REPTILES S 
la peau égaux et serrés , la crête supérieure dentelée jus- 
qu’à la moitié du dos, l’inférieure jusqu’à l’anus. 

Le capuchon de la femelle saille moins, et les dentelures 
de ses crêtes sont plus petites. 

Une autre espèce assez semblable, et des îles Séchelles 
(Cham. tigris, Cuv.), a le casque comme la femelle du 
commun, les grains du corps fins et égaux , et se distingue 
par un lambeau comprimé et dentelé sous le bout de sa 
mâchoire inférieure. Son corps est semé de points noirs. 

Une autre espèce voisine de l’île de Bourbon ( Cham. 
verrucosus, Cuv.l); a des grains plus gros , épars parmi les 
autres; et une série de verrues parallèle au dos aux deux 
tiers de sa hauteur. Le capuchon est comme dans la fe- 
melle du commun; les dentelures du dos sont plus fortes ; 
celles du ventre plus faibles. 


Le Caméléon nain. (Lacerta pumila. Gmel.) Chamaæleon 
pumilus. Daud. IV. zu.) Cham. margaritaceus. Merr. 
Seb. zxxxn. 4. 5. 


A le capuchon couché en arrière, des verrues éparses 
sur les flancs, sur les membres et sur la queue ; sous la 
gorge des lambeaux nombreux, comprimés , finement 
dentelés , qui varient selon les individus. Il se trouve au 
Cap, l’île de France ; aux Séchelles. (1) 


Le Cuméléon du Sénégal. ( Lacerta chamæleon. Gm. ) 
Ch. planiceps. Merr. Seb. I. Lxxxt. 2. 


À le capuchon aplati et presque sans arête, de forme 
horizontalement parabolique. Il se trouve aussi en Bar- 
barie et même en Géorgie. 

Une espèce de l’île de France ( Cham. pardalis, Cuv.), 
a le casque plat comme celle du Sénégal, mais son mu- 
seau a un petit bord proéminent en avant de la bouche ; 
des grains plus gros sont épars parmi les autres, et son 
corps est semé irrégulièrement de taches rondes, noires, 
bordées de bianc. 

Une autre espèce (Cham. Parsonti,Cuv.) trans. phil. van, 


(:) Je crois que le Cham. seichellensis de Kuh}, n’est qu’une femslle 
du Pumilus. 


SAURIENS. 61 

à casque plat, un peu tronqué eu arrière, a la crête du sour- 

cil pralongée et relevée de chaque côté sur le bout du mu- 

seau, en un lobe presque vertical. Ses grains sont égaux, 

et il n’a de dentelure ni en dessus ni en dessous (1). Enfin 

Le Caméléon des Moluques , à nez fourchu. (Cham. bifur- 
cus. Brongn. ) Daud. IV. uv. 

A le casque plat, demi-circulaire; deux grandes proé 
minences comprimées , saillantes, en avant du museau, 
qui varient en longueur probablement selon les sexes. 
Ses grains sont égaux, son corps est semé de taches 
bleues serrées, et il y a au bas de chaque flanc, une 
double série de blanches: 


La sixième et dernièré famille des sauriens est 


celle 
Des SCINCOIDIENS. 


Reconnaissable à ses pieds courts, à sa langue 
non extensible et aux écailles égales qui couvrent 
le corps et la queue comme des tuiles. 


Les Scrnques. ( Scrncus. Daud.) 


Ont quatre pieds assez courts, un corps presque 
d’une venue avec la queue, sans renflement à l’oc- 
ciput, sans crête ni fanon, couvert d’écailles uni- 
formes, luisantes, disposées comme des tuiles ou comme 
celles des carpes. Les uns ont la forme d’un fuseau; 
d’autres, presques cylindriques et plus ou moins alongés, 
ressemblent à des serpents, et surtout à des orvets, avec 
lesquels ils ont aussi plusieurs rapports intérieurs, et 
qu’ils lient à la famille des iguanes par une suite non 
interrompue de nuances. Du reste, leur langue est 
charnue, peu extensible et échancrée, leurs mâchoires 
sont. garnies tout autour de petites dents serrées. Par 


1) Je ne connaïs point le Cham. dilepis, Leach., ou bilobus, Kuhl. 
P P 


62 REPTILES 


leur anus, leurs verges, leur œil, leur oreille, ils res- 
semblent plus où moins aux iguanes et aux Kézards ; 
leurs pieds ont des doigts tous libres et onguiculés. 

Certaines espèces ont des dents au palais et une den- 
telure au bord antérieur du tympan. 


On doit distinguer dans le nombre , à cause de son mu- 
seau tranchant et un peu relevé (1), 


Le Scinque des pharmacies (Lac. scincus. Lin. Scincus 
officinalis. Schn. El adda des Arabes.) Lacep. EL. xxur. 
Bruce. Abyss. pl. 30. Égypt. Rept. Suppl. pl. 2. f. 8. 
Long de six ou huit pouces ; la queue plus courte que 

le corps : celui-ci jaunâtre-argenté ; des baudes transverses 

noirâtres; il vit dans la Nbre PAbyssinie, l'Arabie, 
d’où on l’apporte à Alexandrie, et de là dans toute l’Eu- 
rope. Il a une promptitude extraordinaire à s’enfoncer 

dans le sable quand il est poursuivi (2). 

Parmi ceux qui ont le museau mousseÿfgn peut remar- 
quer une espèce répandue dans toutes leads (Sc. rufes- 
cens), verdâtre, pmehgne jaunâtre le long de chaque flanc, 
les écailles chacune à trois petites arêtes relevées. 

Une du midi de l’Afrique, très répandue autour du Cap 
(Sc. trivittatus), brune; trois lignes plus'päles tout le long 
du dos et de la queue. Des taches noires entre les li- 
gnes (3). 

Et surtout une grande espèce du Levant (Sc. cyprius, 


(1) C'est de cette espèce seulement que M. Fitzinger compose son 
genre Sancus, les autres forment son genre Maroura. 

(2) Les Grecs et les Latins nommaient scincus , le crocodile terrestre, 
par conséquent un monitor, auquel ils attribuaient beaucoup de 
vertus ; mais depuis le moyen âge, on vend généralement sous ce nom, 
et pour les mêmes usages , l'espèce ci-dessus. Les orientaux la regardent 
surtout comme nn puissant aphrodisiaque. 

(3) Aj. Scincus erythrocephalus. Gilliams., Sc. nat. Phil., I, xvin ; — 
Sc. bicolor, Harlan.,ib., IV, xviu, 13 — Sc. multiseriatus, Nob., 
Géolf., Eg., rept., IV, f. 4, sous le nom d’ÆAnolis pavé. — Nous croyons 
aussi devoir rapporter à cette subdivision , quoique nous n’ayons pu en- 
core nous le procurer, le gros scinque, appelé Galley wasp , à la Jamaï- 
que ; Sloane, IT, pl. 273, £. 9. ( Lacerta occidua, Sh. ). 


SAURIENS. 63 

Cuv.) Lac. cyprius scincoides, Aldrov., Quadr., Dig., 666, 

Geoff., Desc. de l’Egypt., Rept., pl. IE, f. 3, sous le nom 

. d'Anolis gigantesque ; verdâtre , à écailles lisses, à queue 

plus longue que le corps ; une ligne pâle le long de cha- 
que flanc. 

D’autres scinques , les Ticiqua , Gray, n’ont point dedents 

au palais. 

H en est une très répandue dans ie midi de l’Europe, la 
Sardaigne, la Sicile, l'Egypte (Sc. variegatus, Sc. ocellatus, 
Schn., Daud., IV, zv1, Geoff., Égypt., Rept., pl. V, f. x, 
sous le nom d’Anolis marbré, et mieux Savig., 1b., supp., 
pl. I, f. 3), qui a sur le dos, les flancs et la queue, de 
petites taches noires rondes , marquées chacune d’un trait 
blanc. Le plus souvent üne ligne pâle règne le long de 
chaque côté du dos. 

Nos Antilles en ont plusieurs espèces, dont une s’y 
nomme improprement Anolis de terre et Mabouia, Lacep., 
pl. xx1v, lisse, brun-verdätre ; des points noirâtres épars 
sur le dos; une bande brune mal terminée, allant de la 
tempe sur l’épaule et au-delà (1). 

Les Moluques et la Nouvelle-Hollande ont des espèces 
de cette division remarquables par leur grosseur (2). 


Les SErs (3). (SErs. Daud. ) 


Différent des scinques seulement par leur corps encore 
plus alongé , tout-à-fait semblable à celui d’un orvet , et 


(1) La fig. de Lac. est exacte, sauf la queue qui est trop courte, l’in- 
dividu l’ayant eue cassée, comme il arrive souvent à tous les lézards. — 
aj. le Sc. d flancs noirs, Quoy et Gaym. , voy. de Freyc., pl. 423 —1$c. 
bistriatus , Spix , xXY1, 1. 

(2) Lac. scincoides, White, 242 ; — Scincus nigroluteus, Quoy et Gaym, 
Freyc., 41; — Scine. crotaphomelas, Per. et Lacep. , etc. 4 

NV. B. Je n’ai pu nommer que très peu d'espèces de scinques , parce 
qu’elles sont si mal caractérisées dans les auteurs, qu’il m’est presque 
impossible d’en indiquer la synonymie avec quelque certitude. C’est le 
genre qui a le plus besoin d'une monographie. 

(3) Sepset chalcis étaient, chez les anciens , les noms d’un animal que 
les uns représentent comme un lézard, les autres comme un serpent. Il 
est très probable qu'ils désignaient le seps à trois doigts d'Italie et de 
Grèce. Seps vient de #7 £1x, corrompre. 


64 REPTILES 


par leurs pieds encore plus petits, et dont les deux 
paires sont plus éloignées l’une de l’autre. Leurs poumons 
commencent à montrer de l’inégalité. 


On en possède une espèce à cinq doigts, dont les posté- 
rieurs inépaux. (S. Scincoïdes, uob.) 

Une à cinq doigts à peu près égaux et courts ( Anguis 
quadrupes, Lin., Lacerta serpens, Gm.), Bloch, Soc. 
des nat. de Berl., tom. 1, pl. 2 (1). Des Indes orientales. 

Une à quatre doigts, dont Îles postérieurs inégaux (le 
Tetradactylus deeresiensis , Per.) (2), et une àtrois, d’ail- 
leurs très semblable à la précédente ( Tridactylus decre- 
siensis, Per. ). Toutes deux viennent de l’île de Crès, et 
sont vivipares. 

Une à trois doigts très courts et à pieds très petits, 
nommée, en Italie, Cecella ou Cicigna ( Lacerta chalci- 
des , L.), grise, à quatre raies longitudinales brunes, 
deux de Chaque côté du dos. Elle est aussi vivipare, se 
meut avec rapidité, sans s’aider de ses pieds ; vit dans les 
prés , se nourrit d'araignées, de pelit limaçous, etc. (3). 

Nos provinces méridionales en ont une très semblable, 
mais à huit ou neuf ïiaies brunes, également espacées 
(Zygnis striata, Fitz.) 

On pourrait séparer des autres une espèce dont les 
écailles toutes carénées et pointues, sont à peu près dis- 
posées en verticilles (4) (Lac. anguina , L. ); Lac. mono- 
dactyla, Lacep., Ann. Mus. Il, ux, 2, et Vosmaer., Monogr. 
1774 , f. L, sous le nom de Serpent-lézard. Ses pieds sont 
de petits stylets non divisés. Elle vit aux environs du cap 
de Bonne-Espérance. 


(1) M. Gray en a fait son genre Lycosoma ; M. Fitzinger la laisse dans 
ses MaBuïA ou scinques sans dents palatines. 

(2) C’est à eette espèce que Fitzinger réserve le nom générique de Sers; 
il l'appelle seps Peronü. 

(3) Merrem, au contraire, avait fait sonfgenre Sers de’cette ‘seule 
espèce. Fitzinger l’appelle maintenant, d’après Oken, Zxewis, et y joint 
le tridactyle de l’isle Decres de Peron, qui se rapproche bien davantage du 
tétradactyle de la même île. 

(4) C’est le genre Mowonacrvzus , Merr., ou CHamæsaurA, Fitz. 


6 


SAURIENS. 65 
Les Brpèpes. (Brres. Lacép.) 


Sont un petit genre qui ne diflère des seps que parce 


qu’ils manquent entièrement de pieds de devant, 
n'ayant que des omoplates et des clavicules cachées sous 
la peau, et leurs pieds de derrière seuls étant visibles. 
Il n’y a qu’un pas d'eux aux orvets. 


Les uns ont une rangée de pores au-devant de l’anus(r). 

J'en ai disséqué un rapporté de la Nouvelle-Hollande 
par feu Péron (le Bipède lépidopode, Lacep., An. du Mus., 
tome IV, pl.zv) , quia les écailles du dos carénées , et la 
queue deux fois plus longue que le corps (2). Ses pieds 
n’offrent à l'extérieur que deux petites plaques oblongues 
et écailleuses : mais on y trouve par la dissection un 
fémur, un tibia, un péroné, et quatre os du métatarse 
formant des doigts, mais sans phalanges. Un de ses 
poumons est de moitié moindre que l’autre. Il vit dans la 
vase. 

D’autres n’ont pas cette rangée de pores. 

Il y en a une petite espèce du Cap, décrite depuis long- 
temps ( Anguis bipes, Lin., Lacerta bipes, Gm.), Seb. I, 
Lxxxvi, 3, dont les pieds se terminent chacun par deux 
doigts inégaux (3). 

Le Brésil en produit une autre ( Pygopus cariococca), 
Spix., xxvin, 2 , plus grande, à pieds indivis, comme ceux 
du lépidopode , mais plus pointus, à écailles toutes lisses. 
Il est verdâtre, avec quatre lignes longitudinales noi- 
râtres (4). 


(1) Is forment le genre Prcopus de Merrem. 
(2) La fig. de Lacep. est faite d’après un individu dont la queue avait 


été cassée et reproduite ; en général , dans toute cette classe, on est fort 
sujet à être trompé sur la longueur proportionnelle des queues. 


(3) C’est le genre Bires, Merr., ou Scerores de Fitzinger. Le Seps 


gronovien ou monodacty le de Daudin, dont Merrem a fait son genre Pxco- 
DACTYLE, Wen était qu’an individu mal conservé , et ce genre doit être 
rayé, comme Merrem le soupconnait déjà. Le Seps sexlineata , Harlan., 
Se. nat. Phil., IV, pl. xvur, f. 2, n’en est qu’une variété. 


) Le Pyg. striatus, Spix, xxviu, 1, ne m'en parait que Le jeune àge. 
6: £ L q J (4 
TOME IT. : 


66 REPTILES 
Les CHALCIDES. (CHALCIDES. Daud. ) 


Sont, comme les seps, des lézards très alongés et sem- 
blables à des serpents; mais leurs écailles , au lieu d’être 
disposées comme des tuiles, sont rectangulaires, et for- 
ment , comme celles de la queue des lézards ordinaires, 
des bandes transversales qui n’empiètent point les unes 
sur les autres. | 

Les uns ont un sillon de chaque côté du tronc, et le 
tympan encore très apparent. Ils se lient aux cntdsles ; 
comme les seps se lient aux scinques, et conduisent sous 
plusieurs rapports aux sheltopusics et aux ophisaures. 

On en connaît une espèce à cinq doigts, des Indes 
orientales ( Lac. seps , Lin. ). 

Une à quatre(Lac. tetradactyla, Lacep.), Ann. du Mus., 
JL, x, 21). 

D’autres ont le tympan caché et conduisant directement 
aux bimaves, et par là aux amphisbènes. 

Il y en a une espèce à cinq doigts (2). 

Une du Brésil, à quatre devant et à cinq derrière ( Æe- 
terodactylus imbricatus, Spix., xXVN1, 1). 

Une à quatre à tous les doigts (3). 

Une dont lesdoigts, au nombre de cinq devant, et detrois 
derrière, sont réduits à de petits tubercules si peu visi- 
bles, que l’espèce a été regardée tantôt comme ayant trois 
doigts, tantôt comme n’en ayant qu’un (4). Elle est de la 

. Guianne. 


Les BrMANES. (CHIROTES. Cuv.) 


Ressemblent aux chalcides par leurs écailles verticil- 


{x) C’est le genre Terranacrycus de Merrem, ou SauropPris de Fitzinger. 

(2) C’est celle-ci qui forme le genre CaaLcines de-Fitzinger. 

(3) C’est le genre Bracaxpus de Fitzinger. 

(4) Dansla première supposition, c’est le Chalcide de Lacép., pl. xxxn. 
Le chamæsaura cophias de Schn., le genre Çaazcis de Merrem et le genre 
Copnias de Fitzinger. Dans la deuxième hyp., c’est le Chalcide mono- 
dacty le de Daudin , ou le genre Gororus de Merrem ; mais tous ces genres 
se réduisent à une seule espèce. 


SAURIENS. 67 
lées, et encore plus aux amphishènes par la forme ob- 
tuse de leur tête ; mais se distinguent des premiers parce 
qu’ils manquent de pieds de derrière, et des seconds, 
parce qu’ils ont encore des pieds de devant. 


On n’en connaît qu’un du Mexique, 


Le Bimane cannelé. (Bipède cannelé. Lacep. Chamæsaura 
propus. Schn. Lacerta lumbricoides. Shaw. ) Lace». 
Ï. x. 


A deux pieds courts à quatre doigts chacun, avec un 
vestige de cinquième , assez complétement organisés à 
l’intérieur, attachés par des omoplates, des clavicules, et 
un petit sternum; mais sa tête, ses vertèbres , en un mot 
tout le reste de son squelette ressemblent à celui de l’am- 
phisbène. 

Il a huit ou dix pouces de long, est gros comme le petit 
doigt ; couleur de chair, revêtu d’environ deux cent vingt 
demi-anneaux sur le dos, et autant sous le ventre , qui se 
rencontrent en alternant sur le côté. On le trouve au 
Mexique , où il vit d'insectes. Sa langue , peu extensible, 
se termine par deux petites pointes cornées ; son œil est 
très petit ; son tympan recouvert par la peau , et invisible 
au-dehors; au-devant de son anus sont deux lignes de po- 
res. Je ne lui ai trouvé qu’un grand poumon et un vestige 
de petit, comme à la plupart des serpents (1). 


(1) Les genres qui terminent cet ordre des sauriens, s’interposent 
de diverses manières entre les sauriens ordinaires et les genres placés 
en tête de l’ordre des ophidiens, au point que plusieurs naturalistes 
ne croïent plus aujourd’hui devoir séparer ces deux ordres, ou bien 
qu'ils en établissent un, comprenant d’une part les sauriens, moins 
les crocodiles, et de l’autre les ophidiens de la famille des anguis; 
mais il existe parmi les fossiles d’anciennes formations calcaires, deux 
genres bien plus extraordinaires, et qui, avec une tête et un tronc 
de saurien, ont des pieds portés sur des membres courts , et formés 
d’une multitude de petites articulations rassemblées en une espèce de 
rame ou de nageoïre, comme sont les nageoires ou pieds de devant des 
cétacés. 

L'un de ces genres, celui des Icarayosaunus, avaitune grosse tête 
portée sur un cou assez court, d'énormes yeux, une queue médiocre, un 


… 


J 


68 | REPTILES 


2 9 2 


LE TROISIÈME ORDRE DES REPTILES, 


Les OPHIDIENS (1) ou SERPENTS. 


* Sont les reptiles sans pieds, et par conséquent 
ceux de ious qui méritent le mieux la dénomina- 
tion de reptiles. Leur corps, très alongé, se meut 
au moyen des replis qu’il fait sur le sol. 

On doit les diviser en trois familles. 
Ceux de la première, ou 


Les ANGUIS (2). 


Ont encore leur tête osseuse, leurs dents, leur 
langue semblables à celles des seps; leur œil est 
muni de trois paupières, elc.; ce sont, pour ainsi 


museau alongé armé de dents coniques, adhérentes dans une raïnure. 
On en a déterré en Angleterre, en France et en Allemagne, différentes 
espèces , dont quelques-unes irès grandes. 

L’autre, le PLesiosaurus, avait une petite tête portée sur un long cou 
de serpent, composé de plus de vertèbres cervicales que dans aucun ani- 
mal connu. Sa queue était courte; on en a aussi trouvé des débris sur le 
continent. 

Ces deux genres , dus en grande partie aux recherches de MM. Home, 
Conybeare, Buckland, ete., habitaient la mer, Ils doivent former une 
famille très distincte: mais ce que l’on connaît de leur ostéologie, les 
rapproche plus du commun des sauriens que des crocodiles, auxquels 
M. Fitzinger les associe dans sa famille des LoricarA , et cela d'autant 
plus gratuitement, que l’on ne connaît ni leurs écailles ni leur langue, 
les deux parties caractéristiques des loricata. 

. (x) Ophidien., d’ôqus ( serpent ). 
(2) Anguis, nom générique des serpents en latin. 


OPHIDIENS. 69 


dire, des seps sans pieds ; ils entraient tous dans le 


genre 
Des Orvers. ( AnGuis. L.) 


Caractérisés à l’extérieur par des écailles imbriquées, 
qui les recouvrent entièrement. On en a fait quatre 
sous-genres , dont les trois premiers ont encore sous la 
peau des os d’épaule et de bassin. 


Les Scuezropusik. (Pseupopus. Merrem.) 


Ont le tympan visible à l'extérieur , et de chaque côté de 
l’anus une petite proéminence (1), dans laquelle est un petit 
os analogue au fémur, et tenant à un vrai bassin caché sous la 
peau; quant à l’extrémité de devant, c’est à peine si elle se 
montre au-dehors par un pli difficile à remarquer, et sans 
humérus intérieur.Un de sespoumonsest d’un quart moindre 
que l’autre. Les écailles sont carrées , épaisses, à demi-imbri- 
quées, etil yen a, entre celles dudoset celles du ventre, de plus 
petites qui produisent un sillon longitudinal de chaque côté. 

Pallas en a fait connaître une espèce du midi de la Rus- 
sie, qui se trouve aussi en Hongrie, en Dalmatie (P. pal- 
lasir, Nob.; Lacerta apoda, Pall., Nov.com., Petrop. XIX, 
pl.ix, f. 1. ), longue d’un et deux pieds. Les écailles du 
dos lisses ; celles de la queue carénées. 

M. Durville en a découvert dans l’Archipel une autre, 
dont les écailles du dos sont rudes et carénées comme celles 
de la queue (Ps. Durvillit, Nob. ). 

Un sous-genre voisin, celui 


Des OPmsaures (2). (Ormisaurus. Daud.) 


Ne diffère des scheltopusiks, que parce qu’il n’a plus exté- 
rieurement d'apparence d’extrémités postérieures; mais on 
voit encore son tympan, et ses écailles laissentaussi un pli de 
chaque côté de son tronc.Le petit poumon faitletiers du grand. 

L'espèce connue le plus anciennement (Oph. ventralis ; 


(1) Pseudopus (pied faux). Je n'ai pas pu apercevoir, plus que 
M. Schneider , de division à l'extrémité de ce très petit vestige de pied, 
(2) D’o@s (serpent ), et de guug0s ( lézard ). 


70 REPTILES 
— Ang. ventralis, L.),Catesb., Il, 1x, est commune dansle 
‘ sud des États-Unis. Sa couleur est un vert jaunâtre, tacltété 
denoiren-dessus. Sa queue est plus longue que le corps; il 
se rompt si aisément, qu’on l’a appelé serpent de verre (1). 
Les Orvers proprement dits. (Ancuis. Cuv.) 


N’ont aussi aucune apparence d’extrémité visible au de- 
hors ; leur tympan même est caché sous la pen) leurs dents 
nie sont comprimées et crochues, ils n’en ont point 
au palais. Leur corps est entouré d’écailles imbriquées, sans 
pli sur le côté. Un des poumons est de moitié plus petit que 
Fautre 

Nous eh avons une espèce fort commune dans toute 
l'Europe (Angus fragilis, L.), Lacep. IT, xx, 1 , à écailles 
très lisses, luisantes, jaune argenté en dessus , noirâtres 
en dessous, trois filets noirs le long du dos, 2 se chan- 
gent avec l'âge en diverses séries de points et finissent par 
disparaître. Sa queue est de la longueur du corps; l’ani- 
mal atteint un pied et quelques pouces, vit de lombrics, 

d'insectes; fait ses petits vivants (2). 

Ces trois sous-genres ont encore un bassin'imparfait,un petit 
sternum , uneomoplate etune clavicule cachées sous la peau. 

L'absence de toutes ces parties osseuses oblige de séparer 
aussi des orvets, le sous-genre que je nommerai 


Aconrias (3), 


Et qui leur ressemble par la structure de la tête, et 
les paupières, mais qui n’a pas de sternum ni de vestige 
d’épaule et de bassin ; leurs côtes antérieures se réunissent 
l’une à l’autre sous le tronc par des prolongements cartila- 
gineux. Je n’y ai trouvé qu’un poumon médiocre et un 
très petit. Leurs dents sont petites et coniques ; je crois 


(1) Aj. Ophis. punctatus; Ophis. striatulus, Nob., deux espèces nouvelles, 

(2) L’anguis erix, L., n’est qu’un jeune orvet commun, où les lignes 
dorsales sont encore bien marquées; et l’anguis clivicus, dont Daudin 
fait un érix, sans que l’on sache pourquoi , est un vieux orvet commun à 
queue tronquée. On n’en parle que d’après Gronovius, qui cite Le coluber 
de Gesner. Ce Coluber est précisément l’orvet commun vieux. 

(3) Æconlias (javelot), nom grec d’un serpent que l’on croyait s’élan- 
cer comme un trait sur les passants (d ##yl{Ca; jaculor ). 


OPHIDIENS. 71 


leur en avoir aperçu quelques-unes au palais. On les recon- 
naît aisément à leur museau enfermé comme dans une sorte 
de masque. 

L'espèce bien connue ( Anguis meleagris, L.), Seb. Il, 
xx, 1, (1) vient du cap de Bonne-Espérance , elle ressem- 
ble à notre orvet; mais sa queue obtuse est beaucoup plus 
courte; sur son dos règnent huit rangées longitudinales de 
taches brunes. Le même pays en produit d’autres espèces, 
dont une entièrement aveugle ( Ac. cœcus , Cuv. ). 


La seconde famille, ou celle 
Des vrais SERPENTS. 


Qui est de beaucoup la plus nombreuse, com- 
prend les genres sans sternum ni vestiges d'épaule ; 
mais dont les côtes entourent encore une grande 
partie de la circonférence du tronc, et où les corps 
des vertèbres s’articulent encore par une facette con- 
vexe dans une facette concave de la suivante ; ils man- 
quent de troisième paupière et de tympan; mais 
l’osselet de l’oreille existe sous la peau, et son man- 
che passe derrière l’os tympanique. Plusieurs ont 
encore sous la peau, un vestige de membre posté- 
rieur, quimontre même au-dehors dans quelques- 
uns son extrémité en forme de petit crochet (2). 

Nous les subdivisons en deux tribus. 

Celle des Douzzes-Marcaeurs a encore la mà- 


(1) Daudin a fait aussi un éréx de l’anguis meleagris ; mais sans motif; 
car ses écailles inférieures ne sont, pas plus grandes que les autres. Je me 
suis assuré , par la dissection, que ce serpent n’a point le sternum que 
M. Oppel lui suppose. 

(2) Voyez la Dissertation allemande de M. Mayer , sur les extrémités 


postérieures des ophidiens; dans le XIIe vol. des Curieux de la nature de 
Bonn. 


Fy 2 REPTILES 


choire inférieure portée comme dans tous les rep- 
tiles précédents, par un os tympanique, immédia- 
tement articulé au crâne, les deux branches de 
cette mâchoire soudées en avant, et celles de la 
mâchoire supérieure fixées au crâne, et à l’osinter- 
maxillaire ; ce qui fait que leur gueule ne peut se 
dilater comme dans la tribu suivante, et que leur 
tête est tout d’une venue avec le reste du corps, 
forme qui leur permet de marcher également bien 
dans les deux sens. Le cadre osseux de l’orbite est 
incomplet en arrière, et leur œil fort petit; du 
reste ils ont le corps couvert d’écailles, l’anus fort 
près de son extrémité, la trachée longue, le cœur 
très en arrière. On n’en connaît point de veni- 
meux. 

Il y en a deux genres, dont l’un se rattache aux 
chalcides et aux bimanes, et l’autre aux orvetset 
aux acontias. 


Les AMPHISBÈNES (1). ( AMPHISBÆNA. L.) | 


Ont tout le corps entouré de rangées circulaires d’é- 
cailles quadrangulaires, comme les chalcides et les bi- 
manes parmi les sauriens, une rangée de pores au-devant 
de l’anus, des dents peu nombreuses, coniques, aux mà- 
choiresseulement, etnonau palais. I1n”ya qu’un poumon. 


On en connaît depuis long-temps deux espèces. (4mph. 
alba , Lacép. I, xx, 1, et Âmph. fuliginosa , L.) Seb. Il, 


« » y e 1 
(1) Amphisbæne, d’æy@is et sæives ; marchant en deux sens. Les 
anciens lui croyaient deux têtes. Ce nom a été appliqué faussement à des 
serpents d'Amérique que kes anciens n’ont pu connaître. 


OPHIDIENS. 73 
xvin, 2 ; C. 3, et Lxxur, 4. L’une et l’autre de l’Amérique 
méridionale. Elles vivent d'insectes, et setiennent souvent 
dans des fourmilières ; ce qui a fait croire au peuple que 
les grandes fourmis les nourrissent. Ces amphibènes sont 
ovipares (1). 

Il y en a une à la Martinique, entièrement aveugle ( 4m- 

phisbæna cœca, Cuv. ) (2). 

Les Lerosrernons, Spix, sont des amphisbènes dont la 
partie antérieure du tronc a en dessous une réunion de 
quelques plaques qui interrompt les anneaux. Ils n’ont point 
de pores au-devant de l’anus ; leur tête est courte; leur mu- 
seau un peu avancé (3). 


Les TyPcxops (4). (TxPHLoPs. Schn.) 


Ont le corps couvert de petites écailles imbriquées , 
comme Jes orvets, avec lesquels on les a long-temps pla- 
cés, le museau avancé, garni de plaques (5), la langue 
assez longue et fourchue, l’œil comme un point à 
peine visible au travers de la peau , l’anus presque tout- 
à-fait à l’extrémité du corps ; un poumon quatre fois 
plus grand que l’autre. Ce sontde petitsserpents sembla- 
bles , pour le coup d'œil, à des vers de terre : on entrouve 
des espèces dans les pays chauds des deux continents. 

Il'yen a dont la tête est de même venue que le corps et 
obtuse. Ils ressemblent à des bouts de ficelle mince (6). 


La plupart ont le museau déprimé ét obtus , garni de plu- 
sieurs plaques en avant (7). 


(1) L'Amp, flavescens, Pr. Max., 9° liv. 

(2) Ne serait-ce pas l4. vermicularis | Spix, xxv, 2 ? Il dit : oculi vix 
conspicui, je n’en vois point du tout. Il employe la même expression pour 
son 4. oxyura. 

(3) Lep. microcephalus Spix. , ou Amphisb. punctata, Pr, Max. 

(4) ToQaoŸ , ToQAIY» ; aveugle, étaient les noms de l’orvet chez 
les Grecs. Spix a changé ce nom en Srenosrora, 

(5) Je n’ai pu apercevoir de dents à ceux que j'ai examinés, 

(6) T. braminus nob. oa rondos-talaloopam. Russel. , serp. , corom. , 
x , Où Eryx braminus, Daud. , ou Tortrix russelü, Merr. 

(7) Ang. reticulatus, Sch., phys. sacr , pl. ncexzvn, 4; — Typhlops 


74 REPTILES 


Dans quelques-uns le devant du museau est couvert en 
avant d’une seule large plaque à bord antérieur un peu tran-’ 
chant (1). 


Enfin il y en a un dont le museau se termine par une pe- 
tite pointe conique, celui-là est entièrement aveugle. Son 
extrémité postérieure est enveloppée d’un bouclier ovale et 
corné (2). 

L'autre tribu, ou celle des Sexpenrs proprement 
dits, a l’os tympanique, ou pédicule de la mâchoire 
inférieure , mobile et presque toujours suspendu lui- 
même à un autre os analogue au mastoïdien, at- 
taché sur le crâne par des muscles et des ligaments 
qui lui laissent de la mobilité ; les branches de cette 
mâchoire ne sont aussi unies l’une à l’autre, et 
celles de la mâchoire supérieure ne le sont à l’inter- 
maxillaire que par des ligaments, en sorte qu’elles 
peuvent s’écarter plus ou moins, ce qui donne à ces 
animaux la faculté de dilater leur gueule au point 
d’avaler des corps plus gros qu'eux. 

Leurs arcades palatines participent à cette mo- 
bilité, et sont armées de dents aiguës et recourbées 
en arrière, caractère le plus marqué et le plus con- 


septemstriatus , Schn.;—T. undecim striatus, Nob.; —T. cinereus, Schn. ; 
— T. crocotatus , id.; — T. leucorhous , Oppel., etc. Seb. , I, v1, 4, 
est une espèce de cette subdivision. 

(1) Anguis lumbricalis , Lacep. , II, pl. xx, Brown. , Jam., xu1v, 1, 
Seb., T1, zxxxvi, 2; — 7°. albifrons, Opp. Au reste, comme dans tous 
les genres où les espèces sont fort semblables, les auteurs n’ont pas très 
bien déterminé les différents typhlops, et ce genre mériterait une mono- 
graphie. Nous en connaïissens une vingtaine d’espèces. 

(2) Typhlops philippinus , Nob., des Philippines. Long de huit pouces, 
entièrement noirâtre. Le 7yphlops oxyrhynchus, Schn., doit en être 
très voisin, 


QPHIDIENS. 79 


stant de cette tribu; leur trachée-artere est très 
longue; leur cœur placé fort en arrière; la plupart 
w’ont qu’un grand poumon avec un petit vestige 
d’un second. 

Ces serpents se divisent en venimeux et non-ve- 
nimeux, et ceux-ci se subdivisent en venimeux à 
plusieurs dents maxillaires , et en venimeux à cro- 
chets isolés. 

Dans les non-venimeux, les branches de la mài- 
choire supérieure sont garnies tout du long ainsi 
que celles de la mêchoire inférieure et les branches 
palatines, de dents fixes et non percées; il y a donc 
quatre rangées à peu près égales de ces dents dans 
le dessus de la bouche, et deux dans le des- 
sous (1). 

Ceux d’entre eux qui ont les os mastoïdiens com- 
pris dans le crâne, l’orbite incomplet en arrière, 
la langue épaisse et courle, ressemblent encore 
beaucoup aux doubles marcheurs par la forme cy- 
Jindrique de leur tête et de leur corps, et ont été 
autrefois réunis avec les orveis, à cause de leurs pe- 
tites écailles. 


(1) L'opinion commune est qu'aucun des serpents sans crochets percés 
en avant des mâchoires, n’est venimeux; mais j’ai quelque raison d’en 
douter. Tous ontune glande maxillaire souvent fort grosse ; leurs arrière- 
molaires montrent souvent un sillon qui pourrait bien conduire quelque 
liqueur. Ce qui est certain, c’est que plusieurs des espèces, où les arrière- 
dents sont très grandes, passent pour excessivement venimeuses dans 
les pays qu’elles habitent, et que les expériences de Lalande et de Les- 
chenauld ont semblé confirmer cette opinion ; il serait à désirer qu’on 
les répétàt. 


76 _ REPTILES 
Ce sont 


Les RouLeaux. (Torrrix. Oppel. } (1). 


Ils se distinguent d’ailleurs des orvets, même à l’ex- 
térieur, parce que les écailles de la rangée qui règne le 
long du ventre et sous la queue sont un peu plus 
grandes que les autres , et parce que leur queue est ex- 
trêmement courte. Ils n'ont qu’un poumon. 


Ceux qu’on connaît sont d'Amérique. Le plus commun 
doit être 


Le Ruban. (Anguis scytale. L.) Seb. II. xx. 3. 


Long d’un à deux pieds, peint d’anneaux irréguliers 
noirs et blancs (2). 


Les Urorerris, Cuvier, sont un genre nouveau, voisin des 
tortrix, dont la queue encore plus courte est chliquement 
tronquée en dessus, et a sa troncature plate et hérissée de 
petits grains. Leur tête est très petite; leur museau pointu; 
sous le ventre est une rangée d’écailles un peu plus grandes 
que les autres, et il y en a sous le tronçon de la queueune 
double rangée (3). ; 


Ceux des serpents non venimeux qui ont au con- 
traire les os mastoïdiens détachés, et dont les mà- 
choires peuvent beaucoup se dilater, ont l’occiput 
plus ou moins renflé et la langue fourchue et très 
extensible. 

On en fait depuis long-temps deux genres prin- 


{1) Ce sont aussi les Amzrus d’'Oken, les Torquarrix de Gray, les 
Izys14 d'Hemprich et de Fitzinger. 

(2) Ajoutez Ang. corallinus, Séb,, 11, zxxur, 2, 1, 3, qui n’est peut- 
être qu'une variété du scytale; — Ang. ater. id., xxv, 1. et var, 3: — 
Tortr, rufa, Merr., qui ne parait qu'une var. de l’atra ; — Ang. 
maculatus, et tessellatus, Séb., IL ,c. 2; F. latta. N. Séb., IT, xxx, 3, 
Russel, xc1v;—T'ortr. punctata, Nob.,Seb., IL, 11, 1, 2, 3, 4, et VI, I, 4. 

(3) Uropelis ceylanicus, Nob.; — Uropeltis philippinus. Deux espèces 


nouvelles, semblables aux rouleaux même par les couleurs. 


OPHIDIENS. 77 


cipaux, les doa et les couleuvres, distingués par les 
plaques simples ou doubles du dessous de la queue. 


Les Bo4 (1). (Boa. Lin.) 


Comprenaient autrefois tous les serpents , venimeux 
ou non, dont le dessous du corps et de la queue est 
garni de bandes écailleuses transversales d’une seule 
pièce, et qui n’ont ni éperon ni sonnette au bout de la 
queue. Comme ils sont assez nombreux, indépendam- 
ment de la soustraction des espèces venimeuses, on a 
encore subdivisé les autres. 


Les Boa, plus spécialement ainsi nommés, ont un cro- 
chet de chaque côté de l’anus , le corps comprimé, plus gros 
dans son milieu, la queue prenante, de petites écailles , au 
moins sur la partie postérieure de la tête. C’est parmi eux 
que l’on trouve les plus grands de tous les serpents; cer- 
taines espèces atteignent trente et quarante pieds de lon- 
gueur, et parviennent à avaler des chiens, des cerfs, et 
même des bœufs, à ce que disent quelques voyageurs, 
après les avoir écrasés entre leurs replis, les avoir enduits 
de leur salive, et s’être énormément dilaté les mächoires et 
le gosier. Cette opération est fort longue. Une circonstance 
remarquable de leur anatomie, c’est que leur petit poumon 
n’est que de moitié plus court que l’autre. 

On peut encore subdiviser ces serpents d’après les tégu- 
ments de leur tête et de leurs mâchoires. 

1° Les uns ont la tête couverte jusqu’au bout du museau, 
de petites écailles semblables à celles du corps, et les pla- 
ques qui garnissent leurs mâchoires ne sont pas creusées de 
fossettes. 


(1) Boa, nom de certains grands serpents d’Italie, probablement de 
la couleuvre à quatre raies, ou da serpent d’Epidaure , chez les Latins. 
Pline dit qu’on les nommait ainsi, parce qu’ils suçaient le pis des vaches. 
Le boa de cent vingt pieds , que l’on prétend avoir été tué en Afrique par 
l’armée de Régulus, était probablement un python. Voy. Plin., lib. VIT, 
cap. X1V. 


Fo. REPTILES 
Tel est 
Le Devin. (Boa constrictor. Lin.) Lacep. Il. xvi. 1. Seb. I. 
xxxvi. D. cut. Î, Lxxxvu. 5. xcix. 1. 1. Devin ou Boa 
empereur de Daud. (1). 


Reconnaissable par une large chaîne , formée alternati- 
vement de grandes taches noirâtres, irrégulièrement hexa- 
gones, et de taches pâles, ovales, échancrées aux deux 
bouts, qui règne le long de son dos, et y forme un 
dessin très élégant. 


2 D’autres ont des plaques écailleuses depuis les yeux 
jusqu’au bout du museau, et manquent de fossettes aux 
mâchoires. 


L’Anacondo. ( Boa scytale et murina. L.) Seb. IE. xxux. 1. 
et xxix. 1. Boa aquatica. Pr. Max. 2° liv. 
Brun, une double suite de taches rondes noires le long 
du dos, des taches œillées sur les flancs. 


3° D’autres encore ont des plaques écailleuses sur le mu- 
seau, et des fossettes aux plaques des côtés des mâchoirés. 


L’Aboma. ( Boa cenchris. L. Aboma. et Porte- Anneau. de 
Daud.) Seb. I. Lvr. 4. I. xxvunr. 2. et xevixr. Boa cen- 
chrya. Pr. max. 6° Liv. 

Fauve, portant une suite de grands anneaux bruns le 
long du dos, et des taches variables sur les flancs. 

Ces trois espèces , qui parviennent presque à une taille 
égale, se tiennent dans les lieux marécageux des parties 
chaudes de l’Amérique; adhérant par la queue à quelque 
arbre aquatique, elles laissent flotter leur corps pour saisir 
les quadrupèdes qui viennent boire, etc. 


4° Il y er a qui ont des plaques sur le museau, et les côtés 


(1) Daudin a cru que le devin se trouvait dans l’ancien continent, mais 
il est certainement de la Guiane. MM. le Vaillant et Humboldt l’en ont 
rapporté. M. le Prince de Wied l’a trouvé au Brésil. M. leVaillant aaussi 
rapporté de Surinam les deux espèces suivantes, et chacun sait que le 
bojobi est du Brésil.Je ne crois pas que l’ancien continent ait de vrais boas 
de grande taille. Les très grands serpents de l’Inde et de l'Afrique sont 
des pythons. Ce nom de devin vient de ce que l’on a mal à propos attribué 
à ce serpent, ce qui est dit de certaines grandes couleuvres dont les nègres 
de Juida font leurs fétiches. 


OPHIDIENS. 79 


de la mâchoire creuses d’une fosse eu forme de fente sous 
l'œil , et plus en arrière (1). 

5e [l y en a enfin qui manquent de fossettes, et ont le 
museau garni de plaques un peu proéminentes , coupé obli- 
quement d’arrière en avant et tronqué au bout , de manière 
qu’il se termine en coin, Leur corps est très comprimé; leur 
dos caréné. Ceux-là‘viennent des Indes orientales, et pour- 
raient donner lieu à un sous-genre distinct (2). 

Schneider a séparé des boa 


Les Scyrazes. Merr. (Pseuno-r04. Schn.) 


Qui ont des plaques, non-seulement sur le museau , mais 
sur le crâne, comme les couleuvres, point de fossettes, le 
corps rond , la tête d’une venue avec le tronc, comme dans 
les tortrix (3). 

Daudin en a aussi séparé 


Les Enix. (4). 


: Qui en différent par une queue très courte , obtuse, par 
des plaques ventrales plus étroites. Leur tête est courte, à 
peu près d’une venue avec le’ corps, et ces caractères les 
rapprocheraient des toririx, si la conformation de leurs 
mâchoires ne les en éloignait; d’ailleurs leur tête n’est 
couverte que de petites écailles. Ils n’ont pas de crochets à 
l'anus, 


(1) Le Boa broderie ( B. hortulana, L. }, Séb., IT, rxxxiv, 1, et 
l'élégant, Daud. , V, zx, 1, qui n’en diffère pas; — Le bojobi ( B. ca- 
nina, L.), Séb., IT, zxxxr, et xGvr, 2, ou xiphosoma araramboja , Spix, 
xvi. Le B. DyRalE) Séb. , IT, xxxiv, 1-2, et Lacep., IE, xvI, 11, pa- 
raît n’être qu'un jeune bojobis — le B. Merremü, Schn., Merr., heytr., 
IT ,11, ou xiphosoma dorsuale, Spix, XV, dont Daudin a fait son genre 
Corazre sur le caractère probablement accidentel et individuel des deux 
premières plaques doubles sous le cou. 

(2) Le B. carinata, Schn. , ou l’ocellata, Opp.; — Le B. viperina, 
Sh., Russel., pl.1v. NV. B. Ces deux ahdisbions forment le genre 
Also de Fitzinger, Cencuais de Gray. 

(3) Seytale coronata, Merr., Séb. , IF, xux, 1, Pr. Max, 9e liv. B. MN. II 
ne faut fas confondre les scytales de Merrem avec celles de Daudin , qui 
sont les échis de Merrem. 

(4) Erix ( crin ). C’est dans Linnæus l’épithète d’une espèce d’orvet. 


80 REPTILES 
: On peut en rapprocher 


Les Enpgrons. Lacép. (1). 

Bien remarquables par deux proéminences molles, cou- 
vertes d’écailles, qu’ils portent au bout du museau. Leur 
tête est garnie de grandes plaques ; celles qui règnent sous le 
ventre sont très peu larges, et celles du dessous de la queue 
diffèrent à peine des autres écailles. Mais cette queue est 
assez longue et pointue (2). 


Les COuLEUVRES (3). (CoLuBEr. L.), 


Comprenaient tous les serpents, venimeux ou non, 
dont les plaques du dessous de la queue sont divisées 
en deux, c’est-à-dire rangées par paires. 


Indépendamment de la distraction des espèces venimeu- 
- ses ; leur nombre est si énorme, que l’on a eu recours à toutes 
sortes de caractères pour les subdiviser. 

On peut d’abord en séparer 


Les Pyraows. Daud. 


Qui ont des crochets près de l'anus, et les plaques ven- 
trales étroites, comme les boa, dont ils diffèrent seulement 
par les doubles plaques du dessous de leur queue. Leur tête 
a des plaques sur le bout du museau, et il y a des fossettes 
à leurs lèvres. 

Il en existe des espècesaussi grandes qu'aucun boa : telle 
est l'Ular-Sawa ou grande Couleuvre des iles de la Sonde 
(Colub. javanicus, Sh.), qui parvient à plus de trente 
pieds. Seb. À, zxn; D, xix, 1 ; xxvin, 1; x@x, 2 (4). 

PEN PARLER LE NE 2 RAT PERRET PRET ET 

(1) Erpeton, de Ep £ros ( serpent ). 

(2) Erpeton tentaculé, Lacép., Ann. Mus., Il, L, nom donné à ce 
genre par M. de Lacépède qui Va décrit le premier, Merrem l’a changé en 
RainopiRus. 

(3) Coluber, nom générique des serpents en latin. 

(4) Cet ular-sawa ou python améthiste, Daud., Boa amethystina , 
Schn. , dont nous avons nn grand squelette, et des peaux rapporiées de 
Java par M. Leschenault, est au moins très voisin dn pedda-poda du 
Bengale ( python tigre , Daud. ), Russel, xxu, xxin, xxiy. Col boæfor- 


= 


OPHIDIENS. &t 


Quelques-uns de ces pythons ont les premières, d’autres 
les dernières plaques de leur queue simples {1). Peut-être 
n'est-ce quélquefois qu’une variété accidentelle. 


Les Cersënes. ( Cerserus. Cav. ) 


Ont, comme les pythons, presque toute la tête couverte de 
petites écailles, et des plaques seulement entre et devant 
les yeux; mais ils manquent de crochets à l'anus. Ils ont 
aussi quelquefois des plaques simples à la base dela queue (2). 


Les XenopezrTis. Reinwardt. 


Ont derrière les yeux de grandes plaques triangulaires, 
et imbriquées; en sorte qu’elles se confondent avec les 
écailles qui les suivent, et qui seulement deviennent plus 


petites (3). 
Les Hereropon. Beauvois. 


Ont lés plaques ordinaires des couleuvres, mais le bout 
dé leur museau est d’une seule pièce, court, en forme de 
pyramide trièdre, un peu relevée, et dont une arête est en 
dessus , conformation qui leur a fait donner le nom de ser- 
pents à grouin de cochon (4). 


mis, Sh. Boa castanea et albicans , Schn ; et il nous paraît en général que 
tous Les prétendus Doa de l’ancien continent sont des pythons. Ular Sawa 
signifie , en malais , serpent des rivières. 

Les Boa reticulata, ordinata, rhombeata, Schn. , appartiennent aux 
pythons. 

(1) Le Bora, Russ., xxx1x ( Boa orbiculata, Schn. ). 

(2) Nous avons vu de ces plaques simples dans un individu, tandis que 
d’autres de la même espèce les avaient toutes doubles; preuve du peu 
d'importance de ce caractère. À cegroupe appartiennent le Col. cerberus, 
Daud. , Russel., pl. xvn,—l’homolopsis obtusatus ; Reinw. , et espèces 
voisines. 

(3; Xenopeltis concolor , Reinw. 

(4) L’Hétérodon noirätre, Beauv., hétérodon de Daud. ; et l’Aétérodon la- 
cheté (cenchris mokeson, Daud.) , appartiennent à ce genre; mais Beauvais 
Va établi sur un caractère qui se retrouve dans un grand nombre de cou- 
leuvres; d’avoir les dents maxillaires postérieures plus grandes, et Daudin 
paraît n’avoir connu son »mokeson que par un dessin. Nous entendons par 
là, le Aognose de Catesby, IT, pl. zvi, que Daud. a cité lui-même. Il a 

TOME II. 6 | 


82 REPTILES PS 
Les Hureia. Daud. 


Sont des couleuvres des Indes où , les plaques de la base 
de la queue sont constamment simples, et celles de la pointe 
doubles ; mais ces petites anomalies méritent peu que l’on 
y ait égard (1). 

Les Dipsas de Laurenti. (Buncarus. Oppel.) 


Ont le corps comprimé, beaucoup moins large que la tête, 
et les écailles de la rangée qui règne sur l’épine du dos sont 
plus grandes que les autres, ce que nous reverrons dans les 
bongares. Tel est 

Le Dipsas Indica. Nob. ( Colub. bucephalus , Sh. ) Séb. I. 


xXLIII. (2). 
Noir annelé de blanc. 
Les Denpsopuis. Fitzinger. (AmæTuLLA. Gray.) 

Ont, comme les dipsas, une ligne d’écailles plus large le 
long du dos, et des écailles plus étroites Le long des flancs, 
mais leur tête n’est pas plus large que le corps, qui.est très 
grêle et très alongé. Leur museau est obtus (3). 

Les Dryinus. Merrem. ( Passerira. Gray. ) 

Ont le corps aussi long et aussi grêle que les précédents ; 
mais au bout de leur museau est un petit appendice grêle 
et pointu (4). 


quelquefois une partie des plaques de sa queue entières ; mais à sa base et. 
non vers le bout, comme le dit Daudin. Linnæns avait bien indiqué ce 
serpent dans sa dixième édition, sous le nom de coluber constriétor. On 
ne sait pourquoi il l’a changé dans sa douzième, en Boa contortrir. 

(1) Hurriah, nom barbare tiré de celui que porte au Bengale l'espèce 
représ., Russ., xL, copice Daud., V, zxvi, 2. Une autre, Mérrem., II, 1v. 

(2) Dipsas , nom grec d’une espèce de serpent que l’on croyait causer 
une soif mortelle par sa blessure, de diŸ x (soif). La figure donnée par 
Conrad Gesner au mot dipsas , est précisément de ce sous-genre. 

Le dipsas indica est entièrement différent du vipera atrox, Mus. Ad. 
Fred., xx11 ; 2 , avec lequel Linnæus , Laurenti et Daudin l’ont confondu. 

(3) Col. ahætulla;—Col. decorus, Shaw.;— Col. euracaras, id. ( Bun- 
garus filiformis Oppel }; j'y joins les Sisows, Fitz., du moins dans le Col. 
catenulatus, Russel, pl. xv, les écailles dorsales sont-elles rhomboïdales 
et plus grandes , comme dans le Col. ahætulla. 

(4) Coluber nasutus, Russel, serp., pl. xu et x. 


, OPHIDIENS. 83 
Les Drrorms. Fitzinger. 


Ont encore cette forme alongée de fil ou de cordon ; leur 
museau est pointu , mais sans appendice, et leurs écailles 
égales (1). 

On pourra encore distinguer 


Les Oziconon. Boié. 


Petites couleuvres à tête obtuse, courte et étroite, qui 
manquent de dents palatines. 

Mais les autres sous-genres démembrés de celui des cou- 
leuvres pardiversauteurs, nous paraissent moirssusceptibles 
de subsister; il se fondent sur de légères différences dans 
les proportions de la tête, dans la grosseur du tronc, etc. (2). 

Même après toutes ces séparations, les eouleuvres demeu- 
reront encore le genre de serpents le plus nombreux en 
espèces. 

11 y en a plusieurs en France, comme 


La Couleuvre à collier. (Coluber natrix. 1, ) Lac. NI. 
Vis de 


Très commune dans les prés , les eaux dormantes; cen- 
drée , avec des taches noires le long des flancs, et trois 
taches blanches formant un collier sur la nuque; les écail- 
les carénées, cest-à-dire relevées d’une arête. Elle vit 
d’insectes, de grenouilles, etc. On la mange dans plusieurs 
provinces. 


(x) Coluber fulgidus , Daud., VI, Lxxx , Séh. , I, zu, 9; — Dryinus 
æneus , Spix, III. « 

(2) J'entends surtout par là, les tyria, les malpolon, les psammophis , 
les coronella, les xénodon, les pseudoëlaps de Fitzinger. Tout au plus 
pourrait-on adopter ses Dusernia , où la iête est courte, obtuse et d’une 
venue, avec le corps comme dans les élaps ; et ses HomaLopsis, où les yeux 
sont un peu plus verticaux que dans les autres couleuvres. Notez que j’en 
ai retiré les cerbères. Déja Laurenti avait essayé de diviser les couleuvres 
en coluber et en coronella ; ces dernières étaient. celles qui ont les écailles 
aux côtés des plaques temporales assez grandes pour être comptées elles- 
mêmes comme des plaques de plus; mais les passages d’un ‘groupe 
Vantre sont presque insensibles, 


a 


6* 


84 REPTILES 


Il yen aen Sicile une espèce très voisine, beaucoup 

plus grande , et à collier noir (Col. siculus, Nob.). 
La Vipérine. ( Col. Viperinus. Latr.) 

Gris-brun , une suite de taches noires formant un zig- 
zag le long du dos, et une autre de taches plus petites, 
œillées, le long des côtés, couleurs qui la font ressembler 
à la vipère ; le dessous tacheté en damier de noir et de 
grisâtre ; les écailles carénées. 

La Lisse. (Col. austriacus. Gm.) Lacép. II. n. 2. 

Roux-brun; marbré de couleur d’acier en dessous ; 
deux rangs de petites taches noirâtres le long du dos; les 
écailles lisses, portant chacune un petit point brun vers la 
pointe. 

La Verte et jaune. (Col. atro-virens.) Lacép. IL. vr. 1. 

De nos bois, tachetée de noir et de jaune en-dessus, 
toute jaune-verdâtre en dessous, les écailles lisses. 

Ces quatre espèces sé rencontrent aux environs de 
Paris. 
Le midi de la France et l'Italie produisent : 

La Couleuvre Bordelaise. (Col. girondicus. Daud.) 

Presque des mêmes couleurs que la vipérine, maïs à 
écailles lisses, à taches du dos plus petites et plus sé- 
parées; 

La Quatre-Raies. (Col. Elaphis. Sh. ). Lacép. I. vir: 1. 

Fauve, à quatre lignes brunes ou noires sur le dos. 
C’est le plus grand de nos serpents d'Europe ; elle passe 
quelquefois six pieds. Il est à croire que c’est le boa de 
Pline. 

Le Serpent d’EÉsculape. ( Col. Æsculapii, Sh. ) (1): 

Plus gros et moins long que la quatre-raies; brun 
‘dessus ; jaune paille dessous et aux flancs ; écailles du dos 
presque lisses. D’Italie, de Hongrie, d'Ilÿrie. C’est celui 
que les anciens ont représenté dans leurs statues d’Escu- 


(1) M. B. Le Col. Æsculapü de Linn., est une espèce toute diffé- 
rente ct d'Amérique. 


OPHIDIENS. 85 


lape , et il est probable que le serpent d’Epidaure était de 

cette espèce. 

Les couleuvres étrangères sont innombrables ; les unes se 
font remarquer par la vivacité de leurs couleurs ; d’autres 
par la régularité de leur distribution ; plusieurs sont assez 
uniformes dans leurs teintes. Il en est peu qui atteignent 
une très grande taille (2). 


LEs ACROCHORDES. ( ACROCHORDUS. Hornstedt. ) 


Se distinguent aisément dans cette famille par les pe- 
tites écailles uniformes qui leur couvrent le corps et la 
tête en dessus et en dessous. 


L'espèce connue, Oular caron de Java. ( Acrochordus 
Javensis, Lac., Il, x1, 2; Anguis granulatus , Schn.), a ses 
écailles relevées chacune de trois petites arêtes, et res- 
semblant , lorsque la peau est très bourrée , à des tuber- 
cules isolés. Elle devient fort grande. Hornstedt a avance 


(2) Les couleuyres présentant peu de variétés de structure intéres- 
santes, je n’ai pas cru nécessaire d’en rapporter ici le long catalogue. Onle 
trouvera dans les ouvrages de Gmelin, de Daudin et de Shaw, de Merrem; 
maïs il faut consulter leurs énumérations avec précaution et critique ; elles 
sont pleines de doubles emploïsæt de transpositions de synonymes. 

Par exemple, le Col. viridissimus, et le Col. Janthinus Merr., I, xu, ne 
diffèrent que par l’action de l’esprit- de-vin; — le Col: horridus, Daud., 
Merr., II, x ( Col. viperinus, Sh. ), est le même que le demi-collier, 
Laäce., IT, vni, 2; — la Coul. violette, Lacép., IL, vin, 1, et le Col. re- 
ginæ, Mus., ad. fr., xin, 2, ne diffèrent encore que par l’action de Ja 
liqueur. — On doit regarder comme les mêmes, le Col. lineatus, Séb., 
XII ,3, Mus. , ad.fr., XII, 1, XX ,1;le Col. jaculatrix, Séb., 1, 9, 
Scheuchz , ncexv, 2; le Col. atraius , Séb., 1, 9, 1x, 2 , et même le terli- 
neatus , Lacep., II, xi11, 1; —le Col. sibilans, Séb., 1,1x,1, I, zvi, 4; 
et la Coul. chapelet, Lac., 11, xu, 1 , paraissent également identiques, 
ainsi que le Col. Æsculapü, Jacq. etle Flavescens, Scopol., ete., elc., etc. 
Quant aux transpositions de synonymes , elles sont innombrables. 

IV. B. Les Evaypres de Daud. seraient des couleuvres non venimeuses, 
à queue comprimée; mais la seule espèce qu’il cite, anguis xyphura, 
Herm. , aff, an., p., 269; et Obs. zool., p. 288, est évidemment un hy- 
drophis ou une pélamide. 


86 REPTILES 

à tort qu’elle vit de fruits, ce qui serait bien extraordi- 

naire dans un serpent (1) 

Les serpents venimeux par excellence, ou à cro- 
chets isolés, ont une structure très particulière dans 
leurs organes de la manducation. 

Leurs os maxillaires supérieurs sont fort petits, 
portés sur un long pédicule, analogue à l’apophyse 
ptérygoïde externe du sphénoïde, et très mobiles ; 
il s’y fixe une dent aiguë , percée d’un petit canal, 
qui donne issue à une liqueur sécrétée par une glande 
considérable située sous l’œil. C’est cette liqueur 
qui, versée dans la plaie par la dent, porte le ravage 
dans le corps des animaux, et y produit des effets 
plus ou moins funestes, selon l’espèce qui l’a fournie. 
Cette dent se cache dans un repli de la gencive 
quand le serpent ne veut pas s’en servir; et il y a 
derrière elle plusieurs germes destinés à se fixer à 
leur tour pour la remplacer, si elle se casse dans 
une plaie. Les naturalistes ont nommé les dents ve- 
nimeuses crochets mobiles, maïs c’est proprement 
l'os maxillaire qui se meut ; il ne porte point d’autres 
dents, en sorte que, dans cette sorte de serpents 
malfaisants, l’on ne voit, dans le haut de la bouche, 
que les deux rangées de dents palatines. 

Toutes ces espèces venimeuses, dont on connaît 
bien la reproduction, font des petits vivants, parce 


LT fuee Dh sr Aus pi NS NE tee. Us 

(1) Nous n'avons rien pu voir qui ressemblät à l'os particulier que 
M. Oppel dit avoir observé dans les acrochordes, et qui y remplacerait 
les erochets à venin, et nous sommes assurés d'ailleur, par Le témoignage 
de M, Leschénaull, que l'acrochorde n’est poinL yenimeux. 


OPHIDIENS. 87 
que leurs œufs éclosent avant d’avoir été pondus. 
C’est ce qui leur a valu le nom général de vipères, 
contraction de vivipares. 

Les serpents venimeux, à crochets isolés, pré- 
sentent des caractères extérieurs à peu près de 
même nature que ceux des précédents ; mais le plus 
grand nombre a les mâchoires très dilatables et la 
langue très extensible. Leur tête, large en arrière, a 
généralement un aspect féroce, qui annonce en 
quelque sorte leur naturel. 11 en existe surtout deux 
grands genres, les crotales et les vipères, dont le 
second a subi divers démembreménts, et autour 
desquels s’en groupent quelques petits. 


LEs CROTALES (1). (CroTALUS. Lin.) Vulgairement 
Serpents à sonnettes. 


Sont célèbres par dessus tous les autres serpents pour 
l’atrocité de leur venin. Ils ont, comme les boa , des 
plaques transversales simples sous le corps et sous la 
queue; mais ce qui les distingue le mieux, c’est l’in- 
strument bruyant qu'ils portent au bout de la queue, 
et qui est formé de plusieurs cornets écailleux emboîtés 
lâchement les uns dans les autres, qui se meuvent, 
et résonnent quand l’animal rampe ou quand il remue 
la queue. Il paraît que le nombre de ces cornets aug- 
mente avec l’âge, et qu’il en reste un de plus à chaque 
mue. Le museau de ces serpents est creusé d’une petite 
fossette arrondie derrière chaque narine (2). Toutes 
les espèces dont on connaît bien la patrie viennent 
d'Amérique. Elles sont d'autant plus dangereuses , que 


(1) Grotale. de #p2ræ ner ( eresselle ). . 
(1) Voyez Russel et Home, Trans, Phil. de 1804 , plan, p. 76. 


88 REPTILES 


la contrée ou la saison sont plus chaudes; mais leur 
naturel est, en général, tranquille et assez engourdi. 

Le serpent à sonnettes rampe lentement, ne mord 
que lorsqu'il est provoqué, ou pour tuer la proie dont 
il veut se nourrir. 

Quoiqu'il ne grimpe point aux arbres, il fait cepen- 
dant sa nourriture principale d'oiseaux , d’écureuils, etc. 
On a cru long-temps qu’il avait le pouvoir de les en- 
gourdir par son haleine ou même de les charmer, c’est- 
à-dire de les contraindre par son seul regard à se préci- 
piter dans sa gueule. I] paraît qu’il lui arrive seulement 
de les saisir dans les mouvements désordonnés que la 
frayeur de son aspect leur inspire (1). 

La plupart des espèces ont sur la tête des écailles 
semblables à celles du dos, 

L'espèce la plus commune aux États-Unis ( Crotalus 
horridus ; L.), Catesb., Il, xzr , est brune, avec des bandes 
transversales irrégulières, noirâtres. 

Celle de la Guiane ( Crotalus durissus) (2), Lacep. W, 
x, 2, à des taches en losange , bordées de noir , et qua- 
tre lignes noires le long du dessus du col; toutes deux 
sont également redoutées et peuvent faire périr en quel- 
ques minutes. Elles parviennent l’une et l’autre à six 
pieds de longueur. 

Quelques espèces ont la tête garnie de grandes pla- 
ques (3). 

Où doit rapprocher des crotales 
Les TriconocéPaazes. Oppel. (Bormrors. Spix. Copuras. 

Merrem. ) 
Qui s’en distinguent par l’absence de l’appareil bruyant, 


qe IT 
(1) Voyez Barton, Mémoire sur la faculié de fasciner, auribyée au 


serpent à sonnelles , Philad., 1796. 

(2) Ces deux noms de durissus et d'horridus ont été diversement 
échangés entre ces deux espèces par les naturalistes. 

(3) C’est de cette subdivision que M. Gray a fait son genre CROTALO- 
pmorus, et M. Fitfinger son genre Caurisowa. Le Millet ( Crotalus 
miliaris L.), Catesb., IX, xuu, y appartient. 


OPHIDIENS. 89 


mais ont les mêmes fossettes derrière les narines , et égalent 
au moins les crotalés, pour la violence de leur venin. 

Il y en a dont les plaquessubcaudales sont simples, comme 
daus les crotales , et dont la tête est garnie de plaques jus- 
que derrièretles yeux ; leur queue se termine par un aiguil- 
lon (1). Telle est 


La Vipère brune de la Caroline ( Colub. tisiphone. Shaw. ) 
Catesb. Il, x et xziv ). 


Brune à taches nuageuses, d’un brun plus foncé. 


Dautres ont les subcaudales doubles, et la tête garnie 
d’écailles pareilles à celles du dos (2). 
Tel est entre autres, 


Le Trigonocéphale jaune ; Serpent jaune des Antilles ; 
Fipère fer-de-lance. Lacep. II. v. 1. (Trig. lanceo- 
latus. Opp. (3). 

Le plus dangéïeux reptile de nos îles à sucre ; il est jau- 
nâtre ou grisâtre, plus ou moins varié de brunâtre, at- 
teint six et sept pieds de longueur; vivant dans les 
champs de cannes, où il se nourrit surtout de rats, il fait 
périr beaucoup de nègres (4). 

Quelques-uris de ces trigouocéphales à plaques doubles 

sous la queue, ont la tête garnie de plaques (5). 

D’autres , avec de petites écailles sur la tête, ont des pla- 
ques doubles sous la queue, excepté le petit bout, qui n’est 
LR PRIE OR A CRUE EPL RP EC AU PRÉ CREER 6 ue 

(x) Ce sont les Tisipmoxe de Fitzinger. 

(2) Cette division a pris dans l’ouvr. de M. Fitzinger, le nom de Cras- 
repocEPnALus ; tous les Bormrors de Spix, pl. xix-xxiI1, ÿ appar- 
tiennent. 

(3) Cette espèce habite aussi au Brésil et sans doute sur d’autres parties 
du continent de l'Amérique méridionale; je croirais même que c’est elle 
que Spix a nommée Souroucou, pl. xxur, et regarde comme le crotalus 
mütus ou lachesis. 

(4) Ici vient le 1rimeresure vert de Lacép., An. Mus., IV, vv1,2, 
où #0odropam, Russel, serp. corom, , 1x, qui a quelquefois deux ou trois 
plaques entières sous l’origine de la queue; mais ce n’est qu’un accident 
individuel. — Aj. Cophias bilineatus, Pr. Max, 5 liv. — C. atrox. — C. 
Jacaraca. 

(5) M. Fivringer réserve le nom de TmoonocériaLe à cctle subdi- 
vision. 


90 REPTILES 
garni, en dessous comme en dessus, que de petités écailles 
imbriquées , et se termine en un petit aiguillon (r). 
De ce nombre est 
Le Trigonocéphale à losange. (Crotalus mutus. Lin. Colub. 
alecto. Sh.) Seb. IL. zxxvr. 1. Lachesis rhômbeata. Pr. 
Max. 5e livr. 
Jaunâtre, à dos marqué de grandes losanges brunes ou 
noires. Ses écailles sont relevées dans leur milieu. Il atteint 


six et sept pieds, et n’est pas moins formidable que les 
serpents à sonnettes. 


Les Vrrères. (ViperA. Daud. ) 


Confondues , pour la plupart, avec les couleuvres par 
Linnæus, comme ayant aussi les plaques du dessous de 
la queue doubles, ont dû en être séparées à cause de 
leurs crochets à venin, et il s’y joint naturellement 
quelques serpents qui ont les plaques du dessous de la 
queue simples en tout ou en partie. 

Elles se distinguent toutes des crotales et des trigono- 
céphales, parce qu’elles n’ont pas de fossettes derrière 
les narines. 


Les unes n’ont sur la tête, que des écailles imbriquées et 
carénées comme celle du dos (2). Telle est 


La V'ipère à courte queue , dite la Minute. (Vip. brachyura. 
Nob. ) Seb. IL. xxx. 1. 


L’une des plus terribles par son venin (3). 


(x) Cest le genre Lacmesis de Daudin, adopté par Fitzinger , mais 
mal caractérisé ; ses plaques subcaudales sont certainement doubles jus- 
que près du bout où il n’y a plus que de petites écailles. M. le prince 
de Wied le représente parfaitement. 

(2) Cette division et la suivante forment ensemble le sous-genre echidna 
de Merren , qui, avec ses échis, dont nous parlerons plus loin , compose 
son genre Vipera. Fiizinger répartit nos trois premières divisions en trois 
genres , qu’il nomme Virera , Cora et Aspis. 

(3) Aj. l'Aspic de Lacép., IE, n, 1 (vip. ocellata, Lair. ), grande es- 
pèce étrangère, voisine de l’atropos, Lin., Mus., ad. fred., XIII; mais. 


OPHIDIENS. 91 


D’autres ont la tête couverte de petites écailles granulées. 


Telle est , 
La V'ipère commune. ( Col. berus. Lin.) 


Brune ; une double rangée de taches transverses sur le 
dos; une rangée de taches noires ou noirâtres sur chaque 
flanc. Quelquefois les taches du dos s'unissent en bandes 
d’autres foiselles ne forment toutes ensemble 
qu’une bande longitudinale ployée en zigzag, et c’est alors 
le Colub. aspis, Lin. (1), que l’on nomme quelquefois 
aspic dans nos environs. C’est cette variété qui s'était 
multipliée il y a quelques années dans la forêt de Fontai- 
nebleau. Il y en a aussi des individus presque entière- 
ment noirs (2). 


La Vipère à museau cornu. ( Col. ammodytes.) Jacquin. 
Collect. IV. pl. xxiv et xxv. Vip. illyrica. Aldrov. 169. 


A peu près semblable à la commune, mais se distin- 
guant éminemment par une petite corne molle et couverte 
d’écailles, qu’elle porte sur le bout du museau. On la 
trouve en Dalmatie, en Hongrie, etc. 


Le Ceraste où V'ipère cornue. ( Col. cerastes. Lin.) Lacep. 
"109; 


Se fait remarquer par une petite corne pointue qu'il 
porte sur chaque sourcil. Il est grisâtre, et se tient caché 


très différente de l’aspis de Linnæus , qui n’est qu’une variété de l’espèce 
commune ; — Vip. clotho, Séb., IT, xcut, 13 — Vip. laches, id., 
x, 2; — la Daboie, Lacép., IT, xint, 2, ou la-brasilienne, id. , 1v, 1; 
— la Vip. élégante, Do Russel , vu, Ci 

{a) Aspis, serpent d'Egypte, dont il y avait plusieurs espèces, et dont 
l’une, d’après ce qui est dit de l’expansibilité de son cou, devait être 
l’haje. 

(2) Berus est un nom de serpent employé seulement par les auteurs du 
moyen âge, tels qu'Albert, Vincent de Beauvais, el pour une espèce 
aquatique , probablement la couleuvre à collier. La vipére de Charas, 
dont Laurenti a aussi voulu faire une espèce, et qui est le Col. aspis de 
Gmel. , ne diffère point de cette vipère commune, qui, selon moi, est le 
vrai berus de Linnæus, d’autant qu'il ne cite à son sujet FCI ’Aldrov., 
11, qui est cette espèce. 


92 REPTILES 


dans le sable en Égypte, en Lybie, etc. Les anciens en 

ont souvent parlé. 

La Vipère à panache. (Vip. lophophris. Nob. ) Voyage de 

Paterson. pl. xv. | 
À sur chaque sourcil, au lieu d’une corne, un petit 
grouppe de filets courts et cornés. Elle vit aux environs 
du Cap. 

D’autres vipères, d’ailleurs fortsemblablesaux précédentes, 
ont au milieu du dessus de leur tête, trois plaques un peu 
plus grandes que ies écailles qui les entourent (1). 

La petite Vipère. (Col. chersea. Lin.) Col. berus ; de Lau- 

renti et de Daudin (2). 


Est presque semblable à la vipère commune, et s’en dis- 
tingue surtout par les trois plaques en question. Elle est 
plus rare et devient moins grande. On prétend aussi 
qu’elle est plus venimeuse. 

Il y en a des individus presque entièrement noirs que 
l’on a nommés vipère noire (Colub. prester , Lin.). Lau- 
renti. pl. IV. fig. 1: (3). 

Viennent ensuite des vipères qui ont la tête garnie de 
plaques presque comme les couleuvres. 

Dans ce nombre ilen est que rien d’autre que ces plaques, 
ne distingue des vipères les plus ordinaires (4). 


(1) Merrem a fait de cette subdivision son genre Pezras. 

(2) C’est l_Æsping des Suédois ( æsping, corruption d’aspis ), repré- 
senté sans équivoque dans les Mém. de Stockholm, pour 1749, pl. VE. 
Cependant Laurenti, Spec. medic.. p. 97; et pl. I, f. 1, lui a transféré 
le nom de berus. C’est aussi le pelias berus de Merren ; vip. berus, de 
Fitzinger. 

(3) Prester, 7p15 01e, nom grec d’un serpent, que plusieurs auteurs 
disent le même que le dipsas; de 7p#%21v, brûler. 

(4) Merrem a formé de cette subdivision son genre Sérévox. Aj. Col. 
V. nigrum ; Scheuchz. , Phys. sacr., IV, nocxvur. 

NN. B. L'ophis, Spix, serp., xvu, serait un serpent venimeux sembla- 
ble à ces SÉPénon , mais dont la dent à venin serait précédée de quelques 
petites dents simples. N'ayant pas vu son espèce, je crains que ce ne soit 
quelqu’ane de ces couleuvres à dents maxillaires postérieures plus grandes 
dont nous avons parlé ci-dessus, et dont plusieurs nous paraissent pau- 
voir être au moins soupconnées de venin. 


OPHIDIENS. 93 
Tel est 


L’Hémachate. (Col. hæmachates. L. ) Seb. Il. Lvin. 1. 3. 


Serpent du.Càp, d’un brun rouge marbré de blanc, à 
museau coupé obliquemeut en dessous. 


Les Nara. 


Sont de ces vipères à tête garnie de plaques, dont les 
côtes antérieures peuvent se redresser et se tirer en avant, 
de manière à dilater cette partie du tronc en ün disqué plus 
ou moins large. 

L'espèce la plus célèbre est 


Le Serpent à lunettes ou Cobra capello des Portugais de 
l’inde. ( Colub. naia. Lin. Naiïa tripudians. Merr. ) Scb, 
IL. 85. 1. 89. 1-4. etc. Lacép. IE. nr. 1: 


Ainsi nommé d’un trait noir en forme de lunette, des- 
siné sur la partie élargie de son disque. Il est très veni- 
meux, mais on prétend que la racine de l’ophiorhyza 
mungos, est le spécifique contre sa morsure. Les bate- 
leurs indiens en apprivoisent , qu’ils sâvent faire jouer et 
danser pour étonner le peuple, après toutefois qu’ils leur 
ont arraché les crochets à venir. 

On fait le même usage en Égypte d’une autre es- 

. pèce, 


L’Haje. ( Coluber haje. Linn.) Geoffr. Égypt. Rept. pl: 
VII. et Savigny même ouvr. Supl. pl. 111. 


Dont le cou s’élargit un peu moins, et qui est verdâtre, 
bardé de brunâtre. Les jongleufs du pays savent, en lui 
pressant la nuque avec le doigt, mettre ce serpeut dans 
une espèce de catalepsie qui le rend roide et immobile 
(le change en verge où bâton). L’habitude qu’a l’haje de 
se redresser quand on en approche ; avait fait croire aux 
anciens Égyptiens qu’il gardait les champs qu’il habitait; 
ils en faisaient l'emblème de la divinité protectrice du 
monde, et c’est lui qu’ils sculptaient sur le portail de 
tous leurs temples, des deux côtés d’un globe. C’est in- 
contestablement le serpent que les anciens ont décrit sous 
le nom d’aspic d’égypte , de cléopatre , etc. 


94 Ë REPTILES 
Les ÉLaps. (Fzaps. Schn. en partie } (1). 


Sont des vipères à tête garnie de plaques, d’une organisa- 
tion bien opposée à celle des naia ; non-seulement ils ne peu- 
vent dilater leurs côtes, leurs mâchoires même ne peuvent 
presque s’écarter en arrière, à cause de la brièveté de leurs 
os tympaniques, et surtout de leurs os mastoïdiens , d’où il 
résulte que leur tête, comme celle des tortrix et des amphis- 
bènes , est toute d’une venue avec le corps. 

L’espèce la plus commune 


Elaps lemniscatus. (Coluber lemniscatus. L.) Seb. I. x. 
ult. et IL. Lxxvi. 3. 


Est marquée d’anneaux noirs rapprochés trois à trois 
sur un fond blauc. Le bout de son museau est noir. Elie 
ést de la Guiane, où on la redoute ‘beaucoup, et où elle 
fait redouter aussi, quoique innocents, le tortrix scytale, 
et le coluber Æsculapii , parce qu’ils lui ressemblent par 
leur forme, leur grandeur, et leurs couleurs. Il y a au 
reste, dans les deux continents, plusieurs élaps , dent les 
couleurs sont à peu près distribuées de même (2). 


Les Micrures. Wagler. 
Sont des élaps à queue très courte. 
Les Parures. Latreille. 


Ont aussi la tête enveloppée de plaques , et des plaques 
deubles sous la queue ; mais cette queue est comprimée en 


(1) M. Schneider comprénait parmi ses élaps tous les sérpents qu'il 
supposait manquer d’un os mastoïdien séparé; mais il n’en jugcait qu’à 
l'extérieur par le peu de renflement de l’occiput; aussi ce caractère ne se 
trouve-t-il vrai que danses tortrix d’Oppel ou Ilysia. Il n'avait d’ailleurs 
égard ni aux écailles ni au venin.” Eœ #,"EaoŸ sont des noms grecs d’un 
serpent non venimeux. 

(2) Tels sont Elaps anguiformis, Schn.; — la Vipèrepsyche, Daud., 
VIII, c, 153 — Col. lacieus, Lin., Mus., ad. fr., xvir, 1, et mieux, 
Séb., Il, xxxv, 2; — El. nob. surinamensis, Séb. , IL, vi, 2, etLxxxVI, 1; 
— Col. latonius, Merr., I, 1; et Séb., IT, xxxiv, 4 ; et xuunr, 3, le même 
que le Col. lubricus ; — Col. flavius. etc. 


OPHIDIENS. 95 


forme de rame, ce qui en fait des serpents aquatiques (1). 

Enfin, l’on doit placer à la suite des vipères quelques ser- 
pents qui n’en diffèrent que parce que leurs plaques subcau- 
dales sont simples en tout ou en partie. Ilsse distinguent des 
tisiphones , parce qu’ils n’ont point de fossettes derrière les 
narines. 

Quelquefois les plaques de la base de leur queue sont en- 
tières, ils rentrent dans 


Les Trimeresures. Lacep. 


Qui ont de grandes plaques à la tête, une partie de leurs 
plaques doubles , et les autres simples (2). 
D’autres, 
Les OPLocÉpALEs. Cuv. 


Ont de grandes plaques sur la tête, et toutes les plaques 
subcaudales simples (3). 


D’autres encore, 
Les Acanraopis de Daud. ou les Opurias de Merrem. 


Ont des plaques sur le devant du crâne et de la tête; leur 
queue setermine par un crochet; presque toutes ses plaques 
sont simplés; elle en a quelquefois de doubles sous son extré- 
mité (4). ; 

à Les Ecuis. Merr. ou Scyraze$. Daud, 

Ont la tête couverte de petites écailles , et toutes les pla- 
ques sous-caudales simples (5). 

On peut encore placer ici 

Les Lancana. Bruguières. 

Qui ont la tête couverte de plaques, le museau saillant 

etpoiatu, la moitié antérieure de la queue enveloppée 


(x) Le Plature à bandes (Col. laticaudatus , L.,où Hydrus colubrinus , 
Sh.) Daud., VIT, 2xxxv. 

(2) Le’Trimérésure petite téte , Lacép., An. Mus., IV, vi, 1. 

(3) Les espèces sont nouvelles. 

(4) Acanthophis cerastinus, Daud., V, zxxvii; et Merrem, Beytr., 
T;1x, où Boa palpebrosa, Sh.;— Ac. Brownit, Leach., Zool. miscell , 
Fan. , le reptile le plus venimeux des environs du port Jackson. 

(5) Horatta pam. , Russel, IT, pl. 2, ou Boa horatta, Sh., ou Pseu- 
doboa carinata , Schn., ou Scytale bizonata, Daud., V, Lxx; — Pseu- 
doboa krait, Schn. , où Scytale krait, Daud. 


06 REPTILES 

d’anneaux entiers qui l’entourent tout-à-fait, et la posté- 
rieure garnie en dessous comme en dessus de petites écailles 
imbriquées (1). 

Outre ces deux tribus anciennement observées, 
des serpents proprement dits, on en a reconnu, 
dans ces dérniers temps, une troisieme dont les 
mâchoires sont organisées et armées à peu près 
comme dans les non-venimeux, mais qui ont la 
‘première de leurs denis maxillaires plus grande que 
les autres, et percée pour conduire le venin comme 
dans les venimeux à crochets isolés, dont nous ve- 
nons de parler. 

Ces serpents forment deux genres, distingués 
comme ceux des deux familles voisines par la 
vélissure de leur ventre et du dessous de leur queue. 


Les BONGARES (2). Daud. en partie (PsEUDOBOA. Oppel.) 


Ont, comme lés bo, les crotales, lesechis, des pla- 
ques.simples sous le ventre et sous la queue. Leur tête 
est courte, couverte de grandes plaques, leur occiput peu 
renflé. Ce qui les caractérise le mieux , c’est que leur dos, 
très caréné est garni d’une rangée longitudinale d’écailles 
plus larges que les latérales, comme dans les dipsas. 

Ces serpents viennent des Indes, où on les appelle 
serpents de roches. Il y en a une espèce qui atteint sept 
ou huit pieds de longueur (3). 


(1) Le Zangaha de Madagascar, Lacép., 1, xx11, serpent que l’on ne 
connaît que par la figure qu’en a donnée Bruguière. 

(2) Bungarus, nom barbare, tiré de celui de Bungarum-pammea ;'que 
la plus grande espèce porte au Bengale. 

(3) Le Bongare à anneaux, Daud., V,1xv, Bou fasciata, Schn., copié 
de Russel , III. — Ajoutez : le Bong. bleu, Boa lineata!, Sh., Russ.', I. 


OPHIDIENS. 97 


Les Hypres. (Hvprus. Schn. en partie (1) — Hy- 
drophis et Pélamides. Daud.) 


Ont la partie postérieure du corps et la queue très 
comprimée et très élevée dans le sens vertical, ce qui, 
leur donnant la facilité de nager, en fait des animaux 
aquatiques. Ils sont fort communs dans certains parages 
de la mer des Indes. Linnæus avait rangé ceux qu’il 
connaissait avec les orvets, à cause de leurs écailles 
presque toutes petites. Daudin les a subdivisés comme 
il suit: 

à Les Hypropms (2). 


Ont sous le ventre , comme les tortrix et les erpetons , une 
rangée d’écailles un peu plus grandes que les autres; leur 
tête est petite, non renflée , obtuse , garnie de grandes pla- 
ques. On en a trouvé quelques espèces dans les canaux 
d’eau salée du Bengale, et d’autres plus avant dans la mer 
des Indes (3). 


Les PÉLAmMIDES. 


Ont aussi de grandes plaques sur la tête, mais leur occiput 
est renflé à cause de la longueur des pédicules de leur mä- 
choire inférieure qui est très dilatable, et toutes les écailles 


(1) Hydrus, nom grec d’un serpent aquatique, peut être de notre cou- 
leuvre commune ; mais les Aydres marins d’Ælien sont précisément de ce 
genre. 

(2) Æydrophis ; serpent d’eau. : 

(3) Voyez les hydrophis de Russel, serpents de Corom. , pl. xziv, et 
Ile partie, pl. vi-x.—Aj. l’hydrus curtus , Sh., V'Hydrus spiralis, id., pl: 
120; — le Leyoselasme, et le Disteyre, Lacép., Ann. Mus., [V, rentrent 
aussi dans le sous-genre des hydrophis, je crois même que ce dernier est 
l’Aydrus major. Sh. pl. 124. Ce sont également des serpents de la mer 
des Indes , venimeux et à plusieurs dents maxillaires. 

IV. B. Je ne trouve pas, comme M. Fitzinger, que les pélamides ex les 
disteyres soïent innocents ; je me suis assuré, au contraire, que leur glande: 

‘à venin et leurs crochets sont conformés comme dans les hydres et les 
bongares. Quant à l’aispysure, Lacép., Ann. Mus., IV, je n’ai pu le ren- 
contrer ni vérifier ce qui en est. 


TOME !l. 7 


98 REPTILES 


de leur corps sont égales, petites, et disposées comme des 
pavés hexagones. 


L’epèce la plus connue ( Anguis platurus, Lin. ; rênes 
bicolor, Schn.), Séb., IL, Lxxvir, 2, Russel, xt, est noire 
en A: jaune en Does Dune fort él Ve elle 
se mange à Otaïti. 

J’ai ajouté à ces deux sous-genres, celui des 


Cuersypres. ( Caersypkus. Cuy. ) (1). 


Dont la tête et tout le corps sont également couverts de 
petites écailles. Tel est 


L’Oular-limpé( Acrochordus fasciatus. Shaw.). Rept., 


pl. cxxx. 


Serpent très venimeux qui habite le fond des rivières de 
Java (2). 


La troisième et dernièrefamille des ophidiens, ou 


Les SERPENTS NUS, 


Ne comprend qu’un genre très singulier, et que 
plusieurs naturalistes croient devoir reporter parmi 
les bairaciens, quoique l’on ignore s’il est soumis à 
des métamorphoses. C’est celui 


Des Cécizres. (CæciLrA (3). L. ) 


Ainsinommé parce que ses yeux, excessivement peLits, 
sont à peu près cachés sous la peau et manquent quelque- 
fois. La peau estlisse,visqueuseet sillonnée deplis ou deri- 


(1) xeru d'eas ; nom grec de la couleuvre à collier. 

(2) L’hydrus granulatus, Schn., doit en être voisin. 

I. B. Les hydrus caspius, enhydris, rhynchops, piscator et palustris, 
Schn. , ne sont que des couleuvres ou des vipères ordinaires. Son hydrus 
acilubtiis est le plature à bandes. 

(3) Cœcilia, traduction de riQaoŸ et nom latin de l’orvet, que l’on 
appelle encore aveugle dans plusieurs pays ul quoiqu'il ait de 
fort beaux yeux. 


OPHIDIENS. 99 


des annulaires; elle paraîtnué, mais quand on la dissèque, 
on trouve dans son épaisseur des écailles toutes formées, 
quoique minces et disposées régulièrement sur plusieurs 
rangées transversales entre les rides de la peau (1). La tête 
des cécilies est déprimée ; leux anus rond et à peu près 
au bout du corps; leurs côtes sont beaucoup trop courtes 
pour entourer leur tronc; l’articulation destorps de leurs 
vertèbres se fait par des facettes en cône creux, rem- 
plies d’un cartilage gélatineux , comme dans les poissons 
et dans quelques-uns des derniers batraciens , et 
leur crâne s’unit à la première vertèbre par deux tuber- 
cules, aussi comme dans les batraciens, dont les seuls 
amphisbènes approchent un peu à cet égard parmi les 
ophidiens; les os maxillaires couvrent l’orbite, qui n’y 
est percé que comme un très petit trou , et ceux des 
tempes couvrent la fosse temporale, de sorte que la tête 
ne présente en dessus qu’un. bouclier osseux continu ; 
leur os hyoïde , composé de trois paires d’arceaux , pour- 
rait faire croire que dans leur premier âge elles ont porté 
des branchies. Leurs dents maxillaires et palatines soni 
rangées sur deux lignes concentriques , comme dans les 
protées , mais souvent aiguës et recourbées en arrière, 
comme celles des serpents proprement dits ; leurs na- 
rines s'ouvrent à l’arrière du palais, et leur mâchoire 
inférieure n’a point de pédicule mobile , attendu que 
l’os tympanique est enchâssé avec les autres os dans le 
bouclier du crâne. 

L’oreillette du cœur de ces animaux n’est pas divisée 
assez profondément pour être regardée comme double, 
mais leur deuxième poumon est aussi petit que dans les 
autres serpents; leur foie est divisé en un grand nombre 
de feuillets transvérses. On trouve des matières végétales, 
de l’humus et du sable dans leurs intestins. Leur oreille 


(1) Cest ce que nous avons reconnu avec certitude dans la cécilie glu- 
tineuse , dans celle à ventre blanc, etc. 
+ 


/ 


100 | REPTILES 


n’a pour tout osselet qu’une petite plaque sur la fenê- 
tre ovale comme les salamandres. 


Quelques-unes ont le museau obtus, la peau lâche, les 
plis très marqués, deux petits cils près des narines. Telle est 


La Cécilie annelée. (Cæcilia annulata. Spix. xxvnr. 1.) 


Noirâtre, a quatre-vingts et quelques plis marqués de 
cercles blancs, les dents coniques. 
Elle vit au Bééale se tenant à plusieurs pieds sous terre, 
dans un sol marécageux. 
La Cécilie tentaculée. ( C. tentaculata. Lin.) Amen. Ac 
L'xvn." re 


À cent trente et quelques plis; qui, de deux en deux , 
surtout vers la queue, n’entourent pas tout le corps. Elle 
est noire, avec des marbrures blanches sous le ventre (1). 
D’autres ont des plis beaucoup plus multipliés, ou 
plutôt des stries transversales serrées. 


La Cécilie glutineuse. (Cæc. glutinosa. Lin.) Seb. XXV. 2. 
et Mus. Ann. Fred. 1v. 1. e 


ÆEst de ce nombre. Elle a trois cent cinquante plis qui 
se rejoignent en dessous à angle aigu, et est noirâtre, 
avec une bande longitudinale jaunâtre le long de chaque 
flanc. On la trouve à Ceylan (2). 

Il en est enfin où les plis sont presque effacés; leur 
corps est grêle, très long; leur museau saillant.. Une 
espèce est entièrement aveugle ( Cæcilia lumbricoides, 


(1) Notez que cette cécilie n’est pas plus tentaculée que les autres de 
sa subdivision. 

Aj. cœcilia aibiventris, Daud., VII, xon , 13 si ce n'est pas la 
même que la tentaculée; — Cæc. interrupta, Nob., où les lignes blan- 
ches des anneaux ne se correspondent pas en dessous; — Cœc. rostrata, 
Nob., à museau un peu plus pointu, sans bords blancs aux anneaux. 
NV. B. On ne sait pourquoi Spix attribue à sa cecilie annelée, deux cents 
et tant de plis ; sa figure même n’en montre guère plus de quatre-vingt. 

(2) Elle est vraiment de Ceylan, quoique Daudin la dise d'Amérique. 
M. Lechenault nous l’a rapportée de Ceylan ; mais il est vrai qu'il y en a 
en Amérique une espèce très voisine. Cæc. bivitata , Nob. 


À 


BATRACIENS. 1Oi 


. Daud., VIE, xcu, 2), noirâtre , longue de deux pieds, 
épaisse comme un tuyau de plume (1). 


LE QUATRIÈME ORDRE DES REPTILES, 
LES BATRACIENS (2). 


N'’ont au cœur qu’une seule oreillette et un seul 
ventricule. Ils ont tous deux poumons égaux, aux- 
quels se joignent, dansle premier âge, des branchies 
qui ont quelque rapport avec celles des poissons, et 
que portent aux deux côtés du col des arceaux car- 
tilagineux qui tiennent à l’os hyoïde. La plupart 
perdent ces branchies et l'appareil qui les supporte, 
en arrivant à l’état parfait. Trois genres seulement , 
les sirènes , les protées et les ménobranches , les con- 
servent toute leur vie. 

Tant que les branchies subsistent, l'aorte, en 
sortant du cœur , se pariage en autant de rameaux, 
de chaque côté, qu’il y a de branchies. Le sang des 
branchies revient par des veines qui se réunissent 
vers le dos ensun seul tronc artériel, comme dans 
les poissons ; c’est de ce tronc, ou immédiatement 
des veines qui le ferment, que naissent la plus grande 
partie des artères qui nourrissent le corps, et même 


* (1) Linnæus la donne, Mus. ad. fred., V, 2; maïs en la confondant 
avec la tentaculée. ë 
Nous avons un squelette de cécilie, long de plus de six pieds, et à deux 
cent vingt-cinq vertèbres, mais dont nous ñe connaissons pas les carac- 
tères extérieurs. 
(2) De Bareuxos ( grenouille }, animaux analogues aux grenouilles. 


102 REPTILES 
celles qui conduisent le sang pour respirer dans le 
poumon. 

Mais dans les espèces qui perdent leurs bran- 
chies, les rameaux qui s’y rendent s’oblitèrent, 
excepté deux, qui se réunissent en une artère dor- 
sale , et qui donnent chacun une petite branche au 
poumon. C’est une circulation de poisson métamor- 
phosée en une circulation de reptile. 

Les batraciens n’ont ni écailles, ni carapaces ; 
une peau nue revêt leur corps (1); à un seul genre 
près , ils manquent d’ongles aux doigts. 

L’enveloppe de leurs œufs est simplement mem- 
braneuse; le mâle dispose sa femelle à les pondre 
par des embrassements très longs, et dans plusieurs 
espèces il ne les féconde qu’à l’instant de leur sortie. 

Ces œufs s’enflent beaucoup dans l’eau'après avoir 
été pondus. Le petit ne diffère pas seulement de 
l'adulte par la présence des branchies : ses pieds ne 
se développent que par degrés, et dans plusieurs 
espèces il a encore un bec et une queue qu'il doit 
perdre, et des intestins d’une forme différente. 
Toutefois il y a aussi des espèces vivipares. 


Les GRENOUILLES. (RANA. L.) 


Ont quatre jambes et point de queue dans leur état 
parfait. Leur tête est plate, leur museau arrondi , leur 


(1) M. Schneider a constaté que la grenouille écaïlleuse de Walbaum , 
n'avait paru telle que par accident , quelques écailles de lézards gardés 
dans le même bocal, s’étant attachées à son dos. (Schn., Hist. Amphih., 
Fasc., I, p. 168.) 


BATRACIENS. 103 


gueule très fendue ; dans la plupart une langue molle ne 
s'attache point au fond du gosier , mais au bord dé la 
mâchoire, et se reploieen dedans. Leurs pieds de devant 
n’ont que quatre doigts; ceux de derrière montrent 
quelquefois ie rudiment d’an sixième. 

Leur squelette est entièrement dépourvu de côtes. 
Une plaque cartilagineuse à fleur de tête tient lieu de 
tÿmpan , et fait reconnaître l’oreille par dehors. L’œil a 
deux paupières charnues, et une troisième cachée sous 
l’inférieute ; transparente et horizontale. 

L’inspiration de l'air ne se fai t que par les mouvetients 
des muscles de la gorge, laquelle, en se dilatant , reçoit 
de l’air par lesnarinées, eten secontractant pendant que 
les narines sont fermées au moyen de la lañgué, oblige 
cet air de pénétrer dans le poumon. L’expiration, au 
contraire, s’exécule par les muscles du bas-véntre : 
aussi quand on ouvre le ventre de ces animaux vivants, 
les poumons se dilatent sans pouvoir s’aflaisser, et sion 
en force un à tenir sa bouche ouverte, il s’asphyxie, 
parce qu’il ne peut plus renouveler Pair de ses poumons, 

Les embrassements du mâle sont très longs. Ses pouces 
ont un renflement spongieux qui grossit au temps 
du frai, et qui l’aide à mieux serrer sa femelle. Il fé- 
conde les œufs au moment de la ponte.Le petit être qui 
en sort se nomme têtard. Il est d’abord pourvu d’une 
longue queue charnue, d’un petit béc de corne, et n’a 
d’autres membres apparents que de petites franges aux 
côtés du cou. Elles disparaissent au bout de quelques 
jours , et Swammerdam assure qu’elles ne font alors que 
s’enfoncer sous la peau pour y former les branchies. 
Celles-ci sont des petites houppes très nombreuses, atta- 
chées à quatre arceaux cartilagineux, placés de chaque 
côté du cou, adhérents à l’os hyoïde, et enveloppées 
dans une tunique membraneuse , recouverte par la peau 
générale. L’eau qui arrive par la bouche et en passant 
dans les intervalles des arceaux cartilagineux, en sort 


104 REPTILES 


tantôt par deux euvertures , tantôt par une seule, percée 
ou dans le milieu , ou au côté gauche de la peau exté- 
rieure ,.selon les espèces. Les pattes de derrière du té- 
tard se développent petit à petit et à vue d’œil ; celles 
de devant se développent aussi, mais sous [a peau , 
qu’elles percent ensuite. La queue est résorbée par 
degrés. Le bec tombe, et laisse paraître les véritables 
mâchoires, qui étaient d’abord molles et cachées sous la 
peau. Les branchies s’anéantissent et laissent les pou- 
mons exercer seuls la fonction de respirer qu’elles parta- 
geaient avec eux. L’æil, que l’on ne voyait qu’au tra- 
vers d’un endroit transparent de la peau du têtard, se 
découvre avec ses trois paupières. Les intestins, d’abord 
très longs, minces , contournés en spirale, se racccour- 
cissent, et prennent les renflements nécessaires pour 
l'estomac et le colon : aussi le têtard ne vit-il que 
d'herbes aquatiques, et l’animal adulte que d’insectes 
et autres matières animales. Les membres des têtards se 
régénèrent. presque comme ceux des salamandres.  . 

L'époque de chacun de ces changements particuliers 
varie selon les espèces. 

Dans les pays tempérés et froids, l’animal parfait s’en- 
fonce , pendant l'hiver, sous terre, ou sous l’eau dans la 
yase,ety vit sans mangerel sans respirer; mais, pendant 
la belle saison, si on l'empêche de respirer quelques 
minutes en l’empêchant de fermer la bouche, il périt. 


Les GRENOUILLES proprement dites. ( Rawa. Laurenti. ) 


Ont le corps effilé, et les pieds de derrière très longs, 
très forts, et plus ou moins bien palmés; leur peau est 
- Jisse; leur mâchoire supérieure est garnie tout autour d’un 

rang de petites dents fines, et il y en a une rangée trans- 

versale interrompue, au milieu du palais. Les mâlesont, de 
chaque côté, sous l’oreille, une membrane mince, qui se 
gonfle d’air quand ils crient. Ces animaux nagent et sautent 


tres bien. 


BATR ACIENS. 10) 


La Grenouille commune ou verte. ( Rana esculenta. L.) 
Rœsel. Ran. pl. xur. x1v. 


D’un beau vert tachetée de noir; trois raies jaunes sur 
le dos; le ventre jaunâtre. C’est l’espèce si commune dans 
toutes les eaux dormantes, et si incommode en été par la 
continuité de ses clameurs nocturnes. Elle fournit un ali- 
ment sain et agréable.Elle répand ses œufs enpaquets dans 
les mares. 


La Grenouille rousse. (Rana temporaria. L. ) Rœsel 
Ran. pl. x. 11. 111. 


Bruu-roussâtre, tachetée de noir; une bande noire par- 
tant de l’œil et passant sur d Rte 

C’est l'espèce qui paraît la première au printemps; elle 
va plus à terre que la précédente, et coasse beaucoup 
moins. Son têtard grandit un peu moins avant la méta- 
morphose. 

Notre midi produit une grenouille ( À. cultripes, Nob. ) 
toute Semée de taches noirâtres, à pieds amplement palmés, 
et remarquable surtout parce que le vestige du sixième 
doigt y est revêtu d’une lame cornée et tranchante. 


Parmi lesgrenouilles étrangères, on peut distinguer 


La Jakie. ( Rana paradoxa. L.) Séb. I. zxxvm. Merian. 
Surin.. LXXI. Daud. Gren. XXIL XXII. 


De toutes les espèces du genre, celle dont le têtard 
grandit le plus avant sa métamorphose complète. La perte 
d’une énorme queue, et des enveloppes du, corps, fait 
même que lanimal adulte a moins de volume que le té- 
tard , ce qui a donné à croire aux premiers observateurs 
que c'était la grenouille qui se métamorphosait eu tétard, 
ou (comme ils disaient ) en poisson. Cette erreur est au- 
jourd’hui complétement réfutée. 

La jakie est verdâtre, tachetée de brun , et se reconnaît 
surtout à des lignes irrégulières, brunes, le long de ses 
cuisses et de ses jambes. Elle habite à la Guiane. 

Il y a plusieurs autres grenouilles étrangères, dont quel- 
ques-unes très grandes, et encore assez mal déterminées (1). 


(1) #. B. Un examen plus approfondi, et la vue des nombreux batra- 


106 REPTILES 


On peut remarquer dans le nombre 


La Grenouille taureau ou Bull-frog des Anglo-Américains 
(Rana pipiens. Lin.) Catesby. I. Lxxur. 
Verte en dessus, jaunâtre en dessous, tachetée et mar- 
brée de noir (1). 
Certaines espèces ont les doigts de derrière presque sans 
palmures ; mais toujours très alongés (2). 


Les Céraroraris. Boïié. 


Sont des grenouilles à large tête, à peau grenue en tout 
ou en partie, et dont chaque paupière a une proéminence 
membraneuse en forme de corne (3). 


ciens arrivés au Muséum depuis quelques années, m’a fait revenir de 
l’opinion favorable que j'avais énoncée sur le travail de Daudin; il est 
incomplet et peu critique, et la moitié de ses figures faites d’après des 
individus'altérés, ne peuvent servir à une détermination précise des es- 
pèces. On doit toutefois excepter ses rainettes, qui sont beaucoup mieux 
rendues que ses grenouilles et ses crapauds. 

(1) Je me suis convaincu que sous ce nom on confond aux États-Unis 
plusieurs espèces, semblables par la taille et les couleurs ; mais qui difle- 
rent , entre autres caractères, par la grandeur relative du tympan. C’est 
celle oùil est le plus grand , que Merrem désigne sous le nom de mugiens ; 
mais ses synonymes né sont pas certains. La fig. de Daud., xviu, avec 
une raie jaune le long du dos, est d’une espècetdes Indes. Aj. rana pal- 
mipes,, Spix, V,,1; — R. tigrina, Dand., xx; — R. virginica, Gel. 
Séb.,T, zxxv, 4, ou halecina, Daud., ou pipiens, Merr., Catesb. , xx ; 
— R. clamitans , Daud. , XVI. 

(2) Rana'ocellata , L., Séb., I, zxxv, 1, Lacep.., I, xxxvur, Daud., 
XIX ; — À. gigas, Spix, 1; — R. pachypus, id. Il; — R. coriacea, 
id., V, 2; —R. sibilatrix, Pr. Max., Liv. ;—R. maculata, Daud., xvu, 
2;— R. rubella, ib., 1; — R.typhonia, ib., 4, quin’est pas, comme le 
croit Merrem , le virginica de Gm. ; —R. punctata, ib., XVI, 1; — R. 
mistacea, Spix, Il, 2-3; — R. miliaris, et R. pygmæa, id., VI; — 
R. labyrinthica, id., VI. 

(3) Ceratophris varius, B., ou Rana cornuta; Séb., 1, zxxu, 
1-2; Tiles., Mag. de Berl., 1809, deuxième trim. , pl. IT; et voyage de 
Krusenst. , pl. vi, ou cératophris dorsata, Pr. Max. , deuxième liv. ;— 
Cerat. Spixü, Nob., on R. megastoma, Spix, IV, 1 ; — Ran. scutata, 
ib., 2; —Cerat, daudini, Nob., Daud., xxxvin; —Cerat. clipeata, Nob. 


BATRACIENS. 107 


Il y en a dont le tympan est caché sous la peau (1). 
Tous viennent de l'Amérique méridionale. : 


Le midi de l'Afrique produit des batraciens semblables 
aux grenouilles par lenrs dents, leur peau lisse, à doigts 
pointus, ceux de derrière largement palmés, et les trois in- 
ternesayant leur extrémitéenveloppée dans un ongle conique 
de substance cornée et noire; leur tête est petite, leur bou- 
che médiocre; leur langue, attachée au fond dela gorge, 
est oblongue, charnue et fort grande; on ne voit pas leur 
tympan. Ces nombreux caractères nous ont déterminé à en 
former un genre sous le nom de DacryrETEra (2). 


Les Raivertes. ( HyLA. Laurenti ). CazawirA. Schn. et 
Merrem. 


Ne diffèrent des grenouilles que parce que l’extrémité de 
chacun de leurs doigts est élargie et arrondie en une espèce 
de pelotte visqueuse , qui leur permet de se fixer aux corps 
et de grimper aux arbres. Elles s’y tiennent , en effet, tou 
l'été, et y poursuivent les insectes ; mais elles pondent dans 
Veau, et s’enfoncent dans la vase en hiver, comme les au- 
tres grenouilles. Le mâle a sous la gorge une poche qui se 
gonfle quand il crie. 


La Rainette commune. ( Rana arborea. L. ) Ræs. Ran. 
Pl: if, x, xt. 


Verte dessus, pâle dessous, une ligne jaune et noire le 
long de chaque côté du corps. Elle ne produit qu’à l’âge 


(x) Ceratophris granosa, Nob. C’est de.ces grenouilles cornues à tym- 
pan caché , que Gravenhorst a fait son genre Sromsus ; mais elles ont des 
dents comme les autres, et ne doivent point être rapprochées des cra- 
pauds, comme le fait Fitzinger. 

(2) De derlovaydee ( dé à coudre): leurs ongles ont cette forme. Le 
crapaud lisse, Daud. ; pl.xxx, f. 1 ,en est une mauvaisefigure, où les 
pieds de derrière sont tout-à-fait manqués; Merrem en a fait son pipa 
lævis. Le pipa bufonia de Merr., ou prétendu pipa màle, pl. enlum. , 
no21,f. 2, est encore la même espèce mais représentée sans ongles. 
M. Fitzinger fait de ces espèces de Merrem, des Encysroma, mais les 


vrais engystoma où les breviceps, Merr., n’ont pas de dents ni d’on- 
gles. 


s 


108 REPTILES. 


de quatre ans, et s’accouple à la fin d'avril. Son têtard 

achève sa métamorphose au mois d’août. 

Les rainettes étrangères sont assez nombreuses ; il y en 
a plusieurs dé jolies. Une des plus grandes et des plus 
belles, est 


La Rainette bicolore.(H. bicolor.) Daud. VIII; et Spix. XIII. 


Bleu céleste en dessus , rosée en dessous, de l'Amérique 
méridionale. 
Une plus grande encore 
La Patte-d'oye. (R. maxima. Lin. Hyla palmata. 
Daud. XX. ) 


Rayée en travers irrégulièrement, de roux et de fauve; 
ést de l’Amérique septentrionale (1). 
On peut remarquer aussi , à cause de la propriété singu- 
lière qu’on lui attribue, 
La Rainette à tapirer.( Rana tinctoria. L. ) 


Dont le sang, imprégné dans la peau des perroquets 
aux endroits où on leur a arraché quelques plumes, fait 
revenir, dit-on , des plumes rouges ou jaunes, et produit 
sur l'oiseau cette -panachure qu’on appellé tapiré. On 
assure que c’est une espèce brune, à deux bandes blan- 
châtres , réunies en travers en deux endroits. ( Daud., 
pl. vin.), ses pieds de derrière ont les doigts presque 
libres (2). 

Gr BAT di AS rA IE. Hip entr". TT OMAN En EVE LR RRQ Me 
(1) Aj. en espèces palmées, HyL. venulosa, Daud., x1x, ou cal. boans , 

Merr. , Séb.,1, cxxu; — Hyl. tibicen, Séb., ib., 1, 2, 3; — A. mar- 

morata, Séb., I, rxx1, 4,5, Daud., xvin ; — . lateralis, Catesb., 

II, zxx1, Daud., Il; — A. bilineata , Daud. , IIL; — A. verrucosa ; — 

H. oculata; — H. frontalis, id., et dans Spix, y. bufonia, xu; — 

H. geografica, X1, 1; — H. albomarginata, VII, 2 ; — H. papillaris, 

2; — H. pardalis, 3 — H. cinerascens , 4; — H. affinis, VII, 3° 
(2) Aj. en espèces à doigts de derrière peu palmés; — #. femoralis, 

Daud., IV; — À. squirella, id. , V; — H. triviltata, etc., Spix, IX; 

—H, abbreviata , 4., XI, 4. 

La rainette bleue de la Nouv. Holl., hyla cyanea, Daud., n’aurait selon 
White, p.248, que quatre doigts derrière, et M. Fitzinger qui paraît lavoir 
vue, en a fait, en conséquence, son genre CaramwiTA. Nous en avons une 
du mème pays, et toute semblable , qui bien certainement en a einq. 


BATRACIENS. 109 
Les Crapaups. ( Buro. Laur. ) 


Ont le corps ventru , couvert de verrues ou papilles, un 
gros bourrelet percé de pores derrière l'oreille, lequel ex- 
prime une humeur laiteuse et fétide ; point du tout de 

-dents; les pattes de derrière peu alongées. Ils sautent mal, 
et se tiennent plus généralement éloignés de l’eau. Ce sont 
des animaux d’une forme hideuse, dégoûtante, que l’on 
accuse mal à propos d’être venimeux par leur salive, leur 
morsure, leur urine, et même par l’humeur qu’ils trans- 
pirent. 

Le Crapaud commun. ( Rana Bufo. L. ) Ræœs. Ran. XX. 
Gris-roussâtre ou gris-brun; quelquefois olivâtre ou 

noirâtre; le dos couvert de beaucoup de tubercules ar- 
rondis, gros comme des lentilles. Le ventre garni de tu 
bercules plus petits et plus serrés. Les pieds de derrière 
demi-palmés. Il se tient dans les lieux obscurs ét étouffés, 
et passe l’hiver daus des trous qu’il se creuse. Son accou- 
plement se fait dans l’eau, en mars et avril; lorsqu’il a 
lieu sur terre, la femelle se traîne à l’eau en portant son 
mâle : elle produit des œufs petits et innombrables, 
réunis par une gelée transparente en deux cordons, sou- 
vent longs de vingt à trente pieds, que le mâle tire avec 
ses pattes de derrière. Le têtard est noirâtre, et de tous 
ceux de notre pays, c’est celui qui est encore le plus petit; 
lorsqu'il prend des pieds et perd sa queue. Le crapaud 
commun vit plus de quinze ans et produit à qua- 
tre. Son cri a quelque rapport avec l’aboiement d’un 
chien. 


Le Crapaud des joncs. (Rana bufo calamita. Gm. ) Res. 
XXIV. Daud. XXVIL: r. 


Olivâtre ; des tubercules comme au précédent; mais pas 
de si grands bourrelets derrière les oreilles; une ligne 
jaune longitudinale sur l’épine, une rougeâtre deuntelée 
sur le flanc : les pieds de derrière saus ancune membrane. 
Il répand une odeur empestée de poudre à canon; vit à 
terre; ne saute point du tout, mais court assez vite; 
grimpe aux murs pour se retirer dans leurs fentes , et a 


110 REPTILES 


pour cela deux petits tubercules osseux sous la paume des 
mains; ne va à l’eau que pour l’accouplement , au mois 
de juin ; pond deux cordons d’œufs, comme le crapaud 
commun ; le mâle crie comme celui de la rainette, et a de 
même une poche sous la'gorge. 


Le Crapaud brun. (Rana bombina. y. Gm. Bufo fuscus. 
Laurenti.\ Rœs. XVII, XVIII. 

Brun-clair, marbré de brun-foncé ou de noirâtre ; les 
tubercules du dos peu nombreux, gros comme des len- 
tilles ; le ventre lisse ; les pieds de derrière à doigts alon- 
gés et entièrement palmés ; il saute assez bien; se tient de 
préférence près des eaux; répand une forte odeur d’ail 
lorsqu'il est inquiété. Ses œufs sortent du corps en un 
seul cordon , mais plus épais que les deux que rend le cra- 
paud commun. Son têtard tarde plus’ que les autres de 
ce pays-ci à passer à l’état parfait, et est déjà fort grand, 
qu’il a encore sa queue , et que ses pieds de devant ne 
sont pas sortis. Îl a même l’air de rapetisser lorsqu'il 
perd tout-à-fait son enveloppe de têtard. On le mange 
en quelques lieux, comme si c'était un poisson. 


Le Crapaud variable ; Crap. vert. Lacép. (Rana variabilrs. 
Gm. ) Pall. Spicil. VIE. vr. 34. Daud, xxvur. 2. 


Presque lisse ; blanchâtre, à taches tranchées d’un vert 
foncé ; remarquable par les changements de nuance de la 
peau , selon qu’il veille ou qu’il dort, qu’il est à l’ombre 
ou au soleil. Il est plus commun dans le midi de la France 
qu'aux environs de Paris. 


Le Crapaud accoucheur. (Bufo obstetricans. Laur.) Daud. 
Lee) P EE 


Petit, gris en dessus, blanchâtre en dessous; des points 
noirâtres sur le dos; de blanchâtres sur les côtés. Le 
mâle aide la femelle à se délivrer de ses œufs, qui sont 
assez grands, et se les attache en paquets sur les deux 
cuisses, au moyen de quelques fils d’une matière gluti- 
neuse. Il les porte encore, qu’on distingue déjà au travers 
de leur enveloppe les yeux du têtard qu’ils contiennent. 
Lorsqu'ils doivent éclore, le crapaud cherche quelque eau 
dormante pour les y déposer. Il se fendent aussitôt, et le 


BATRACIENS. 111 
têtard en sort et nage. Il est fort petit , et vit de chair. 
Cette espèce est commune dans les lieux pierreux des en- 
virons de Paris (1). 

On trouve en Sicile un crapaud deux ou trois fois plus 
grand que les nôtres, brun, à tubercules plats et irrégu- 
liers. 11 se tient de préférence dans les touffes de pal- 
miers. Nous le nommerons Bufo RAlriarin: 

Les crapauds étrangers sont jusqu’à présent assez mal 
déterminés ; il en est plusieurs, remarquables par leur 
grandeur. 


Le Crapaud agua. (Rana marina. Gm.) Daud, XXXVIL. 
Spix. XV. 


Brun varié de plus brun ; des tubercules inégaux peu 
saillants ; les parotides triangulaires larges de plus d’un 
pouce , dans des individus de dix à douze de longueur 
sans les pieds. Il vit dans les contrées marécageuses de 
l’Amérique méridonale (2). 

On a séparé récemment quelques sous-genres de celui 
des crapauds ; ainsi 


Les Bomgivator. Merr. 


Ne diffèrent des autres, que parce que leur tympan est 
caché sous la peau ; tel est dans notre pays 


Le Crapaud à ventre jaune. ( Rana bombina. Gm.) Rœs. 
XXIT. Daud. XXWVI. . 


Le plus petit et le plus aquatique de nos “crapauds ; 
grisâtre ou brun en dessus; bleu noir, avec des taches 
orangées en dessous ; les pieds de derrière complétement 
palmés , et presque aussi alongés que ceux des grenouilles; 


(1) On ne sait pourquoi Merrem a mis le erapaud accoucheur dans 
ses bombinator. On voit très bien le tympan de cette espèce. 

(2) Aj. Bufo maculiventris, Spix, XV ; si toutefois il diffère de l’agua ; 
— B, ictericus, id. , xvi, 13 — B. Lazarus, id , xvn, 13 — B. stel- 
latus, id, xvur, 13 — B. scaber, Daud., xxxiv, 1, qui n’est pas le 
même que le B. scaber de Spix, x, 1; — B. bengalensis , id., xxxv, 1; 
— B. musicus, id., xxxut, 25 — B. cinctus, Pr. Max, troisième Jiv. ; 
le B. agua, du pr. de Wied. , septième liv. , ne paraît pas le même que 
celui de Spix. 


112 REPTILES 


> 
aussi saute-t-il presque aussi bien qu "elles. H setient dans 
les marais , et s’'accouple au mois de juin; ses œufs ‘sont 
en petits delbibre , et plus grands que ceux des espèces 
précédentes (1). 


Les Rawezres. Fitzing., ou Oxyrayncaus. Spix. 


Ont le museau pointu en avant (2). 
On doit en rapprocher 


s 


Les Oxriropaes. Cuv. 
0 


Où le museau esi aussi en angle , et où la tête a, dé chaque 
côté, une crête qui s'étend sur la parotide. Le Crapaud perle 
(Rana margaritifera, Gm.), Daud. AL, 1, en est le 


type: s 
Les Brevicers. Merr. (Encysroma. Fitzing. en partie.) 


Sont des crapauds sans tympan ni parotide visibles; à 
corps ovale, à tête et bouche très petites, à pieds peu pal- 
més (3). 

Une différence plus essentielle , est celle qui a fait séparer 
de tout le grand genre des rana, 


Les Pipa. Laurenti. 


Qui se distinguent par leur corps aplati horizontalement ; 


(x) Aj- Bufo ventricosus , Daud., xxx, 2, espèce représentée avec une 
insufflation exagérée. ‘ 

(2) Bufo proboscideus, Spix, xx1, 4; les espèces voisines représentées 
sur la même planche, B. semilineatus, B. granulosus, B. acutirostris et 
celles de la pl. x1v, naricus et nasutus, lient trop intimement ce sous- 
genre aux crapauds ordinaires pour qu’il soit facile de le conserver. 

(3) Engystoma dorsatum , Nob., ou Bufo gibbosus, Auct.,Séb., IT, 
xxxvir, n° 3, Daud., xx1x, 2, — Eng. marmoratum; — Eng. grano- 
sum, Nob., espèces nouvelles, l’une de l’Inde, l’autre du Cap. L'£Eng. 
surinamense, Daud., xxxin, 2, a déjà la bouche-plus ample, ainsi que 
les Bufo globulosus et albifrons , Spix, xix. IV. B. l'Engystoma ovalis, 
Fitz., est un dactylètre; son Eng. ventricosa, Daud., xxx, 2, est un 
bombinator. 

IV. B. Le Bufo ephippium , me xx, 2, dont M. Fitzinger fait son 
genre BRACHYCEPHALUS, “au ce qu'on ne lui voit que trois doigts à tous les 
pieds, pourrait n’être qu’un jeune individu mal conservé ou mal rendu. 


EATRACIENS. 115 
par leur tête large et triangulaire ; par l’absence de toute 
langue; par un tympan caché sous la peau; par de petits 
yeux placés verse bord de la mâchoire supérieure ; par des 
doigts de devant fendus chacun au bout en quatre petites 
pointes; enfin, par l’énorme larynx du mâle, fait comme une 
boîte osseuse triangulaire , au dedans de laquelle sont deux 
os mobiles qui peuvent fermer l’entrée des bronches (1). 


L’espèce anciennement connue ( Rana prpa, L.)Seb., 1, 
Lxxvii, Daud., xxxr, xxx , vita Cayenne cet à Surinam, 
daus les endroits obscurs des maisons, et a le dos grenu, 
avec trois rangées longitudinales de grains plus gros. 
Lorsque les œufs sontpondus, le mâle les place sur le dos 
de la femelle et les:y féconde de sa laite; alors la femelle se 
rend à l’eau, la peau de son dos se gonfle , et forme des 
cellules dans lesquelles les œufs éclosent. Les petits y pas- 
sent leur état de têtard , et n’en sortent qu'après avoir 
perdu leur queue et développé leur pattes. C’est là l’épo- 
que où la mèrc revient à terre. 

M. Spix en représente un, pl. xx, d’espèce au moins 
bien voisine ( Pipa curururu , Spix) du fond des lacs du 
Brésil , et assure que la femelie ne porte point ses petits; 
reste à savoir s’il l’a suivie pendant toute l’année (2). 


LES SALAMANDRES. { SALAMANDRA. Brongn. ) 


Ont le corps alongé, quatre pieds et une longue 
queue, ce qui leur donne la forme générale des lézards : 
aussi Linnæus les avait-il laissées dans ce genre; mais 
elles ont tous les caractères des batraciens. 

Leur tête est aplatie ; l’oreille cachée entièrement sous 
les chairs, sans aucun tympan, mais seulement avec 
une petite. plaque cartilagineuse sur la fenêtre ovale ; 
les deux mâchoires garnies de dents nombreuses et pe- 
tites; deux rangées longitudinales de parailles dents 


(x) C’est ce que M. Schneider a décrit sous le nom de cista strnulis. 

(2) I y a au cabinet du roïun vrai pipa du Rio Negro, entièrement lisse, 
à Lète plus étroite que l'ordinaire. Ce sera mon pipa lævis , très différent 
de celui de Merrem , qui est un dactylètre. 

TOME 11. 8 


114 REPTILES 

dansle palais, mais attachées aux os qui représentent le 
vomer; la langue comme dans les grenouilles; point de 
troisième paupière; un squelette avec de très petits ru- 
diments de côtes, mais sans sternum osseux; un bassin 
suspendu à l’épine par des ligaments, quatre doigts de- 
vant, presque toujours cinq derrière. Dans l’état adulte, 
eHes respirent comme les grenouilles et les tortues. Leurs 
têtards respirent d’abord par des branchies en forme de 
houppes , au nombre de trois de chaque côté du cou, 
qui s’oblitèrent ensuite; elles sont suspendues à des ar- 
ceaux cartilagineux, dont il reste des:parties à l'os 
hyoïde de l’adulte. Un opercule membraneux recouvre 
ces ouvertures; mais les houppes ne sont jamais enfer- 
mées dans une tunique, et flottént au dehors. Les pieds 
de devant se développent avant ceux de derrière; les 
doigts poussent aux uns etaux autres successivement. 


Les SALAMANDRES TERRESTRES. ( SaLAMANDRA. Laur. ) 


Ont, dans l'état parfait, laqueue ronde; nese tiennentdans 
l’eau que pendant leur état de têtard, qui dure peu; ou 
quand elles veulent mettre bas. Les pa éclasess dans 
Voviductus. 


Nos espèces terrestresont de chaque côté, sur l’ ocgiput , 
une glande analogue à celle des crapauäs. : 


La Salamandre commune. (Lacerta salamandra. Lin.) Sa- 
lan, maculosa. Laur. Lac, If, pl. XXX. 4 1}, 


Noire, à grandes taches d’un jaune vif; sur ses côtés 
sout des rangées de tubercules ; desquels suinte : dans 
le danger une liqueur laiteuse, amère, d’une odeur forte, 
qui est un poison pour des animaux très faibles. C’est 
peut-être ge qui a donné lieu à la fable que la salamandre 
peut résister aux flammes. Elle se tient dans les lieux 
humides, se retire dans des trous souterrains ; mange 
des lombrics, des insectes, de l’humus ; reçoit la se- 
mence du mâle intérieurement ; fait ses petits vivants 
et les dépose dans des mares ; ils ont, dans leur premier 


BATRACIENS. 115 
âge , la queue panne plane Cie ev des bran- 
chies (1)  !? ?: q (LEE HG HANQ2 

On trouve; darts les Alpes, ube dbiiasdre semblable à 
la commune, maïs entièrement noire etsans taches in 


atra j Laurenti, pl kb pfu} 
La Salam. à lunette. (Sal. perspicillata Savi. ) 


N'a que quatre “doigts aux pieds de derrière, comme, à 
ceux de devant; elle est noire dessus , jaune tacheiée 
de noir en dessous, et a une ligne jaune en‘travers sur les 
yeux. (C’est un pêtit animal A Apérnins (). 5 
L'Amérique septentrionale; qui possède beaucoup plus 

de salamandres que l’Europe, en a plusiéurs de terrestres, 
à queue ronde, mais sans glandes sur l’osciput (3). 
Les SALAMANDRES AQUATIQUES. (Tiron. Lauréuti.) 


Conservent toujours la quene comprimée verticalement, 
et passent presque toute leur vie dans l’eau. 

Les expériences de Spallanzani sur leur force étonnante de 
reproduction , les ont rendues célébres. Elles repoussent 
plusieurs fois de suite lemême mewbrè quad on le leur 
coupe, et cela avec tous ses os, ses muscles, ses vais- 
seaux , etc. Une autre faculté non moins singulière, “estcelle 
que és a reconnue Dufay, de pouvoir être prises dans la 
glace, et d’y passer assez long-temps sans périr. 

Leurs œufs sont fécondés par Ja laite répandue dans l’ eau , 
et qui pénètre avec l’eau dans les éviductus ; ils sortent, en 
longs chapelets ; les petits n ’éclosent que quinze jours après 
la ponte, et conser vent Jeurs branchies plus ques mous long- 


(1) Woyez, Ad. fréd. = de salüm. terrestr: vita » évolution , 
formatione , Berlin , 1825, fol... : ? ads 

. (2) Nous avons constaté que la Sal. à wroisi des ab I] , pl 36), 
n’est qu'un individu desséché et un peu mutilé de la Salamandre à lu- 
nettes ; — aj. Sal. savi, Gosse. 

(3) Sal. venenosa, Daud'; ou subyiolacea', Barton. : — Sal. Jfasciata, 
Harl. ; — Sal. üigrina, id. ; Sul erythronota, id.\; —$. bilineata , id. ; 
— Sal. rubra, Daud. , viu, pl. 91, f. 2; — Sal. LS re : Gilliams. ù 
Sc. nat. Phil. ,I, pl. xvunr, f. 1 ; et plusicurs espèces nouvelles. La Sal. 
Japonica, dé Hoëuuin } Béchstcin. trad, de Lacép., IT, pi. 15, eut 
est très voisine de l’erythro iotr. 


S* 


116 REPTILES 


temps ; selon les,espèces. Les observateurs modernes en ont 
reconnu plusieurs dans notre pays; mais il reste quelque 
doute dans leurs déterminations , attendu que ces animaux 
changent de couleur: selon l’âge, le. sexe et la saison , et 
que les crêtes et autres ornements des mâles ne sont bien 
développés qu’au printemps. Lorsque l’hiver les surprend 
avec des branchies, ils les conservent jusqu’à l’année sui- 
vante en grandissant toujours (1). 

Les mieux caractérisées sont: 

La Salamandre marbrée. (S. marmorata. Latreïlle. Triton 

y Gesneri. Laurenti. ) 


À peau chagrinée , vert pâle en dessus, à grandes taches 
irrégulières brunes ; brune pointillée de blanc en des- 
sous ; une ligne rouge le long du dos; qui, dansle mâle, 
forme un peu crête et a des taches noires, Peu aquati- 

‘que. 


La Salamandre à à fines tachetés. (S. alpestris.) Bechst. 
trad. de Lac. pl. XX. 


À peau chagrinée ; ardoisée , et brune en dessus ; ventre 
orangé ou rouge , une bande de petites taches noires ser- 
rées le long de chaque flanc. STE 


La Salamandre crétée. (Sal. cristata. Latr.} °°? 


À peau ébagrs inée , brune dessus , à taches rondes noirä- 
“tres ; ; orangée ROLE tachetée 1 même; les côtés poin- 
tillés de blanc. La crête du mâle haute, AÉcnapel en den- 
“telures aiguës, lisérée de violet au temps de l amour! ë 


La Salamandre ponctuée. (S. punctata. Lair. ) 


Peau lisse; dessus bruu-clair; dessous pâle ou rouge ; 
des taches noires et rondes partout; des raies noires sur là 
otête ; là crête dumäle festonnée ; ses doigts un peu élar- 
‘gis, mais non pälmés. 


La Salamandre palmipède. (Sal. palmata. Latr.) 


+ Dos brun ; dessus de la tête vermiculé de brun et de 


(1) Cest d’un individu qui avait ainsi conservé ses.branchies , que 
Laurenti a fait son proteus Tritonius. 


BATRACIENS. 117 


noirâtre; flancs plus clairs, à taches rondes noirâtres ; 

ventre sans taches. Le mâle a trois petites crêtes sur le dos; 

les doigts dilatés et réunis par des membranes ; la queue 

terminée par un petit filet (1). 

L'Amérique septentrionale possède aussi plusieurs sala- 
mandres aquatiques (2). 


On à trouvé parmi les schistes d’OEniogen des squelettes 


d’une sailamandre de trois pieds de longueur. L'un d’eux est 
le prétendu homme fossile de Scheuchzer. 


À la suite des salamandres, viennent se ranger 
plusieurs animaux fort semblables, dont les uns 
passent pour n’avoir jamais de branchies, c’est-à- 
dire probablement qu'ils les perdent d'aussi bonne 
heure que notre salamandre terrestre ; les autres, 
au contraire , les conservent pendant toute leur vie, 
ce qui n'empêche pas qu'ils n’aient aussi des pou- 
mons comme les batraciens, en sorte qu’on peut 
les regarder comme les seuls animaux vertébrés, 
véritablement amphibies (3). 

Parmi les premiers (ceux auxquels on ne voit 

AIR PACE CE ARC CR EE, 


(x) Cette caractérisation des espèces européennes est celle qui m’a paru 
le plus conforme à:la nature ; mais il me serait très difficile d’y rapporter 
exactement la synonymie des auteurs , tant je trouve leurs descriptions et 
leurs figures peu d’accord avec les objets que j’ai sous les yeux. 

(2) Sal. Symmetrica, Harl., qui me paraît déjà représentée. dans le 
Lacép. de Bechstein, II, pl. 18, f. 2, sous le nom de Sal. punctata; 
et plusieurs espèces dont je n'ai pu reconnaître les descriptions, et qui 
mériteraient bien une monographie accompagnée de bonnes figures. 

(3) L'existence et l’action simultanée des houppes branchiales et des 
poumons dans ces animaux, ne peut pas plus être contestée que les faits 
les plus certains de l’histoire naturelle; j'ai sous les yeux les poumons 
d’une sirène de trois pieds de longueur, où l'appareil vasculaire est aussi 
développé et aussi compliqué que dans aucün reptile, et néanmoïns éette 
sirène avait ses branchies aussi complètes que les'autrer. sn 


18 REPTILES : 
point de branchies) se rangent deux genres. 
Lés MenovoMA. Harlan. (1) 


Qui ont tout-à-fait la forme de salamandre , des yeux 
apparents, des pieds bien développés et un orifice de 
chaque côté du cou. Outre la rangée de fines dents au- 
tour des mâchoires , ils en ont une rangée parallèle sur 
le devant du palais. 

Tel est le reptile nommé long-temps : 

La grande Salamandre de l'Amérique septentrionale. 
(Salamandra gigantea. Barton. Hellbender des États- 
Unis. ) Ann. du Lyc. de New-York. I. pl. 17. 

Long de quinze à dix-huit pouces; d’un bleu noirä- 
tre. Il habite dans les rivières de l’intérieur et dans les 
grands lacs. 


LEs AMPHIUMA. Garden. 


Ont aussi un orifice de chaque côté du cou , mais leur 
corps est excessivement alongé; leurs jambes et leurs 
pieds , au contraire, très peu développés, et leurs dents 
palatines forment deux rangées longitudinales. 

Il y en a une espèce à trois doigts à tous les pieds 

(Amph. tridactylum , Ouvier) , et une à deux doigts seule- 


ment (Amph. means, Gard. et Harlan.) Mém. du Mus. 
XIV. pL. 1 (2). : 


:():M. Harlan les avait nommés d’abord Azrancaus; Leukard et Fit- 
zinger les nomment CrxProBRANcHus, d'autres PRoTonopsis. | 
r (2) Linnæus connut l’amphiumna ,, mais trop, tard {pour le mettre dans 
une des éditions de son Système, qui ont paru de son yivant: Il a été dé- 
crit depuis par le docieur Mitchill. , sous le nom de chrysodonta larvæ- 
formis, et.par le docteur Haïlan , sous celui d’umphiuma. J'ai fait con- 
“naître l'espèce de l’emphiuma tridactylum , qui est de la Louisiane et 
atteint june taille, de trois. pieds. Voyez les Mém.'du Mus., tome XIV, 1: 
J e soupçonne que c’est de cette espèce que Barton, dans sa lettre sur la 
sirène, parle comme d’une sirène à quatre pieds. . 


BATRACIENS. 119 


Parmi ceux qui conservent toujoürs leurs bran- 

chies 
Les AXOLOTSs. 

Ressemblent de tout point à des larves de sala- 
mandre aquatique, ayant quatre doigts devant, cinq 
derrière, trois longues branchies en forme de houppes, 
etc. Leurs dents sont en velours aux mâchoires et à deux 
bandes sur le vomer. Tel est 


L’Axolotl des Mexicains. (Siren. pisciformis. Shaw. ) 
Gen. Zool. vol. IE. part. nu. pl. 140. Humb. obs. Zool. 
I. pl. 12. 
Long de huit à dix pouces; gris, tacheté de noir; il 
habite dans le lac qui entoure Mexico (1). 


Les MenoBsrANCEAUSs de Harlan, ou Necturus de Ra- 
finesque. 


N'ont que quatre doigts à tous les pieds; il ya une 
rangée de dents à leurs intermaxillaires, et une autre pa- 
rallèle, mais plus étendue, à leurs maxillaires. 

L’espèce.la plus connue (Menobranchus lateralis, Harl. 

Triton lateralis, Say.) Ann. du Lyc. de New-York. I. pl. 16, 

vit dans les grands lacs de l’Amérique septentrionale ; et 

devient fort grande; atteint dit-on, deux et trois pieds, 

On l’a eue d’abord du lac Champlain. l 


Les PROTÉES. (ProTEUS. Laur. HYPOCHTON. Merr. ) 


N'ônt que trois doigts devant et deux seulement der- 
rière. 
Jusqu'ici on n’en conuaît qu’une seule espèce ( Proteus 
anguinus, Laur., pl. IV, f. 3, Daud., VIII , xax, 1; Siren. 
angüina , Schn.) änimal long de plus d’un pied, gros 


(x) Ce n’est encore qu'avec doute que je place l'axolotl parmi les genres 
à brânchies permañentes ; mais tant de témoins assurent qu'il ne les perd 
pas, que je m’y vois obligé. . 


120 REPTILES 
comme le doigt, à queue comprimée verticalement, à 
quatre petites jambes. Son museau est alongé, dé- 
primé; ses deux mâchoires gârnies de dents; sa langue 
peu mobile , libre en avant; son œil excessivement petit 
et caché par la peau, comme dans le rat-taupe ; son oreille 
couverte par les chairs, comme dans la salamandre; sa 
peau lisse et blanchâtre. On ne le trouve que dans les eaux 


souterraines, par lesquelles certains lacs de la Caruiole 
communiquent ensemble. 


Son squelette ressemble à celui des salamandres, excepté 
qu’il a beaucoup plus de vertèbres; et moins de rudiments 
de côtes; mais sa tête osseuse est toute différente de la 
leur par sa conformation générale. 


Enfin , il y en a qui n’ont que ies pieds de devant et 
manquent entièrement de pieds de derrière. Ce sont 


Les SrRÈNEs. (SIREN. L.) 


/ 


Animaux alongés, presque de la forme des anguilles, 
à trois houppes branchiales ; sans pieds de derrière, ni 
même aucun vestige de bassin. Leur tête est déprimée , 
leur bouche peu fendue, leur museau obtus, leur œil fort 
petit, leur oreille cachée ; leur mâchoire inférieure est 
armée de dents’ tout autour, mais la supérieure n’en a 
point, et ily en a plusieurs rangées qui adhèrent à 
deux plaques collées sous chaque côté du palais (1). 


La Sirène lacertine. ( Siren. lacertina. Lin.) 


Atteint jusqu’à trois pieds de longueur , et est noirâtre ; 


(1) C'est vainement que quelques auteurs récents ont voulu renou= 
veller l’ancienne supposition que la sirène est untétard de salamandre. 
On en a des individus plus grands de beaucoup qu'aucune sälamandre 
connue, et dont Îes os ont acquis une dureté parfaite sans que l’on y aper- 
coive le moindre vestige de pieds de derrière; l’ostéologie en est d'ailleurs 
toute différente de celle des salamandres; il y a des vertèbres plus nom- 
breuses (90) et autrement figurées, et beaucoup moins de côtes (huit paires); 
la conformation de la tête et les connexions des os qui la composent, sont 
tout autres. Voyez mes Recherches sur les ossements fossiles , tome V, 
part 2. 


BATRACIENS. 121 


ses pieds ont quatre doigts; sa queue est comprimée en 
nageoire obtuse. Elle habite les marais de la Caroline , et 
surtout ceux qu’on établit pour la culture du riz; s’y 
tient dans la vase, d’où elle va aussi quelquefois à terre 
ou dans l’eau. Elle se nourrit de vers deterre, d’in- 
sectes , etc, (1). 


On en connaît deux espèces beaucoup plus petites. 
La Sirène intermédiaire. ( S. intermedia. Leconte. ) 


. Lycée de New-York. IL. Dec. 1826. pl. 1. 


Noirâtre, et à quatre doigts comme la grande, mais 
dont les houppes branchiales sont moins frangées. Elle ne 
passe pas un pied de longueur, 


La Sirène rayée. (S. striata. id. ) &b. X. pl. 1v. 
Noirâtre ; deux raies longitudinales jaunes de chaque 
côté ; trois doigts seulement aux pieds ; les houppes bran- 
chiales peü “frangées. Sa longueur n’est que de neuf 
pouces (2). (ant 


(1) M. Barton conteste l’habitude de’se nourrir de serpents, et le chant 
semblable à celui d’un jeune canard, que Garden attribue à la sirène 
( Barton some account on siren lacertina , etc. ). r 

(2) Les branchies de ces deux espèces ont été regardées comme ne pre- 
nant point de part à leur respiration , ét en conséquence M. Graÿ en a 
formé le genre Pseunosrancus; il n’est cependant pas difficile de voir 
à leur face inférieure des replis, et un appareil vasculaire dont l’usage ne 
nous paraît pas douteux ; du reste il est bien démontré aujourd’hui par 
les observations de M. Leconte, que ces sirènes, comme la lacertine, sont 
des animaux parfaits. | 


122 POISSONS 


LA QUATRIÈME CLASSE DES ANIMAUX VERTÉBRÉS 


ou LES POISSONS. 


Se compose de vertébrés ovipares, à circulation 
double, mais dont la respiration s’opère unique- 
ment par l’intermède de l’eau. Pour cet effet, ils 
ont aux deux côtés du cou un appareil nommé 
branchies, lequel consiste en feuillets suspendus à 
des arceaux qui tiennent à l'os hyoïde, et composés 
chacun d’un grand nombre de lamés placées à la 
file, et recouvertes d’un tissu d'innombrables vais- 
seaux sanguins. L’eau que le poisson avale s'échappe 
entre, ces lames par des ouvertures nommées ouïes, 
et agit, au moyen de l'air qu'elle contient ,.sur le 
sang continuellement envoyé aux branchies par le 
cœur , qui ne représente que l'oreillette et le ven: 
tricule droits des animaux à sang chaud. : 

Ce sang , après avoir respiré, se rend dans un 
tronc artériel situé sous l'épine du dos, et qui, fesant 
fonction du ventricule gauche, l'envoie par tout 
le corps, d’où il revient au cœur par les veines. 

La structure totale du poisson est aussi évidem- 
ment disposée pour la natation que celle de l’oiseau 
pour Le vol. Suspendu dans un liquide presque aussi 
pesant que lui, le premier n'avait pas besoin de 
grandes ailes pour se soutenir. Un grand nombre 


EN GÉNÉRAL. 123 
d'espèces porte immédiatement sous l'épine ‘une 
vessie pleine d'air qui, en se comprimiant ou en se 
dilatant, fait varier la pesanteur spécifique et aide 
le poisson-à monter ou à descendre. La progression 
s'exécuté: par les mouvements de {a queue qui 
choque alternativement l’eau à droite et à gauche, 
étles branchies, en poussant l’eau en arrière, y 
contribuent peut-être aussi. Les membres étant 
donc peu utiles, sont fort réduits; les pieces ana- 
logues aux os des bras et des jambes sont extrême 
ment raccourcies, ou même entièrement cachées ; 
desrayonsplus où moins nombreux soutenart des na- 
geoires membraneuses, représentent grossièrement 
les doigts des mains et des pieds. Les nageoires qui 
répondent aux extrémités antérieures, se nomment 
pectrales ; celles qui répondent aux postérieures , 
venirales. D’autres rayons , attachés à des os par- 
tiéuliers placés sur 6a entre les extrémités des apo- 
pliyses épineuses, soutiennent des nageoires ver- 
ticales sur le dos, sous la queue et à son extré- 
mité, lesquelles en se redressant ou en s’abaissant, 
étendent ou rétrécissent au gré du poisson la surface 
qui choque l’eau. On appelle les nageoires supé- 
rieures dorsales, les inférieures anales, et celle du 
bout de la queue caudale. Les rayons sont de deux 
sorfess les uns consistent enune seule pièce os- 
seuse, ordinairement dure et pointue, quelquefois 
flexible et élastique, divisée longitudinalement:; on 
les nomme rayons épineux ; les autres sont contposés 


124 POISSONS 
d'un grand nombre de petites articulations et se 
divisent d'ordinaire en rameaux à l'extrémité ; ils 
s'appellent rayons mous, articulés, ou branchus. 

On observe autant de variétés que parmi les rep- 
tiles pour le nombre des membres. Le plus sou- 
vent il y en a quatre; quelques-uns n’en ont que 
deux ; d’autres en manquent tout-à-fait. L’os qui 
représente l’omoplate est quelquefois retenu dans 
les chairs comme dans les classes supérieures; d’au- 
trefois il tient à l’épine , mais le plus souvent il est 
suspendu au crâne. Le bassin adhère bien rare- 
ment à l’épine ; et fort souvent, au lieu d’être en ar- 
rière de l’abdomen, il est en avant, et tient à 
l’appareil numéral. ÿ 

Les vertèbres des poissons s’unissent par des sur- 
faces concaves remplies de cartilage, qui commu- 
niquent le plus souvent par un canal creusé dans 
l’axe de la vertebre. Dans la plupart, elles ont de 
longues apophyses épineuses qui soutiennent la 
forme verticale du corps. Les côtes sont souvent 
soudées aux apophyses transverses. On désigne 
communément ces côtes et ces apophyses par le nom 
d’arêtes. 

” La tête des poissons varie plus pour la formeque 
celle d’aucune autre classe, et cependant elle se 
laisse presque toujours diviser dans le même nombre 
d’os que celle des autres ovipares. Le frontal y-est 
composé de six pièces ; le ‘pariétal de trois ; l’oc- 
cipital de cinq; einq des pièces du sphénoïde et 


EN GÉNÉRAL. 125 
deux de celles de chaque temporal, restent dans la 
composition du crâne. 

Outre les parties ordinaires du cerveau ; qui sont 
placées comme dans les reptiles à la file les unes 
des autres, les poissons ont encore des nœuds à la 
base des nerfs olfactifs. 

Leurs narines sont de simples fossettes creusées 
au bout du museau ; presque toujours percées de 
deux trous, et tapissées d’une pituitaire plissée 
très régulièrement. : 

Leur œil a sa cornée très plate, peu d'humeur 
aqueuse, - mais un cristallin presque globuleux et 
très dur. 

Leur oreille consisle en un sac qui représente le 
vestibule et contient en suspension des petites masses 
le plus souvent d’une dureté pierreuse, et en trois 
canaux semi-Circulaires membraneux, plutôt situés 
dans la cavité ducrâne qu'engagés dans l'épaisseur de 
ses parois, excepté dans les chondroptérygiens où ils 
y sont entièrement. 1l n’y a jamais -ni trompe, ni 
osselets, et les sélaciens seuls ont une fenêtre ovale, 
mais à fleur de tête. Hart sf 

Le goût des poissons doit avoir peu d'énergie, 
puisque leur langue est en grande partie ‘osseuse 
et souyent garnie de dents ou d’autres enveloppes 
dures. 

La plupart ont, comme chacun sait, le corps 
couvert d’écailles; tous manquent d'organes de 
préhension ; des barbillons charnus accordés à quel- 


126 POISSONS 
quessuns peuvent suppléer à l’imperfection / des 
autres organes du toucher. 

L’os intermaxillaire forme dans le plus grand 
nombre le bord de la mâchoire supérieure, et a 
derriere-lui le maxillaire nommé communément 
os labial ou mystace; une arcäde palatine composée 
du palatin, des deux apophyses ptérigoïdes,. du 
jugal, ‘de’ la caisse et de l’écailleux;: fait , comme 
daus'les ‘oiseaux et dans les serpents, une sorte:de 
mâchoire intérieure , et fournit en arriere l’articu- 
lation à la mâchoire d’en bas qui à généralement 
deux os de chaque côté; mais ces pièces sont ré- 
duites à de moindres nombres dans les chondrop- 
térygiens. 

Il peut y avoir des dents à l’intermaxillaire: au 
maxillaire,. à la mâchoire inférieure , at vomer, 
aux palatins, à la langue, aux arceaux des bran: 
chies et jusque sur des os situés en arrière de ces 
arceaux, tenant comme eux à l’os hyoïde, et sien 
os pharyngiens: 

Les variétés de ces combinaisons, ainsi que celles 
de la forme des dents placées à Re pti ‘sont 
innombrables. 

Outre l'appareil des ares branchiaux ; l'os hyoïdé 
porte , de chaque côté , des rayons qui soutiennent 
la membrane branchiale ; une sorte de battant,com2 
posé de trois pièces osseuses , l’opercule ; le suboper- 
cule et l’interopercule , se joint à cette membrane 
pour fermer la grande ouverture des ouïes ; ils’ar- 


=. 


EN GÉNÉRAL, 129 
ticule à los tympanique, et joue sur une pièce 
nommée le préopercule. Plusieurs chondroptéry- 
giens manquent de cet appareil. 

L’estomac et les intestins varient autant que dans 
les autres classes pour l'ampleur , la figure, l’é- 
paisseur et les circonvolutions. Excepté dans les 
chondroptérygiens, ‘le pancréas est remplacé ou 
par des cœcums d’un tissu particulier situés autour 
du pylore, où par ce tissu même appliqué au com- 
mencement de l'intestin. 

Les reins sont fixés lé long des côtés de l’épine, 
mais la vessie est au-dessus du rectum, et s'ouvre 
derrière l’anus et derrière l’orifice de la généra- 
tion, ce qui est li inverse des mammiferes. : 

Les testicules sont deux énormes glandes, -ap- 
pelées comiiunément laites’; et les ovaires, deux. 
sacs à peu près correspondants aux laites pour la 
forme et la grandeur, et dans les replis internes des- 
quels sont logés les œufs. Quelques-uns des poissons 
ordinaires peuvent s’accoupler! et sont. vivipares ; 
leurs petits éclosent dans l’ovaire même et sortent 
par un canal très court. Les sélaciens seuls ont, 
outre l'ovaire ; de longs oviductus qui donnent sou- 
vent dans une véritable matrice ; et ils produisent ou 
des petits vivants, ou des œufs enveloppés d'unesubs- 
tance cornée; mais la plupart des poissons n’ont 
pas d’accouplement , et quand la femelle a pondu , 
le mâle passe sur ses œufs pour y répandre sa laite 
et les féconder. 


128 : POISSONS 


« 


La classe des poissons est de loutes, celle qui 
offre le plus de difficultés quand on veut la subdi- 
viser en ordres, d’après des caractères fixes et sen- 
sibles. Après bien des efforts, je me suis déterminé 
pour la distribution suivante, qui, dans quelques cas, 
pêche contre la précision, mais qui a l’avantagede 
ne point couper les famiiles naturelles. 

Les poissons forment deux séries distinctes, celle 
des Porssons PROPREMENT pis, et celle des Con- 
DROPTÉRYGIENS autrement dits CARTILAGINEUX. 

Cette dérnière a pour caractère général que les 
palatins y remplacent les os de la mâchoire supé- 
rieure; toute sa structure a d’ailleurs des analogies 
évidentes que nous exposerons: elle se divise en 
trois ordres. 

Les Cyerosromes, dont LS mâchoires sont sou- 
dées en un anneau immobile et les branchies ou- 
vertes par des trous nombreux ; 

Les Sécaciens, qui ont les branchies des pré- 
cédents, mais non leurs mâchoires ; 

Les Srurronrens, dont les branchies sont ouvertes 
commé à l'ordinaire par une seule fente garnie d’un 
opercule,. 

L'autre série , ou celle. des poissons ORDINAI- 
res, m'offre d’abord une première division dans 
ceux où l'os maxillaire et l’arcade palatine sont en- 
grenés au crâne : j'en fais un ordre des PLscrona- 
res, divisé en deux familles : les Gymnodontes et les 


Sclérodermes. 


EN GÉNÉRAL, 129 

Je trouve ensuite des poissons à mâchoires com- 
plètes, mais où les branchies, au lieu d’avoir la 
forme de peignes, comme dans tous les autres, ont 
celle de séries de petites houppes; j’en forme en- 
core un ordré que je nomme LoPxosrAncxes, et 
qui ne comprend qu'une famille. 

Alors il me reste une quantité innombrable 
de poissons auxquels on ne peut plus appliquer 
d’autres caractères que ceux des organes exlé- 
rieurs du mouvement. Après de longuesrecherches, 
j'ai trouvé que le moins mauvais de ces caractères 
est encore celui qu'ont employé Raï et Artedi, tiré 
de la nature des premiers rayons de la dorsale et de 
l’anale. On divise ainsi les poissons ordinaires en 
MALACOPTÉRYGIENS, dont tous les rayons sont mous, 
excepté quelquefois le premier de la dorsale ou des 
pectorales , et en ACANTHOPTÉRYGIENS, qui ont 
toujours la première portion de la dorsale, ou la 
première dorsale quand il y en a deux, soutenue par 
des rayons épineux, et où l’anale en a aussi quel- 
ques-uns et les ventrales au moins chacune un. 

Les premiers peuvent être subdivisés sans incon- 
vénients d’après la position de leurs ventrales , 
tantôt situées en arrière de l’abdomen , tantôt 
suspendues à l’appareil de l’épaule, ou enfin man- 
quant tout-à-fait. 

On arrive ainsi aux trois ordres pgs Maraco- 
PTÉRYGIENS ABDOMINAUX, SUBBRACHIENS €t APODES , 


lesquels comprennent chacun quelques familles 
TOME Il. 9 


130 POISSONS 


naturelles que nous exposerons ; le premier est sur- 
tout fort nombreux. É 

Mais cette base de division est absolument im- 
praticable avec les AcanTHoPrÉRYGrENs, et le pro- 
plème d’y établir d’autre subdivision que les fa- 
milles naturelles, m'est, jusqu’à ce jour, resté in- 
soluble. Heureusement que plusieurs de ces familles 
offrent des caractères presque aussi précis que 
ceux que l’on pourrait donner à de véritables or- 
dres, , 

Au reste, on ne peut assigner aux familles des 
poissons, des rangs aussi marqués qu’à celles des 
mammifères, par exemple. Ainsi les chondropté- 
rygiens tiennent d’une part aux reptiles par les or- 
ganes des sens, et même par ceux de la génération 
de quelques-uns ; ils tiennent aux mollusques et 
aux vers par l’imperfection du squelette de quelques 
autres. 

Quant aux poissons ordinaires, si quelque sys- 
tème se trouve plus développé dans les uns que 
dans les autres, il n’en résulte aucune prééminence 
assez marquée ni assez influente sur l’ensemble, 
pour qu’on soit obligé de la consulter dans l’ar- 
rangement méthodique. 

Nous traiterons donc successivement de ces deux 
séries, en commencant par la plus nombreuse, 
celle des poissons ordinaires , et dans celle-là même 
nous commencerons par l’ordre le plus riche en 
genres et en espèces. 


MA her je» 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 131 


LE PREMIER ORDRE DES POISSONS, 


Ou Les ACANTHOPTÉRYGIENS , 


Forme la première et de beaucoup la plus 
nombreuse division des poissons ordinaires. On les 
reconnaît aux épines qui tiennent lieu de premiers 
rayons à leur dorsale, “ou qui souliennent seules 
leur première nageoire du dos lorsqu'ils en ont 
deux ; quelquelois même au lieu d’une première 
dorsale, ils n’ont que quelques épines libres. Leur 
anale à aussi quelques épines pour premiers rayons, 
etil y en a généralement une à chaque ventrale. 

Les acanthoptérysiens ont entre eux des rapports 
si multipliés , leurs diverses familles naturelles of- 
frent tant de variétés dans les caractères apparents 
que l’on aurait pu croire susceptibles d'indiquer des 
ordres où d’autres subdivisions , qu’il a été impos- 
sible de les diviser autrement que par ces familles 
naturelles eiles-mêmes, que nous sommes obligés 
de laisser ensemble. 


La premiere famille des Acanraorréryerens, 
Ou Les PERCOIDES (1). 


Ainsi nommée parce qu’elle a pour type la perche 


——————————————————————— 


(1) Dans ma première édition, cette famille comprenait aussi les jones 
cuirassés, les scienoïdes , les sparoïdes. 

J'ai dû en détacher ces trois nouvelles familles, et je crois avoir été 
assez heureux pour trouver à cet effet des caractères suffisants. 


9 


* 


132 POISSONS 


commune, comprend des poissons à corps oblong, 
couverts d’écaiiles, généralemeut dures ou äpres, 
dont l’opercule ou le préopercule, et souvent tous 
les deux ont les bords dentelés ou épineux, et 
dont les mâchoires, le devant du vomer, et presque 
toujours les palatins , sont garnis de dents. 

Les espèces en sont très multipliées, surtout dans 
les iners des pays chauds; leur chair est générale- 
mérit saine et agréable. | 

Lé plus grand nombre, sans comparaison, de ces 
percoïdes , ont les ventrales attachées sous les pec- 
torales:; elles forment une première division que 
l’on peut nommer les PERCOÏDES THORACIQUES. 

Elles étaient presque toutes comprises par Lin- 
næus, dans son genre PERCA; mais nous avons été 
obligés de les diviser comme il suit, d’après le 
nombre des rayons des ouïes, celui des nageoires 
dérsales , et la nature des dents. 

La première subdivison à sept rayons aux bran- 
chies, deux nageoires sur le dos, et toutes les dents 


en velours. 
Les PERCHES proprement dites (PERCa. Nob.) 


Ont le préopercule dentelé, l’opercule osseux ter- 
miné en deux ou trois pointes aiguës, la langue lisse. 
Quelquefois le sous-orbitaire et l’huméral sont dentelés, 
mais faiblement. 

La Perche commune. (Perca fluvialis L.) BI. 52. 


Verdâtre, à larges bandes verticales noirâtres ; les ven- 
trales et l’anale rouges; est un de nos plus beaux et.de nos 


ACANTHOPTÉRYGIENS. , 133 


meilleurs poissons d’eau douce. Elle vit dans les eaux 
. pures. Ses œufs sont réunis par de la viscosité, en longs 
cordons entrelacés en réseaux. 
L'Amérique septentrionale produit quelques espèces 
voisines (1). 


Les Bars. (LaBrax. Nob.) 


Se distinguent des perches par des opercules écailleux, 
terminés en deux épines, et par une langue couverte 
d’àpretés. 

Le Bars commun, loup ou loubine des provençaux, spi- 


gola des italiens ( Zabrax lupus. Nob.) Perca labrax. 
Lin. Sc. diacantha. BI. 305. Cuv. et Val. Il. xr. 


Est un grand poisson de nos côtes, d’un excellent goût; 
de couleur argentée. Il est surtout très commun dans la 
Méditerranée , et c’était le lupus des anciens Romains , le 
labrax des Grecs. Les jeunes sont généralement tachetés 
de brun. 

Il y en a , aux Etats-Unis, une belle et grande espèce, 
rayée longitudinalement de noirâtre {Labr. lineatus, Nob.), 
Sciena lineata, B1. 304, et Perca saxatilis, Bl., Schn. 
pl. 20 (2). 

On pourrait encore séparer des bars, une espèce des 
États-Unis, quia des écailles jusque sur le maxillaire 
( Labrax mucronatus , Cuv. et Val. Il. xrr ). 


Les VariOLEs. ( LaTes. Nob.) 


Ne diffèrent guère des perches que par de fortes den- 


(x) Perc. flavescens , Cuv. et Val. , II, p. 46; — P. serrato granu- 
lata, ib., 47 ; — P. granulata, ib. 48, et pl. IX; — P. acuta, ib., 49, 
et pl. X; — P. gracilis ,ib., 50. 

Aj. P. plumieri ou Sciæna. plumieri, BL. 306, ou centropome plumier , 
et Cheilodiptére chrysoptère, Lacép., III, xxxu1; — P.ciliata, Kubl; — 
P. marginata , Cu. et Val., 53. 

(2) C’est aussi Le Perca Müchilli, Trans. de New-Yorck., t, 1,412; — 
Aj. Perca elongata, Geoff., Eg., pl. XIX, 1; — Labr. waigiensis, 
Less, et Garn. , Cuv. et Val., IT, 83 ; — Labr. japonicus, Nob., IE, 85, 


134 POISSONS 

telures, et même une petite épine à l’angle du préoper- 
cule et des dentelures aussi plus fortes au sous - orbi- 
taire et à l’huméral. 

La V’ariole du Nil. ( Lates niloticus. Nob. Perca nilotica. 
Lin.) Keschr des Arabes. Geoff. gr. ouvr. sur l’Ég. 
Poiss. pl. IX. £. 1. 

Est un très grand et très bon poisson déjà remarqué des 
anciens (leur Zatus ou lates), de couleur argentée. 
Les rivières des Indes en nourrissent d’autres espèces (1). 


LEs CENTROPOMES. ( CENTROPOMUS. Lacép.) 


Ont le préopercule dentelé, mais leur opercule est 
obtus et sans armure. 
On n’en connaît qu’un (2), 
Le C. brochet de mer. (Centrop. undecimalis. Nob.) 
Sciæna undecimalis. BI. 305. Cuv. et Val. IL. xiv. 
Grand et bon poisson, connu dans toute l’Amérique 
chaude sous le nom de brochet, et qui a en effet le mu- 
seau déprimé comme notre vrai brochet ; mais ses dents 
sont en velours, et tous ses autres caractères sont ceux 
des percoïdes à deux dorsales; il est argenté, teint de ver- 
dâtre , et a la ligne latérale noirâtre (3). 


Les GRAMMISTES. (GRAMMISTES. Nob. ) 
Ont des épines au préopercule et à l’opercule , et non 
des dentelures; deux dorsales rapprochées; les écailles 


petites, et comme noyées sous l’épiderme; l’anale sans 
épine sensible. 


Les espèces sont petites , rayées en longueur de blanc 


(1) Le Péche naire de Pondichery, ou £ockup des Anglais de Calcutta 
( Lates nobilis, nob.), Russel, IT, cxxxr, Cuv. et Val., IF, xur, qui est 
aussi l’Holocentre heptadactyle, Lacép.; — Holoc. calcarifer, BI. 544. 
(2) Lacép. a compris dans son genre centropome, plusieurs poissons 
qui n’en ont pas le caractère, comme le Bars , la Variole, etc. 
‘(3)BL, pl. 305, l’a mal à propos teint de rouge; la $phyrène orvert, 
Lacép., V, pl. 1v, f. 2, n’est qu’une mauvaise figure de ce poisson; c’est 
aussile Casmuri de Margrave. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 195 
sur un fond noirâtre. Elles viennent de la mer des In- 
des (1). 

Les Aprons. (Aspro. Nob.) 


Ont le corps alongé ; les deux dorsales séparées; de 
larges ventrales; des dents en velours; la tête déprimée; 
le museau plus avancé que Ja bouche, et terminé en 
pointe arrondie. 


H y en a deux espèces dans les eaux douces de l’Europe; 
leur chair est légère et agréable. 

L’Apron commun. (Aspro vulgaris. Nob. Perca asper. Lin.) 
BI. 107. 1 et 2. Cuv. et Val. IL. xxvr. 

Du Rhône et de ses affluents; verdâtre. Trois ou quatre 
bandes verticales noirâtres; huit épines à la première 
dorsale. 

Le Cingle. ( Perca Zingel. 1.) BI. 105. 

Du Danube; plus grand que l’apron, assez semblable 

en couleurs , weize épines à la première dorsale. 


Cette subdivision comprend encore quelques poissons 
étrangers, assez singuliers dans leur conformation, 
pour donner lieu à autant de sous genres. 


Les Hurows. (Huro. Cuv. et Val.) 


Ont tous les caractères des perches proprement dites , 
excepté que leur préopercule n’a pas de dentelures (2). 


Les Ereus. ( lid.): 


Joignent aux caractères de ces mêmes perches, des dents 
en crochets à leurs mächoires, mais non pas, comme les 
sandres , à leurs palatins (3). 


(x) Grammistes orientalis , BL., Cuv. et Val., IT, pl. xxvir. La Soiène 
rayée, Lacép., IV, 323; sa Persèque triacanthe , ib., 424; sa Persèque 
pentacanthe, ib.; son Bodian six raies, ib., 202; son Centropome six 
raies, V, 699; le Perca bilineata, Thunb., Nov. act. Stokh., XI, 
pl. v, p. 142, en paraissent des variétés. 

(2) Huro nigricans , Cuv. et \ al. I1,.pl. xvar. 

(3) Etelis carbuneulus , ib., pl xvur. 


56 POISSONS 
Les Nipuows. (Ibid.) 


Ont les dents en velours des perches, et de fortes épines 
au bas du préopercule et à l’opercule (1). 


Les Enorcoses. (EnoPLosus. Lacép.) 


Ont les caractères des perches ; de plus fortes dentelures à 
l’angle du préopercule, et surtout le corps très comprimé, 
et, ainsi que les deux dorsales, très haut verticalement (2). 


Les Drproprions. (Kuhl. et Van Hasselt. ) 


Ont avec les caractères des perches , le corps comprimé, un 
double rebord dentelé au bas du préopercule, et deux épi- 
nes à l’opercule (3). | 


LEs APOGONS. ( APOGON. Lacep. ) 


Ont le corps court, garni, ainsi queles opercules, de 
grandes écailles qui tombent aisément ; les deux dorsales 
très séparées, et un double rebord dentelé au préopercule. 
Ce sont de petits poissons le plus souvent colorés en 
rouge. 


Il yen a un dans la Méditerranée, vulgairement nom- 
mé Roi des rougets ( Apogon rex mullorum, Nob. Mullus 
imberbis , Lin.), Cuv. Mém. du Mus. I, 336 et pl. x1, f. 2, 
long de trois pouces; rouge; une tache noire de cha- 
que côté de la queue (4). s 


© (1) Miphon spinosus, ib., x1x. 

(2) Enoplosus armatus, ib., xx, ou Chælodon armatus , Jwhite, p. 

(3) Diploprion bifasciatum , Cuv. et Val., IT, xxr. 

(4) C'est l_Apogon rouge, Lacép.; le Corvulus, Gesner, p. 1273. 
l_Amia de Gronov., Zooph., IX, 2; le Centropomus rubens, Spinol., 
An. Mus. , X, xxvur, 2,le Dipterodon ruber, Rafin. caratt. n° 7 15, etc. 
Le Dipterodon héxacanthe, Xacép., HT, pl. 1v,f.2, et l'Ostorinque 
fieurieu, id., IF, xxx11 , 2, appartiennent aussi à ce genre. Voyez, pour 
les nombreux apogons étrangers, Cuv. et Val. , If, 151 et suiv. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 137 
Les CHErLODrPTÈRES. Lacép. 


Réunissent tous les caractères des apogonset n’en diffè- 
rent que par des crochets ou dents longues et pointues, 
qui arment leurs mâchoires. 


Ce sont des poissons de la mer des Indes; de taille peu 
considérable, et la plupart rayés longitudinalement (1). 


Les POMATOMES. ( PomaToMuSs. Riss. ) 


Ont, comme les 4pogons , deux dorsales écartées , 
et des écailles qui tombent de même facilement ; mais 
leur préopercule, est simplement strié, leur opercule 
échancré, leur œil énorme; ils n’ont que des dents en 
velours ras. 


On n’en connaît qu’une espèce excessivement rare de la 
Méditerranée ( Pomat. telescope, Rissa.),Cuv. et Val., 
Il, xxiv. 

. Une deuxième subdivision comprend les per- 
coïdes à deux dorsales, et à dents longues et poin- 
tues, mêlées parmi leurs dents en velours. 


Les AmBaAsses. ( AmBAssis. Commers. ) 


Ont à peu près la forme des Apogons; leur préoper- 
cule a une double dentelure vers le bas, leur opercule 
finit en pointe; mais ils se distinguent des apogons, 
parce que leurs deux dorsales sont contiguës, et qu’il 
ya une épine couchée au-devant de la première. 

Peut-être n’appartiennent-ils pas bien complétement 


(1) Cheilod. 8-vittatus, Nob., Lacép. IT, xxx1v, r, qui est à la fois son 
cheilod. rayé, IX, p. 543; et son Centropome macrodon, 1V, 273. — 
Cheilod. arabicus ( Perca lineata , Forsk.), Cuv. et Val., IT, pl. xxur. — 
Ch. 5-lineatus, ib., p. 167. 


138 POISSONS 


à cette famille, car leur canal intestinal n’a point d’ap- 
pendices au pylore. 

Ce sont de petits poissons d’eau douce des Indes, qui y 
remplissent les ruisseaux et les mares; dont plusieurssont 
transparents (1). 

. l'y en a un commun dans un étang de l’île de Bour- 
bon , que l’on y prépare comme des anchois { Ambassis 
Commersonii, Cuv. et Val., Il, xxv ) (2). 


C’est à cette division qu’appartiennent 


Les Sanpres , ( Lucro-PErcA. Nob. ) vulgairement 
Brochets-Perches. 


Ainsi nommés, parce qu’aux caractères des perches, 
ils joignent des dents qui ont quelque rapport avec 
celles du brochet. Le bord de leur préopercule n’a 
qu’une simple dentelure ; leurs dorsales sont séparées ; 
quelques-unes des dents de leurs mâchoires et de leurs 
palatins sont longues et pointues. 

Le Sandre d'Europe. ( Luc. sandra. Nob. Perca lucio- 

perca. Lin.) BL. pl. cr. Cuv. et Val. IL. pl. xv. 

Est un excellent poisson des lacs et des rivières de l’AI- 
Jemagne, et de l’orient de l’Europe; plus alongé que la 
perche ; verdâtre, à bandes verticales brunes ; il atteint 
jusqu’à trois et quatre pieds de longueur (3). 

Une seconde division comprend les percoïdes à 
sept rayons branchiaux , et à dorsale unique. Elles 
se subdivisent à peu pres selon des moufs analogues 


à ceux qui ont servi à subdiviser les précédentes: des 


(à) M. Hamilton Buchanan en fait entrer plusieurs dans ses chanda. 

(2) C’est le Centropome ambasse, Lacép , IV, 273, et son Lutjan 
gymnocéphale, IV, 216; et IT, pl: xxn1, f. 3. Voyez, pour les autres 
espèces, Cuv. et Val. , II, 18r et suiv. 

(3) Aj-de Berschik où Sandre bétard(Perca volgensis, Gm.); — le 
S. Amérique ( Lucio-perca americana “Cum et Val., I, pl. xv1, 


x 


l- 122.) 


ACANTHOETÉRYGIENS. 139 
dents en crochets, ou toules en velours ; des dente- 
lures et des épines aux pièces operculaires, etc. 

Dans la subdivision pourvue de dents en crochets, 


Les SERRANS. ( SERRANUS. Cuv. )* 


Ont le préopercule dentelé , et l’apercule osseux ter- 


miné en une ou plusieurs pointes. C’est un genre excessi- 
vement nombreux en espèces et que l’on peut encore 
répartir comme il suit : 


Les Serrans propres, vulgairement Perches de mer. 


Où les deux mâchoires n’ont pas d’écailles apparentes. 
Notre Méditerranée en a quelques jolies espèces, comme 
Le Serran écriture. ( Perca seriba. Lin.) Cuv. et Val. Il. 
XXVHI. 


Ainsi nommé de quelques traits RE bleus, qu’il 
a sur la tête (x). 


Le Serran commun. ( Perca cabrilla. Lin.) Cuv. et Val. 
II. xx1x. 


À trois bandes obliques sur la joue (2). On en prend” 
aussi dans lOcéan. Cette espèce, et peut-être la précé- 
derte, étaient connues des Grecs sous le nom de ze», et 
passaient pour n’avoir que des individus femelles. Cavo- 
lini assure qu’en effet tous les individus qu’il a observés 


(1) C’est aussi le Perca marina de Brunnich, l Holocentrus marinus , 
de Laroche ; l’Æol. argus de Spinola ; et l'Æol. maroccanus de BI. Il nous 
paraît même que l’Æol. fasciatus, B., 240, n’en est qu’un individu 
altéré. 

(2) C’est aussi l’'Æol. virescens , B1. ; les Serranus flavus et cabrilla de 
Rip.; le Zabrus chanus de Gmel, où Æolocentre chani, Lacép.; le 
Bodian hiatule de celui-ci, etc. Aj. le Sacchetto (Labrus hepatus, Lin. ; et 
Labr. adriaticus, Gmel; ou Holocentrus siagonotus, Laroche, etc. ; — 
Serranus vitta > Quoy et Gaym., Voyage de Fret. Zool., Lvinr, 2; — 
Hol. argentinus , BL., 235, 2 ; — Serr. radialis, Q. et G., 316; — AE 
Jfascicularis, Cuv. et Val. , IL, xxx; et les autres espèces décrites, dans 

Cuv. et Val., II, p. Mono 


140 POISSONS 


avaient des ovaires, et vers lebas une partie blanchâtre 
qui pouvait être regardée comme de la laitance. Il les croit 
en état de se féconder eux-mêmes. 


Les Bargiers. ( Anrmias. Bl. en partie.) 


“ 
Sont des serrans dont les deux mâchoires et le bout du 
museau sont armés d’écailles très sensibles (1). 


L'espèce la plus remarquable, 


Le Barbier de la Méditerranée. ( Anthias sacer. B]. (2) 
pl. acexv.) Cuv. et Val. Il. xxxr. 


Est un charmant poisson, d’un beau rouge de rubis, 
changeant en or et en argent, avec des bandes jaunes sur 
la joue. Le troisième rayon de sa dorsale s’élève plus du 
double des autres; ses ventrales se proiongent beaucoup, 
et les lobes de sa caudale se terminent en filets dont l’in- 
férieur est le plus long (3). 


Les Merous. 


Sont des serrans dont le maxiilaire n’a pas d’écailles, 


mais où la mâchoire inférieure en est couverte de pe- 
tites. 


Il y en a un dans la Méditerranée. 
Le Merou brun. ( Perca gigas. Gm. } 


D’un brun nuageux, et d’une taille qui va à trois pieds 
et au-delà: on le prend aussi dans l'Océan. 


Les merous étrangers sont excessivement nombreux ; 
dans plusieurs la dentelure du préopercule devient pres- 


(1) La plupart de nos merous sont encore des anthias pour Bloch , mais 
nousrestreignons ce genre auxespèces auxquelles notre définition convient. 
Bloch a été si peu exact, que son anthias sacer n’a pas même le caractère 
attribué au genre anthias d’un opercule sans épive. 

(2) Cette épithète était donnée par Les anciens à leur Ænthias , grand 
poisson très différent de celui-ci. Voyez Cuv. et Val., II, p. 255 et suiv. 

(3) Aj. Serranus oculatus, Cuv. et Val. , II, xxxu, et les autres espèces 
décrites , ib., p. 262-270. 


ACANTOPTÉRYGIENS. 141 


que insensible (1); mais en général on ne peut guère les 
distinguer que par leurs couleurs. 

Il en est beaucoup, dont le corps est semé de points 
de couleurs plus ou moins vives (2). 

D’autres où il est semé de taches serrées (3). 

D’autres où il est rayé en long (4) , ou bardé en tra- 
vers (5), ou marbré par grandes masses (6), ou divisé en 
deux couleurs (7), ou enfin, d’une teinte plus ou moins uni- 


(1) Ceux-là , lorsque leur museau est nu , forment les Bonraws de Bloch ; 
ils ne diffèrent que par cette dentelure moins marquée du plus grand 
nombre des Horocenrres du même auteur. Les ITOLOGENTRES prennent le 
nom d'Erixernezus, quand leur museau est écaïlleux, et dans ce cas, les 
Bopraxs prennent celui de Cernaropnozis. Les Lurraws et les Anrmi4s 
de BL., diffèrent des holocentres, parce que leur opercule n’a pas d’cpines; 
dans les premiers le museauest nu; et il est écailleux dans les autres ; mais 
tous ces caractères, peu importants en eux-mêmes, sont fort mal appliqués 
aux espèces. 2 

(a) Cesont les Jacob Eveérisen dés Hollandais , tels que : Bodianus gut- 
tatus , BL., 224 ; — Cephalopholis argus, BI. , Schn., pl. 61 ; — Bodia- 
nus bæœnak, B1,, 226 ; — Holoc. auratus, id. , 236; — Hol. cæruleo- 
punctatus,id., 242, 2;— Labrus punctulatus, Lacep., II, xvir, 2, etc. ; 
et en Amérique, Perca guttata , B1., 312, ou Spare sanguinolent, Lacép., 
IV, iv, 1, — P. maculata, B1., 213, ou Spare atlantique, Lac., IV, v, x; 
— Johnius guttatus, B1., Schn. , ou Bonaci-arara; Parra, XVI, 2; — 
Lutjanus lunulatus, B1., Schr., ou Cabrilla, Parra, xxxv1, 1: —Bodianus 
guativere, Parra , y; — Holoc. punctatus, B1., 241, ou Pyra pixañga, 
Margr., 152; — Gymnocephalus ruber, Bl., Schn., 67, ou Carauna, 
Margr., 149; — Bodianus apua, BL. , 229. 

(3) Epinephelus merra , B1. , 3209; — Holocentre pantherin, Lacép. , 
III, xxvn, 353 — Serranus bontoo , Nob., Russel, 128 ; =— Serr. suillus, 
Russ., 127 ; — Labrus leopardus , Lacép., TT, xxx, 1, — Holoc. sal. 
monoides , ib., xxx1v, 3; — Rodiamis melanurus, Geoffr., Eg., xxt, 1. 
.… (4) Sciœna formosa , Shaw, Russel, 129, S 

(5) Hotocentr. tigrinus, Bl:, 2379; Seb., TL, xxvir; — Hol. lanceo- 
latus , B1., 242, 1; — Anthias orientalis, id. | 326; — Anthias striatus , 
id. , 324, qui est aussi l’Anthias cherna , BL., Schn., Parra., xx1v ; et le 
Syare chrysomelane, Lacép. 

(6) Serranus geographicus, Kuhl., Cuv. et Val, IT, p. 522. 

(7) Serranus flavo cæruleus, Nob., qui est l’Æoloc. gymnose, Lactp., 
HT, xxvu, 2. son Bodian grosse tête, IT, xx, 2, et son ITolocéntre 
jaune et bleu, IV, p. 369. C’est encore le Serran bourignon, Quoy et 
Gaym., Voyage de Freycin. , Zool., pl. zvir, 2. 


142 POISSONS. 


forme (1). Très peu offrent des caractères tirés de formes 

bien sensibles ; nous citerons cependant 

Le Merou à haute voile. (Serr. altivelis. Nob.) Cuv. et Val. 
IL xxxv. * 


Dont la dorsale s’élève plus que dans les autres ; ilest 
semé de taches noires et rondes , sur un fond brun- 
clair ; et 

Le Merou paille en queue. ( Serranus phaëton.) ib: pl. 
XXXIV. 

Où les deux rayons mitoyens de la caudale s’unissent 

en un filet aussi long que le corps. 


Nous avons séparé des serrans 
Les PLECTROPOMES. ( PLECTROPOMA. Nob. ) 


Qui n’en diffèrent que parce que les dents plus ou 
moins nombreuses du bord inférieur de leur préoper- 
cule, sont dirigées obliquement en avant , etrappellent 
un peu les dents d’une molelte d’éperon (2). 

Et 

Les Dracoprs. ( Dracope. Nob.) 


Dont le caractère consiste dans une échancrure vers 
le bas du préopercule, qui recoit une tubérosité de 


(x) Holocentrus ongus, BI., 234 ; — Epinephelus marginalis ; BL. , 328, 
ou Aolocentre rosmare, Lacép., IV, vu1, 2; — Holocsocéanique, Lacép:, 
IV, vu, 3; — Epinephelus ruber, BI., 331. 

Voyez, sur beaucoup d’autres espèces dont il n’existe point de figures, 
les descriptions que nous donnons dans le tome deuxième de notre His- 
toire des poissons. _ 

(2) PL. melanoleucum, Nob.; ou Bodian melanoleuque, Lacép.; ou Labre 
lisse, id., III, xxx, 2; ou Bodian cyclostome, ïb.,xx, 1, — Holoc. 
leopard, Lacép., IV, p. 337; Cuv.et Val., IL, xxxvi; — Bodianus 
maculatus, B1., 228, ou Plectropome ponctué, Freycin., Zuol., xzv,1;— 
Holocentrus unicolor, B1., Schn., Seb., IUT, zxxvi, 10; — Péectr. puella, 
Cuv. et Val., IT, xxxvir, et les autres espèces décrites dans Île 
deuxième volume de notre Histoire des poissons. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 143 


l'interopercule. Il y en a de belles et grandes espèces 
dans la mer des Indes (1). 


Les MEsoprions. ( MEsoprioN. Nob. ) 


Ont, avec les caractères de dents et de nageoires des 
serrans, et leur préopercule dentelé, un opercule fi- 
nissant en angle mousse et non épineux (2). 

Il y en a de nombreuses et belles espèces dans les deux 
Océans (3). Plusieurs sont fort grands et excellents à 
manger. 


(1) Diac. sebæ., Nob., Seb., IIT, xxvn,2, et Russel , 99; — D. rivu- 
lata, Nob., Cuv. et Val., Il, xxxvinr; — D. macolor, Nob., Renard; 1], 
x, 60; — D. octolineata, Nob., ou Holoc. bengalensis, B., 246, le 
même que le Labrus 8-lineatus , Lacép., II, xxu, 1, et que le Sciæna 
kasmira, Forsk; Hol. 5-lineatus, Bl., 239, en est une variété; — D. 
notata, Nob., Russel, 98; — D. quadriguttata, Nob., ou Spare lepisure, 
Lacép., III; xv, 2; — D. calveti, Quoy et Gaym., Freyc., Zool., vis, 
1 , et plusieurs autres espèces décrites dans le deuxième volume de notre 
Histoire des poissons. 

(2) La plupart étaient compris dans le genre | Lutjanus de Bloch. , 
mais y étaient mèlés à des espèces d’autres familles, soit sciénoïdes, 
soit labroïdes , dont nous avons fait d’autres genres. 

(3) Mesopr. unimaculatus, Russel, 97; — Anthias Johnü, BL, 
318 ; — Coius catüs, Buchan. 38, f. 30 ; — M. 5-lineatus, Russel,110 ; 
— M, monostygma, Nob., Lacép. , II, xvu, 1; — M. uninotatus, 
Nob., Cuv.et Val., I, xxxix, Duham, part. Il, sect. IV, pl. ut, f. 2, 
et probablement , Sparus synagris, L., Catesb., IT, xvir, 1; — #1. buc- 
canella, Nob., dont Bloch a pris la figure dans Plumier, et l’a donnée en 
l'altérant pour le Sparus erythrinus , pl. 274; — Bod. aia, B1., 227, ou 
Acara aia, Margr., 167 ; — Mes, chrysurus ; Cuv. et Val., Il, xt ,.qui 
est aussi le Sparus chrysurus, BL. 262, ou Æcara pitamba Fa Marer., 
155; \_Anthias rabirrubia, B1., Schu, Parra, xxu, 1 ; le Spare demi- 
lune, Lacép., IV. ur, 1; etle Colas de la Guadeloupe, Duham., sect. IV, 
pl. xu, 1; — M. cynodon, N., ou Ænthias caballerote, BI., Schn., 
Parra, xxv, 13— Ænth. jocu, BL , Schn., Parr., xxv, 2; — Sp. tetra- 
canthus , BL, 279, qui est'aussi le V’ivanet gris, Lacép., IV, 1v, 3; et-le 
Lutjanus acutirostris, Desmar. ; — 7. sillao, Russel , 100; — M. lu- 
nulatus, Nob., Mungo-Park. , Trans. lin. , IL, xxxv, 6; — Luij. erytro- 
pterus , BL. , 249, — Lu. pans, id., 245 ; — PRES malabaricus , 


144 POISSONS 
Nous passons maintenant aux percoïdes à sept 


rayons branchiaux, et à dorsale unique, qui ont 
les dents en velours. 


Lés GreMines. ( ACERINA. Nob.) 


Se distinguent par des fossettes aux os de la tête , et 
parce que leur préopercalé et leur opercule n’ont que de 
petites épines sans dentelures. 11 y en a deux en Europe, 
dans les eaux douces. 


La Gremille commune où Perche goujonnière. ( Perca 
cérnua. Lin.) BI. 53. 2. Cuv. et Val. IL. pl. x. 
Est un petit poisson d’un goût agréable, répandu dans 
toutes nos eaux douces ; olivâtre tacheté de brun. 


Le Schrætz. ( Perca schraitzer. L.) BI. 332. 


Se trouve dans le Danube, est plus grand et a sur les 
côtés des lignes noirâtres interrompues (1). 


LEs SAVONNIERS. ( RyrTicus. Nob. ) 


N’ont aussi que de petites épines aux pièces opercu- 
laires, et de plus leurs écailles comme celles. des Gram- 
mistes, sont petites et cachées dans un épiderme épais. 
La dorsale unique est surtout ce qui les distingue des 
grammistes. 

Il yen a un en Amérique, d’un violet noir (Anthias sapo- 
naceus, Bl., Schn. ), Parra., xx1v, 2, à qui sa peau douce, 


et enduite d’une viscosité écumeuse a valu ce nom de s5a- 
vonrier (2). 


BL, Schn.; — 91. rangus, Nob,, Russel , 94; = M. rapilli, id., 95; 
— Alphestes gembra, B1.; Schn:, pl. 51, 2, et les autres espèces décrites 
dans notre deuxième volume. 
(1) Aj: Perca acerina, Guldenst.; nov. comment., Petrop.;, XIX, 455. 
(2) Aj: Rypticus arenatus, Cuv. et Val., III, pl. xzva. 


nu él 


D. nd 


ACANTHOPTÉRYGIENS, 149 


Les CerniEers. ( Pozyprion. Nob. ) 


Ont non-seulement des dentelures au préopercule , 
et des épines à l’opercule, mais il y a sur ce dernier os 
une crête bifurquée et très àpre, et, en général, les os 
de leur tête ont beaucoup d’aspérités. 


La Méditerranée en possède une espèce qui devient 
énorme, et est nuagée de brun sur un fond plus clair 
( Polyprion cernium , Valenc. ), Mém. du Mus., tom. XI, 
p- 265 , et Cuv. et Vai,, LIT, pl. xzn (1). 


LEs CENTROPRISEES. ( CENTROPRISTIS. Nob. ) 


Ont tous les caractères des serrants, excepté qu'ils 
manquent de canines, et que toutes leurs dents sont 
en velours. Ainsi leur préopercule est dentelé, et leur 
epercule épineux, 

Les États-Unis en ont un qui devient assez grand, et 
dont la caudale dans sa jeunesse est trilobée; c’est leur 
… Perche noire ( Centropristis nigricans , Nob. ) Coryphæna 
nigrescens , BI. Schn., Cuv.et Val., II, pl. xziv. Il est 

d’an brun noirâtre (2). 


Les GrOwLERS. ( GRisTes. Nob. ) 


Diffèrent des centropristes seulement parce que leur 
préopercule a le bord entier et sans dentelures (3). 


(1) L’Amphiprion australis, BL., Schn., pl. 47, ou Æmericanus, ib., 
p. 205 ; et l’'Amph. oxygeneios, ib., ou Perca prognathus, Forst, ne 
nous paraissent pas pouvoir être distingués du cernier. 

(2) C’est aussi le Lutjan trilobé, Lacép., IT, xv1, 3; et le Perca varia & 
Mitchill., Trans de New-York, I. — Aj. Perca trifurca, T:.3—]a Scorpène 
de W'aigiou, Quoy et Gaym., Freycin., Zool., zvi, 1; et les autres 
espèces décrites dans notre troisième vol. de l’hist. des poiss. 

(3) Le Labre salmoïde, Lacép., IV, v, 2, ou Cychla variabilis, Le- 
suear, Sc. nat,, phil,, Cuv. et Val , II, pl. xzv; — Gr. macquariensis, 
ib., p. 58 


TOME TI. 10 


146 POISSONS 

Îci se terminerait le genre Perca , tel qu'il a été 
défini par Ârtedi et par Linnæus ; mais il reste beau- 
coup de poissons qui s’en rapprochent, quoique des. 
caractères parliculiers obligent d’en faire des genres 
séparés. 

Nous commencerons par les percoïdes à moins 
de sept rayons branchiaux. On peut aussi les sub- 
diviser selon le nombre de leurs dorsales et la na- 
iure de leurs dents. 

Dans celles à dorsale unique, il en est qui ont 
aussi des dents en crochets parmi les autres ; cesont: 


Les CiRRHITES. ( CIRRHITES. Commers. ) 


Î 
Qui ont comme les mésoprions, le préopercule den- 
telé et l’opercule terminé en angle mousse , et se distin- 
guent parce que Îes rayons inférieurs de leur pectorale, 
plus gros et non branchus, dépassent un peu la mem* 
brane. Elles n’ont que six rayons aux branchies. Toutes 
vivent dans la mer des Indes (1). 


D’autres de ces percoïdes , à moins de sept rayons 
branchiaux, n’ont que des dents en velours, ou 
manquent du moins de dents en crochets. 


Les CaIRoNÈMEs. ( CHiRoNEMUS. Nob.) 


Ont à la partie inférieure des pectorales les mêmes 
rayons simples que les cirrhites (2). 


(1) Le Cirrhite tacheté , Lacép., V, 3, qui est aussi son Labre marbre, 
MI, v, 3, et p, 492; — le Cirrhie pantherin, ou Spare pantherin, ib., 
IV, vi, 1,etp, 160 ; et Seb., IET ,xxvnr, 12: —Cirrhües vitatas, Nob. N 
Renard, 1, xvin, 202; — Cüirrh. aprinus , Cuv..et Val., IT, xrvu. etc. 

(2) On n'en connaît qu'un de la Nouv.-Holl., Chironemus georgianus, 
Cuv. et Val., IT, p. 78. 


PRIT 74 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 147 
Les Pomoris. { Pomoris. Nob.) 


Sont des poissons à corps comprimé, ovaleet dont le 
caractère consiste en un prolongement membraneux à 
l’angle de l’opercule. Ils vivent dans les eaux douces de 


l'Amérique (a). 
Les CEnrrarcnus. ( CexrrancHus. Nob.) 


Ont, avec les caractères des pomotis, de nombreuses 
épines à la nageoire anale , et, de plus, leur langue a 
un groupe de dentsen velours (2). Ils sont du même pays. 


Les PRIACANTHES. ( PRIACANTEUS. Nob. ) 


Ont le corps oblong, comprimé, entièrement cou- 
vert , ainsi que toute la tête et même les deux mâchoires, 
de petites écailles rudes; le préopercule dentelé, et son 
angle saillant en forme d’épine, elle-même dentelée. 
| On les trouve dans les mers des pays chauds (3). 

R Les Douzes. (Dures. Nob.) 

Ont, comme les centropristes , l’opercule terminé par 
des épines, le préopercule dentelé et des dents en ve- 
lours; mais leur membrane branchiale n’a que six 
rayons (4). 

Il y en a une espèce ( D. rupestris, Nob. ) dans les eaux 


(1) Pomotis vulgaris, Nob., ou Labrus auritus, Lin. , appelé Perche 
d'étang aux États-Unis. Catesb., IL, vur, 2, Cuv. et-Val. IN, pl. 49. 

(2) Centrarchus œneus, Nob., ou Crchla œnea, Lesueur, Sc. nat. 
Phil.; — C. sparoïdes ou Labre sparoïde , Lacép., IT, xx1v, 2; — Zabre 
iris, Lac., IV, v, 3, qui est aussi son labre macroptère, IL, xxiv, 1. 
| (3) Anthias macrophtalmus , BL., 319, ou Catalufa, Parra, xu, 1; 
— Anthius boops, BL. Schn., 308; — Sciæna hamruhr, Forsk.; — 
Labrus cruentatus, Lacép., II, n, 2, et les autres espèces décrites dans 
notre troisième volume. 

(4) Dules auriga, Cuy. et Val., I, 11; — D. tœniurus, ib., zut, et 
les autres espèces décrites dans ce troisième volume, 


10* 


148 POISSONS 


douces de l’île de Bourbon , et de l’ile de France, à peu 
près de l’apparence d’une carpe, estimée pour sa saveur (1). 


Les THÉRAPONS. Cuv. 


Ont un préopercule dentelé , un opercule terminé par 
une forte épine, une dorsale très échancrée entre la . 
partie épineuse et la molle; les dents du rang extérieur 
plus fortes que les autres, pointues. Dans quelques-uns, 
les dents du vomer tombent de bonne heure. Ce sont 
des poissons des Indes, remarquables par une vessie na 
tatoire divisée en deux par un étranglement (2). 

On ne peut guère en séparer les DATNIA , quoiqu’ils 
manquent dé dents au palais; leur profil est plus recti- 
ligne ; leur dorsale moins échancrée (3). 


Les Pécares. Nob. 


Ont les. mêmes caractères aux opercules et à l’inté- 
rieur que les thérapons: mais leurs dents sont en ve- 
louxrs uniforme, et leur dorsale peu échancrée (4). 


Les HÉLoOTEs. Nob. 


Très semblables encore, ont la dorsale fort échan- 
crée, et se distinguent particulièrement parce que leurs 
dents du rang antérieur sont trilobées (5). 

La plupart de ces poissons ont des lignes longitudi- 
nales ncirâtres sur un fond argenté. 


(1) C’est le Centropome de roche, Lacép., IV, 273. 

(2) Holocentrus servus, BL., 2385, 1, ou Sciæna jerbua, Forsk.; — 
Hol. 4 lineatus, BL. , 238, 23 — Ther, puta, Nob., Russel, pl., 126, 
Ther. theraps, Nob:., Cuv. et Val, IL, zrv, et les autres espèces décrites 
dans notre troisième vol. 

(3) Datnia Buchanani, ou Coius dainia , Buchanan, pl. 1x, f. 29; et 
Cuv. et Val., TTL, zv ; — Datniu cancellata, ib., p. 144. 

(4) Pelutes quinque lineatus, Cuv.et Val., II, 56 , 

(5) Helotes 6 lineatus, Cuv. et Val., IT, vu, ou Esclave six lignes, 
Quoy et Gaym., Voyage de Freyc., Zool., nxx, 1. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 149 
Les percoïdes à moins de six rayons branchiaux et 
à deux dorsales ne comprennent que deux genres. 


Les ‘Tricaopons. Steller. 


Dont le préopercule a quelques épines assez fortés , et 
dont l’opercule finit en pointe plate; ils n’ont point 
d’écailles ; leur bouche est fendue presque verticalement. 

On n’en connaît qu’un, 


Le Trichodon de Steller. (Tr. Stelleri. Nob.) Trachinus 
trichodon. Pall. Mém. de Pétersb. IV. xv. 8. et Cuv. et 
Val. IL. zvu. 

Du nord de l'Océan pacifique (1). 
Lis SILLAGO. Cuv. 


À tête un peu alongée en pointe, la bouche petite, des 
dents en velours aux mâchoires et au-devant du yomer;. 
un cpercule finissant en une petite épine, six rayons 
branchiaux, deux dorsales contiguës, dont la première 
a ss épines grêles ; la seconde est longue et peu élevée. 


Ce sont des poissons de la mer des Indes, très estimés 
pour lé bon goût et la légèreté de leur chair. 
L'espèce la plus remarquable, 


Le Péche madame de Pondichéry. ( Sillago domina. N.) 


Est brunâtre, et se distingue par le premier rayon de sa: 
dorsale alongé-en un filet qui égale le corps. Sa tête est 
écailleuse et son œil fort petit. 

Il y en a une autre, 


Le Péche bicout.(Sciæna malabarica. BI]. Schn. 19.) Soring:. 
Russel. 113. + 


Long au plus d’un pied , de couleur fauve, qui passe 
pour un des meilleurs poissons de l’Inde (2). 


(1) Ce poisson n’ayant point les ventrales jugulaires, ni une dorsale 
postérieure alongée, ni une forte épine à l’opereule, ni sept rayons aux 
branchies, ne peut être une vive, comme l’ont cru Pallas et Tilesius. 

(2) Aj: L’Atherina sihama, Forsk., ou platicephalus sihamus , BI. Schn. 


Ruppel, poiss., pl, in, f. 1; — Sillago maculata, Quoy et Gaym. Freyc:, 
pk m,f, 3, 


150 POISSONS 


Nous passons maintenant à des percoïdes qui ont 
plus de sept rayons aux branchies. On en connaît 
trois genres qui ont aussi tous cette particularité, que 
leurs ventrales ont une épine et sept rayons mous ou 
davantage, tandis que dans les autres acanthoptérÿ- 
giens , les rayons mous n’y sont pas au nombre de 
plus de cinq. ie 
Les HOLOCENTRUMS. Artedi (1). 

Sont de beaux poissons à écailles brillantes et den- 
telées , dont l’opercule est épineux et dentelé, et dont 
le préopercule non-seulement est dentelé , mais a à son 
angle une forte épine qui se dirige en arrière. On en 
trouve dans les parties chaudes des deux Océans (2). 


Les MyriprisTis. Cuv. 


Ont tout l'éclat, les formes, les écailles des Holo- 
centrums; mais leur préopercule a un double rebord 
dentelé, et manque d'épine à son angle. Ce genre est 
remarquable par une vessie natatoire divisée en deux , 


(1) N. B. Nous réduisons ce genre aux espèces qui répondent à la déf- 
nition qu’en avait donnée Artedi, Seb., IT, ad tab., xXVIL, 1 ; et nous 
donnons comme lui à ce nom une terminaison neutre, pour qu’on ne le 
confonde pas avec les Holocentrus de Blochet de Lacépède, dans lesquels 
on a mélé beaucoup d’autres espèces et surtout des.serrans, 

{2) Holocentrum longipinne , Nob., qui est l Hol. sogho , B1., 232 ; et 
son Bodianus pentacanthus, où le Jaguaraca &e Margr. , 147; c’est 
aussi le Sciæna rubra, BI. Schn., Catesb., IL, 11, 2; et | Æmphiprion 
matejuelo, Bl. Schn., Parra, xu1 , 23 — Hol. orientale, Nob., Seb., 
IT, xxvir, 13 — Hol. rubrum, Bennet., Poiss. de Ceyl., pl 1v5 — 
Hol. leo, Nob., Ren., I, xxvur, 148, très mauv. fig. ; — Sciæna spinifera, 
Forsk; — ol. hastatum, Cnv. et Val., UI, rx; — Hol. diadema, 
Lacép., ITF, 1x, 3, ou Perca pulchella., Bennet., Journ. z0ol. anpl., TIE, 
1x, 3; — Hol ‘sammara, ou Sciæna sammara , Forsk, ou Labre ängu- 
leux, Lacép., TT, xxir, 1; — et les autres espèces décrites dans notre 
troisième volume. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 11 
dont la partie antérieuré est bilobée, et s'attache au 
crâne par deux endroits où il n’est fermé que d’une mem- 
brane , et qui répondent aux sacs des oreilles. 

On en trouve aussi dans les parties chaudes des deux 
Océans (1). 
Les Bé£ryx. Cuv. 


Différent des myripristis, parée qu'ils n’ont sur le 
dos qu’une nageoire peu étendue, où lou ne voit que 
quelques petites épines presque cachées dans son bord 
antérieur; leurs ventralesontjusqu’à dixrayons mous (2). 


Onne peut en éloigner 


Les TrAacnicuTes. ('TRACHICHETYS. Shaw. ) 


Qui, avec la même âpreté que, les trois genres précé- 
dents, la même petite dorsale que les Béryx, ont une 
épine plate au bas du préopercule, et une à l'épaule, 
et dont l'abdomen et les côtés de la queue sont hé- 
rissés par de grosses écailles carénées (3). 


Toutes les percoïdes dont nous avons parlé jus- 
qu'ici, ont leurs ventrales attachées sous les pec- 
torales ; mais il y en a aussi quelques genres qui 
les ont placées différemment. 

Les Percoïnes sueuzarres les ont sous la gorge, 
plus en avant que les pectorales. 


(x) Myripristis jacobus ÿ Cuv., Desmar., Dict. class. d’hist. nat. ; — 
Myr. juponitus, Cuv..et Val., IT, vin ; — Myr, botche | Nob., Russel, 
105; — Myr. parvidens, Nob,, id., 109; — le Lutjan hexagone, 
Lacép., IV, 213; son Æolocentre thunberg , ib.,.365 ; sou Centropome 
rouge; ib., 273; le Sciæna murdjan, Forsk., appartiennent aussi à ce 
genre, Voyez-en l’histoire dans le troisième vol. de notre Ichtyologie. 

(2) Beryx decadacty lus, Cuv. et Val., HIT, 222; — B dineatus , ib. , 
226, et pl. xx. 

(3) Trachichthys ‘australis, Shaw., nat. misc., n° 578; et Gen. 
zoo. , IV, deuxième part., p. 260. 


152 POISSONS 


Les Vives. ( TRACHINUS. Lin. }) 


Ont la tête comprimée, les yeux rapprochés, la bouche 
oblique , la première dorsale très courte, la deuxième 
très longue, les pectorales très amples, et un fort ai- 
guillon à ? opercule. 

Elles se tiennent le plus souvent cachées dans le 
sable; on redoute beaucoup la piqüre des aiguillons de 
leur première dorsale ; leur chair est agréable. 

Nos mers en nourissent plusieurs espèces. 


La plus commune sur nos côtes de l'Océan ( Trachinus 
draco, Lin.), Salv., 72, ou Tr. lineatus, Bl. Schn. , pl. x, 
etPenn.,Brit.zool., Ill, xx1x, (souslenom de grande vive.} 
gris est roussâtre, avec des taches noirâtres, des traits 
bleus et des teintes jaunés, et a trente raÿons à la deuxième 
dorsale , et des stries obliques sur les flancs. 

Nous en avons une espèce plus petite , le Boïderoc de la 
Manche (Trachinus vipera , Nob.) ; Otter pike des Anglais, 
Penn., 8, Bl., 61 (sous le nom de Vive commune) 
plus pâle, à flancs lisses, à vivgt-quatre rayons à la 
deuxième dorsale. Elle est encore plus redoutée que la 
commune, parce qu’étant plus petite, on est plus souvent 
exposé à en être piqué: 

La Méditerranée a de plus 


La grande Vive à taches noires. ( Trach. araneus. Riss. ) 
Salvian. 91. copié pat Willughb. pl. S. 10. fig. 2. 


Plus haute , à vingt-huit rayons à la deuxième dorsale; 
six ou huit pote noires le long du flanc. Et 


La Vive à téte rayonnée. (Trach. radiatus. Nob.)Cuv. ct 
Val. HE. Lxxn. 


À vingt-cinq rayons à la deuxième dorsale; la tête gre- 
- nue et âpre ; de grands anneaux noirs alternent avec des 
taches pleines sur les flancs. 
Nous ne connaissons pas de vives des mers éloi- 
guées. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 155 
Les Percis. ( Percis. BI. Schn.) 


Représentent à quelques égards les Vives, dans les 
mers des pays chauds : leur principale différence est 
d’avoir la tête déprimée, et des dents en crochets sui 
le devant de leurs mâchoireset du vomer; mais elles en 
manquent aux palatins. Leur première petite dorsale 
s’unit un peu plus à la longué qui la suit (1). 


Les Prnqurres. Nob. 


Ont des formes plus lourdes que les Percis, des dents 
fortes et coniques , des lèvres charnueset des dents aux 
palatins. Leurs ventralés sont épaisses. 

On n’en connaît qu’un du Brésil ( Ping. Brasilianus, 

Cuv. et Val. , I, zxxiv hs 


Les Percopmis. Nob. , 


Ont au contraire le corps très alongé ; une partie de 
leurs dents sont longues et très pointues. La pointe de 
leur mâchoire inférieure saiïlle en avant. 

On n’en convaît qu’un, aussi du Brésil ( Percoph. Bra- 
silianus, Nob.; Perc. Fabre, Quoy et Gaym., Voyage de 
Freycin., zool, , Lin, 1,2). 

L Le 

Un des genres les plus remarquables des percoïdes ju- 

gulaires est celui des 


UraAnoscoPes. ( UrANOScOPUs. Lin. } 


Ainsi nommé parce que sa tête, de forme presque 


(1) Percis maculata, B1.; Schn., pl. 38 : — P. Semi-fasciata, Cuv. et 
Val., IT, xxui; — P. cylindrica, ou Sciæna cylindrica, Bl., 299, 1, 
qui est auséi le Bodianus sebæ, Bl. Schn., Seb. , I!T, xxvir, 16; — 
P. cancellata, Nob., ou Labre teétracanthe, Lacép., HT, p. 453; et II, 
pl: xim, f. 3, qui est aussi son Bodiun tetracanthe , IV, 302; — P. ocel.. 
lata , Renard, I, vi, 42; — P. colias, n., où Enchelyopus colias; BI., 
Schn., p. 54; et les autres espèces décrites dans notre troisième vel. 


154 POISSONS 
cubique, porte les yeux à sa face supérieure, de ma- 
nière qu'ils regardent le ciel: leur bouche est fendue 
verticalément ; leur préopercule crénelé vers le bas, et : 
ils ont une forté épine à chaque épaule; leurs  ouïes 
n’ont que six rayons. Au dedans de leur ‘bouche, de- 
vant leur langue, est un lambeau long et étroit, qu’ils 
peuvent faire sortir à volonté, et qui, dit-on, lors- 
qu'ils se tiennent cachés dansla vase , leur sert à attirer 
les petits poissons. Une particularité notable de leur 
anatomie , est l'extrême grandeur de leur vésicule du 
fiel déjà bien connue des anciens (1). 
Daus les uns, la première dorsale , petite et épineuse , est 
séparée de la es qui, est molle et longue. 
L” Uranoscope de la Méditerranée. \ Uranoscopus. scaber 
Lin.) BI. YA | 
Est gris-brun, avec des séries irrégulières de taches 


blanchâtres. C’est uñ des:poissons les plus laids ; cepen- 
dant on le mange. 
IL y en‘a de très semblables dans la mer des Indes, et au 
Brésil (2). 
D’autres n’ont qu'une dorsile, où la partie épineuse se 
joint à la molle. Ils sont tous étrangers (3). 


Une troisiene division des percoïdes a les ven- 
trales attachées plus en arrière que les pectorales ; 
; DAS HITILRGEI 
ce sont les PERCOIDES ABDOMINALES. 


Leur premier genre, celui, 
Des POLYNÈMES. { POLyNemus. Lin.) 


Ainsi nommés, parce que plusieurs des rayons infé- 

(1) Arist., hist: An., lib., IE, c. 15. 

(2) Aj. Uranosc. affinis , Ur. marmoratus ; Ür. guttatus, Ur. filibarbis 
Ur. F gr&cum ; espèces nouvelles décrites dans notre troisième vol. 

(3) Uranoscopus lebeck, B1. Schn., p. 47; Ur. monoptery gius, ib., 49, 
Ur. lævis, ib., pl. vin; Uran. inermis , Cuv. ét Val. ; IH, vxxr, Ur 
“cirrhosus ; deux espèces nou. 


ACANTHOPTÉGYGIENS. 155 
rieurs de léurs pecterales, sont libres, et forment 
autant de filaments (1), n’ont pas les ventrales très 
en arrière, et leur bassin est même encore suspendu 
aux os de l'épaule. Ilstiennent aux percoïdes par les dents 
en velours ou en cardes qui garnissent leurs mâchoires, 
leur vomer et leurs palatins ; maïs ils ont le museau 
bombé, et les nageoires verticales écailleuses comme 
beaucoup de sciénoïdes ; leurs deux dorsales sont écar- 
tées ; leur préopercule dentelé, leur bouche très fen- 
due ; il y en à dans toutes les mers des pays chauds. 


Le Pol. à longs filets. ( Pol. paradiseus, et Pol. quinqua- 
rius. Lin.) Seb. IL. xxvn. 2. Edw. 208. Russel. 185. 


Nommé aussi poisson mangue , a cause de sa bélle cou- 
leur jaune, a de chaque côté sept filets, dont les premiers 
da double plus longs que le corps. Cette espèce manque 
de vessie natatoire, tandis que les autres en ont une. C’est 
le plus délicieux des poissons que l’on mange au Ben- 
pale. 

Les autres polynèmes ont les filets plus courts que le 
corps, et le nombre de ces filets est un des caractères de 
leurs espèces. Il y en a de grandes, et toutes passent pour 
de bons mangers (2). 


Dans les genres qui suivent, les ventrales sont 
tout-à-fait en arrière, et le bassin ne tient plus 
aux os de l'épaule. 


Le premier de ces genres avait même long-temps 


(x) Devfpa(filum). 

(2) Polyn. plebeius , où Emoi , Brouss. , Bl., 400;—Pol urônemius, 
Nob. , Russel, 184; — Polyn. ttradactylus, Shaw. , Russel, 183 ; — 
Pol. sextarius, Bl. Schn., pl. 1v; — Pol. enneadactylus, Vahl. ; — 
Pol. decadactylus, PI., 4o1; — Polynemus americanus, Nob. , qui est 
le polyn. nommé mal à propos paradisœus par B1., pl. 402, et dont M. de 
Lacép. a fait, mal à propos aussi, un genre particulier, son Polydé:ty le 
plumier, V, x1v, 3. 


156 POISSONS 
été confondu dans celui des brochets, c’est le genre 
des 

SPHYRÈNES: (SPHYRÆNA. BI. Schn. (1) 


Grands poissons de forme alongée, à deux dorsales 
écartées, à tête oblongue, à laquélle la mâchoire in- 
férieure forme une pointe en avant de la supérieure, 
et dont une partie des dents sont grandes, pointues et 
tranchantes. Leur préopercule n’a point de dentelures, 
ni leur opercule d’épines. Il:y a sept rayons à leurs 
ouïes, et de nombreuses appendices à leur pylore. 

Nous en avons une espèce dars la Méditerranée. 

Le Spet (2). ( Esox sphyræna. Lin. Sphyène spet. Lacep. ) 

BL. 389. 

Qui atteint plus de trois picds de longueur, et est 
brouzé sur le dos, et argenté sous le ventre. Les jeunes 
ont des taches brunes. 

L'Amérique en a uné très voisine (Spk. picuda, BI. 

Schn,);.Parr., xxxy, 5 ,.2 ; Lac., V,1x ,.3. | 

Et une autre qui devient beaucoup plus grande, etque 
l’on redoute presque à l’égal du requin (Sph. barracuda ; 
Nob.; Catesb. ,IL, pl. 1, f. 1). 


Les ParazEeris. Cu. , 


Sont de petits poissons assez semblables aux Sphyrènes; 
mais dont la deuxième dorsale est si petite et si frèle; 
qu'on l’a crue adipeuse (3). 


Les Muzzes. ( MuzLus. Lin. ) 


Tiennent d’assez près aux percoïdes, par plusieurs 
détails de leur extérieur, et de leur anatomie, et pour- 


(1) Zpépeuse dard, trait. 

(2) Espeto : broche en Espagnol, 

(3) IL y en a dans la Méditerannée, deux ou trois petites espèces dés 
couvertes par M. Risso. Voy. sa-deuxième édition, fig. 15 et 16. 


ACANTHOPTÉRYGIENS, : 


157 
raient néanmoins former à eux seuls une famille à part, 
tant ils offrent de particularités remarquables. 

Leurs deux dorsales sont très séparées ; tout leur corps 
et leurs opercules sont couverts d’écailles larges et qui 
tombent facilement; leur préopercule n’a point de 
dentelures ; leur bouche est peu ouverte, faiblement 
armée de dents, et ils se distinguent surtout par deux 
longs barbillons qui leur pendent sous la symphyse de 
la mâchoire inférieure. , 
Ils se divisent en deux sous-genres. 


Les Muzzes proprement dits, vulgairement Rougets-barbets, 


N'ont que trois rayons aux branchies, et manquent d’é- 
pine à l’opercule et de dents à la mâchoire supérieure, mais 
leur vomer a deux larges plaques de petites dents en pavé. 
Ils n’ont point de vessie natatoire. 

Toutes les espèces sont européennes. 


Le Rouget. { Mullus barbatus. Lin.) BI. 348. 2. 


A profil presque vertical , d’un beau rouge vif, est célè- 
bre par son bon geût et par le plaisir que les Romains 
prenaient à contempler les changements de couleur qu’il 
éprouvait en mourant (1). Il est plus connu dans la Médi- 
terranée. 

Le Surmulet. ( Mullus surmuletus. Lin.) BI. b7. 

Plus grand , à profil moins vertical, rayé en longueur 

de jaune ; plus commun dans l'Océan. 


Les Urexeus. Nob. 


Ontdes dents aux deux mâchoireseten manquent souvent 
au palais; leur opercule a une petite épine;il y a quatre 
rayons à leurs branchies, et ils possèdent une vessie nata. 
toire. Toutesleurs espèces sont des mers des pays chauds. (2) 


(1) Senec., quest. nat., III, c. 18. 

(2) Mullus vitatus, Gm., Lacép. HE, x1iv, 13 Russel, II, 158 ; — 
M. Russel, N., Russel, II, 157; — M. bifasciatus, Lacép., III, 
X1V, 2; — M. trifasciatus , id., IX, xv, 1, ou #7. mullibande, Quoy el 
Gaym. Voyage de Freyc., pl. 59, f. 1 ; et plnsieurs autres espèces dé- 
crites dans le troisième vol. de notre histoire des poissons. 


158 POISSONS 


La deuxième famille des ACaNTOPTÉ RYGIENS, celle 
Des JOUES CUIRASSÉES. 


Contient une nombreuse suite de poissons aux- 
quels l'aspect singulier de leur tête , diversement 
hérisséeetcuirassée , donne une physionomie propre 
qui les a toujours fait classer dans des genres spé- 
ciaux, bien qu'ils aient de grands rapports avec les 
perches. Leur caractère commun est d’avoir les 
sous-crbitaires plus ou moins étendus sur la joue, 
et s’articulant en arrière avec le préopercule. L’u- 
ranoscope seul, dans la famille précédente, a quel- 
que chose d’approchant ; mais son sous - orbitaire, 
bien que très large, s’attache en arrière aux os de 
Jlaitempe, et non pas au préopercule. 

Linnæus en faisait trois genres : les Trigles , les 
Cottes, les Scorpènes ; mais on a dû les subdiviser, 
et il faut y joindre une partie de ses Gastérostes. 


Lre Tricces. (TriGLA. Lin. (1) Vulgairement 
Grondins ou Rougets-Grondins. 


Sont ceux où ce caractère est le plus marqué; leur 
énorme sous-orbitaire couvre entièrement la joue, et 
s'articule même par suture immobile avec le préoper- 
cule, qui ne peut se mouvoir qu'avec lui. Les côtés de 
la tête, à peu près verticaux, lui donnent une forme ap- 
prochant du cube or du paraïlélipipède et ses os sont 
tous durs et grenus. Le dos porte deux nageoires dis- 
tinctes , et il y a sous la pectorale des rayons libres au 


PTS d A. 
(1) TeryAn était le nom grec du mulle; Artedi avait réuni ces deux 
genres, et depuis qu’on les a séparés on a laissé cenom aux grondins, 


ACANTHOLTÉRYCGIENS. 159 
nombre de trois. Iis ont environ douze cœcums et une 
vessie aérienne large et bilobée. Plusieurs espèces font 
entendre quand on les prend des sons qui leur ont valu 
leur nom vulgaire de Grondins. 


Les Trieres proprement dits. (Tricca. Cuv.) 


Ont des dents en velours aux mâchoires et au-devant du 
vomer ; leurs pectorales, quoique grandes, ne le sont 
point assez pour les élever au-dessus de l’eau. Nous en avons 
de nombreuses espèces dans nos mers. 


Le Rouget commun. ( Trigla pini. B\. 355. Trigl. cuculus. 
Lin. 2) 


A le long de chaque côté du corps, de nombreuses li- 
gnes verticales et parallèles , qui coupent la ligne latérale, 
et sont formées par des replis de la peau, dans chacun 
desquels est une lame cartilagineuse. Son museau est 
oblique ; c’est un poisson de bon goût, d’une belle cou- 
leur rouge. 

Le Rouget camard. (Tr. lineata. Lin. et Tr. adriatica. 
Gm.) BI. 35. Rond. 995. Martens. Voyage à Venise. IL. pl. n« 


À le museau bien plus vertical et les pectorales plus 
longues ; et les lignes dé ses flancs entourent le corps 
entier comme des anneaux. Il s’apporte sur nos marchés 
avec ie précédent (1) 


Le Perlon. (Tr. hirundo. L.) BI. Go (2). 


Sans sillons ni épines sur les côtés; le dos brunâtre, 
quelquefois rougeître; les pectorales du quart de la lon- 
gueur , noires, bordées de bleu du côté interne. C’est la 
plus grande espèce de nos côtes; il y en a de deux pieds 
et plus. On en fait des salaisons. 

* On en trouve aux ludes des espèces voisines (3). 


La Zyre. (Tr. lyra. L.) BI. 350. Rond. 298. 


À museau divisé en deux lobes dentelés ; une forte épine 


(1) Le peuple le croit mal à propos la femelle du rouget commun. 

(2) C’est le Tr, cuculus de Brünnich. 

(3) Elles sont nouvelles; nous les décrivons dans le quatrième vol. de 
notre ichtyologie, 


[ 
| 


160 POISSONS 
à l’opercule, au sur-scapulaire et Da à l’huméral ; des 
épines le long des dorsales, la ligne latérale lisse, les pec- 
torales du tiers de la longueur ; beau poisson, d’un rouge 
vif en dessus ,-blanc d’argent en dessous. 
Le Gronau, Gurnard,ou Grondin proprementdit.(7r. gur- 
nardus. Lin.) Bi. 58. 

Une épine pointue à l’opercule et à l’épaule; des écailles 
un peu carénées à la ligne latérale. Il est d'ordinaire gris- 
brun dessus, tacheté de blanc, et blanc dessous ; maisil 
y ena aussi de rougeâtres et de rouges. C’est l’espèce la 
plus abondante dans nos marchés. 

Il venaure espèce voisine, 


Le Grondin rouge. ( Tr. cuculus. Bi. 59.) (1). 
Constamment rouge, avec une tache noire à la première 
dorsale. k 
La Morrude. (Tr. lucerna. Brünn.) Rondel. 287 (2). 


A la ligne latérale garnie d’écailles plus hautes que 
larges , et la deuxième épine dorsale prolongée en filet. 
La Cavillone.( Tr. aspera. Viviani. ) Rondel. 296. 


À museau court, à écailles âpres, à tête veloutée; des 
crêtes aiguës le long des dorsales ; la tempe échancrée. 

Ces deux dernières espèces sont petites et propres à la 
Méditerranée (3). 


M. de Lacépède a séparé trois genres de celui destrigles: 
Les PRIONOTES. 


Poissons d'Amérique semblables à notre perlon , à pec- 
torales cependant plus longues, et qui peuvent même les 


(x) C’est ici le Tr. hirundo de Brünnich ; mais ce n’est ni le cuculus ni 
l’Airundo de Lin. 

(2) Ce n’est pas le 77. lucerna de Lin., mais son Tr, obscura , décrit 
Mus. Ad. Fréd., deuxième part., et oublié ensuite. Le 77. lucerna L. est 
une espèce factice. ; 

(3) Aj: les espèces voisines de la cavillone : Tr. papilio, Nob. ; — 
Tr. phalæna; — Tr. sphinx, décrites dans notre quatrième volume. 

\ 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 161 


soutenir dans l’air; mais dont le caractère précis con- 
siste à avoir une bande de dents en velours sur chaque 


palaiin (1). 
Les MALARMAT. (PERISTEDION. Lacép. ) 


Ont été séparés des trigles avec encore plus de raison. 
Tout leur corps est cuirassé de grandes écailles hexa- 
gones, qui y forment des arrètes ae Na ; le mu- 
seau est divisé en deux pointes, et porte en-dessous 
des barbillons branchus; enfin leur bouche n’a aucune 
dent. 

On n’en connaît bien qu’une espèce de la Méditerranée 

(Trigla cataphracta , L.), Rondel. 299, rouge , longue 

d’un pied (2). 


Le mieux motivé de ces démembrements est celui 
Des DACTYLOPTÈRES Lacép. 


Si célèbres sous le nom de poissons volants; les rayons 
d’au-dessous de leurs pectorales sont beaucoup plus nom- 
breux et plus longs, et au lieu d’être libres comme dans 
tous les précéden ts, 1is sont unis par une membrane en 
une nageoire surnuméraire plus longue que le poisson, 
et qui le soutient en l'air assez long-temps. Aussi les 
voit-on voler au-dessus des eaux pour échapper aux 
bonites et aux autres poissons voraces, mais ils y re- 
tombentau bout de quelques secondes. 

Leur museau très court à l’air d’être fendu en bec de 
lièvre; leur bouche est située en dessous; il n’y a à 
leurs machoires que des dents arrondies en petits pavés; 
leur casque est aplati, rectangulaire , grenu ; leur préo- 


(1) Tr. punctata, BI., 352 et 354; — Tr. strigata, Nob., evolans, 
Lin., ou Zneata Mitchill., Trans. de New-Y., E, pl. 1v, f. 4; —Tr. ca- 
rolina , Lin., ou palmipes, Mitch., 1. cit.; — Tr. tribulus , Nob. 

(2) La fig. de Bloch , 349, est fautive et multiplie trop les rayons de la 
seconde dorsale. Il y en a aux Iudes plusieurs autres espèces. 


TOME II. 11 


1062 à POISSONS 


percule se termine en une longue et forte épine qui est 

une arme puissante. Toules leurs écailles sont carénées. 

L'espèce de la Méditerranée ( Trigla volitans, Lin.), 

BI. 351 , est longue d’un pied, brune en dessus, rougeâtre 

en dessous, et a les nageoires noires diversement tachetées 
de bleu. 


Il y en a une espèce voisine dans la mer des Indes 
(Dactyl. orientalis, Nab.), Russel. , 161. 


Les CÉPHALACANTHES. Lacép. 


Ont presque la même forme et particulièrement ja 
même tête que les dactyloptères, dont ils différent par 
l'absence totale des nageoires surnuméraires ou des 
ailes. 

On n’en connaît qu’un très petit de la Guiane (1) ; 

(Gasterosteus spinarella , Lin.} Mus. Ad. Fred., pl. xxx, 


fig. 5. L 
Les Caasots ( Corrus Lin.) 


Oni la tête large déprimée, cuirassée et diversement 
armée d’épines ou de tubercules; deux nageoires dor- 
sales ; des dents au-devant du vomer, mais non aux pa- 
latins, six rayons aux branchies, et trois ou quatre seu- 
lement aux ventrales. Les rayons inférieurs de leur 
pectorale, comme dans les vives ne sont point bran- 
chus; leurs appendices cécales sont peu nombreuses, et 
ils manquent de vessie natatoire. 

Les espèces d’eau douce ont la tête presque lisse, et seu- 
lement une épine au préopercule. Leur première dorsale 
est très basse. La plus connue est 

Le Chabot de rivière. (Cottus gobio. Lin.) BI. 39. x. 2. 


Petit poisson de quatre ou cinq pouces, noirâtre. 
Les espèces marines sont plus épineuses ; quand on les 
irrite , elles renflent encore leur tête. 


(x) Et non pas des Indes , comme on l’a toujours dit, 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 165 


Nos côtes en ont deux nommées Chaboisseaux , Scor- 
pions de mer, elc. 

L'une ( Cottus scorpius , L.), B1., 4o , a tiois épines au 
préopercule; l’autre, C. bubulis, Euphrasen., Nouv. Mém. 
de Stockh., VI, 95, y a quatre épines, dont la première 
très longue. 

La mer Baltique en a une troisième espèce distinguée par 
quatre tubérosités osseuses et cariées sur lecräne ( C. qua- 
dricornis, Bl., 108). 

Il y eu a de bien plus grandes en Amérique , et dans le 
nord de la mer Pacifique (1). 

Cette dernière mer produit aussi une espèce petite, mais 
que $es formes singulières doivent faire remarquer : c’est 
Le Chaboisseau à cornes de cerfs. ( Coitus diceraus. Pall. ) 

Synanceia cervus. Tilesius , Mém. de l’Ac. de Pétersb., 

IL. 1611. p. 275. 

Où la première épine du préopercule, presque aussi 
longue que la tête, a à son bord interne six ou huit pi- 
quants recourbés vers sa base (2). 


On a séparé avec raison des Corres, 


Les Aspipopaores. Lacép. (Aconus. BI. Sch. PHaranGisra. 
Pall. ) 


Qui ont le corps cuirassé par des plaques anguleuses , 
comme les malarmats , et dont la bouche n’a point de dents 
au vomer. 


Nos côtes de l’Océan en possèdent un (Cott. cataphrac- 
tus , Lin.), Bl., petit poisson de quelques pouces, qui a la 
bouche ouverte en dessous, ettoutela membrane des ouies 
garnie de petits filaments charnus. 

Le nord de la mer Pacifique en produit plusieurs autres, 
parmi lesquel il s’en trouve qui ont, comme l'espèce 


(x) €. virginianus, Will. , x, 15, ou octodecim spinosus, Mitchill., 
Trans. New-York, 1v, p. 380; — C. polyacanthocephalus, Pall., Zoog.; 
Ross., etc. 

(2) Aj. €. pistilliger, Pall., Zoog., Ross., III, 143. 

IV. B. Le Cottus anostomus, Pall., Zool., Ross., III, 128, n’est que 


l'uranoscope. 


ÉE” 


164 POISSONS | 

d'Europe, la bouche en dessous, et la membrane des 
ouies villeuse (1). 

D’autres ont la mâchoire inférieure plus avancée , et 
leur membrane branchiostège est lisse (2). 

D'autres encore ont les mâchoires égales et les deux 
dorsales écartées (3). * 

Enfin, il y en a une des Indes qui ne porte qu’une 
seule dorsale. M. de Lacépède en a fait son genre Asprpo- 
PHOROÏDE (4). | 


On a reconuu dans ces derniers temps, quelques 
autres groupes qui tiennent en parte des cottes, 
en partie des scorpènes. 


Les HémitTripTÈRES (HemirRIPTERUS. Nob.) 


Ont la tête dépriméeet deux dorsales comme lescottes; 
et leur peau n’a point d’écailles régulières, mais il y a 
des denis à leurs palatins. Leur Lête est hérissée et épi- 
neuse, garnie de plusieurs lambeaux cutanés. Leur pre- 
mière dorsale est profondément échancrée, ce qui a fait 
croire qu'il y en avait trois. 

On n’en connaît qu’un du nord de l'Amérique ( Cottus 
tripterygius, Bi. Schn.) (5) qui se prend avec les morues. 


Long d’un et de deux pieds, de teintes jaunes et 
rouges , variées de brun. 


(1) Phalangistes acipenserinus , Pall., ou Ag. acip., Tiles. 

(2) Phal. loricatus, Pall., ou Ægonus dodecaedrus , Tiles.; — Phal. 
fusiformis, Pall., ou Ag. rostratus Tiles. ; — Ag. lœævigatus, Tiles., ou 
syngnathus segaliensis , id. Mém. des nat. de Moscou, II, x1v. 

(3) Cottus japonicus , Pall., Spic. Zool., VIT, v, ou Æg. stegophthal- 
mus , Til., Mém. de Pétersb., IV, xu; et Voyage de Krusenstern, pl. 87; 
— Ag. decagonus, B., Schn., pl. xxvur. 

(4) Cottus monoptery gius, BL, 198, 1et 2. 

(5) C’est aussi le Cottus acadianus, Penn., Aut. z0ol., IE, 371; le 
Cottus hispidus , B., Schn., 63; le scorpœna flava, Mitchill., Trans. 
New-Y., IL, 11, 8; et peut-être le Scorpæna ameriçana, Gmel., Dubha- 
mel , sect. V, pl. n1, f. 5; mais cette figure serait bien mauvaise. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 165 
Les HémiLéPipoTEs (HemiLepiporTus. Nob.) 


Ont aussi à peu près une tête de cotte, mais leur dor- 

sale est unique ; leurs palatins ont des dents, et il y a 

, sur leur corps des bandes longitudinales d'écailles, sé- 

.. paréesspar d’autres bandes nues. Un épiderme épais ne 
laisse voir ces écailles que lorsque la peau se dessèche. 
On n’en connaît que du nord de la mer Pacifique (r). 


Les PLATYCÉPHALES ( PLATyCEPHALUS. BI.) 


Ont été détachés des cottes par des motifs encore plus 
pressants. Leurs ventrales sont grandes, à six rayons, et pla- 
cées en arrière des pectorales; leur tête est très déprimée, 

‘ tranchante par les bords , armée dequelquesépines, mais 
non tuberculeuse; ilsontseptrayonsaux branchies, et sont 
couverts d’écailles ; leurs palatins portent une rangée de 
dents aiguës,etc. Cesont des poissons de la merdesIndes, 
quisetiennentenfouisdanslesable pourguetter leur proie. 

Une deleurs espèces a été nommée par cette raison l’Zn- 
sidiateur ( Cottus insidiator, Linu.)(2). 


LEs SCORPÈNES ( SCORPÆNA. Lin. } 


Ont, comme les cottes, la tête cuirassée et hérissée ; 
mais cette tête est comprimée par les côtés. Leur corps 
est revêtu d’écailles. Il y a sept rayons à leurs ouies, et 
leur dos ne porte qu'une seule nageoire. Sauf la manière 


(1) Cottus hemilepidotus, Tilesius, Mém. de l’Ac. de Pétersb., Ii, 
» pl. x, £ r et 2, qui est probablement aussi le Cottus trachurus, Pall., 
Zoopr. Ross., III, 138. À 
(2) C’est aussi le Cottus spatula, Bl., 424, le Cotte madegasse, Lacép., 
IT, 11, 12 ;le Callionymus indicus, L., Russel , 46, ou calliomore indien , 
Lacép.; —A)j. Platyc. endrachtensis, Qxoy et Gaym., Voyage de Freyc., 
p. 353 ;—Cott. scaber, Lin., BI. 189, Russel, 47; —les deux espèces ou 
variétés de Krusenstern , pl. 59; — le Sandkruyper de Renard , deuxième 
part., pl. 0 ,f. 210 , et une dixaine d’espèces nouvelles que nous décri- 
rons dans le quatrième vol. de notre ichtyologie ; mais le Plat, undeci- 
malis, B1., Schn., est un centropome ; son PL. saxatils, un cychla ; son 
PI. dormitator , un eleotris. 
N. B. Le genre Celtranodon de Lacép., n'a pour base que le prétendu 
Silurus imberbis de Houttuyn , lequel n’est qu'un plat céphale. 


166 POISSONS 


dont leur joue est armée, et les tubercules qui leur don- 
nentsouvent une figure bizarre, ellesse rapprochent beau- 
coup de certaines percoïdes, telles que les grémilles et 
les centropristes ; mais comme dans les cottes les rayons 
inférieurs de leurs pectorales quoique articulés sont 
simples etnon branchus. 


Les ScorPènes propres ou Rascasses. (Scorpæwa. Nob. ) 


Ont la tête épineuse et tuberculeuse, dénuée d’écailles ; 
des dents en velours aux palatins comme aux mâchoires ; des 
lambeaux cutanés épars sur différentes parties du corps. 

Nous en avons deux espèces : 

La grande Scorpène. (Sc. scropha. Lin.) BI. 182, et mieux 

Duham. sect. v. pl. 1v. 


Plus rouge ; à écailles plus’ larges, à lambeaux cutanés 
plus nom breux ; 
La petite Scorpène. (Sc. porcus. Lin.)Bl. 181. et Duham. 

sect. v. pl. 111. x. 2. | 

Plus brune; à écailles plus petites , plus nombreuses. 
Elles vivent en troupes dans les endroits rocailleux ; leurs 
piquants passent pour faire des blessures dangereuses (1). 
Les TænianoTes son1 des scorpènes à corps très comprimé, 

et dont la dorsale très haute s’unit à la caudale. 


Les Srpasres. (SÉéeasrtes. Nob. ) 


Ont tous les caractères des scorpènes, si ce n’est qu’elles 
manquent de lambeaux cutanés, et que leur tête moins hé- 
rissée , est écailleuse. 

Il y en a une grande espèce dans la mer du Nord , nom- 
mée Marulke, et en quelques endroits carpe ( Sebastes 
norvegicus, Nob., Perca marina, Pennt., Perca norvegica, 
Müll.), Bonnat., Encycl. Méth., pl. d’ichtyol., fig. 210. 
Elle est rouge, et passe souvent deux pieds. On la sèche 
pour en faire des provisions. Ses épines dorsales servent 
d’aiguilles aux esquimaux. 


(x) Aj. Sc. diabolus, Nob., Duham., sect. V, pl. an, £ 1; — Se. 
bufo,N.; Parr., xvin, 1, C3 — Sc. cirrhosa ou Perca cirrhosa, Thunb, , 
Nouv. Mém. de Stokh., XIV , 1793 , pl. van, f 2 à Scorp. papillosa , 
Forst., Bl. Schn., 196;—$c. plumier, Lacép., I, x1x, 3; —$c. venosa, N., 
Russ., 56, et plusicurs espèces nouvelles décrites dans notre quatrième vol. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 167 

La Méditerranée en a une très semblable , mais dont les 

rayons dorsaux sont moins nombreux {Sebastes imperia- 

lis, Nob., Scorpæna dacty loptera , Laroche , Annales Mus., 

XI, pl. xxu, f. 9). Son palais est noir; elle manque de 

vessie natatoire, quoique l'espèce précédente en aitune(1). 
Les PrÉRois. Cuv. 


Ont les caractères des scorpènes proprement dites, 
si ce n’est qu’elles manquent de dents aux palatins, et 
que leurs rayons dorsaux et pectoraux sont excessive- 
ment alongés. 

Ce sont des poissons des Indes, non moins remarquables 
par cette singulière prolongation, que par la jolie disposi- 
tion de leurs couleurs (2). 


Les Bzepsras. 


Ont la tête comprimée, la joue cuirassée , des bar- 
billons charnus sous la mâchoire inférieure, cinq rayons 
aux ouies, de très petites ventrales , et une dorsale très 
haute , divisée en trois par des échancrures. 

On n’en connaît qu’un des îles Alentiennes (3). 


LES APisTEs. 


Ont les dents aux palatins, et la dorsale indivise des 
scorpènes; mais les rayons de leurs pectorales peu nom- 
breux, sont tous branchus. Leur caractère particulier 
consiste dans une forte épine au sous-orbitaire, qui en 
s’écartant de la joue , devient une arme perfide (4). 


(1) Le prétendu Scorpæna malabarica, BI. Schn., 190, est une sébaste, 
la même que celle de la Méditerrannée. — Aj. Scorp. capensis, Gmel. ; 
— Holoc. albofusciatus , Lacép., IV; 352 ; — Perca variabilis, Pall., où 
ÆEpinephelus ciliatus, Tiles., Mém. de l’Ac. de P'étersb., IV, 1811, pl. xvi, 
f. 1-G. . 

(2) Scorpœna volitans, Gmel., BL., 184 ; — Sc. antennata, B1., 185; 
— Se. Kænigü, id., nouv. Mém. de Stokh., X, vi, et plusieurs espèces 
nouvelles décrites dans notre quatrième vol. 

(3) Blennius villosus , Steller, ou Trachinus cirrhosus, Pall., Zoogr., 
Poss., HIT, 237, no 152. Blepsias est un nom Jaissé par les anciens , sans 
désignation’ caractéristique 

7 (4) 'ATIS06, perfidus. 


168 POISSONS 


Ce sont des poissons de petite taille. 

Une première subdivision à le corps écailleux, et parmi 
elles , il en estqui ont un rayon libre sous une grande pecto- 
rale (1). 

D’autres ont des pectorales ordinaires, sansrayonslibres(2). 

Une autre subdivision à le corps nu; et il y en a aussi à 
rayons libres soûs la pectorale (3), et sans de tels rayons (4). 


LEs AGRIOPES. 


Manquent de l’aiguillon sous-orbitaire, mais ont la 
dorsale encore plus haute que les apistes et avançant 
jusqu’entre les yeux. Leur nuque est haute, leurs mu- 
seau rétréci, leur bouche petite et peu dentée, leur corps 


sans écailles (5). 
LEs PELORS. 


Avec la dorsale indivise et les dents aux palatins des 
scopènes ; ont le corps sans écailles, deux rayons libres, 
sous la pectorale, la tête écrasée en avant, les yeux 
rapprochés, les épines dorsales très hautes et presque 
libres ; ils n’ont pas l’aiguiilon sous-orbitaire des apistes ; 
leurs formes bizarres, leur aspect monstrueux suffraient 
pour les distinguer de tous les autres poissons. Ils vien- 
nent de la mer des Indes (6). 


(1) Ap. alatus , Nob., Russel, 160 B.; — Scorp. carinata, BL., Schn. 
(2) Cottus australis, 3. White, New. South., IV, 266; — Ap. 1æ- 
nianotus , Nob., Lacép., IV, 1,2. Figure qui porte pour titre : Tænia- 
note large raie; maïs qui n’a rien de commun avec le 7”. large raie du 
texte, IV, 303 et 304 , qui est un malacanthe , et le même qui est repré- 
senté, III, xxvur, 2 ; sous le nom de Zabre large raie; —Perca cottoïdes, 

Lin., Mus. Ad Fred. II, p. 84. 

(3) Ap. minous, Nob., Rusrel, 159; — Sc. monodactyle , B., Schn. 

(4) Les espèces sont nouvelles et décrites ainsi que Len ds sab- 
divisions précédentes, dans notre quatrième vol. 

(5) C’est le Blennius torvus de Gronov. Act. hel. VIT, pl. im, copié 
Walb. II, pl2,f. 1, ou Coryphæn# torva , Bl. Schn, et des espèces 
poufelles. 

(6) Pel. obscurum, Nob., ou Scorpæna didactyla, Pall., Spic. 
Zoo!l, VIT, xxv1, 1V; Seb., 11, xxvin, 3, ou trigla rubicunda, ne 
stedt., Mém. de Stockh.. rx, 1; et quelques espèces nouvelles que nous 


décrirons dans notre quatrième vol. 


ACANTHOPTÉRYGIENS, 169 
Les SyNANCÉES. ( SyNAnCErA. El. Schn.) 


N'’ont pas des formes moins hideuses que les pelors; leur 
tête est rude, tuberculeuse, non comprimée; souvent en- 
veloppée d’une peau lâche et fongueuse; leurs rayons pec- 
torauxsont tousbranchus; leurs dorsales indivises, etil n’y 
a aucunes dents ni à leurvomer , ni à leuys palatins; leur 
affreuse laideur les a fait regarder comme venimeuses , par 
les pêcheurs de la mer des Indes , qui est leur séjour (1). 


Les LEPISACANTUES.  Lacép. (MonocEnTRis. BI. Schn.) 


Forment un genre singulier, à corps court et gros, 
entièrement cuirassé d'énormes écailles anguleuses, 
pres et carénées, où quatre ou cinq grosses épines libres 
remplacent la première dorsale, et où les ventrales sont 
composées chacune d'une énorme épine, dans l’argle de 
laquelle se cachent quelques rayons mous, presque im- 
perceptibles ; leur tête est grosse, cuirassée ; leur front 
bombé; leur bouche assez grande; leurs mâchoires et 
leurs palatins ont des dents en velours ras, et leur 
vomer en manque. Il y a huit rayons à leurs branchies. 

On n’en connaît qu’une espèce des mers du Japon, 
Le Lépisacanthe Japonais. Lacép. ( Monocentris Japonica. 
B!. Schn. pi. 24. ) 
Long de six pouces, d’un blanc argenté (2). 


Les ÉPrnocues (GasrerosTeus. N.) (3). 


Ont aussi la joue cuirassée , quoique leur tête ne soit 


(1) Scorpæna horrida, Lin., Lacép., IT, xvir, 2; el moins bien, BI., 
83; —la Sc. brachion, Lacép., III, x11, 1, ou $ynanceia verrucosa, 
BL., Schn., pl. 45: — Syn. bicapillata, Tacép., I, xt, 3. 

(2) Gasterosteus japonieus , Houtt., Mém. de Harl., XX , deuxième 
part,, 209, ou Sciæna japonica , Thub., Nouv. Mém. de Siockh., XI, 
ur, copié, BL. Schn., pl.24. 

(3) W B. Ce nom, qui signifie ventre osseux , ne convient qu'aux épi- 
noches telles que nous les définissons , et non pas à plusieurs poissons de 
la famille des scombres, que Linnæus y avait réunis, parce que leurs épines 
dorsales sont libres , mais que nous renvoyons à nos Lacues. 


1 70 POISSONS 
ni tuberculeuse niépineuse, comme dans les genres pré- 
cédents. Leur caractère particulier est que leurs épines 
dorsales sont libres, et ne forment point une nageoire, 
et que leur bassin se réunissant à des os buméraux plus 
larges qu’à l'ordinaire, garnit leur ventre d’une sorte 
de cuirasse osseuse. Leurs ventrales, placées plus en ar- 
rière que les pectorales, seréduisent à peu près à une 
seule épine; il n’y a que trois rayons à leurs ouies. 
Nous en avons quelques-unes très nombreuses dans nos 
caux douces. 

On en confond, sous le nom de Grande épinoche 
( Gasterosteus aculeatus, Lin.), deux espèces, qui ont 
trois épines libres sur le dos, mais dont l’une ( G. tra- 
churus, Nob. , BI. ,pl.53,f. 3), atout le côté, jus- 
qu’au bout de la queue, garni de plaques écailleuses. 
L'autre ( G. gymnurus, Nob., Willughb., 341), n’a de ces 
plaques que dans la région pectorale. L’une ou l’autre 
paraît quelquefois en quantité si prodigieuse dans cer- 
taines eaux de l’Angleterre et du Nord , qu’on l’y emploie 
à fumer les terres, à nourrir les cochons, à faire de 
l’huile (r). 

L’Epinochette. (G. pungitius. Lin.) BI. 53. 4. 

Est notre plus petit poisson d’eau douce. Elle a sur le 
dos neuf épines toutes fort courtes ; les côtés de sa queue 
ont des écailles carénées ; mais il y a encore dans nos eaux 
une espèce tres voisine (G. lœævis, N.), qui manque de 
cette armure. 

On pourrait faire un sous-genre à part 

Du Gastré. (Gast. spinochia. Lin.) BI. 53. 1. 


Épinoche de mer, de forme grêle et alongée, qui 
a quinze épines courtes sur le dos, et toute la ligne 


(1) Espèces voisines ou épinoches à trois épines. G. argyropomus , N.; 
— G: brachycentrus , N. ; — G. tetracanthus , N., trois espèces d’Tialie ; 
— G. noveboracensis, N.;—G. niger, N., ou biaculeatus, Michill., Trans. 
de New-Y.,f, 1, 10; — G. quadracus , id., ib.,f. 11; — G. cataphrac- 
tus, Tiles., Mém. de l'Ac. de Pétersb., FE, var, 1. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 171 


latérale garnie d’écailles carénées. Son bouclier ventral est 
divisé en deux. Ses ventrales ont, outre l’épine, deux très 
petits rayons. 


Nous croyons pouvoir placer à la suite de cette 
h 


famille 
L'OrRéOSOME (OrrosoMA. Cuv.) 


Petit poisson ovale, dont le tronc est hérissé en dessus 
et en dessous, de gros cônes de substance cornée, qui 
Jui font comme des montagnes. Il y en a quatre sur le 
dos et dix sous le ventre, sur deux rangs, avec plusieurs 
petits entre les rangs. 


11 a été rapporté de la mer Atlantique par Péron (1). 


Latroisieme famille des AcaxraoPrér YGrens, celle 
Des SCIÉNOIDES. 


À de grands rapports avec celle des Percoïdes, 
el présente même à peu près toutes les mêmes com- 
binaisons de caractères extérieurs, notamment les 
dentelures du préopercule, et les épines de l’oper- 
cule; mais elle n’a point de dents au vomer ni aux 
palatins ; le plus souvent les os de son crâne et de 
sa face sont caverneux , et forment un museau 
plus ou moins bombé. Il arrive aussi assez souvent 
dans celte famille, que les pageoires verticales 
sont un peu écailleuses. 

Il y a des sciénoïdes à deux dorsales, et à dor- 
sale unique; parmi les premières, .on comple 
d’abord le genre des 


SCIÈNES (SCIÆNA.) 


Qui a pour caractères communs, une tête bombée, 


(1) On'en trouve la fig., et la descr. détaillée dans le quatrième vol. 
de rotre Ichtyologie. Oreosoma, corps montagneux 


172 POISSONS 


soutenue par des os caverneux, deux dorsalesou une dor- 
sale profondément échancrée, et dont la partie molle 
est beaucoup plus longue que l’épineuse; une anale 
courte, un préopercule dentelé ; un opercule terminé 
par des pointes; sept rayons aux branchies. Ces poissons 
ressembleraient assez à des perches, s'ils ne manquaient 
de dents au palais. Leur tête entière est écailleuse; leur 
vessie natatoire a souvent des appendices remarquables, 
et les pirres de leur oreille sont plus grosses que dans 
la plupart des poissons (1). 


Nous divisons ce genre comme il suit : 
Les Maicres ou Scènes propres. (ScræÆna. Nob.) 


N’ont que de faibles aiguillons à l’anale, et manquent de 
canines et de barbilions. 
Nos mers en produisent un, 


Le Maigre de V'Aunis, Peisrey de Languedoc, Fegaro 
des Génois, Urmbrina des Romains, etc. (Sciæna um- 
bra. Nob. ) 

Qui arrive à une très grande taille, six pieds et plus. 
Sa vessie natatoire est remarquable par des appendices 
branchus, qu’elle a de chaque côté en assez grand nombre. 

C’est un bon poisson, mais devenu assez rare sur nos 
côtes de l'Océan (2). 


Les Orourues. (Orozrraus. Cuv.) 


Ont, comme le maigre «les épines de l’anale faible, et 
manquent de barkillons; mais parmi leurs dents il en est en 


{1) Cette détermination du genre sciène est conforme à ce qu’en avait 
pensé Artedi ; Linnæus et ses successeurs l'ont diversement modifié; mais 
à notre grc peu heureusement. 

(2) Artedi l'ayant confondu avec le Sciæna nigra, ce n’est que dans 
ces derniers temps que son histoire a été de nouveau éclaircie. Voyez 
mon Mémoire sur le maigre, dans les Mém. du Muséum, tome I, p. 1 
— aj. le maigre du Cap, ou labre hololepidote, Lacép., HT, xx1, 2; — 
le maigre brülé, qui est le Perca ocellata, Lin., ou centropome œille, 
Lacép. , le Sciœna imberbis de Mitchill., er le Lutjan triangle, Lacép., IT, 


XXIV , 3. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 175 


crochets alongés , ou de véritables canines. Ce sont des pois- 
sons d'Amérique et des Indes. Leur vessie natatoire a de 
chaque côté une corne qui se dirige en avant (1). 


Les Ancyzonow. 


Sont en quelque sorte desotolithes, à museau très court, à 
canines excessivement longues, et à queue pointue (2). 


Les Cores. ( Corviva. Nob.) 


N’ont ni canines, ni barbillons ; toutes leurs dents sont 
en velours. Il diffèrent d’ailleurs des maigres et des otolithes 
par la grosseur et la force de leur deuxième épine anale. 

Nous ea avons une espèce très abondante dans la Médi- 
terranée : 
Le Corb noir. ( Sciæna nigra. Gin.) BI. 297. 
D'un brun argenté, à ventrales et anale noires (3). 
Les Jonmius. BI. 


Se lient aux corbs par une série à peine interrompue , et 
ont seulement la deuxième épine anale plus faible, et plus 
courte que les rayons mous qui la suivent. 

Ce sont des poissons des Indes, à chair légère et blanche, 
quientrent pour beaucoup dans la nourrituredeshabitants(4). 

1 y en a aussi au Sénégal (5), et en Amérique (6). 

ESS 

(1) Or. ruber, N., ou le Péche pierre de Pondichéry ; Johnius ruber, B]., 
Schn., pl. 179; — Où. versicolor, N., Russel, II, cix; — Or. regalis , 
N., Johnius regalis, B1., Sch., on Labrus squeteague , Mitchill., Trans. 
New-Y.,1, 1,6; — Ot. rhomboïdalis, ou Lutjan de Cayenne, Lacép., 
IV , p. 245; — Où. striatus, Nob., ou guatucupa , Margr., Bras., 177, 
et plusieurs autres qui sont décrits dans notre cinquième vol. 

(2) Lonchurus ancylodon, B1., Schn., pl. xxv. 

* (3) Aj. Corvina miles, N., ou Tella kaichelee, Russel , 1 17; —C. tris- 
pinosa N. ou Bodianus stellifer, BI. 331, 1; — C. oscula , Lesueur, Se, 
pat. Phil. nov. 1822; — Bola cuja, Bachan. poiss. da g., pl xu, f. 27; — 
*C. furcræa, N., Lacép., IV, p. 424; et Bola coitor., Buchan, XXVIL, 
24; — Bodianus argyroleucus, Mitchill., Trans. New-Y., I, vi, 3. 

(4) Les Anglais du Bengale leur ont transporté le nom de merlan : 
(Wbiting.)— John. maculatus, B1., où sarikulla, Russ. 3 193; — J. cata- 
lus, N. Russ., 116. ou Bola chaptis, Buchan., X, 25. C’est le Lutjan 
diacanthe , Lacép., IV, 244; — J. anei, BL, 357; — J. karutta, BI. : 
— J. pama, N., Buchan, xxx, 26. 

(5) J. senegalensis, Nob. , esp. nouv. 

(6) J. humeralis, N., ou Labrus obliquus , Mitchill. , qui paraît aussi 


174 POISSONS 
Les Omprines. (Umsrina. N.) 


Se distinguent des autres sciènes , par un barbillon 
qu’elles portent sous la:symphyse de la mâchoire inférieure, 


Nous en avons dans la Méditerranée une belle espèce 
(Sciæna cirrhosa, L.), Bl., 300, rayée obliquement de 
couleur d’acier, sur un fond doré. C’est un bon et grand 
poisson ; qui vient aussi dans le golfe de Gascogne. Il a 
dix cœcums courtset une grande vessie aérienne munie de 
quelques sinus latéraux arrondis (r). 


Les Loncuures, Bl., paraissent ne diflérer des ombrines que 
par une caudalepointueet deux barbillons à la symphyse (2). 


Les Tamsours. ( Poconias. Lacép. ) 


Ressemblent aux ombrines, mais au lieu d’un seul bar- 
billon sous la mâchoire, ils en ont un assez grand nombre. 
L'Amérique en a un ( Pogonias fascé, Lacép., 1, xvr, 
(2), argenté, avec des bandes verticales brunes dans sa 
jeunesse, qui devient aussi grand que notre maigre, et a 
comme lui des appendices branchus à sa vessie natatoire.(3) 
Ce poisson fait entendre un bruit plus remarquable encore 
que celui des autres sciénoïdes , et que l’on a comparé à 
celui de plusieurs tambours. Ses os pharyngiens sont 
garnis de grosses dents en pavés (4). 


le Perca urdulata, Lin. ; — J. Xanthurus , ou Leiostome queue jaune, 
Lacép., IV, x, 1; — J. saxaüilis, B1., Schn. 

(x) Le Cheilodipière cyanoptère, Lacép., IF, xvi, 3, n’est qu'une 
ombrine grossièrement dessinée. Aj. Omb. Russelii, N., Russel, 118; — 
Sc. nebulosa, Mitchill., II, 5, qui est aussi le Perca alburnus, L., 
Catesb., XII, 2; Kingfisch ou whiting des Anglo - Américains ; — le 
Pogonathe doré, Lacép., V, 122, appartient aussi à ce sous-genre, 

(2) Lonchurus barbatus, BI. 359. 

(3) C’est le Labrus grunniens, Mitch. , II, 3; les Sciæna fusca 
et gigas du même auteur en paraissent des âges plus avancés, et tout an- 
nonce que c’est aussi le Labrus chromis de Linnæus; enfin , le Pogonathe 
courbine, Tacép., V, 121, n’en diffère pas non plus. — Aj. Ombrina 
£'ournieri, Desmar., Dict. class. d’hist. nat. ; ses barbillons sont presque 
imperceptibles. , 

(4) Ils sont représentés par Antoine de Jussieu, Mém. de l'Ac. des 
se., pour 1723, pl. xr. 


ACANTHOPTÉRYGIENS, 1 


SI 
[21 


Le genre des 
CHEVALIERS ( EQuEs. BI.) 


Ne peut être éloigné de ces sciénoïdes à deux dorsales. 
11 se reconnaît à un corps comprimé, alongé, élevé aux 
épaules et finissant en pointe vers la queue; leur 
dents sont en velours; leur première dorsale est élevée, 
la deuxième longue, écailleuse; ils sont tous d’Amé- 
rique. (1) | s 


Les Saénoïines à dorsale unique, se subdivisent 
d’après le nombre de leurs rayons branchiaux. 

Celles qui en ont sept, forment divers genres, 
pârallèles à plusieurs genres des Percoïdes ; leur 
préopercule est toujours dentelé. 


Les GORETTES. ( HæÆmüLON. N.) V’ulgairement 
gueule rouge aux Antilles. 


Ont un profil un peu alongé, auquel on a trouvé 
quelque rapport avec celui d’un cochon, la mâchoire 
inférieure comprimée et s’ouvrant fortement , ayant sous 
sa symphyse deux pores et une petite fossette ovale. 
Leurs dents sont en velours. Les parties de leur mû- 
choire inférieure, qui rentrent quand la bouche se ferme 
sont généralement d’un rouge vif, ce qui leur a valu 
leur nom (2). Leur dorsale est un peu échancrée; sa 
partie molle est écailleuse; ils viennent tous d’A- 
mérique (3). 


(x) Eques balteatus, N., ou Eq. americanus , B1., 347, 1, ou Chæto- 
don lanceolatus, Lin., Edw. , 210; — Eq. punctatus, BI. Schn., IL, 2; 
— Eq. acuminatus, N., Grammistes accuminatus, BL. Schn., Seb. , IN, 
xxvu, 33. 

(2) D’ ue, sang, et d’ ÊAey, gencive. 

(3) Hæœm. elegans, N.,ou ÆAnthias formosus, Bl., 323; — Hæm. 
formosum, N., ou Perca formosa, Lin., qui n’est pas le même que le 
précédent, Catesb., IE, vi, 1 ; mais c’est le Labre plumiérien, Lacép., EF, 


176 POISSONS 


L 


è « : 
Les PRisTIPOMEs. ( PriSsTIPOMA. NN.) 


Ont le même préopercule, les mêmes pores squs la 
symphyse que les HÆMULONS ; mais leur museau est 
plus bombé, leur bouche moins fendue, leur dorsale 
et leur anale n’ont point d’écailles. Leur opercule finit 
en angle mousse caché dans son bord membraneux. 

C’est un genre très nombreux, dont les espèces sont 
répandues danses parties chaudes des deux Océans (1). 


Les Dracrammes. ( DracraMMA. NN.) 


Manquent de la fossette sous la symphyse, mais y 
ont les deux petits pores antérieurs, et en outre deux 
pores plus gros sous chaque branche. Du reste, leurs 
mâchoires , leurs opercules , leurs nageoires , sont 
comme dans les Pristipomes. 


El y en a dans les deux océans ; ceux de l’Atlantique ont 
les écailles plus grandes (2). 


u, 2; et le Guaibi coara de Margr., p. 163, dont la figure est transposée 
et placée à l’article du capeuna, p. 155; — Hoœm. heterodon ox diabase 
rayée, Desmar., Dict. class. d’hist. nat. ; — Moœm. caudimacula, N., 
ou uribaco, Margr., 177; et Diabase de Parra, Desm., loc. cit.; — Ææœm. 
capeuna où capeuna, Margr., 155, et la fig., p. 163, à l’art. du Guaibi 
coara. C’est le Grammist. trivittatus, BL., Schn., 188; — Hæm. chry- 
sopterum Nob,, ou Perca chrysoptera, L., Catesb., IT, 11, 1, et plu- 
sieurs autres espèces décrites dans notre cinquième vol. 


(1) Pr. hasta, N., Luyanus hasta, Bl., 246 , x ; — Pr. nageb., N.;. 


sciæna nageb:, Forsk., ou Labre comersonien, Lacép., IT, xx, 1; et 
Luijan microstome, ib., xxx1v, 2; — Pr. guoraca, N., Russel., 132, ou 
Perca grunniens, Forsk., ou Æhihias grunniens, B1., Schn., p. 305; — 
Pr. paikelli, N., Russel, 121; — Pr caripa, id., 1°4, dont Ænthias 
maculatus , BL, 326, 2, paraît une variété; — Pr. coro % N., Seb., III, 
xxvu, 14, ou Sciena coro, BL., 307, 2 ; — Lutj. surinamensis, BL., 253 ; 
— $Sparus virginicus, Lin., dont Perca juba, B1., 308 , 2 ; et Sparus 
vütaius, B1., 263 ; sont de jeunes individus. — Coëus. nandus, Buchan, 
XXX , 32. 


(2) Nous n’en connaissons qu'un, dont le Lutjanus luteus, Bl.. 247 ,- 


nous paraît une mauvaise figure 


D tue 


Ch 7 


TS 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 177 


Ceux des Indes sont plus nombreux, et ont les écailles 
plus petites, le front plus convexe, le museau très court (1). 


Les Sciénoïdes à dorsale unique, et à moins de 
sept rayons aux branchies, se subdivisent encore ; 
les unes ont la ligne latérale continue jusqu’à la 
caudale ; dans les autres elle est interrompue. 

Parmi les premières, nous rangeons les genres 


suivants : 
Les Losores. N. 


Dont le museau est court, la mâchoire inférieure 
proéminente, le corps haut, et dont la dorsale et l’a- 
nale alongent leur angle postérieur , de sorte qu'avec 
leur caudale arrondie, il semble que leur corps se ter- 
mine en trois lobes. Quatre groupes de très petits points 
se voient vers le bout de leur mâchoire. IL y en a dans 
les deux Océans (2). 


\ Les CHEILODACTYLES. Lacép. 


Ont le corps oblong , la bouche petite ; de nombreux 
rayons épineux à leur dorsale, et surtout les rayons in- 
férieurs de leurs pectorales simples et prolongés hors de 
la membrane, comme dans les'cirrhites (3). 


(1) C’est à eux que se rapporte le PrecrorxxQue, Lacép., IT, xnr, 2. 
—Aj. Scicna gaterina , Forsk.; — Sc. shotaf, id. ; — Diagr. lineatum 
Nob:, ou perca diagramma , Lin., Seb., IT, xxvir, 18, ou Ænthias dia- 
gramma, B1., 320 ;— Diag. pæcilopterum, N., Seb., IT, xxvni, 17;— 
D. pictum, N., Seb., I, xxvi, 32, ou Perca picta, Thunb., nouv. Mém. de 
Stokh., XIII, v ; — D. pertusum, où Perca pertusa, id., ib., XIV, var, 1. 

(2) Holocentrus surinamensis , BI., 243, ou Bodianus triurus,. Mit- 
chill., IX, f. 10, et des espèces nouvelles. 

(3) Le Cheilod. fascé, Lacép., V, 1,1, ou Cvnædus,Gronov., Zoophyl. I, 
x, 15—le Cheil. de Carmichael , où Chætodon monodactylus, Carmich.... 
Trans. Lin., XIL, xxiv;— Cheil. carponemus. N., ou Cichla macroptera, 
BL., Schn., 342; — Cheil. zonatus, Nob., où Labrus japonicus , Tiles. 
Voy. de Krusenstérn, pl. £xur, 1. 


TOME II. 12 


178 POISSONS 
LES SCOLOPSIDES. ( SCOLOPSIDES. N.) 


Ont le deuxième sous-orbitaire dentelé et terminé 
près du bord de l’orbite par une pointe dirigée en ar- 
rière,et qui se croise avec une pointe du troisième sous- 
orbitaire dirigée en sens contraire. Leur corps estoblong ; 
leur bouche peu fendue; leurs dents en velours; leurs 
écailles assez grandes. Il n’y a pas de pores à leurs mà- 
choires. ils vivent dans la mer des Indes. (1) 


Les MICROPTÈRES. Lacép. 


Ont le corps oblong, trois pores de chaque côté de la 
symphyse, et les derniers rayons de la partie molle de 
leur dorsale séparés des autres, et formant une petite 
nageoire particulière. Il n’y a aucune dentelure à leur 
opercule (2). 

Les Sciénoïdes à moins de sept rayons branchiaux 
et à ligne latérale interrompue, forment plusieurs 
genres de poissons assez petits, ovales, pour la 
plupart joliment variés en couleurs, que l’on peut 
distinguer comme il suit , d’après l’armure de leur 
tête. Ils ont des rapports sensibles avec les chæto- 
dons, et ressemblent extérieurement à plusieurs de 
nos poissons à branchies labyrinthiques. 


(1) Scol. kate, Nob., nommé par Bloch Ænthias japonicus, 325, f. 2 < 
—Anth. Vosmeri, BL., 321, figure très peu exacte, et le mêmeque Perca 
aurata, Mungo Park., Trans. Lin., I, 35; — Anh. bilineatus , 
BL., 325, 1 ;—Scol. kurüta, Nob., Russel, 106;—Sco1. lrcogenis, Nob., 
ou Holocentre cilié, Lacép., IV, 351; — Sciena ghanam, Forsk, et 
plusieurs espèces nouvelles. 

(2) On n’en connaît qu’un : le Aicroptère dolomieu, Lacép.IV. WEL. 3. 

Nous avons encore quelques petits genres de cette subdivision, que 
nous ferops mieux connaître daus notre cinquième vol. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 179 
Les Ampxiprions. Bl. Schn. (1) 


Ont le préopercule et les trois pièces operculaires 
dentelées ; ces dernières sont même sillonnées ; des dents 
obtuses sur une seule rangée. (2) 


Les PREMNADES. ( PrEeMNas. Nob.) 


Ont au sous-orbitaire une ou deux fortes épines et 
des dentelures au préopercule (3). 


Les POMACENTRES. Lacép. (4) 


Ont le préopercule dentelé, l’opercule sans armure ; 
les dents tranchantes sur une seule rangée (5). 


Les DascyLzes. ( Dascyzcus. Nob.) 


Ne diffèrent des pomacentres que par des dents en ve- 
loursras(6). Tous ces poissons habitent la mer desIndes. 


(1) Je réduis beaucoup les espèces de ce genre, tel que Bloch l’avait 
composé. 

(2) Armphipr. ephippium , B1., 250, 2; — Æmph. bifasciatus, BL, 
316, 2 ; —Amph. polymnus , BL., 316, 1; — Æmph. percula, N., ou 
Lutj. perchot, Lacép., IV, 239, Klein., Misc., IV, x1, 8; — Amph. 
leucurus , N., Renard , VI, 49, et diverses espèces nouvelles. 

(3) Chœtodon biaculeatus, Bl., 219; 2, qui est aussi l’Æolocentre son- 
nerat, Lacép., IV, 391; et le Lutjanus trifasciatus, Bl.-Schn., 567; et 
Kæblreuter, Noy. Com. Pétrop., X, vu, 6; Seb., III, xxvi, 29, en 
est une var.; — Pr. unicolor, N., Seb., III, xxv1, 19, qui est aussi la 
scorpène aiguillonnée, Lacep,, IT, 268. 

(4) Nous les définissons autrement que Lacép., et en diminuons beau- 

coup Le combre par des démembrements. 
« (5) Chœtodon pavo, BI., 198, 1, qui est le Pomacentre paon , Lacép., 
etson Holocentre diacanthe , IV, 338 ; — Pomacentrus cœruleus , Quoy 
et Gaym., Voyage de Freycin., pl. 64, f. 2; — P. punctatus, ib., x ; — 
P: emarginatus, Seb., II, xxv1, 26, 27, 28; — l’Hol. negrillon, 
Lacép., IV, 367. 

(6) Chœtodon aruanus, Lin , Mus., Ad. Fred., xxxu1, BL,, pl. 198, £. 2. 

LA 


180 POISSONS 
Les GLyPxisopons. Lacép. 


Ont l’opercule et le préopercule sans dentelures, et 
les dents sur une seule rangée, tranchantes et le plus 
souvent échancrées. 


Il y en a de l’Atlantique (1), mais la mer des Indes en 
produit bien davantage (2). 

Certains gyphisodons se distinguent des autres par des 
épines nombreuses à l’anale (3). 


Les HÉLIASES. 


Ont, avec les pièces operculaires des glyphisodons, 
des dents semblables à celles des dascylles, c’est-à-dire 
en velours. 

Il y en a aussi dans les deux Océans (4). 


‘Les Acanthoptérygiens de la quatrième famille, ou 


Les SPAROIDES, 


Ont, comme les Sciénoïdes, le palais dénué de 
dents; leurs formes générales, plusieurs détails 
de leur organisation sont les mêmes ; ils sont aussi 
couverts d’écailles plus ou moins grandes, mais il 


(x) Le Jacaraqua, Margr., ou Chœtodon saxatilis, Lin., Mus., Ad. 
Fred., xxvu, 3, qui est aussi le C4. marginatus, BL , 287 ; et son CA. 
Maurüü, 213, 1; et le Ch. sargoïde, Lac.; maïs ce n’est pas le Ch. 
saxatilis de B1., 206, 2 ; — Ch. curassao, B1., 212. 

>) Chœtodon bengalensis, BL, 213, 2, ou Labre macrogastére , 
Lacép., IT, x1x, 3; — Gl. me lanurus , N., ou Labre sir bandes, 
Lacép., HI, x1x, 2; — Chœt. sordilus, Forsk , ou €alamoia pota, 
Russel, 85; — GL. sparoïdes, Nob., Lacép., IV, 11, 1; — GL. lachry- 
niatus , Nob., Quoy et Gaym., Freyc., pl. 62, f. 5; — GL. azureus , ib., 
pi. 64, f: 3; — Gl. uniocellatus, ib., f. 4. 

(3) Chœtodon suratensis , Bl., 217; — Chœtodonÿmaculatus, BL. 427 

(4) Les espèces sont nouvelles, nous les décrivons dans notre cin- 
quième volume. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 181 


n’en ont point aux nageoires. Leur museau n’est 
pas bombé, ni les os de leur tête caverneux ; il 
n’y a ni dentelures à leur préopercule, ni épines à 
leur opercule ; leut pylorea des appendices cœcales. 
Aucun d'eux n’a plus de six rayons aux branchies. 
On les divise d’après les formes de leurs dents. 

La première tribu , les SPaREs proprement dits 
(Spanus, N.), a sur les côtés des mächoires, des 
molaires rondes en forme de pavés, nous les sub- 
divisons en cinq genres. 


Les SarGues. ( SarGus. N.) 


Ont en avant des mâchoires des incisives tranchantes ,. 
presque semblables à celles de l’homme. 


La Méditerranée en possède plusieurs peu différents les 
uns des autres , et il s’en avance jusque dans le golfe de 
Gascogne. Leurs couleurs consistent en bandes verticales 
noires, sur un fond argenté (1). N 

H y a de ces sargues qui ont des incisives échancrées (2). 

D’autres se distinguent parce que leurs molaires rondes 
sont sur une seule rangée, et 1rès petites. [l y en a de tels 
dans la Méditerranée (3). 


Les Dauranes. { Carysoprmis. N.) 


Ont sur les côtés des molaires rondes, formant au: 


ë (1) Le Sargue de Rondelet ( Sargus raucus, Geoff.), Eg., poiss., 
pl. xvu,1, Rondelet, 122. Sp. Puntazzo de Risso;—leSargue de Salviani, 
(Sargus vulgaris G.)Eg., xvin, 2; Salviani, fol. 179; pisc. 64; — Ie Spa- 
raillon, Sargus annularis,L., Rondel.,1 18; Salv., 63;Laroche, Ann. Mus., 
XII, pl.xx1v,f.13;—Sp.ovis, Mitch. ,ou Sheepheaddes Anglo-Américains. 

(2) Perca unimaculata , Bl., 308, 1, ou salema, Marpr., 153510 
Sparus crenidens, Forsk. , appartient probablement à cette subdivision. 

(3) $. puntazzo Gm.. ou Sp. acutirostris, La Roche, Ann. Mus., XIIE,, 
zx1v, 12. dont Risso fait son genre Cnarax, 


182 { POISSONS 


moins trois rangées à la mâchoire supérieure, et sur le 
devant quelques dents coniques ou émoussées. 


Nous en avons deux espèces dans nos mers. 


La Daurade vulgaire. (Sparus aurata. EL.) BI. 266. (1). 
et beaucoup mieux Duhamel. Sect. [V. pl. 2. 

A quatre rangs de molaires en haut; cinq en bas; 
dont une ovale beaucoup plus grande que les autres. 
C’est un beau et bon poisson, que les anciens nommaient 
Chrysophris (sourcil d’or), à cause d’une bande en crois- 
sant de couleur dorée, qui va d’un œil à l’autre. 

La Daurade à petites dents. ( Chr. microdon. N.) 

À peu près des couleurs de la commune, plus petite; 

le front plus bombé, a deux rangs de molaires seulement 


en bas, toutes autant ou plus larges que longues, et sans 
qu’il y en ait une grande ovale (2). 


Les PAGRES 


Diffèrent des daurades parce qu’ils n’ont que deux 
rarigées de petites dents molaires arrondies à chaque mà- 
choire ; leurs dents de devant sont en cardes ou en 
velours. 


Le Pagre af la Méditerranée. (Sparus pagrus. Lin. et 
Arted. ) 


Argenté, glacé de rougeâtre ; sans tache noire. (3) 


(1) Les dents sont d’une autre espèce, et ceiles de la vraie daurade, 
sont données, pl. 4, ‘pour celles de l’anarthichas. 

(2) Aj: Sparus bufonites, Lacép., IV, xxvr, 2 , le même que son Sp. 
perroquet, ib!, 3; et peut-être que le Sy. Laftaras Forsk., 33; — Sp. 
sarba, Forsk, 22; — Chr. chrysargyra, N., Chüchillee, cr 91 ; 
— Sp. hasta, BL, Schn., 255, ou Sp. berda, Forsk, 33; — Sp. ps 
mara , N. Era de 925 — Eee grandoculis, Forsk., 53; — Chæœto- 
don ie: Forsk, qui est aussi le Labre Hans. Loi , IT, 
nr, 3, son Spare mylio, ib., xxvi, 2, et son Holocentre rabagi, IV, 
suppl., 725, ete. 

(3) C’est anssi Le Sp. pagrus de Brünnich , mais non pas celei de Bloch, 


ce dernier n’a pas représenté le vrai pagre "et il en fait dans son Syst. 
posth., son $parus argenteus. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 183 
La mer des Indes, et celle des États-Unis ont des pagres 
dont les premières épines dorsales se prolongent er filets (1). 
Il y a aux Antilles, des pagres remarquables par le pre- 
mier interépineux de leur anale, qui est creux et terminé 
en bec comme uue plume à écrire; la vessie natatoire a sa 
pointe enfoncée dans cette espèce d’entonnoir.On lesnomme 
Sardes à plumes (2). 


Mais une particularité encoré plus notable, est celle d’un 
pagre du Cap, qui a les maxillaires renflés et solides comme 
des pierres. Nous le nommons Pagrus lithognathus. 


Les. PAGELS 


Ont des dents à peu près comme les pagres, mais leurs 
molaires , aussi sur deux rangées, sont plus petites ; les 
coniques de devant sont grêles et plus nombreuses. Un 
museau plus alongé donne à ce sous-genre une autre 
physionomie. 

Nous en avons plusieurs dans nos mers. 

Le Pagel commun. (Sparus erythrinus. L.) BI. 574. 

Est un beau poisson argenté, glacé de rose clair, à 
corps haut, comprimé. 

Le Rousseau des Marseillais, Besugo des Espagnols. (Sp. 

centrodontus. Laroche.) An. Mus. XEIE. xxur. 2. 
Argenté; glacé de rose ; une large tache noire irrégu- 
lière à l'épaule (3). 

L’Acarne. (Pagr. acarne. Nob). Rondel. 511. Sparusberda 

de Risso, mais non de Forskal. 


Plus petit, plus oblong. Argenté; teint de verdâtre vers 
Je dos ; sans tache noire. 


+ Le Bogueravel. (Sp. bogaraveo. Gm.) Rondel. 137 


Plus oblong; à museau plus pointu ; doré, teint de vio- 
lâtre; une tache noire à l’aisselle. 


(1) Sparus spinifer, Forsk, — Sp. argyrops, Lin. ou labrus versicolor 
Mitch. 
. (2) Pagr. calamus, et Pagr. penna, Nob. 
(3) C’est le Sparus pagrus de B]., pl. 262. 


184 POISSONS - 
Le Morme. (Sp. mormyrus. L.) Rondel. 153. Geoff. Eg. 


Poiss. pl. xvur. 3. 
À bandes verticales noires, sur un fond argenté. 
La deuxième tribu n’a qu’un genre, 


Les DenTÉs. ( DENTEX. N.) 


Caractérisés par des dents coniques mème sur les côtés 
des mâchoires, d’ordinaire sur un seul rang, dont quel- 
ques-unes des antérieures s’alongent en grands crochets. 
Ils auraient d’assez grands rapports avec les hæmulons, 
sans l’absence de dentelure au préopercule et le rayon 
de moins aux ouïes. Leur joue est écailleuse. 


La Méditerranée en nourrit deux espèces. 


Le Denté vulgaire , Dentale des Italiens. (Sparus dentex. 
Lin.) BI. 268, 


Argenté, nuancé de bleuâtre vers le dos, long quelque- 
fois de trois pigds (1). 
Le Denté à gros yeux. (Sp. macrophtalmus. BI. 252.) 


Rouge; à très grands yeux, beaucoup plus rare, et de 
moitié moindre. 

Nous distinguons des autres dentés, sous le nom de PEn- 
TAPODES , des espèces à bouche moins feadue, à.tête plus 
écailleuse; à corps moins élevé, à caudale écailleuse jus- 
qu’au bout (2). 

Et, sous le nom de Leruuinus, des espèces à joues sans 
écailles. La plupart ont, comme les Hæmulons, du rouge 
à l’angle des mâchoires (3). 

Tous ces poissons ont une écaille pointue entre les ven- 
trales et une au-dessus de chacune d'elles. 


(1) Aj. D. macrocephalus , N., ou Labre macrocéphale, Lacép.. INT, 
xxv1, 13 — Sparus synodon, Bl., 278; —- [entex hexodon, Quoy et 
Gaym., Voyage de Freycin., 301. 

(2) Sparus vittatus. BI. 275.—le Sp. rayé d’or, Lacép. 1v, 131, et des 
espèces nouvelles. 

(3) Spar. chœrorhynchus, Bl., Schn., 278; — Bodian lentjan, 
Lacép., IV, 294 ; — Æurwwa, Russel, 89; — Sciæna mahsena, Forsk. , 
p. 52, n0 62; — Scicæna harak, id. 


da en, 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 185 


Une troisième tribu se compose aussi d’un seul 


genre. 
Les CanTRÈREs. (CANTHARUS. N.) 


Quiont les dents en velours ou en cardes serrées , tout 
autour des mâchoires dont le rang extérieur est plusfort. 
Leur corps est élevé, épais; leur museau court; leurs 
mâchoires ne sont pas protractiles. 


Nous en avons deux, que l’on prend dans nos deux mers. 


Le Canthère vulgaire. (Sparus cantharus. Lin.) Rond. 
120. et Duham. sect. iv. pl.1v.f. 1. 


Gris-argenté, rayé longitudinalement de brun. Il a de 
petites dents grenues‘derrière les dents en cardes. 


La Bréme de mer. (Sparus brama. Lin.) 


A peu près de même couleur;les dentstoutes en cardes(1). 


Une quatrième tribu a les dents tranchantes et 
comprend deux genres : 
Lss Bocuzs. ( Boops. N. ) 
Ontles dents du rang extérieur tranchantes; la bouche 
petite et nullement protractile. 

La Méditerranée en produit plusieurs espèces. 

Le Bogue vulgaire. (Sparus boops. Lin.) Rond. 136. 

À vingt-quatre dents à chaque mächoire, à tranchant 
oblique; le corps oblong, rayé en long de couleur d’or 
sur un fond d'argent. 

La Saupe. (Sparus salpa. L.) BI. 265. 

Plus ovale , à raies d’or plus brillantes, courant sur un 

fond d’acier bruni. Les dents larges et échancrées. 
Les OBLADES (OrrapaA N.) 


Diffèrent des bogues parce que derrière leurs dents 


(1) Les figures données par Bloch, 269 et 270 de ces deux espèces n’en 
offrent point d'idée juste. 


186 POISSONS 


tranchantes il y en a en velours , ce qui les rapproche 
un peu des canthères. 


La Méditerranée en produit une, 
L’Oblade commune. ( Sparus melanurus. Lin.) Salv. 181. 
Argentée , rayée de noirâtre une large tache noire de 
chaque côté de la queue. 
On peut former une cinquième famille d'Acan- 


THOPTÉRYGIENS 
Des MENIDES. 


Qui different des familles précédentes, parce que 
leur mâchoire supérieure est fort protractile et ré- 
tractile, à cause de la longueur des pédicules des 
intermaxillaires, qui se retirent enire les orbites. 
Leur corpsest écailleux comme celui des spares, dans 
le genre desquels on les avait laissés jusqu'à présent. 


Les MENDOLES. (MÆNa. N.) 


Se distingueraient déjà de tous les vrais spares, parce 
qu’elles ont les dents en velours ras sur une bande 
étroite et longitudinale du vomer. Leurs mâchoires n’en 
ont aussi que de très fines et sur une bande fort étroite. 
La forme de leur corps est oblongue, comprimée , un 
peu. semblable à celle d’un hareng. 11 y a une écaille 
alongée au - dessus de chacune de leurs ventrales et 
une entre elles. 

Nous en possédons quelques espèces dans la Méditer- 
rancee, ” 


La Mendole vulgaire. (Sparus mæna. Lin.) BI. 270. 


Plombée sur le dos, argentée au ventre, une tache 
noire sur le flanc, vis-à-vis la dernière épine de la dorsale. 
La Juscle. (M. jusculum. N.) 
Ne diffère de la vulgaire que par un corps plus étroit, 
un museau plus court , une dorsale plus haute. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 187 


La M. d'Osbeck. ( Sparus radiatus. Osbeck. ) Sparus 
tricuspidatus. Spinola. Ann. Mus, X. pl. xvur. 


D’un bleu d’acier foncé, des raies bleues obliques sur la 
joue ; des taches bleues sur les ventrales, la dorsale en- 
core plus haute. 


Les PICARELS. (SmaARIs. N.) 


Ne diffèrent absolument des mendoles que parce 

à q pat 
qu'ils n’ont aucunes dents au vomer; leur corps est gé- 
méralement un peu moins élevé. 

Il y en a aussi quelques-uns dans la Méditerranée. 


Le Picarel commun. (Sparus smartis. Lin. ) Laroche. Ann. 
| Mus. XII. pl. xxv.f. 17. 


Gris-plombé en dessus, argenté en dessous, une tache 
poire sur le flanc. 


Le Picarel martin-pécheur. (Smaris alcedo. Riss.) 
Est nommé ainsi à cause de la belle couleur bleue dont 
son corps est varié. 
Le Picarel'cagarel. ( Smaris cagarella. N. ) 


À le corps aussi haut que la mendole, dont il nediffère 
que par son palais sans aucune dent. 


Les Czæsro. Lacép. 


Ne s’éloignent des picarels que par une dorsale un 
peu pius élévée de l’avant, et entourée à sa base de 
fines écailles. Ce sont des poissons de la mer des Indes, 
à peu près d’une forme de fuseau (1). 


(x) Cæsio asuror, Lacép., IH , 86, où V’ackum, Valent., 132, ou 
Canthère douteux, Dict. class. d’hist. natur., quatrième liv.; — €. 
smaris, N., où Vackum mare, Renard, 1, pl. 32, f. 194; — Bodianus 
argenteus , BL., 23, ou Picarel raillard, Quoy et Gaym., Zool. de Fréyc., 
pl. 44,12: Sparus cuning,Bl., 263, où Cychla cuning, BI. Schn., p.336. 

NN. B.M. deLacépède fait aussi un Cæsio da Scomberequula de Forsial, 
ou Centrogaster equula de Gmelin, qui est noire Zquula cabulla. 


188 POISSONS 


Les GERRES. Nob. Vulgairement Mocharra chez les 
Espagnols d'Amérique. 


Ont aussi la bouche protractile; mais en se pro- 
jetant en avant, elle s’abaisse; leur corps est élevé, 
et surtout la partie antérieure de leur dorsale, dont la 
partie postérieure a le long de sa base une gaîne écail- 
leuse. Il n’ya de dents qu’à leurs mâchoires, etelles sont : 
petites et en velours. Le premier inter-épineux de leur 

anale est creusé en tuyau ,comme dans certains pagres. 


Il y en a dans les parties chaudes des deux Océans. Ce 
sont de très bons poissons (1). 

On dit qu’il en vient quelquefois une espèce ( G. rhom- 
beus, Nob., Bars de roche de la Jamaïque, Sloane. ‘ll, 
pl. 253, f, 1), jusque sur les côtes de Cornouailles , à la 
suite des pièces de bois chargées d’anatifes que les courants 
entraînent (2). 


La sixième famille des AcANTHOPTÉRYGZENS , ou 
celle 
Des SQUAMMIPENNES, 


Est ainsi nommée de ce que la partie molle, et 
souvent la partie épineuse de leurs nageoires dor- 
sales et anales, sont recouvertes d’écailles qui les en- 
croûtent, pour ainsi dire, et les rendent difficiles 
à distinguer de la masse du corps. Cest le carac- 


(1) Labrus oyena, Forsk, Ruppel, voy. poiss., pl. III. x. 2 , ou $pare 
dreton , Lacép., IV, 134, ou Labre long museau, id. , III, xx, 1, et 
p. 467 ; — Gerres aprion, N., Catesb., II, x1, 2; — G. rhombeus, N., ou 
Stone bass., Sloane , Jam. , IL, pl. 253, f. 1; — G. poieti, N., Ren., pl, 
11, f. 9, Valent., no 354; —G. lineatus, N., ou Smaris lineatus, Humb., 
Obs. , Zool. , pl. xzvi, f. 2; — Gerres argyreus, N., ou $ciæna argyrea, 
Forster, ou Cychla argyrea,Bl., Schn. : — G. filamentosus, N., ou Wor- 
duwahah, Russel, f. 68. 

(2j Conch, Trans. lin., XIV, première part., p. 81: 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 189 
ière le plus apparent de ces poissons, dont le corps 
est en général très comprimé, et qui ont des in- 
testins assez longs et des cœcums nombreux. 

Linnæus les comprenait dans son genre des 


CHÆ'roDoNSs. 


Ainsi nommés de leurs dents semblables à des crins, 
par leur finesse et leur longueur, rassemblées sur plu- 
sieurs rangs serrés, comme les poils d’une brosse. Leur 
bouche est petite , leurs nageoires dorsales et anales sont 
tellement garnies d’écailles semblables à celles du dos, 
que l’on a peine à distinguer l’endroit où elles com- 
mencent. Ces poissons, très nombreux dans les mers des 
pays chauds, sont peints des plus belles couleurs, ce 
qui en a fait recueillir beaucoup dans les cabinets, 
et représenter un grand nombre. Leurs intestins sont 
longs et amples, et leurs cœcums grêles, longs et nom- 
breux; ils ont une grande et forte vessie aérienne , et 
fréquentent généralement les rivages rocailleux; leur 
chair est bonne à manger. 


Les Caæzrtopons proprement dits. 


Ont le corps plus ou moins elliptique, les rayons épineux 
et les mous se continuant en une courbe à peu près uni- 
forme ; leur museau est plus ou moins avancé, et quelque- 
fois leur préopercule a une fine dentelure. 

Ils se ressemblent même à quelques égards, par la distri- 
bution de leurs couleurs, et la plupart ont, par exemple, une 
bande verticale noire dans laquelle est l'œil. 

Dans les uns, plusieurs autres bandes verticales sont pa- 
rallèles à celle-là (1). 

Dans d’autres, elles sont obliques ou longitudinales (2). 


(1) Choœt. striatus, L., BL. , 205, f. 1; — Ch. octofasciatus, Gm. 
BL., 215 ,r; — h. collare, B1., 216. 

(2) Chœt. Meyeri, B1. Schn., nommé mal à propos Æolacanthe jaune 
et noir par Lacép., IV, xur, 2. 


190 POISSONS 


Il y en a aussi qui ont les flancs semés de taches brunes (1). 

Piusieurs ont seulement des lignes de refletsdans diverses 
directions ; et tantôt seulement la bande oculaire (2); tantôt 
aussi quelques rubans sur les nageoires verticales (3). 

1! y en a dans lesquels un ou deux ocelles contribuent à 
varier le dessiu (4). 

Quelques-uns de ces chætodons proprement dits se dis- 
tinguent des autres par un filet qui résulte du prolonge- 
ment d’un ou de plusieurs des rayons mous de leur dor- 
saie (5). 

Enfin, il yen a qui se font remarquer par le très petit 
nombre des épines de leur dorsale (6). 


Les Caézmows. Nob. 


Sont séparés des chætodons, à cause de la forme extraor- 
dinaire de leur museau, qui est longet grêle, ouvert seu- 
lement au bout et formé par l’intermaxillaire et par la 
mâchoire inférieure prolongés outre mesure. Leurs dents 
sont en fin velours plutôt qu’en soie. 


Une espèce ( Chæt. rostratus, Lin. ), BL, 202, a 
l'instinct de lancer des gouttes d’eau aux insectes qu’elle 
aperçoit sur le rivage, et de les faire tomber dans l’eau 


(1) Chœt. miliaris, N., Zool. du Voyage de Freycinet, LETTRE 

(2) Choœt. Kleinii, Bl., 218, 2; — Ch. Sebæ, N., Seb., ILE, xxvi, 36. 

(3)Chœt. vittatus, Bl., Schu., Seb., IE, xx1x, 18; — Ch. vagabundus, 
BL., 204; — Ch. decussatus, N., Russel, 83; et Klein., Miss., IV,1x,2; 
— Ch. bifascialis, N., Voyage de Freyc., pl. 62, f. 5; — Ch. sirigan- 
gulus , Gm.; — Ch. baronessa, N., Renard, I, xzt1, 218 ; — Ch. fion- 
talis, N., ou Pomacentre croissant, Lacép. ; — Ch. fasciatus, Forsk., 
ou Ch. flavus, Bl., Schn., n° 37. 

(4) Ch. nesogallicus, N., Ren., I, v, 37; et Will., app., V,4; — Ch. 
capistratus, L., Seb., LT, xxv, 16, Mus. Ad. Fred., xxxtn1, 4; Klein. 
Misc., IV, x1, 5; — Ch. bimaculatus, BL, 219, 1: — Ch. plebeius, 
Gm.; — Ch. unimaculatus , B., 201, 1; — Ch. sebanus, N., Seb., IT, 
xxv, 113 — Ch. ocellatus, B1., 211, 2. 

(5) Choœt. setifer, BL., 426, 1; — Ch. auriga,Forsk. ; —Ch. principalis, 
N., Renard, 2° part., zvr, 239, Valent., n° 407. 

(6) Ces espèces sont nouvelles , ainsi que beaucoup d’autres quiappar- 
tiennent aux subdivisions précédentes, et que nous décrirons dans notre 
Ichtyologie. : 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 191 


pour s’en nourrir. C’est un amusement des Chinois de 
Java (1). 
Les Hemocuaus ou Cocuers. 


Diffèrent des chætodons proprement dits, parce que leurs 
premiers aiguillons du dos croissent rapidement , et surtout 
le troisième ou le quatrième, qui se prolonge en un filet 
quelquefois double de la longueur du corps, et semblable à 
une espèce de fouet (2). 


Les Epmippus ou CAVALIERS, 


Se distinguent par une dorsale profondément échancrée 
entre sa partie épineuse et sa partie molle, et dont la partie 
épineuse sans écailles , peut se replier dans un sillon formé 
par les écailles du dos. 

Une de leurs subdivisions a trois épines à l’anale et des 
pectorales ovales. 

Il yen a en Amérique une espèce ( Eph. gigas, N.) 
remarquable par le très gros renflement en forme de 
massue du premier interépineux de son anale et de sa 
dorsale, et par un renflement analogue de la crête de son 
crâne (3). 

Une autre subdivision, qui est dela mer des Indes, avec 
les trois épines à l’anale, a des pectorales longues et poin- 
tues (4). 

Une troisième subdivision , aussi de la mer des Indes ;' 
a quatre épines à l’auale, et des écailles très petites. 

Une de ses espèces (Chætodon argus, L.), BL., 204, 1, 


2 


(1) Schlosser, Trans. phil., 1964 , p. 39.—Aj. Ch. longirostris, Brous- 
son. , Dec. ichtyol. 

(2) Chœtodon macrolepidotus , L., BL, 200, 1. Le Chœt. acuminatus , 
L., Mus. ad Fred., xxxiu, f. 2, n’en paraît qu’une variété individuelle. 
— Chat. cornutus, L., Bl., 200, 2, dont Chœt. canescens, L., Seb., IF, 
xx, 7, n'est qu'un jeune individu décoloré. 

(3) Aj. Chœtodon faber, Brousson., Bl.,212, 2, dont le Chætod 
plumieri, id. , 211, 1, pourraît n’être qu’une variété; — Chœt. orbis, 
B1., 202, 2. 

(4) Chet. punctatus , L., où Lat, Russel, 79; — Chœt. longimanus, 
BI, Schn., Russel, 80; — Æph. terlu, N., Russel, 81. 


192 POISSONS 
passe pour dévorer de préférence les excréments hu- 
mains (1). ! 
Une espèce de cette subdivision a été trouvée fossile au 
mont Bolca (2). ; 


Les Tauricares, sont des ephippus des Indes , qui ont sur 
chaque œil une corne arquée et pointue (3). 


Les Hozacantues. Lacép. 


Ont pour caractère un grand aiguillon à l’angle du pré- 
opercule, et la plupart ont aussi les bords de cet os dentelés. 
Ce sont des poissons remarquables par la beauté et la distri- 
bution régulière de leurs couleurs , et excellents pour le 
goût. Les deux Océans en possèdent de nombreuses espèces(4). 

Leur forme est ovale ou chlongue. 


On peut encore en distinguer 
Les Pomacantues. - 


Qui ont la forme plus élevée, parce que le bord de leur 
dorsale monte plus rapidement (5). 
On n’en connaît que d'Amérique. 


(1) Aj. Che. tetracanthus , Lacép., III, xxv, 2. 


(2) Juiolitologia veronese, pl. v, f.2.On l’y donne comme l’#rgus ; 
mais c’est une espèce différente. 

(3) Le Poisson bufle des Malais, Taurichthys varius, N. , très bien 
rendu, Renard, I, xxx, 164, Valent., n° 91; — 7, wiridis, Ren., Il, 
x, 49, Valent., n° 161. , 

(4) Espèces d'Amérique , Chæœtodon ciliaris, L., BL., 214, ou Zsabe- 
lita, Parra, VIL, 1, où Cheæt. couronné, Desmar., Déc. ichtyol. ; — 
Chœt. tricolor , BI. 425 ; Duham. , sect. IV, pl. xux, 5. — Espèces des 
Indes, Choœt. bicolor, BL, 206, 1; — Ch, mesoleucos, BL., ou meso- 
melas, Gm., BL, 16,2; — Holac. amiralis, N.. Renard, I, xwi, 
923 — Chœt. annularis, BL. , 215, 2; — Choœt. imperator , BL. , 194; 


— Ch. fasciatus, Bl., 195; — Choœt. nicobareensis, Bl. Schn., 50, 


ou Geometricus, Lacép. IV, xux, 153 —Hol. lumark., Lacép., IV, 531, 
Renard, I, xxvi, 144, 145 , et plusieurs espèces nouvelles. 

(5) Chœt. aureus, BL., 193, I, ou Chirivita jaune, Parra, VE, 2; — 
Choet. paru, Bl., 197, ou Chirivita noir , Parr., VI, 13 — Ch. 5-cinctus, 
N., Guaperva, Margr., 178; — Ch: arcuatus, L., BL, 204, 2 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 199 


Les PLATAx. 


Ont en avant de leurs dents en brosse, un premier rang 
de dents tranchantes, divisées chacune en trois pointes; 
* leur corps, très comprimé, semble se continuer avec des na- 
geoires verticales , épaisses , et très élevées, écailleuses 
comme lui, et où un petit nombred’épines se cachent dans le 
bord antérieur, en sorte que le poisson entier est beaucoup 
plus élevé qu’il n’est long. Les ventrales sont aussi fort lon- 
gues. Ce sous-genre est de la mer des Indes (1). 

Une espèce ( Ch. arthriticus , Bell. , Trans. phil., 17093, 
pl. v1), de forme plus HERO est remarquable par 
les nœuds ou renflements de quelques-uns de ses inier- 
épiueux, et de ses apophvyses épineuses (2). 

On ena aussi trouvé une espèce fossile au mont Bolca (3). 


Les PsetTTus. Commers. 


Ont, avec des formes à peu près semblables à celles des 
platax, des dents en velours ras, et surtout des ventrales 
réduites à une seule petite épine, sans rayons mous. 


Il yen a d’élevés (4), et d’autres de forme ronde ou 
ovale (5), tous de la mer des Indes. 


Les PrmeLeprÈRes. (PIMELEPTERUS. Lacép.) 


Se distinguent parmi tous les poissons, par des dents 
sur une seule rangée, portées sur une base ou talon ho- 


rizontal, au bord antérieur duquel est une partie verti 
nel a des ‘Psy Ans on AR UIR aies Dre, in TER 

(1) -Chœtodon vespertilio, B1., 199, 23 — Ch. teira, ib., 1; — Ch. 
guttulatus, N., Ren., IT, xx1v, 120. 

(2) C’est anssi le Ch. pentacanthe , Lacép., IV, xr, 2 , et le Chœtodon 
orbicularis, Forsk. , ou Æcanthinion orbiculaire, Lacép., IV, LR G0e 

(3) Zttiol veron, pl. 4 et 6. 

(4) Psett. Sebæ, N\., Chetodon rhombeus , BI, Schn., Seb., III, xxvi, 
21, — Ps. FFT N., ou $comber rhombeus, Forsk., ou Cenbro- 
gaster rhombeus, Gm., ou Centropode rhomboïdal, Lacép., Russel, 59. 

(5) Pset. Commersonü, N., où Monodactyle falciforme, Lacép., I, 
v, 4; et UT, 13r, qui pourrait bien ne pas différer du Chætodon argenteus , 
Lin., ou Æcanthopode argenté, Viacép. 

TOME Il. 15 


194 POIS3ONS 
cale tranchante. Ils ont le corps oblong, la tête obtuse, 
les nageoires épaissies par Îes écailles qui les recouvrent, 
ce qui leur a valu leur nom (1). 


Ce sont des poissons ovales, lisses, couverts d’écailles 


brunes; il y en a dans les deux Océans (2). 
Un genre voisin des piméleptères, est celui des 
DIPTERODON. (3) 


Qui a aussi des dents tranchantes, mais taillées obli- 
quement en biseau , et non coudées, et la dorsale épi- 
neuse séparée de la molle par une échancrure profonde. 


On n’en connaît qu’un du Cap (Dipterodon capensis, N.) 


Les genres suivants que nous laissons à Ja suite 
des chætodons , à cause de leurs nageoires écail- 
leuses, en différent néanmoins beaucoup par les 
dents qui revêtent leurs palatins et leur vomer. 


LEs CASTAGNOLES. ( BRaMA. BI. Schn.) (4) 


Tiennent à ceîte famille, par les écailles qui cou- 


(1) Piméleptère (nageoïre grasse). Ce genre de Lacépède, IV, 429, fait 
d’après Bosc, est le même que celui des XisrÈres, V, 484, fait d’après 
Commerson; et tout fait croire que le Dorsuare, Lacép., V, 482, quiest 
certainement identique avec ie Kypmose, II, 114, pourrait bien être 
aussi le même que le XisTÈRE. 

(2) Le Pimeéleptère bosquien, Tacép., IV, 1x, 1, ou Chæœtodon cypri- 
naceus , Broussonet , —le Piméleptère marciac, Quoy et Gaym., Voyage 


deFreycin., pl., 62, f. 4; — le Pim. du Cap.,ou Xiphose double bosse, ! 


Tacép., IT, vur, 1; — une espèce du Brésil, nommée autrefois par 
Banks Chœtodonensis. 

(3) Ce genre dont le nom est emprunté de Lacépède ne comprend ce- 
pendant pas les mêmes espèces. 

(4) Je soupçonne fortement que c’est la castagnole que M. Raf- 
nesque a en vue dans son £epodus saragus, Nuov. gen., n° 144. Shaw. 
en fait, on ne sait pourquoi, deux espèces, Sp. Haïü, et Sp. castaneola ; 
ce dernier d’après Lacép.; mais Lacép. n’a fait son genre que pour l’espèer 
de Bloch et de Rai. 


ACANTHOPTÉR Y GIENS. 199 


rent leurs nagcoires verticales ; Jesquelles n'ont qu'un 
petit nombre de rayons épineux cachés dans leurs bords 
antérieurs; mais elles ont des dents en cardes aux mà- 
choires et aux palatins, le profil élevé, le museau très 
court, le front descendant verticalement, Ja ‘bouche 
presque verticale quand elle est fermée ; des écailles jus- 
que sur les maxillaires ; sept rayons aux ouïes , une dor- 
sale et une anale basses, mais commencant en pointe 
saillante : l’esiomac court, l'intestin peu ample ; Îes 
cæcums au nombre de cinq seulement. 
On n’en connaît qu’une de la Méditerranée, qui s’égare 
aussi quelquefois dans l'Océan (Sparus Raïï, BI., 255 ). 
C’est un bon poisson, decouleur d’acier bruni, qui devient 


grand , mais qui esttourmenté par des vers intestinaux de 
beaucoup de sortes. 


Les PEMPnÉRIDES. ( PEMPHERIS. N.) 


Ont une anale longue et écailleuse, et une dorsale 
courte et élevée; la tête obtuse, l'œil grand, une pe- 
tite épine à l’opercule, et des denis en velours aux 
mâchoires, au vomer et aux palatins. I]s son: de la mer 


des Indes (1). 
Les ARCHERS. ( ToxoTes. N.) 


Ontle corps court et comprimé, la dorsale sur Ja 
dernière moitié du dos, à épines très fortes, à partie 
molle écailleuse, ainsi que l’anale qui lui répond; le 
museau déprimé, court; ja mâchoire inférieure plus 
avancée que l’autre; les dents en velours très ras aux 
deux mâchoires, au bout du vomer, aux palatins, aux 
ptérygoïdiens et sur la langue; six rayons aux ouïes, des 
dentelures très fines au bord inférisur du sous-orbitaire 
et du préopercule. Leur estomac est court et large; il y 


(1) Pempheris touea, N., $Sparus argenteus, 2. Whie, app., 267, cu 
Kurtus argenteus, Bl., Sckn., 164; — P. mangula, N., Russel, 114 ; 
— P, molucca, N., Rezard, 1, xv, 85 ; et Valent., n° 46. 


13 


196 POISSONS 
a douze appendices cécales à leur pylore ; leur vessie 
aérienne est grande et mince. 


L'espèce connue ( Toxotes jaculator, Nob.), Labrus 
jaculator, Shaw., tome IV, part., Il, p. 485, pl. 68 (1), 
de Java, est devenue célèbre par l’instinct qu’elle partage 
avec le Chœt. rostratus, de lancer des gouttes d’eau sur les 
insectes qui se tiennentsur les herbes aquatiques, et de les 
faire ainsi tomber dans l’eau pour s’en saisir. Il les lance 
quelquefois à trois ou quatre pieds de hauteur et manque 
bien rarement. 


La septième famille des ACANTHOPTÉRYGIENS, ou 
Les SCOMBÉROIDES, 


Se compose d’une multitude de poissons à petites 
écailles, à corps lisse, à cæcums nombreux souvent 
reunis en grappes, dont la queue et surtout la na- 
geoire caudale sont très vigoureuses. 

C’est une des familles les plus utiles à l’homme, 
par le goût agréable de ses espèces, par leur 
volume, et par leur inépuisable reproduction qui 
les ramène périodiquement dans les mêmes pa- 
rages, eten fait l’objet des plus grandes pêches. 


LES SCOMBRES. 


Ont une première dorsale non décomposée, tandis 
que les derniers rayons de la seconde, ainsi que ceux 
qui leur correspondent à l’anale, sont au contraire 
détachés, et forment ce que l’on a appellés de fausses 
nageoires ( pinnæ spuriæ ). 


(1) © est aussi le Scarus Schlosseri, Gmel., Lacép. et Shaw, le Sciæna 
Jjaculatrix de Bonnaterre, le Labre sagittaire de Lacép., le Coïus cha 
tareus de Buchanan. 


ACANTHOPJTÉRYGIENS. 197 
Ce genre se subdivise comme il suit: 
Les Maquereaux, ( Scomser. Nob.) 


Ont le corps en forme de fuseau , couvert d’écailles uni- 
formément petites et lisses ; les côtés de la queue relevés de 
deux petites crêtes cutanées ; la deuxième dorsale éd 
de la première par un espace vide. 


Le Maquereau vulgaire. (Scomber seombrus. L.) BI. 54. 


A dos bleu, marqué de. raies ondées noires, à cinq 
fausses nageoires en haut et en bas; sa chair est ferme et 
excellente ; il arrive en abondance en été, sur nos côtes 
de l'Océan , et y donne lieu à des pêches et à des salaisons 
presque aussi productives que celles des harengs. Il en 
vient aussi quelquefois en d’autres saisons. Ceux du pre- 
mier printemps, généralement plus petits, sont connus 
sous le nom de sansonnets. 

Le maquereau commun n’a point de vessie natatoire; 

mais, chose très remarquable, cet organe se trouve dans 
plusieurs espèces d’ailleurs si semblables, qu’il faut de l’at- 
tention pour les distinguer, telles que le petit Maquereau 
de la Méditéranée (Sc. colias, Sc. pneumatophorus, La- 
roche , Ann. Mus. » XL), et le Sc. grex , Mitch., Trans. 

_New-Yorck, I, ES qui arrive quelquefois sur la côte des 
États-Unis, en nombre prodigieux (1), etc. 


Les Tuows. (Taynnus. Nob.) 


Ont autour du thorax une sorte de corselet formé pur des 
écailles plus grandes et moins lisses que celles du reste du 
corps. Les côtés de la queue ont entre les deux petites crêtes 
des maquereanx une carène cartilagineuse. Leur première 
dorsale se prolonge jusa e très près de la seconde. 


Le Thon © mmun. (Sc. thynnus. Lin.) 


Est ce grand poisson dont la pêche dans la Méditerranée 
date de la.plus haute antiquité, et fait une des richesses 
dela Provence, de la Sardaigne, dela Sicile, etc., par l’éton- 
nante abondance avec laquelle il s’y prend et s’y prépare 


(1) Aj. Scomber vernalis, Mitch,;: loc. cit. ; — Sc. canagurta, N 
Russel, 136. 


"2 


198 POISSONS 
à l'huile, au sel, etc. Ïl atteint, dit-on, jusqu’à quinze et 
dix-huit pieds, et a neuf fausses cageoires en dessus et au- 
tant en-dessous. Ses pectorales ont le cinquième de sa lon- 
pueur. | + 
Il y a dans la Méditerranée plusieurs espèces vüisines, 
jusqu’à présent assez mal distinguées. 
L’Alicorti. (Sc. brachypterus. N.) Rondel. 245. et Daham. 
Sect. VIE. 1. VIL f.5 
Dont les pectorales ne font que le huitième de la lon- 
gueur totaie. 
La Tonine. (Sc. thunina. NN.) Aldrov. 315. Descrip. de l’Eg. 
Poiss. pl. xxiv.f. 5. 
D’un bleu brillant, avec des lignes noires ondulées et 
repliées de diverses manières, etc. 


C’est aussi daus ce premier groupe qu’il faut placer 


La Bonite des tropiques ; où Thon à ventre rayé. (Sc. pela- 
mys. L.) Lacép. IL. xx. 2. 


À quatre bandes longitudina:'es noirâtres, sux chaque 
côté du ventre(1). 


Les GErmons. (Oncynus. NN.) 


Ne diffèrent des thons , que par de très longues pectorales 
qui égalent le tiers de 4 lougueur du corps, et atteignent 
au-delà de l’anus. 


Le Germon des Basques, Aialonga des Italiens. (Sc. ala- 
longa. Gm.) Duham. Sect. Vi. pl. vi. f. 1, sousle faux 
nom de FA Willughb. App. pl. 9. fr. 

Se prend dans l4 Méditerranée ayec les thons , et.vient 
en été en troupes nombreuses dans le golfe de Gascogne, 
et y fait l’objet d’assez grandes pêches ; son dos est bleu 
noirâtre, et passe par degrés à l'argenñté' du‘ventre.{l pèse 
souvent quatre-vingts livres; Sa chair est beaucoup plus 
blanche que celle du thon. 


(r) Aj: Sc. coretta, N., Sloane, Jam., I, 1,3; —Dangiri mangelang, 
Renard, I, zxxv:, 180. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 199 
Les Auxiness (Auxis. N.) (1) 


Ont, avec le corselet et les pectorales médiocres des thons, 
les dorsales séparées comme dans les maquereaux. 
Il y en a une dans la Méditerranée, 


Le Bonicou ou $Sconibre Laroche de Risso , où Scomber 
bisus: Rafinesque. Caratt. pl. EH f. 1. Ewypt. XXIV. 6.) 


À dos d’un beau bleu, des lignes obliques noirâtres ; à 
chair d’un rouge FU" 

Les Antilles en possèdent une autre que l’on y nomme 
Thon, etqui devient aussi grande que le thon d'Europe (2). 


Les Sarpes. {Sarpa::N.) (3) 


Se distiuguent des thons seulement par des dents poin- 
tues ; LP et assez fortes. 

On n’en SRE qu’une, abondante dans la mer Noire et 
la Méditerranée ( Scomber sarda ; BL, 334), Aldrov., 313, 
Salvian., 123, Bélor., 179 (4). Bleue, à dos rayé oblique- 
ment de roïâtre. Elle habite aussi les deux Océans. C’est 
un poisson remarquable par l'extrême longueur de sa 
vésicule du fiel, qui était déja connue d’Aristote (5). 


Les Tassarps. (Cysivm. N.) (6) 


Ont le corps alongé, sans corselet et des dents grandes, 
eomprimées, Lranchantes, en un mot en forme de lancettes. 
Leurs palatius n’ont que des dents en velours ras. Il y en a 


(x) Auxis, nom ancien d’un poisson de la famille des thons. 

(2) Aj. le Tasard, Lacép., IV, p. 8; — L’albacore, Sloane, Jam., I, 
r,.1? 

(3) Sarda était le nom ancien du thon pêché et salé 
dentale. 

(4). C'est l_Amia des anciens, et de Rondelet, 238, le Sarda de Ron- 
delet, 248, en est le jeune âge. C’est. aussi le Scomber palamitus de 
Rafinesque , le Sc. pontious de Pall., Zoogr. ress. 

(5) Arist., Hist., II, c. 15. Au reste, le thon commun a la vésicule du 
fiel tout aussi lorgue. 

(6) Cyhium , nom ancien d’une préparaUon de thon et d’un poisson 
de la famille des thons. 


» 2 


é dans la mer occi- 


200 POISSONS - 


plusieurs dans les parties chaudes des deux Océans, dont 
quelques-uns deviennent fort grands (r). 


Les Tayrsires (2). 


Diffèrent des cybiums , parce que leurs dents antérieures 
sont plus jongues que les autres, et qu il x a aussi des 
dents pointues à leurs palatins. Leur queue n’a point de ca- 
rène latérale. 

Ce petit sous-genre conduit sensiblement aux lépidopes 
et aux trichiures (3). 


Les Gemprres (4). 


Ressemblent aux thyrsites parles dents des mâchoires, mais 
ils manquent de dents au palais, et leurs ventrales sont pres- 
que imperceptibles, ce qui est encore un rapport avec les 


lépidopes (5). 
« Les EsPapons. (XrpxrAs. Linn.) 


Appartiennent à la famille desscombéroïdes, et se rap- 
prochent particulièrement des thons, par leurs écailles 
infiniment petites, par les carènes des côtés deleurqueue, 
par la force de leur caudale, et par toute leur orga- 
nisalion intérieure. Leur caractère distinctif consiste 
dans le bec ou la longue pointe en forme ‘d’épée ou 
de broche, qui termine leur mâchoire supérieure, et 
leur fait une arme offensive très puissante, avec la- 


(r) €. Commersonü, N., Sc. Commersont, Lacép., où Konam , Rus- 
sel, 135; — C. lineolatum, N., Mangelang, Russ., 4, vu, 3; — C. 
guttatum , N., ou Sc. guttatus , Bi. Schn. , pl. v, Wingeram, Russel, 134; 
— C, maculatum , où Sc, maculatus, Mitch., Trans. New-Y:,7T, vi,8; 
— C. regale,N., ou $c regalis, B1., 333, qui est aussi le $comberomore 
plumier, Lacép., IH, 293; — C: cavalla, où Guarapuca, Märgr., 178. 

(2) Nom ancien d’un poisson de cette famille. 

(3) Scomber dentatus ; BL Schn., ou Sc. atun, Enphrasen et Lacép., 
ou Acinacée bdtarde , Bory Saint-Vincent. 

(4) Nom ancien d’un poisson inconnu. 

(5) Gémpylus serpens, N., où $erpens marinus compressus lividus, 

Sloane, 1, 1, £. 2. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 201 


quelle ils attaquent les plus grands animaux marins. 
Ce bec se compose principalement du vomer et des inter- 
maxillaires, et est renforcé àksa base par l’ethmoïde, 
les frontaux et les maxillaires. Leurs branchies ne sont 
pas divisées en dents de peignes, mais formées cha- 
cune de deux grandes lames parallèles, dont la sur- 
face est réticulée (1). Leur rapidité est excessive; ils ont 
la chair excellente. 


Les Espanons proprement dits. ( Xipmias. N. ) 


Mont point de ventrales. 
On n’en connaît qu’un, 


L’Espadon commun. ( Xiphias gladius. L.) 


À pointe aplatie horizontalement et tranchante comme 
une large lame d’épée. Les côtés de sa queue sont fortement 
carénés. Il n’a qu’une dorsale, mais qui s'élève de l’avant 
et de l’arrière, et dont le milieu s’use avec l’âge , au point 
qu’il paraît en avoir deux. C’est un des plus grands et des 
meilleurs poissons de nos mers; on en a souvent de quinze 
pieds et plus. Il est plus commun dans la Méditerranée 
que dans l’Océan. Un crustacé parasite (2) entre dans sa 
chair, et le rend quelquefois si furieux, qu’il échoue sur 
le rivage (3). dis 


Les Terraptures. (Terraprurus. Rafinesque.) 


Ontla pointe du museau en forme de stylet, et des ven- 
trales consistant chacure en un seul brin non articulé. Leur 
caudale a de chaque côté de sa base, deux petites crêtes sail- 
lantes comme dans le maquereau. 


‘1H yen à un dans”/Ja Méditerranée; l’Æiguille des Sici- 
liens, Tetrapturus belone, Rafin., Caratt., pl. 1, £ 1. 


(1) C’est ce qui a fait dire à Aristote, que le xiphias à huit branchies. 

(2) Il est nominé mal à propos par Gmel. Pennatula filosa. 

(3) N. B.Le X'iphias imperator, BL. Schn., pl. 21, pris de Duhamel, 
sect. IV, pl. xxvi, f. 2, n’est que la copie d'une mauvaise figure donnée 
par Aldroyande (Pisc., p. 332) comme celle du xiphias ordinaire. E’es- 
pèce de l’imperator doit donc disparaître. 


202 POISSONS 


Les Maxaira. Lacép. 


Ont la pointe et les deux petites crêtes des tétraptures , 
mais ils manquent de ventrales. 

Ca n’en a vu encore qu’un individu, pris à l’île de Ré 
en 1802 ( Makaira noirâtre, Lacép., Xiphias makaiïra, 
SH) |: 

Les Vorens. (isriopnonus. Lacép. Norisriuw. Herman.) 


Out ie bec et les crêtes de la queue comme les tetraptures, 
mais leur dorsale est tres haute, et leur sert à prendre le 
vent lorsqu'ils nagent, et leurs ventrales longues, grêles, 
sont composées de deux rayons. 

Il y en a quelques espèces encore mal déterminées, 
dont une de la mer des Indes (Scomber gladius, Broussonet, 
Acad. des Sc., 1786, pl. 10. ) Xiphias velifer , BI., Schn., 
Xiphias platisterus, Shaw., IV, part., Il, p. 101, a été dé- 
crite depuis long-temps (2). 

Tous ces poissons atteignent une très grande taille. 


Les CentTronores. (CEnrRoNoTus. Lac.) 


Sont un grand genre de scombéroïdes caractérisés, 
parce que. les épines qui, dans les acanthoptérygiens, 
en général, forment ou la partie antérieure de la dor- 
sale, ou une première dorsale séparée , sont libres et 
non réunies par une membrane commune. Leurs ven- 
trales existent d'ailleurs toujours: Ils se subdivisent 
comme il suit : 


Les Picores. (Naucrazes. Rafin.) 


Joignent à ces épines libres du dos, un corps en fuseau, et 


(1) Il reste même à savoir si ce n’était pas un tétrapture qui avait perdu 
ses ventrales. La fizure.de M. de Lacép., IV, xur, 3, est faite d’après le 
dessin grossier d’un pêcheur. 

(2) Il a été reyrésenté aussi par Nieuhof; ap, Wil'ughb., app., pl. V, 
f. 9, par Renard, 1, pl. 34,f. 182, et IT, pl. 54, f. 233; par Valentyn, 
n° 527. Le Guebucu, Margr., 171, paraît à peine différer de l’espèce 
des Indes. BL, 345, est une copie falsitiée d’une figure du prince Maurice, 


qui différait beaucoup moins de eeile de Margrave. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 203 


une carène aux côtés de la queue comme les thons, et deux 
épines libres au, devant de l’anale. 


L'espèce commune, ou le fanfre de nos matelots pro- 
vençaux ( Garterosteus ductor, Lin., Scomber ductor, B!., 
338), est bleue, avec de larges bandes verticales d’un 
bleu plus foncé. Son nom de pilote vient de ce qu’elle 
suit les vaisseaux pour s’emparér de tout ce qui en tombe; 
et comme le requin a aussi cette habitude, quelques voya- 
geurs ont dit qu’elle sert de guide au requin; sa taille 
"u’ést guère que d’un pied: 

y en à au Brésil une espèce noire, le Ceixupira, 
nsliEe 158: (Scombéeroniger ; Bl., 337 ), qui ee. 15- 
qu’à huit ou neufpieds de longueur. 


Les. ÊLACATES: 


Ont la forme générale des pilotes, et leurs épines libres 
du dos; mais leur têteest aplatie horizontalement, et.ils 
n’ont ni carène à la queue, ui épines libres au devant de 


l’anale (1). 
Les Licass. (Licmia. N.) 


Ont, avec les épines libres du dos, et deux autres libres 
aussi devant l’anale, le corps comprimé, et la queue sans 
carènes latérales: En avant, des épines du dos en est une 
couchée et dirigée en avant. 

La Méditerranée en nourrit trois espèces déjà bien ca- 
ractérisées par Rondelet, et toutes très bonnes comme 

aliment. ; . 


La Liche propre ou F’adigo. (Scomber amia. 1.) Rondel. 
254. Amia. Saly. 121. 


: À ligne latérale fortement courbée en S ; grande espète 
qui atteint à plus dé quatre pieds de long, et Res 
cént livrés. 


2 ———_—_—_—— 


(x ) EL motla, N., Pedda mottah, Russel, 153; — El americana, 
N.. Centronotus spinosus , Mitch., Traes., Noveb., I, 111,9, qui est 
probablement le Gasterosteus canadensis, L., et quelques espèces nou- 
velles. 


204 | POISSONS 
Le Derbio. Rond. 252. (Sc. glaucus L. ) 


À ligne latérale à peu près droite; l’anale et la deuxième 
dorsale marquées d’une tache noire en avant. Lesdents en 
velours. 


La Liche sinueuse. Rond. 255. (L. sinuosa. N.) 


Le bleu du dos, distingué de l’argenté du ventre par 
une ligne en zigzag; les dents en crochets sur une seule 
rangée (1). 


M. de Lacépède, sépare des liches , sous. lé nom peu 
approprié : de Scomséroïnes, les, espèces, où les derniers 
rayons de la deuxième dorsale ét.de l’anale sont séparés en 
fausses nageoires comme dans les scombres proprement 
dits (2). 

Les Tracsinores. Lacép. 


Dont ses Acanrainions et ses Cæsromores, ne diffèrent 
pas génériquement, sont des liches à corps élevé, à profil 
tombant plus verticalement , à dorsale et anale aiguisées én 
pointes plus aiongées (3). 


Les RuINCHOBDELLES. (RaiNcoBpezzA. Bl. Schn. ) 


Ont des épines libres sur:le dos, comme les centro- 
notes, et deux épines libres au devant de lPanale, mais 
ils manquent de ventrales , comme les espadons propre: 
ment dits. Leur corps est alongé. 


Il y en a deux sous-genres. 
LL 


(1) Aj. Scomb. calcar, BL, 336, £..3. 

(2) Scomber Forsteri, BI. Schn. , où Scombéroïde commersonien, La- 
cép:; I, xx, 3, ou Æken paruh, FIAT, 1413 — Tolparah, Russel, 138; 
= Sc: aculatus, BL, 336, a; — Sc. lysan, Forsk ;: — Sc: ,saliens , 

BL, 335 ; et Lacép., IT, xx; — Gasterosteus occidentalis, L.; Brown., 
Jam., xLVI, 2; — Din -acha, Parra, xu, 2. 

(3) Chœtodon glaucus, Lacép., 210, ou Æcanthinion bleu, Lacép., IV, 
Boo = Chœt. rhomboïdes, BL., 209, ou Ac. rhomboïde, Lac. ; — Gus- 
térosteus ovatus , L., où Aookalée parah , Russel, 154; — Coœsiomore 
Block.; Lacép., IL, 11, 23 — Scomber falcatus ; Forsk.; —\Cæœsiomore 
baillon, lacép., UT, h1,13; — Botlah-purah, Russel, 142. 


ACANTHOPTÉRYGLENS, 205 

Dans à 

Les Macrocnatues. Lacép. 

Le museau se prolonge en une pointe cartilagineuse qui 
dépasse la mâchoire inférieure; la seconde dorsale et l’anale 
sont distinctes de la caudale (1). Dans 

Les Masracemezes. (Masracemsezus, Gronov.) 

Les deux mâchoires sont à peu près égales, et la caudale et 
l’anale presque réunies à la caudale (9). 

Les uns et les autres vivent dans les eaux douces de l’Asie, 


et s’y nourrissent de vers qu’ils cherchent dans le sable. 
Eeur chair est estimée. 


Peut-être est-ce ici que l’on doit placer un genre 


sur lequel on n’a encore que des notions incom- 
plètes ; celui des 
NoracanTHes. BI. (CamprLopon. Oth. Fabric.) 

Leur corps est très alongé, comprimé, revêtu d’écail- 
les petites et molles , leur museau obtus saille ensavant 
de la bouche, qui est armée de dents fines et serrées ; 
il n’y a sur le dos que des épines libres; les ventrales 
sont en arrière sous l’abdomen ; une anale très longue 
règne jusqu’au bout de la queue , où elle se js à une 
très petite caudale, 


On n’en connaît qu’une espèce ( Notacanthus nasus, 
BI. 431, dela mer Glaciale, longue de deux pieds et demi, 


Les SÉRIOLES. ( SERIOLA. N.) 


Offrent tousles caractères des liches; une épine couchée 
avant la première dorsale; une petite nageoire libre 


(1) Rhynchobdella orientalis, BI. Schn., où Ophidium aculeatum , 
BL , 159,2, ou Macrognate aiguillonné, Tacép, , I, vint, 3: — Rk. 
podyacantha, .Bl. Schn., ou Macrognate armé, Laccp.; Buchar., 
pl. xxxçn,x,6;—Âh. aral., Pl. Scho., pl. zxxxix; —Macrogn. pan- 
calus, Buchan., xxu1, 7. 

(2) Ahynchobdellu halepensis, Pl. Schn.; Gronov., Zooph., pl. vi, 
a, x. 


260 POISSONS 

soutenue par deux épines en avant de F'anale; le corps 
comprimé, une ligne latéraïe sans carène ni armure, 
mais les épines de leur première dorsale sont unies en 
nageoire par une membrane. 


Une de leurs: espèces, le péche lait âe nos colons de 
‘Pondichéry (Scomber lactarius, Bl., Schn.), Russell, 
108, est remarquable par l’extrême délicatesse de sa chair. 
Une autre (Seriola cosmopolita , N., Scomber chloris , BI., 
339), comme étant du petit nombre des poissons que l’on 
rencontre dans les deux Océans (1). 
H y en a une espèce dont le dernier rayon de la dorsale 
et de l’anale est détaché (Sericla-bipinnulata, Nob.), 
Zool. de Freycin., pl. 61, £. 3. 


Les Pasreurs. (Nomeus. Nob.) 


Long-temps placés parmi les gebies, ont de grands 
rapports avec les sérioles; mais leurs ventrales extrème- 
ment grandes et larges, attachées au ventre par leur 
bord interne, leur donnent un caracière particulier. 


On en a une espèce des mers d'Amérique le Harder, 
Margr., 153 ( Nomeus mauritii, N.), argentée, à bandes 
transverses noires sur le dos (2). 


Les Temnonons. Nob. 


Ont la queue sans armure, la petite nageoire ou les 
épines Hbres au devant de J’anale des sérioles; leur pre- 
mière dorsale est très frêle et très basse; la seconde et 


RE LE PER 2e ne ONE Re 
(x) Aj. Sériole Dumeril, Risso. ; —Scomber fasciatus, BL, 341; — 
Sériole de Rafinesque , Risso ou Trachurus aquilus. Raff. carait. x1, 3. 
(2) Cest le Gobius gronovü, Gmel., le Gobiomore gronovien, Lacép., 
VEleotris mauritüt, Bl. Schn., ctle Scomber zonatus, Miich., Traus. 
New-Yorck, 1,1v, 3. Il grandit comme un saumon. L'autre Jarder, 
Margr., bras., 166, paraît unmuge. 

Harder où Herder (berger) est un nom que les matelots hol'andais 
donnent à divers poissons , d’après des idées semblables à celles qui ont 
fait donner par les nôtres ceux de conducteur, de pilote, etc. Peut-être 
même a-t-on confondu notre nomeus avec le pilote ordinaire, à cause de 
la ressemblance de ses bandes noïres. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 207 
l’anale sont couvertes de petites écailles ; mais leur prin- 
cipal caractère consiste dans une rangée de denis sé- 
parées, pointues et tranchantes, à chaque machoire ; 
derrière celles d’en haut en est une rangée de petites, 
etil yenaen fin velours au vomer, aux palatins et à 
la langue, Leur opercule finit en deux pointes, et ils 
ouL sept rayons aux ouïes. 


On n’en connaît bien qu’un ( Temn. saltator, N.), 
argenté ) de la taille du maquereau, qui est du petit 
nombre des poissons communs aux deux Océans (1). 


LEs CARANx. ( Caranx. N.) 


Sont des scombéroïdescaractérisés paruneligne Jatérale 
cuirassée sur une étendue plus ou moinsgrande, depièces 
ou de bandes écailleuses carénées, et souvent épineuses. 
Ils ont deux dorsales distincies, une épine couchée 
en ayant de la première; les derniers rayons de ja se- 
conde faiblement liés, et quelquefois séparés en fausses 
nageoires ; des épines libres ou formant une petite na- 
geoire au devant de l’anale. 


Nos mers d'Europe en nourrissent plusieurs , semblables 
au maquereau pour la forme générale et parle goût, remar- 
quables, parce que les bandes ou plaques qui garnissent ee 
ligue latérale commencent dès l’ épaule. 

On les confond sous les noms de Saurels, MWMaquereaux 
bâtards, etc. ( Scomber trachurus, Lin.), mais ilsdifferent 
par le nombre des bandes (2), et l’inflexion plus ou moins 
rapide de leur ligne latérale. On en trouve jusqu’à la Nou- 
veélle-Zélande de fort semblables aux nôtres. 

Al euros np ton, 1 PA 1m) OUR 0 MN BAISE SAR 

(1) Nous Pavons presque sans différence d'Alexandrie, des Etats-Unis, 
da Brésil, du Capet de la Nouvelle-Hollande, C’est le Cheilodiptère hep- 
tacanthe, Lacép., NI, zxx1, 3, d'après Commerson, et son Pomatome skib, 
IV, vin, 3, d'après Bosc. C’est aussi le Perca saltatrix, Lin». ; Catesb. . 
IT, vur, 2 ou $Spare sauteur, Lacép. — aj. perca antarcticu. Carmich, 
Trans. lin. XIT , xxv ? 

(2) y à depuis 50 jusqu’à 100 de ces bandes. 


. 


208 POISSONS 


Les autres caranx n’ont de plaques que sur la partie pos- 
térieure et droite de leur ligne latérale; sa partie auté- 
rieure et arquée , n’a que de petites écailles. 

Il y en a en forme de fuseau comme le saurel' d'Europe ; 
et parmi eux, quelques-uns ont une seule fausse nageoire 
à la dorsale et à l’anale /1), d’autres en ont plusieurs (2), 
mais le plus grand nombre n’en a point (3). . 

Quelques caranx , dont le corps est plus élevé, mais qui 
ont encore le profil oblique et peu convexe, se font remar- 
quer par des dents sur une seule rangée (4). 


Nos marins nomment CarAnGuEs, des poissons de ce genre, 
à corps élevé . à profil tranchant , courbé en arc convexe ,'et 
descendant rapidement. Les espèces en sont très nombreuses 
dans les deux Océans. 


La Carangue des Antilles. (Scomber carangus. BI. 340.) 


Est argentée, avec une tache noire à l’opercule, et pèse 
souvent de vingt à vingt-cinq livres. C’est un bon pois- 
son, et très sain. 

Une espèce très semblable, mais sans tache noire, 


La Carangue bätarde. (Guaratereba. Séb. WI. xxvn. 3.) 
Est au contraire très sujette à être ermpoisonnée (5). 


(1) Æurra-wodagahwah, Russel , 139; — Car. punctatus, N., nommé 
Scomber hippos, par Mitch. , Trans. de New-York, I, v,5; mais qui 
n’est pas lhippos de Linnæus; — Curvata pinima , Margr. ., bras., 150. 

(2) Scomber Rotleri, Bl., 346, et Russel, 143; — Sc. Eu RME 
mais non pas ses synonymes, qui sont des Carangues. 

(3) Scomber crumenophtalmus , B1., 343; — Scomber Plumieri, BI., 
‘344, le même que .$c. ruber, 343, et que le Caranx Daubenton, La- 
cép., AIL, 77. 

(4) Scormber dentex, Bl. Schn. ; — Caranx lune, Geoffr. Saint-Hil., 
Egypte, poiss., xxiu, 3, dont Citula Banksii, Riss., 2e ed., VI, 13, ct peut 
être T'rachurus imperalis. Rafin. Car. XI, 1 , sont au moins très voisins. 

(5) Aj. le Scomber hippos de Linn., qui est le Sc. chrysos de Mitchill. ; 
— Ekalah parah, Russel, 146, peut-être le Scomber ignobilis, Forsk. ; 
— Car, sex fasciatus , Quoy et Gaym., Zool. de Freycin., pl. 65, f. 4; 
— Jarra dandrée parah, Russel, 147; — Scomber Kleinii AB1., 347, 2; 
—$c. sansun, Forsk. ; — Xuguroo parah, Russel, 145;—Talan parah, 
id., 150, ou Scomber malabaricus, BL, Schn.; — Wootim parak, 
Russel, 148. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 209 
On pourrait encore distinguer les carangues sans aucu- 
nes dents (1), et les carangues à pointes de la deuxième 
dorsale et de l’anale très prolongées, que j'avais nommées 
P H6e%y que] 
Ciruses (2). 
On passe ainsi par degrés à des poissons que l’on 
pourrait réunir sous le nom commun de 


VOMER , 


Et qui sont de plus en plus comprimés et élevés, où 
l’armure de la ligne iatérale s’affaiblit successivement, 
dont la peau devient fine, satinée, sansécailles apparentes, 
qui n’ont que des dents en velours ras, et qui se distin- 
guent entre eux par divers prolongements de quelques- 
unes de leurs nageoires. 

Linnæus et Bloch les rangeaient dans le genre ZEUS, 
mais avec peu de propriété. Nous les divisons commeil 
suit : 

Les Ousres. (Ousrus. N.) 


Différent des citules, en ce que les rayons mitoyens de 
leur seconde dorsale ne sont pas branchus, mais seulement 
articulés, et qu’ils se prolongent en longs filaments (3). 


Les Scyres. (Scyris. N. ) 


Ont les mêmes filaments et à peu près la même forme ; 
mais les épines, qui devraient former leur première dor- 
sale, sont entièrement cachées dans le bord de la se- 
conde. Leurs ventrales sont courtes (4). 


L£s Birraaris. Cuv. 


Ont de longs filaments à leur deuxième dorsale , et à leur 
anale ; leurs ventrales sont très prolongées, et les épines de 


(1) Scomber speciosus, Lacép., IT, 1, 1, ou Polooso-parah, Russel, 
149, dont le Car. petaurista, Geoffr., Eg., xx , 1, paraît l’adulte. 
(2) Tchawil-parah, Russel, 151; — Mais-parah, id., 152. 
(3) L'espèce est nouvelle. 
(4) Le Gal d’ Alexandrie, Geoffr., Eg., poiss., XXII, 2. 
TOME Il. 3 14 


210 POISSONS 


la première sont conrtes, et percent à peine la peau (1). Leur 
corps est élevé. Leur profil n’a qu’une inclinaison ordinaire. 


Les Gazs. (uv. 


Ont le profil plus vertical que les biepharis , mais offrent 
du reste les mêmes caractères (2). 


Dans les ARGYREYOSES, 


Le profil est encore plus élevé; lapremière dorsale se pro- 
nonce tout-à -fait, et même 5és rayons se prolong ent, en par- 
tie,en filaments, comme ceux de la seconde. Leurs FL es PR 
sont aussi très proionsées (3). 

Les Vomers proprement dits. 


Avec le corps comprimé, et le profil vertical des Gazs et 
des Arcyreyoses, n’ont point de prolongements à aucune 
de leurs nageoires (4). 


Le genré 
Zeus. Linn. 


Aprèsqu’or ena retranché lesgals, les argyreyoses, etc., 
comprend des poissons à corps comprimé, à bouche très 
protractile, comme celle des ménides à petites écailles, 
n'ayant que des dents faibles et peu nombreuses , mais on 
doit aussi beaucoup lessubdiviser. 


(1) Zeus ciliaris , BL, 196; — Zeus sütor, N., le cordonnier de la Mar- 
tinique. 

(2) Zeus gallus, L., BL, ou Gurrah-parah, Russel, 57; — lé petit 
Gal ; ne nt id., 5S. 

(3) Zeus vomer, L., Mus. ad Fred. , xxx1, 9 , et mieux, BL., 93,2, 
ou Abacatuia, Margr., 161; Zeus rostratus, Mitch. , Trans, de New-Y., 

IL, 1.=—N. B. le Zeus niger, BL., Schn., n’est fondé que sur une méprise, 

parce que, dans le Margrave imprimé, une figure d’Abacatuia a été placée 
par méearde, p. 145, à côté de la description du Guaperva où Chæœtodon 
arcuatus. La Sélène argentée, Lacép., IV,1x,2, est un Æbacatuia dont 
la première dorsale et les ventrales étaient usées. Sa Sélène quadrangulaire 
est le Chœt. faber. ÿ 

(4) Zeus setapinnis, Mitchill., Trans. New-Y., 1, 9. Labat., Voyage 
de Desmarchais, I, p. 312. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 211 
Les Dorées. (Zeus. Nob.) 


Ont la dorsale échancrée , ses épines accompagnées de 
longs lambeaux de la membrane, et une série d’épines 
fourchues le long des bases de la dorsale et de l’anale. 


Nous en avons dans nos deux mers une espèce (Zeus 
Faber, Lin.), Bl., 41, jaunâtre, avec une tache ronde et 
noire sur le flanc, que l’on'‘connaît sous les noms de Dorée 
et de poisson saïnt Pierre. C'est un très bon poisson. 

La Méditerranée en possède une autre, distinguée par 
une forte épine fourchue à son épaule (Z. pungio, Nob., 


Rondel., 328). 
Les Carros. Lacép. 


Ont la dorsale échancrée des dorées , et la bouche encore 
plus protractile ; mais il n’y a pas d’aiguillons le long de 
leur dorsale et de leur anale; tout leur corps est couvert 
d’écailles fort rudes. 


On n’en connaît qu’un de la Méditerranée, petit, jau- 
nâtre (Zeus aper, L.) (1). 


Les Lampnis. Retzius. Carysotoses. Lacép.” 


N’ont qu’une dorsale très élevée de l’avant , ainsi que l’a- 
nale , et qui n’a qu’une seule petite épine à la base de son 
bord antérieur. Leurs ventrales ont dix rayons très longs, et 
les lobes de leur caudale sont aussi très alongés, mais tous 
ces prolongements s’usent ayec l'âge. Les côtés de la queue 
sont relevés en carène. 

On n’en connaît qu’un des mers du Nord ( Zampris gut- 
tatus , Retz.), qui devient fort grand et est violet, ta- 

cheté de blanc, et a les nageoires rouges (2). 


nn, 

(1) C’est aussi le Perca pusilla de Brunnich. 

(2) C'est le Zeus regius, Bonnat. Encycl., ichtyol., fig. 155. Le Z. im- 
perialis, Shaw., Nat. misc., n° 140; le Z. luna, Gmel; le Z. guttatus, 
Bruonich, Soc. des Sc. de Copenh,, IT, 588; le Scomber pelagicus, 
Gunner, Mém. de Dronth., IV, xir, 1; le Chrysotose Lune , Lacép., IV, 
1x, 3: le Poisson de lune, Duham., sect. IV, pl. 1 ,f. 5; l'Opah de 
Pennant , etc. 

14° : 


212 POISSONS 
Les Equura. Cuv. 


N’ont aussi qu’une seuie dorsale, mais à plusieurs aiguil- 
lons, dont les antérieurs sont quelquefois très élevés; leur 
museau est très protractile, leur corps comprimé, les bords 
de leur dos et de leur ventre dentelés le long des nageoires. 

Ce sont de petits poissons dont il y a plusieurs espèces 
dans la mer des Iudes (1). 

Quelques-unes de ces espèces ont, dans l’état de repos, le 
museau singulièrement retiré, et en le déployant subite- 
ment elles saisissent les petits poissons ou insectes qui pas- 
sent à leur portée (2). 

Les Mëènés. Lacép. 


Ont le museau des equula, et le corps encore plus com- 
primé ; leur ventre est tranchant, et son bord très convexe 
vers le bas, par le développement des os de l’épaule, et du 
bassin , tandis que la ligne du dos est presque droite, ce qui 
recule leurs ventrales en arrière de leurs pectorales. 

On n’en connaît qu’un de la mer des Indes, et de la 
Chine , Mené Anne-Caroline , Lacép.,V , xiv , 2, ou Zeus 
maculatus, Bl., Schn., pl. xxn ; Russel., Go. D’un bel ar- 
genté tacheté de noirâtre vers le dos. 


LES STROMATÉES. {STROMATEUS. IL.) 


Ont la même forme comprimée que les différents 
Zeus; les mêmes écailles très petites et peu apparentes, 
sous un épiderme satiné; mais leur museau est obtus , 
non protractile ; ils n’oni qu’une dorsale dont les aiguil- 


(1) Le type de ce genre est le Scomber equula de Forskal, dont Gme- 
lin a fait son Centrogaster equula , et Lacép. son Cœsio poulain. Aj. Egq. 
ensiféra, Nob., ou Scomber edentulus, Bl., 428, on Leyognathe argenté, 
Lacép. ; —— Eq. cara, N., Russel; 66; — Eq. fasciata, N., ou Clupea 
fasciata;Lacép., V, p. 463, Mém. du Mus., 1,xxiu,2;—Æq. splendens, 
N., Russel , 61 ;—Eq. daura, N., Russ., 65:—E£q. totta , Russ., 62 ;— 
Eg. coma, Russ. et Seb., LIT, xxvn, 4, 63;—Eq. ruconius, Buchan., XII, 
35; — Eq. minuta, N., ou Séomber minutus, BI. 429, 2, qui pourrait 
bien être le même que le Zeus argentarius, Forster, IX, Schn:, 06. : 

(2) Eg. insidiatrix , N., ou Zeus insidiator, BL., 192, f, 2 et 3. 


int 


ACANTHOPTÈRYGIENS. 213 


Jons peu nombreux sont cachés dans le bord antérieur , 
et surtout ils manquent de ventrales. Leurs nageoires, 
verticales , sont assez épaisses pour qu’on puisse aussi 
vouloir les rapprocher des squammipennes. Outre la 
ligne latérale ordinaire, il y a sur leur flanc une strie 
qui a été prise pour une deuxième ligne latérale. Leur 
æsophage est armé en dedans d’une quantité d’épines 
qui tiennent à la veloutée par des racines disposées en 
rayons. 

La Méditerranée en a une jolie espèce oblongue ( Stro- 
mateus fiatola, L.), Belon., Aquat., 153, Rondel., 493 (1), 
réemWquable par ses taches et ses bandes'interrompues de 
Séleur dorée , sur un fond plombé. 

Les côtes du Pérou en possèdent un (Str. stellatus , N.) 
à peu près de même forme, mais semé de taches noires; 
commun au marché de Lima. 

Il y en a, dans la mer des Indes, plusieurs autresespèces 
connuesdenos colonsfrançais sousle nom de Pamples; elles 
sont généralement plus hautes que lafiatole, et l’on voftsou- 
vent des épines ou des lämes tranchantes au devant de leur 
dorsale et même de leur anale (2). 


On peut en distinguer 
Les Prprirus. 


Dont le bassin forme , en avant de leur anus , uue petite 
lame tranchante et pointue, que l’on pourrait être tenté de 
prerdre pour un vestige de ventrales (3). D’ailleurs ils ont 


(1) Cette figure, où la pectorale gaache, reployée vers le bas, a para à 
M. de Lacépède être une ventrale, a donné lieu à l’établissement de son 
genre Chrysostrôme, qai en conséquence doit être supprimé. 

(2) La Pample noire, stromateus niger, BL, 422, et mieux 160 sous. 
le faux nom de Str, paru, Russel, 43 ; — la Pample blanche;-Str. albus, 
N. Russel, 44; —la Pumple éclatante, Su, candidus, N. Russel, 47; 
—la Pample argentée, Str. argenteus , Euphrasen , Nouv. Mém. de 
Stokh, IX, pl. 1x, ou Sr. aculeatus, BI. , Schn. ; —la Pample grise, 
Str. griseus, N. 

(3) Chœtodon alepilotus, Lion., ou $trormateus longipinnis, Miichill. ; 
— Str. cryptosus, Mitch,; — Sir. paru, Sloane, Jam., IL, pl. ccz, fig. A. 


214 POISSONS 


aussi les lames tranchantes dont nous venons de parler ; et 
même nous en avons un où ces lames sont crénelées (1) 


Les luvarus. Rafinesque. 


Paraissent se rapprocher beaucoup des peprilus; l’extré- 
mité de leur bassin porte une petite écaille qui sert comme 
d’opercule à l’anus. On ne leur voit point de lames tran- 
chantes. Leur queue a, de chaque côté, unecarène prononcée, 
comme dans les {hons, les lampris. 

Nous en avons une très grande espèce dans nos mers (Lu- 
varus imperialis , Rafin., Ind. d’ittiol., Sicil., ph, 1; EU 
argentée, à dos rougeâtre (2). 

L 


Les SeseriNus. Cuv.! 


Ont tous les caractères des stromatées, même à l’in- 
térieur; mais on leur voit deux très petites ventrales, où 
plutôt décx vesliges de ventrales. 


la Méditerranée en a une petite PR (Seserinus ron- 
deletii, N.), Rondel., 253. 


Les Kurtes. (Kunrus. BI.) 


Tiennent de près aux peprilus, dont ils différent 
surtout parce que leur dorsale est moins étendue en 
longueur, et parce que leurs ventrales sont bien dé- 
veloppées ; leur anale est longue ; leurs écailles sont si 
fines, qu’on ne les aperçoit guères que lorsque la peau se 
dessèche; il n’y en a point aux nageoires ; on compte sept 
rayons à leurs ouïes; leur bassin à une épine entre Îles 
ventrales, et il y a de petites lames tranchantes au de- 


(1) Peprilus crenulatus, Nob., espèce petite et nouvelle. 

(2) On en a pris un à l'île de Ré, en 1826, dont nous avons recu la 
figure par M. Journal Rouquet , employé des douanes dans ceute île. 

Je soupçonne que l’on doit y rapporter, au moins comme congénère, 
l’Æusonia Cuvieri, Risso , deuxième édition, pl. x1, f, 26, à laquelic 
cependant on représeate deux épines à l’anus. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 215 


vant de la dorsale, dont la base a une épine couchée 
en avant. 1 

Leur squelette offre une grande singularité, en ce que 
ses côtes sont dilatées, convexes, et forment des anneaux 
qui se touchent les uns les autres, et enferment ainsi 
un espace conique et vide qui se prolonge sous la queue 
dans les anneaux inférieurs des vertèbres, en un tube 
long et mince qui renferme la vessie natatoire. ‘ 


Le Kurtus indicus , B1., 169, 


Pourrait bien n’être que la femelle du Xurtus cornutus 
ou Somdrum-Kara-Mottee de Russel , poisson très remar- 
quable par une petite corne cartilagineuse et courbée qui 
s'élève sur la première des petites lames tranchantes , au- 
devant de la dorsale. 


Les CorxPHÈNES. (CoryPHÆNA. Linn.) Vulg. Dorades, 
et par les Hollandais Dolphin et Dofin. 


Ont le Corps comprimé , alongé, couvert de petites 
écailles; la tête tranchante à sa partie supérieure , une 
dorsale qui rèyne sur toute la longueur du dos, et se 
compose de rayons presque également flexibles, quoique 
les antérieurs n’aient pas d’articulation. Il y a sept 
rayons à leurs ouies. 


Les CorxpnENEs proprement dites. (Conypaæna. Nob. ) 


Ont la tête très élevée , le profil courbé en arc, tom- 
bant très rapidement, les yeux fort abaissés , des dents 
, aux palatins comme aux mâchoires. Ce sont de grands et 
beaux poissons célèbres parmi les navigateurs pour la rapi- 
Pidité de leur natation , et la guerre qu’ils font aux pois- 
sons volants. 


La Coryphène de la Méditerranée (C. hippurus. L.) 


À soixante rayons à sa dorsale; d’un bleu argenté en 
dessus , avec des taches bleu foncé; jaune citron tacheté 
de bleu clair en dessous. 


216 POISSONS 


Il y en a dans l'Océan plusieurs espèces voisines jus- 
qu’à présent confondues avec celle-là (1). 


Les Caranxomores. Lacép. 


Différent des coryphènes propres, parce que leur tête 
est oblongue et peu élevée , et leur œil dans une position 
moyenne (2). 

Les CenrroLopæes. Lacép. 


Ont en outre le palais dénué de dents, et un intervalle 
sans rayons entre l’occiput et le commencement de la dor- 
sale (3). 

Il y a daus la Méditerranée une espèce de chacun de ces 
sous-genres , et elles s’égarent quelquefois dans Océan. 


Les Asrropermus. Bonnelli. 


Ont la tête élevée et tranchante, et la longue dorsale des 
coryphènes ; mais teur bouche est peu fendue ; on ne compte 
que quatre rayons à leurs ouies; leurs ventrales sont très 
petites , placées sous la gorge, et surtout les écailles éparses 
sur Jeur corps ont la forme rayonnée de petites étoiles. 


On n’en connaît qu’un de la Méditerranée, argenté , ta- 
cheté de noir ; à dorsale très élevée ; à nageoires rouges (4). 


Les Preracuis. Gron. (Oucopones. Lacép. ) 


Ont les dents et la tête des coryphènes, mais leurs écailles 
sont plus grandes, leurs ventrales jugulaires et très petites, 


(1) Nous en décrirons plusieurs dans notre ichtyologie, et nous essaie- 
rons d'y débrouiller leur synonymie. 

(2) Scomber pelagicus, L., Mus. ad Fred., xxx, f. 3, ou Cychla pela- 
gica, BI., Schn. ; — Cor fasciolata , Pall., Spic., Zool. fasc., VIT, 
pl. m, f. 2. 

(3) Coryphæna pompilus, L., Rondel., 250 ; — le Centrolophe nègre, 
Lacép., IV, 441, le même que le Perca nigra, Gmel. , Borlase, Hist. of 
Cornw. , pl. xxvi, f. 8, ou Holocentre noir, Lacép.; le Merle, Dubam., 
sect. IV, pl. vi, f. 2. 

(4) Astrodermus guttatus, Bonnelli; oa Diana semilunata, Risso, 2e éd., 
pl. vu, f. 14. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 217 
et leur dorsale et leur anale aussi élevées que le poisson , ce 
qui leur donne la forme d’une haute voile. 

On n’en connaît qu’un de la Caroline ( Coryphœna veli- 
fera, Pall., Spic., Zool., fasc., vur, pl. (1). 
- La huitième famille des ACANTHOPTÉRYGIENS , 
celle 


Des POISSONS EN RUBAN ou TÆNIOIDES. 


Se rattache de très près aux scombéroïdes, et 
son premier genre se lie même étroitemeul avec 
les gempyles et les thyrsites; ce sont des poissons 
très alongés, très aplaiis par les côtés, à très pe- 
ütes écailles. 

Une première tribu a le museau alongé, la bou- 
che fendue, armée de fortes dents pointues et tran- 
chantes, la mâchoire inférieure plus avancée que 
l’autre; elle ne comprend que deux genres. 


Les Lépipopes. (Leprpopus. Gouan. } Vulgzirement 
Jarretières. 


Ont pour caractère spécial, des ventrales réduites à 
deux petites pièces écailleuses ; leur corps alongé, 
mince, a en dessus une dorsale qui règne sur loute sa 
longueur ,*en dessous une anale basse, et se termine 
par une caudale bien formée. Il y a huit rayons à leurs 
ouïes ; leur estomac est alongé. On compte plus de 
vingts cœcums près de leur pylore ;' leur vessie aérienne, 
longue et grêle, à un corps glanduleux fort marqué. 

Nous en avons dans nos mers uue espèce ( Lepidopus 
argyreus , N.), longue souvent de cinq pieds, et qui a été 


= 


(1) M. Bose nous assure l’avoir pris à la Caroline ; Pallas dit le sien 
des Moluques. Peut-être sont-ce deux espèces. 


218 POISSONS 
décrite sous plusieurs noms (1). On l’a prise depuis l’An- 
gleterre jusqu'au Cap, mais elle est rare partout, 


Les Tricarures. ( Tricæiurus. Linn. — LEPTURUS. 
ÂArtedi. — GYMNOGASTER. Gronov.) 


Ont les mêmes formes de corps, de museau, de mà- 
choires, les mêmes dents pointues et tranchantes, la 
même dorsale étendue sur le dos, que les lépidopes; 
mais ils manquent de ventrales et de caudale, et leur 
queue se prolonge en un long filet grêle et comprimé. 
A la place d’anale, ils n’ont qu’une suite de petites 
épines à peine visibles sous le bord inférieur dela queue; 
leurs ouïes n’ont que sept rayons. Ils ressemblent à de 
beaux rubans d'argent ; leur estomac est alongé et épais ; 
leurs intestins droits; leurs cœcums nombreux; leur 
” vessie na‘atoire longue et simple. 


H y en a une espèce dans l’Atlantique (Trichiurus lep- 
turus, Lin.), Brown.; Jam., pl. x1v,f. 4 (2), qui se trouve 
également sur les côtes de l’Amérique et sur celles de l’A- 
frique. 

Nous en connaissons deux de la mer des Indes, dont 
une ( Trich. haumela , Schn., Clupea haumela, Forsk., et 
Gmel. , Savala, Russel. , 1, 41 ) est très semblable à 
la précédente, et seulement un peu moins alongée. 


(1) C’est le Lepidopus de Gouan., Ans ét, FE Pi. ie f. 4 ; 
le Trichiurus caudatus, Euphrasen , N on ya X, pl ax, 
f. 2;le Trichiurus gladius, Holten , Soc, MEL e CES, V, 
p. 23 et pl. u; le Trichiurus ensiformis de Vaud, ou Ÿ’andellius lasé. 
tanicus de Shaw; le Ziphôtheca tetrudens de Montagu , Soc. Werner. , 
I,p. 8ret pl, nu; le Scarcina argyrea de Rafinesque, Nuor, caratt. , 
pl. vu, f. 1; le Lepidope peron de Risso ; le Lepidope argente de Nardo. 

(2) C’est l’Ubirre de Laet, Ind. Occid., 573, qu’il a reproduit par 
une méprise, qu’il indique lui-même, dans Margraye, p. 161, mais à 
côté de la description du Mucu, qui est une murène; confusion qui a fait, 
croire mal à propos à Bloch et à d’autres, que Le Frichiure est d’eau 
douce. 


ACLNTHOPTÉRYGIENS. 219 

L'autre ( Trich. savala, N.), est encore moins alonpée 
et a œil plus petit (1). 

Une deuxième tribu comprend des genres à bouche 


petite et peu fendue. 
Les*Gymnèrres (Gymnerrus. EL.) 


Ont le corps alongé et plat comme tous les précé- 
dents, et manquent entièrement d’anale; mais+ ils ont 
une longue dorsale, dontles rayons antérieurs prolongés, 
forment une sorte de panache, mais se rompent facile- 
ment; leurs ventrales sont fort longues (tant qu’elles 
n’ont pas été usées ou rompucs), leur caudale, composée 
de peu de rayons, s'élève verticalement sur l’extrémité 
de la queue, laquelle fiuit en petit crochet. Il y a six 
rayons à leurs ouïes; leur bouche est peu fendue, très 
protractile, et n'a que quelques petites dents; leur ligne 
latérale a de petites late saillantes vers la queue. 
Ce sont des poissons très mous, à rayons très frêles, 
qui ont souvent été présentés d’une manière fausse, d’a- 
près des individus mutilés (2) ; leur squelette a les os et 


(1) C'est à cause d’une transposition dans le texte de Nieuhof, que l’on 
a attribué aux trichiures des Indes des propriciés électriques que bien sûre- 
ment ils n’ont pas. 

(2) Le Falx venetorum de Belon , dont Gouan a fait son genre Tra- 
cavrrère, et qui est devenu le Cepola trachÿptera , Gmel., ue diffère du 
Tœnia altera de Rondelet, 327, et même de son Tœnéa prima, qui est le 
Cepola iænia, L., et du Spada maximu, Imperati, 587, ou Cepola gladius 
deWalbaum et du Zænia fulcata d'Aldrov , ou Cepola iris de Waibaum, 
qué par lés diversités de mutilation des individus. Ilen est de même du 
Vogmar des Islandais d’Olafsen et Powelsen , IsL., trad. fr, pl. z1, ou 
Gymnogaster arcticus de Prünnich (Soc. des scienc. de Copenhague, IL, 
pl. xnr), qui est le genre Zogmarus; BL. Scho.; du Gymnètre ceépedien , 
Risso, 1°° édit., pl. v, £. 17; de lArgyctius quadrimaculatus, Rafinesque, 
Caratt., 1, f. 3. de ses Scarcina quadrimaculata et imperialis ; du Gym- 
neuus medüerrancus d'Otto; de l'Epidesmus maculatus de Rauzani, opus- 
col. scientif. fascic., VIIT , et du Hegalecus maculatus ; de Nardo , Jour». 
de phys. de Pavie, VIT, pl. 1, £ 1. Tous'ces poissons difièreut à peine 


220 POISSONS 

suriout les vertèbres très peu durcis; leur estomac est 
alongé, et ils ont de très nombreux cæcums; la vessie: 
natatoire leur manque; leur chair, muqueuse, se décom- 
pose très promptemenL. 


Il y en a dans nos mers quelques espèces qui varient-par 
le nombre des rayons de la dorsale, et qui, lersqu’elles sont 
entières, c’est-à-dire dans leur première jeunesse , ont sou- 
vent une apparence fort singulière, à cause des prolonge- 
ments de leurs nageoires. 

L'espèce la plus brillante de la Méditerranée n’a que 
de cent quarante à cent cinquante rayons à sa dorsale. On 
ne l’a vue que petite ou médiocre ; une autre en a de cent 
soixante-dix à cent soixante-quinze ; il y en a dans les ca- 
binets des individus de quatre à cinq pieds ; une troisième 
en a plus de deux cent, et atteint à plus de sept pieds. 

La mer du Nord en produit deux espèces, dites, en 
Norvège, Roë des harengs (1); une à laquelle ou donne 
tantôt cent vingt , tantôt cent soixante rayons , qui atteint 
dix pieds; et une qui en a plus de quatre cent,etatteint jus- 
qu’à dix-huit pieds (2). Leurs ventrales se composent d’un 
long filet dilaté vers le bout. Il y en a aussi aux Indes (3). 


LES STYLEPHORES. (STYLEPHORUS. Shaw. } 


Ont, comme les gymnètres, une caudale redressée mais 


par l'espèce, et nullement par le genre. M. Bonnelli est celui qui a décrit 
l'individu le moins mutilé; qu'il nomme 7rachypierus cristatus , Acad. 
de Turin, XXIV, pl.ix. 

(1) Cest le Regalecus glesne, ascanius , Ic., 2, cahier, pl. x1, qu'il a 
nommé ensuite Ophidium glesne, Mém. de la Soc. des scienc. de Co- 
peubag., II, p. 419, ou le Regalecus remipes , Brünnich , tb. pl. B, f. 4 
et 5. Bloch., Syst. , pl. 88 copie la figure d’Ascanius en l’altérant. Elle 
est mieux copiée dars l’Encyclop. méthod., f. 358. 

(2) Gymnetrus Grülü, Liadroth, Nouv. Mém. de Stock. , t. XIX, 
pl. viu. 

(3) Gymnetrus Russelii, Shaw., IV, part. IL, pag. 195, pl. 28. 

Ajout. le Gymnetrus hawkenii, B. 425, si toutefois cette.figure est fi- 
dèle ; mais le Régalec lancéolé ou Ophidie chinoise , Lacép. 1, xxu, 3, ou. 
Gymnetrus eepedianus de Shaw, n’appartient point à ce genre, 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 221 
plus courte, et l'extrémité de leur queue, au lieu de ne for- 
mer qu’un petit crochet, se prolonge en une corde grêle, 
plus longue que le corps. 


On n’en connaît qu’un individu mal conservé, pris 
dans la mer du Mexique, et dont on n’a eu long-temps 
qu’une image toute défigurée (S4ylephorus chordatus, 
Shaw., Trans. Lin., [, vi; Natur. miscell., VIH, pl. 254, 
et Génér. zool. , IV, 1° part. , pl. n); mais M. de Blain- 
ville en a donne une oi régulière (Journ. de phys. 
tome LXXXVIL, pl. 1, f. 1}. Cet dy ne montre point 
de ventrales. 


Une troisième tribu a le museau court, la bouche 
fendue obliquement. 


Les Rupaxs. (CEPOLA. Linn. ) (1) 


Ont une longue dorsale et une longue anale, at- 
teignant l’une et l’autre la base de la caudale, qui est 
assez grande : leur crâne ne s’élève point ; leur museau est 
très court : leur mâchoire inférieure relevée, leurs dents 
bien pronencées, et leurs ventrales suffisamment dé- 
veloppées. 11 n’y a dans leur dorsale que deux ou trois 
rayons non articulés et aussi flexibles que les autres. L’é- 
pine de leurs ventrales est seule poignante; ils ont six 
rayons aux ouïes ; leur cavité abdominale est fort courte, 
ainsi que leur estomac. Ils ont quelques cœcums et une 
vessie aérienne qui s'étend dans la base de la queue. 


Nous en avons une espèce dans 1 Méditerranée, decou- 
leur rougeâtre ( Cepola rubescens, L.), Trans. Linn., Vf, 
xvn , et Bl., 170, sous le faux nom de Cepola tœnia (2). 


(1) Ce nom de cerora, donné par Willughby comme appartenant ; 
Rome au qe ten a été appliqué par Linnæus au pere actuel dans le- 
quel le Fierasfer n’entre pas. 

(2) Ajout, Cepola japonica. Voy. de Krusenstern, pl. Lx, f. x. 


222 POISSONS 
Les LOPnOTES. Giorna. 


Ont la tête courte, surmontée d’une crête osse use très 
élevée, sur le sommet de laquelle s’articule un long et fort 
rayon épineux, bordé en arrière d’une membrane , et à 
partir de ce rayon , une nageoire basse à rayons presque 
tous simples , régnant ER RARE jusqu’à la pointe de 
Ja queue, qui a une caudale distincte mais très petite; 
et en dessous de cette poinie est une très courte anale. 
Les pectora les sont.médiocres, et sous elles on aperçoit 
avec peine des ventrales de quatre ou cinq rayons exces- 
sivement petites. Les dents sont pointues et peu serrées, 
la bouche dirigée vers le haut , et l'œil fort grand. On 

compte six rayons aux branchies; la cavité abdominale 
occupe presque toute la jongueur du corps. 
On n’en connaît qu’un, 


Le Lophote Lacépède. (Giorna, Mém. de l’Académie imp. 
| de Turin , 1805-1808. p. 19. pl. 2.) 
Qui se trouve, mais rarement, dans la Méditerranée, et 
devient fort grand (1). 
Une neuvième famille d'ACANTHOPTÉRYGIENS, 


Les THEUTYES, 

Tient aux scombéroïdes aussi étroitement que la 

Là » À , L 
précédente, mais par d’autres rapports, tels que l’ar- 
mure que plusieurs de ces genres ont aux côtés de 
la queue ou l’épine couchée dans d’autres en avant 
de la dorsale, etc. Elle ne comprend qu'un très pelit 
nombre de genres, tous étrangers, à corps com- 


primé, oblong, à bouche petite, peu ou point 
A AA APRES CLR TM AT A D RO tire ne" 

(1) M. B. La description de Giorna est incomplète , parce qu’il n'a- 
vait qu’un individu mutilé, dont il ignorait l'origine. J'ai fait la mienne 
sur un individa de plus de quatre pieds, pris à Gênes. Voyez Ann. Mus. 
XX, xvur, 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 223 


protractile, armée à chaque mâchoire de dents 
tranchantes, et sur ue seule rangée ; le palais et la 
langue sans dents et une seule dorsale. Ce sont des 
poissons herbivores, vivant de fucus et d’autresherbes 
marines, etdontlesintestins ont beaucoup d’ampleur. 


Les Srpraxs. ( SiGaNus. Forsk. } Buro de Commerson; 
CENTROGASTER de Houttuyn; AMPHACANTHUS de 
Bloch. 


Ont un caractère très remarquable et unique en ich- 
tyologie, dans leurs ventrales qui ont deux rayons 
épineux, l’externe et l’interne ; les trois intermédiaires 
étant branchus comme à l’ordinaire. Ils ont cinq rayons 
branchiaux. Uneépineest couchée en avant de la dorsale. 
Lesos styloïdesde leur épaule, se prolongent en se recour- 
bant, jusqu’à s'attacher par leur extrémité, aux pre- 
miers inter-épineux de l’anale (1). 

Les espèces en sont assez nombreuses dans la mer des 

Indes {2). 


Les ACANTHURES (AcanTaurRus. Lacép. et Bl.) Har- 
PURUS. Forster. Vulgairement Chirurgiens. 


Ont les dents tranchantes et dentelées, et de chaque 
côté de la queue une forte épine mobile, tranchante 


(2) Geoffr. phil. anat., I, 451 et pl. 1x, f. 108. 

(2) Theutis javus, Linn. , Gronov., Zoophyl., pl. VI, £. 4. — Siga- 
nus stellatus ; Forsk.; — Amphac. punctatus, Bl. Schn., ou Acanthurus 
meleagris, Shaw;— Buro brunneus, Commers., Lacép.,V, 421; —Siganus 
rivulatus , Forsk.;— Æmphac. nebulosus, Quoy et Gaym., Zool. du voy. 
de Freycin., p. 369; — Centrogaster fuscescens ; Houttuyn.;—Chæœtodon 
guttatus, BL., 196; —{mph, marmoratus, Quoy et Gaym., voy.de Freyc. 
Zool., pl. Ga, f. 1 et 2; — 4mph. magniahac, ib., £. 3; — Centrogaster 


argentatus, Houtt. et plusieurs autres ‘que nous décrirons dans potre 
Ichiyologie 


224 POISSONS 


comme une lancette, qui fait de grandes blessures à ceux 
qui prennent ces poissons impriydemment ; c’est ce qui 
leur a valu leur nom vulgaire. 

O 


Il y en a dans les parties chaudes des deux Océans (1). 

Quelques-uns ont la dorsale très haute (2). 

On peut aussi en remarquer qui ont une sorte de brosse 
de poils roides, en avant de l’épine latérale (3). 

Et d’autres où les dents sont dentées profondément d’un 
côté , comme des peignes (4). 


Les PriONURES. Lacép. 


Ne diffèrent des acanthures que par l'armure des côtés 
de leur queue, qui consiste en une suite de plusieurs 
lames tranchantes horizontales et fixes (5). 


Les Nasows. (Naseus. Commers. Monoceros. BI. 
Schn. ) 


Ont,comme les prionures, les côtés de la queue armés 
de lames tranchantes fixés : mais leurs dents sont co- 
niques , et leur front proéminent en forme de corne ou 
de loupe au-dessus de leur museau: ils n’ont que quatre 


(1) Chœtodon chirurgus, BJ. , 208; -- Theutis hepatus, L.; Seb., TIT, 
xxx, f. 3,—4c. glauco-pareius, N., Seb., IIT, xxv, 3, qui paraît le vrai 
Chœtodon nigricans , L.; — Chæœtodon triostegus, Brousson., Dec. Iche., 
no 4, où Æcanthure zèbre, Lacép. qui est aussi son Chœtou. zébre, IL, 
xxv, 3;—4c. guttatus, BL. Schn.; — Ac. suillus , N. Renard , I, pl. 14, 
f. pacte Chtetodon lineatus , L.; Seb. III, xxv, 1; — Chotodés achilles, 
Broussonnet; — Chœtodon meta, Russel, 82; L Cna io sohal, Forsk., 
dont Lacépède a fait mal à propos un genre sous le nom d’Æspisure; — 
Ac. striatus. , N.; Paningu, Renard ,1, pl. r, f. 8; — Ac. argenté, 
Quoy et Gaym., voyage de Freycin., pag. 63 , f. 3; — Cho. nigrofuscus, 
Forsk. ; —Choet. nigricans , BL., 203, qui n’est pas celui de Linnæus. 

(2) Ac. velifer, Bl., 427. 

(3) Ac. scopas , N., Renard, I, pl. xr, f. 201. 

(4). Ac. ctenodon!,.N., esp. nouv: 

(5). Prionure microlépidote, Lacép:, Añn. Mus., IV, p. 205; — Æcan- 
thurus scalprum , Langsdorf. 


ACANTHOPTÉRYGIENS, 225 


rayons aux brarichies, et troisrayons mous aux ventrales, 
leur peau est semblable à du cuir (1). 


Les Axrmures. Nob. 


Plus alongés que les nasons, et sans corne ni loupe, 
mais avec les mêmes rayons branchiaux et ventraux; 
ont la queue armée de chaque côté, d’une lame uni- 
que, carrée, tranchante , sans bouclier; leur bouche est 
très petite, et ils ont les dents très grêles (2). 


Les Prioponws. Nob. 


Réunissent les dents dentelées des acanthures, les 
trois rayons mous aux ventrales des nasons , et la 
queue non armée des sidjans (3). 

La dixième Famille des AcanTHOPTÉRYGIENS , 
comprend un petit nombre de genres, distingués par 
des 
PHARYNGIENS LABYRINTHIFORMES, 

C'est-à-dire qu’une partie de leurs pharyngiens 
supérieurs sont divisés en petits feuillets plus ou 


(1) Naseus fronticornis, Nob. , Lacép., IT, vu, 2, BLl., Schn., 
pl. 42, Hasseq. , it. pal., 332; — Vas. tandock, Renard. , I, 1v, 23; 
et Valent., 518; — Chæt. unicornis , Forsk., diffèrent de notre première 
espèce. — /Vas. brevirostris, N., Ren., I, xxiv', 130; — Vas. tumi- 
frons, N.; mal rendu, Ren., I, f. 178; — Vas. incornis, N., Ren., ], 
f: 128, etiencore moins bien , £. 147, probabl. l’Acanthurus harpuras , 
Shaw. ; — Nas. carolinarum , N., Quoy et Gaym., Zool. du voyage de 
Ereycin,, pl., 63, f. 1; — Vas. tuber Commers., ou Vason-Loupe , 
Lacép., IIL, vu,3, ou Æcanthurus nasus, Shaw.,, Renard., I, f. 79, 
Valent., n°., 119 et 478. 

(2) Axinurus thynnoides, Nob., nouvelle espèce du hâvre Doré , à la 
Nouvelle-Guinée, rapportée par MM. Quoy et Gaymard. 

(3) Priodon,annularis, Nob., espèce nouyelle de Timor, rapportée 
par les mêmes. 


TOME If. 1) 


226 POISSONS 

moins nombreux, irréguliers, interceptant des cel- 
lules dans lesquelles il‘ peut demeurer de l’eau qui 
découle sur les branchies et les humecte pendant que 
le poisson est à sec, ce qui permet à ces poissons de se 
rendre à terre et d’y ramper à une distance souvent 
assez grande des ruisseaux ou des étangs qui fontleur 
séjour ordinaire ; propriété singulière qui n’a pas été 
ignorée des anciens (1), et qui fait croire au peuple 
dans l'Inde, que ces poissons tombent du ciel. 


LES ANABAS. 


Sont ceux qui ont ces labyrinthes portés au plus baut 
degré de complication; néanmoins les troisièmes pha- 
ryngiens ont des dents en pavés, et il ÿ en a aussi sous 
l’arrière du crâne. Leur corps est rond, couvert de fortes 
écailles; leur tête large, leur museau court et obtus, 
leur bouche petite, leur ligne latérale interrompue à 
son tiers postérieur. Les bords de leur opercule, de leur 
sub- opercule et de leur inter-opercule, sont fortement 
dentelés, mais non celui du préopercule. Leurs ouïesont 
cinq UTES Il y a beaucoup de rayons épineux à leur 
dorsale et même à leur anale. Leur estomac est médiocre, 
arrondi; leur pylore n’a que trois appendices. 

On n’en connaît qu’une espèce, dite en tamoule. Pa- 

netri, où monteur aux arbres (Anabas testudineus , N.) (2), 


devenue célèbre parce que, non-seulemenrt elle sort de 
l’eau, mais que, selon M. Daldorf ; elle grimpe même aux 


(1) Théophraste, dans son Traité des poissons qui vivent au sec , parle 
de petits poissons qui sortent des rivières pour quelquelemps , et'qui y 
retournent ensuite, et dit œu’ils ressemblent à dés muges. 5 

(2) C’est L'Amphiprion Scansor, Bl., Schn., p. 204 et 650, ou Perca 
scandens, Daldorf., Trans. Linn., III, p: 62. C’est aussi l’Ænthias testu= 

P: 
dineus , Bl., pl. 322; et ‘le Coius éoboius, Hamilton Bachänan, pl. xt, 
> P?- P 


f. 38. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 227 


arbustes du rivage; cependant ce dernier fait est contesté. 
L'espèce est répandue dans toutes les Indes-Orientales. 


LES POLYACANTHES. ( POLYACANTHUS Kubl.) 


Ont les rayons épineux, autant et plus nombreux que 
les anabas, leur bouche, leurs écailles, leur ligne la- 
térale interrompue, mais il n’y a de dentelures à au- 
cune de leurs pièces operculaires; leur corps est com- 
primé; leurs ouïes ont quatre rayons; il ÿ a une bande 
étroite de dents en velours à leurs mâchoires, mais leur 
palais en manque; leur appareil branchial est plus 
simple: leur pylore n’a que deux appendices cœcales. 


Il y en a dans les eaux douces de toutes les Indes(r). 
Les MaAcroPODESs.. Lacép. 


Ne diffèrent des polyacanthes que par une dorsale 
moins étendue, qui se termine, ainsi,que la caudale et 
les ventrales, par une pointe grêle et plus ou moins 
alongée. L’anale occupe plus d’espace que la dorsale, 


Ce:sont aussi des poissons d’eau douce, des Indes et 
de la Chine (2). 
Les HÉLOSTOMES, Kuhl. 


Ont, avec les caractères des polyacanthes, une bouche 
petite, comprimée , protractile, de manière qu’elle a l’air 
de sortir et de rentrerentre les sous-orbitaires; leurs très 
petites dents sont attachées aux bords des lèvres ; et non 
aux mâchoires ni au palais; leurs ouies ont cinq rayons. 
Les arceaux de leurs branchies sontigarnis, du côté de la 


(x) Trichopodus colisa, Ham. Buchanan; — rich. bejeus, id!, 118 ; 
== Tr. cotra , ids, 119; — Tr. lalius ,id: , 1203 Tr 'sola, id. ;ib:;— 
Tr.chuna , sd y 1233 — Trichogaster fasciatus BI. Schn., pl: Pau & 
p. 164; — Chætodon chinensis ,; BL.; pl. cexvm}f, r. 

10) Le Macropode\ vert doré; Lacép.} IH ,1xvr;11;et une espèce 
nouvelle bien plus belle encore par des bandes alerastitennälit rougesiet 
vertes. 


25° _ 


225 POISSONS 

bouche, de lames presque semblables à celles de l’exté- 
rieur, ‘et qui pourraient bien servir aussi à la respira- 
tion (1). Leur estomac est petit, el il n’y a que deux 
appendices à leur pylore, mais leur intestin est très 
long; ils ont une vessie natatoire médiocre et à parois 


épaisses. 
TR 


Les OsPHROMÈNES, ( OsPHROMENUS. Commers.) (2) 


Ont tous les caractères des polyacanthes ; mais leur 
chanfrein est un peu concave; leur anale occupe plus 
d’espace que la dorsale, comme dans les macropodes; 
une très fine dentelure s’aperçoit à leurs sous-orbitaires, 
et au bas de leur préopercule; le premier rayon mou 
de leurs ventrales est très prolongé. On compte six 
rayons à leurs ouies. Leur corps est très comprimé. 


Une espèce de ce genre, originaire de la Chine, 
‘Le Gourami. (Osphr. olfax. Commers.) Lacép. IL. im. 2 


Devient aussi grande que le turbot, et passe pour encore 
plus savoureuse. Elle a été introduite dans les étangs de 
l’île de France , où elle se propage très bien ; et on l’a 
portée depuis peu à Cayenne. On dit que la “fmellé se 
creuse dans le sable une fossette pour y déposer ses œufs. 


Les TRICHOPODES 


--Diffèrent des osphromènes, par un chanfrein plus 
convexe, et une dorsale moins étendue en longueur ; 


(x) On n’en connaît qu’ une espèce des Moluques ( Helostoma Tem- 
minkü , N.) que nous décrirons amplement dans notre Ichtyologie. 

(2) Ge nom vient d? ÉrPeopas (olfacio), et a été imaginé par Com- 
merson ; parce qu’il croyait que les pharyngiens caverneux qui se voient 
dams ce poisson, comme dans les autres de cette je À pouvaient 
être des organes de l’odorat, une espèce d’ethmoïde, 

MN. B. L'Osphromène gel, Lacép., Scarus gallus, Forsk., n’est qu’une 
girelley maïs nous avons deux. espèces nouvelles de: vrais ophromènes ; 
Ophr. notatus et vittatus , N. 


ACANTHOPÆÉRYGIENS. 229 
enoulre al n'y a que quatre rayons à leurs ouïes. Le 
premier. rayon mou ‘de: leurs ventrales est aussi très 
alongé: . noi + 


On n’en connaît qu'une petite espèce des Moluques , 
| RRRIRRES d’une’tache noire sûr lé côté (1). 


Les SPIROBRANCHES. ( SPIROBRANCHUS: Nob.) 


Ont le$’formés de l’anabas; mais point de dentelures 
aux pièces opérculaires, ét Kopercule seulement terminé 
par deux pointes : il ÿ a une série de dents à leurs pa- 
_— 


On n’en connaît qu’un (Spirobranchus capensis nob.), 
‘qui est un très petit poisson d’eau douce du cap de Bonne- 
Espérance. 


Les OPHicÉPHALES. OPHiCEPHALUS. BI. ) 


Ressemblent à tous les précédents par la plupart de 
leurs caractères, et notamment par cette disposition de 
leurs pharyngiens en cellules, propres à retenir l’eau; 
aussise portent-ils comme eux, en rampant dans l’herbe, 
à de grandes distances des eaux qui font leur séjour 
ordinaire; mais ce qui les distingue fortement et même 
les sépare de tous les acanthoptérygiens, c’est qu’ils 
n’ont pas d’aiguillons à leurs nageoires , si ce n’est tout 
au plus le-premier rayon deleurs ventrales; encore, quoi- 
que simple n’est-il pas poignant. Leur corps est alongé , 
presque cilindrique; leur museau court et obtus, leur 
tête déprimée, garnie en-dessus d’écailles ou plutôt de 
plaques polygones, comme dans les muges, les anabas, 


(1) C'est le Labrus trichopterus, Gmel., Pall., Spic., VIII cah. , 
p- 45, le Trichopterus Pallasi , Shaw., IV, part. IL,'p. 392, le Tricho- 
gaster trichopterus , B1. Schn. , le Trichopode trichoptère , Lacép. 

IN. B. Le Trichopode mentonnier, Lacgr., ou Trichopode satyre , 
Shaw. , vol, TV, part, IL, p. 397, ne repose que sur une mauvaise figure 
du Gourami. 


250 POISSONS * / 
etc. Il y a cinq rayons à leurs ouïes; leur: dorsale: s’é- 
tend sur presque toute leur longueur , et leur anale est 
aussi fort longue; leur caudale est arrondie ; leurs-pec- 
torales et leurs ventrales médiocres : il. n’y a pas d’in- 
terruption à leur ligne latérale. Leur estomac est.en 
sac obtus; deux cœcums seulement, mais assez longs, 
adhèrent à leur pylore. Leur caÿité abdominale se pro- 
longe au-dessus de l’anale , jusque, tout près du bout 
de la queue. Tous les bateleurs des;Indes ont de ces 
poissons à sec pour divertir le peuple, . et les enfants 
même s’amusent à les faire ramper sur le sol : dans. les 
marchés de la Chine, on coupe les grandes espèces toutes 
vivantes, pour les distribuer aux consommateurs (1). 

On peut les diviser d’après les nombres de, rayons dE 
leur dorsale. 

Dans les uns elle n’en a que trente'et quelques (2). 

Dans d’autres elle en a quarante et davantage (). 

Il y en a enfin où ils passent FARRUANTRE (4). 


Les MUGILOÏIDES 


Forment une onzième famille d’acanthopté- 
rygiens, composée du genre 


Des Muces. ( Mucic. L.) 


Qui peuvent en effet être considérés comme: une 


(1) C’est incontestablement de ce genre que. Théophraste, a entendu 
parler. 

(2) Ophicephalus punctatus, B1., ou Op. lata , Buchan. ED, mar- 
ginatus , N:, ou O: gachua, Buch, ? pl. xxr, f. 21, ou Cora motta, 
Russel, IT, pl. 164 ; — ©. aurantiacus , Buch. 

(3) Ophicephalus striatus , Bl., 359, ou Muttah, Russel ,pl 162, ou 
O. chena , Buchan. ? — ©. sola , id. ; — Osowara , Russel , 163. 

(4) Ophicephalus marulius, Buchan., qui est le Bostrichoïde œillé , 
Lacép., I, x1v, 3; — ©. barca, Buchan. , xxxv, 20 , dont le’ Bostriche 
tacheté, Lacép., IT, p. 143, est au moins très voisin, et plusieurs es- 
pèces nouvelles que nous décrirons dans notre Ichtyologie. 


/ 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 231 


famille distincte , tant ils offrent de particularités 
dans leur organisation ; leur corps est presque 
cylindrique , couvert de grandes écailles , à deux 
dorsales séparées, dont la première n’a que quatre 
rayons épineux ; leurs ventrales sont attachées un peu 
en arrière des pectorales. Il y a six rayons à leurs ouïes. 
Leur tête est un peu déprimée, couverte aussi de grandes 
écailles ou de plaques polygones; leur museau très 
court. Leur bouche trausversale forme un argle au 
moyen d’une proéminence du milieu de la mâchoire in- 
férieure, qui répond à un enfoncement de la supérieure, 
et n’a que des dents infiniment déliées, souvent même 
presque imperceptibles. Leurs os pharyngiens très dé- 
veloppés ; donnent à l’entrée de leur œsophage, une 
forme anguleuse comme l’ouverture de la bouche, qui 
ne laisse arriver à leur estomac que des matières liquides 
ou déliées , et toutefois cet estomac se termine en une 
sorte de gésier charnu, analogue à celui des oiseaux; 
leurs appendices pyloriques sont en petit nombre, mais 
leur intestin.est long et replié. 

Ce sont de bons poissons , qui remontent en trou- 
pes aux embouchures ‘des’ fleuves ; en faisant de 
grands sauts au-dessus de l'eau, et dont nos mers pro- 
duisent. quelques espèces jusqu'ici mal déterminées (1). 


Le Céphale. (M. cephalus. N.) » 


Se distingue parmi les muges d'Europe, en ce que ses 
yeux sont à demi couverts par deux voiles adipeux qui ad- 
hèrent au bord antérieur et au postérieur de l’orbite, en ce 
que lemaxillaire, quand la bouche est fermée, se cache en- 
tièrement sous le sous-orbitaire, et en ce que la base de la 
pectorale est surmontée d’une écaille longue et carénée. 

Les orifices de sa narine sont écartés l’un de Fautre ; 
ses dents sont assez marquées. 


(1) Linnæus et plusieurs de ses successears ont confondu tous les 
muges européens sous une seule espèce (leur Mugil cephalus ), 


232 POISSONS 


C’est la meilleure etla plus grande des espèces de la 
Méditerranée. Nous ne l’avons pas observée sur nos côtes 
de l’Océan ; mais ses caractères se retrouvent dans plu- 
sieurs espèces des Indes et de l’Amérique (1). 

Une espèce presque aussi grande, et commune à nos 
deux mers, 


Le Ramado de Nice. (M. capito. N.) 


À le maxillaire visible derrière la commissure des mä- 
choires, même lorsque la bouche est fermée; ses dents 
sont bien plus faibles; les orifices de sa narine rapprochés, 
la peau des bords de son orbite n’avance point sur le 
globe de l’œil ; l’écaille du dessus de sa pectorale est courte 
et obtuse. Il y a une tache noire à la base de cette na- 
geoire (2). 

Deux espèces plus petites (le Muge doré et le Muge 
sauteur , Risso ) , se rapprochent du capito ; le premier a 
le maxillaire caché sous le sous-orbitaire comme le cé- 
phale; mais les orifices de sa narine sont rapprochées 
comme dans le capito ; l’autre, avec les caractères du ca- 
pito , a le sous-orbitaire échancré, et laissant voir le bout 
du maxillaire (3). 

Une troisième grande espèce commune aussi à nos deux 
mers, 

Le Muge à grosses lèvres. ( M. chelo. N.) 

Se distingue surtout par des lèvres très grosses, char- 

nues, dontles bords sont ciliés, par des dents qui pénètrent 


(1) Il y en a en Amériquecinq ou six espèces confondues et mal carac- 
térisées par Linnæus sous le nom de M. albula. Dans le nombre sont le 
M. Plumieri, Bl., devenu une sphyrène dans le BL. Schn., p. 110, et le 
M. lineatus , Mitchill. On trouve le vrai céphale de la Méditerranée tout 
autour de PAfrique. Aj. en espèces des Indes, le Bontuh, Russel, II, 
180, ou le M. our. , de Forskal, peut-être identique avec notre céphale; 
Kunnesee, id., 181 ; — M. corsula, Buchan, pl. 1x, 97. 

(2) C’est cette espèce qui nous paraît avoir été particulièrement décrite 
par Willughby, et représentée par Pennant. 

(3) Aj. Le M. christian, Voyage de Freycinet; — M. Ferrandi, ib.;— 
M. parsia, Buchan, pl. xvn, f. 71; — M. cascasia, id, ; — M. peradak, 
N., Russel, 182. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 233 


dans leuriépaisseur comme autant.de cheveux. Son maxil- 
laire se recourbe et se montre derrière la commissure. 
Une petite espèce de la Méditerranée (12. labeo, N.) 
a les lèvres encore plus fortes à proportion ,.et crénelées 
aux bords. 
Il y a aussi de ces espèces à grosses lèvres dans la mer 


des Indes (1). 


Les TETRAGONURUS. Riss. 


Ainsi nommés, de crêtes saillantes qu'ilsont vers-la 
base de la caudale, deux de chaque côté, sont encore un 
de ces genres isolés qui sémblent l’indice d’une famille 
particulière. Ils tiennent en partiedes muges , en partie 
des scombéroïdes. Leur corps est alongé, leur dorsale 
épineuse longue, mais très basse, la molle rapprochée 
d’elle , plus élevée et courte; l’anale répond à cette der- 
nière : les ventrales sont un peu enarrière des, pecto- 
rales. Les branches de la mâchoire inférieure élevées 
verticalement, garnies d’une rangée de dents tran- 
chantes, pointues , faisant une espèce de scie, .s’emboi- 
tent, quand la bouche se ferme , entre celles de la mà- 
choire supérieure. Il y a de plus une petite rangée de 
dents pointues à chaque palatin, et deux au vomer. 
Leur estomac est charnu, replié; leurs cœcums nom- 
breux; leur intestin considérable. Leur æsophage est 
intérieurement garni de papilles pointues et dures. 


(1) M. crenilabis, Forskal; — M. cirrhosthomus , Forster, ap. BI. 
Schn., 121. 

IV. B. Le M. cæruleo-maculatus, Lacép., V, 389; le même qui est re- 
présenté sous le nom de Crenilabis , pl. xin , f. 1, appartient au grouppe 
du capito. 

N. B.Le Mugil appendiculatus, Bosc, où Mugilomore Anne-Caroline , 
Lacép. , V, 398, n’est autre chose que l’élops, et il en est de même du 
Mugil salmoneus de Forster , Bl. Schn., 121; —le Mugil cinereus, 
Walbaum., Catesb., II, x1, +, est un gerres; — le HZ. chanos de Forskal ; 
est de la famille des cyprins. 


23/4 POISSONS 
L’espèce connue, le Courpata ou Corbeau , de nos côtes 
de la Méditerranée ( Tetragonurus Cuvieri , Risso), ne se 
trouve que dans les grandes profondeurs. Elle est noire, 
longue d’un pied , et a toutes ses écailles dures, profondé- 
ment striées et dentelées. On dit sa chair venimeuse (1). 


Je place encore ici entre les mugiloïdes et les 
gobioïdes, un genre qui ne se laisse complétement 
associer: avec aucun autre, c’est celui des, 


ATHÉRINES. ( ATHERINA. Lin.) . 


Qui ont le corps alongé, deux dorsales très écartéés, 
des ventrales plus en arrière que les pectorales , la bouche 
très protractile’ garnie dé dents'très ménues. Toutes’ 
les espèces connues ont une Jarge baride argentée! le long 
de chaque flanc. Il ÿ à ‘six rayons à leurs’ ouies; Teuf 
estomac n’a point de cul-de‘sac, et leur 'duodénum 
n’a pas d’appendices cœcales; leurs'dernièrés vertèbres 
abdominales recourbent leurs ‘apéphyses transverses , 
et forment ainsi un petit cornet où se loge Ja pointe de 
la vessie natatoire. 

Ce sont'de petits poissons d’un goût délicat, ét dont 
les jeunes 'se tiennent long-temps en troupes serrées , 
et se mangent sur nos côtes de la Méditerranée , : sous 
le nom de Nonnat (léslaphyés des anciens ). 

Nos mers en produisent plusieurs espèces, confondues 
jusqu'ici sous le nom d’Atherina hepsetus, Linn: 

Le Sauclet du Languedoc, où"Cabassous de Provence. 
(Atherina hepsetus. N. (2)) Rondel. 216. Duhamel. 
sect. VI, pl. 1v, f. 3. 

À la tête un peu pointue, neuf rayons épineux à sa 
0 SU sh no wo 1739 egulse snamods »u és à , 69€ LV Las 

(x) On p’en a que de mauvaises figures : Mugil niger, Rondel > 423; 
Corvus niloticus , Aldrov., pisc. 610; Risso, Ire. édit, pl. x, f. 37. 

(2) C’est probablement cette espèce qui a servi en particulier de type 


ACANTHOPTÉRYGIENS,. 235 


première dorsale , onze mous à sa deuxième, douze à l’a- 
pale, cinquante-cinq vertèbres au squelette. 


Le Joël du Languedoc; Cabassouda d'Iviça. ( Atherina 
Boyer. Risso.) Rondel. 217. 


A la tête PES large, plus courte, l’œil plus grand ; 
sept épines à la première dorsale ; onze rayons à la 
deuxième , treize à l’anale; quarante-quatré vertèbres au 
squelette. 


Le Mochon d’lviça. ( Atherina mochon. N.) 


De la forme du sauclet, mais à sept épines à la première 
dorsale, quinze rayons mous à l’anale, et quarante- six ver- 
“tèbres au squelette. 


; Le. Préfre, Abusseau, ou Roserédes côtes de l'Océan, (1) 
AE Presbyter. Nob.) Duham. sect. VI, pl. x, É 1, 
> 3 , 4 6 et. 


Fe le museau {un pet plus court .qué;le,sauclet, huit 
épines à.la première, dorsale, douze rayons mous à la 
deuxième, quinze ou seize à l’anale, cinquante vertèbres 

_au squelette. 

Les espèces étrangères d’athérines sont assez nombreu- 

ses (2). 
SRE er Ne nn € Qi te DT Ne, ne mon ee ne 
à l'espèce de l'hepsetus dé Linn. Il faut remarquer que la figure intitulée 
Atherina hepsetus par Bloch, pl. ceexcu, f. 3, et Syst, pl: xx1x, f:2, 
est purement imaginaire. 

(1) Ces noms viennent de la bille d'argent de ses flancs que l’on a 
comparée à une étole. 

(2) Atherina lacunosa , Forster, B1. Schn. :, 119, probablement l’hep- 
setus de Forskal, 69 ; — 4. endrachtensis, Quoy et Gaym., Voyage de 
Freyc., Zool., p. 334 ; — À. jacksoniana; iid., 333; A brasiliensis > 
id.) 339%; — À. neso-gallica, N., Lacép., V, pl. x1, f. 1. Ce n'est pas le 
même que LA. pinguis du texte. — 4. mænidia, Lin., qui n'est pas, 
comme il le croit , le mænidia de Brown , Jam., pl. x1v, f. 3, mais bien 
VA. notata, Mitchill, Trans. de New-Yorck, 1, pl. 1v, f. 6, et plusieurs 
autres que nous décrirons dans notre Ichtyologie. 


236 POISSONS 


La donzième famille des acanthoptérygiens ‘ou 


celle 
Des GOBIOIDES, 


Se reconnaît à ses épines dorsales, grêles et 
flexibles; tous ces poissons ontà peu près.les:mêmes 
viscères ; c'est-à-dire un canal intestinal  éval, 
ample , sans cœcums, et point de vessie natatoire. 


Les BLENNIES ou BAvEUSESs. ( BLENNIUS. L.) 


Ont un caractère très marqué dans leurs nageoires 
ventrales, placées en avant des pectorales, et com- 
posées seulement de deux rayons. Leur estomac est mince 
sans cul de sac , leur intestin ample, mais san$ cœcum; 
ils n’ont pas de vessie natatoire. Leur corps est alongé, 
comprimé ;, et ils ne portent qu’une dorsale ‘composée 
presqu’en entier de rayons simples, maïs flexiblés.1"[ls 
vivent en petites troupes parmi les rochers des rivages, 
nageant, saulant, el pouvant se passer d’eau pendant 
quelque temps. Leur peau est enduite d’une mucosité 
qui leur a valu leur nom grec Blennius, et leur nom 
français BAVEUSES, qui en est une traduction. Plusieurs 
sont vivipares, et ils ont tous, et dans les deux sexes; 
près de l’anus, un tubercule qui paraît leur servir pouf 
l’accouplement. Nous les divisons comme il suit. 


Les BLennies proprement dits. 


Dont les dents longues, égales et serrées, ne forment 
qu’un seul rang bien régulier à chaque mâchoire, terminé 
en arrière, dans quelques espèces, par une dent plus lon- 
gue et en crochet. Leur tête est obtuse, leur museau court, 
leur front vertical ; leurs intestins larges et courts. 

La plupart ont un tentacule souvent frangé en panache 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 237 
surchaque sourcil, et plusieurs en ont un autre sur chaque 
tempe. 


Nous avons diverses espèces de cette subdivision le long 
de nos côtes; une des plus remarquables est 


Le Blennie papillon. ( Bl. ocellaris. BI. 163. L. ) 


A dorsale bilohée ; le lobe antérieur très élevé, marqué 
d’une tache ronde et noire, entourée d’un cercle blanc et 
d’un cercle noir. 


Le BI. tentaculaire. ( BI. tentacularis. Brünn.) BI. 167. 
2. Sous le nom de BI. Gattorugine. 


À quatrefilaments aux sourcils, à dorsale unie; une tache 
noire entre le quatrième et le cinquième rayons. 


Le B1. à bandes. ( BL. gattorugine. L. ) Will. H. 2. et BI. 
162. 1. 2. Sous le nom de BL. fasciatus. 


A deux filaments; à dorsale presque unie, à bandes 
obliques nuageuses brunes. 


Le BL. à tentacules palmes. ( BI. palmicornis. Cuv. ) Penn. 
Cop. Encycl. Méth. f. 117. Souslenom de Gattorugine. 


À dorsale unie; le tentacule sur l’œil divisé en petits 
filaments (1). 


D’autres n’ont que des panaches à peine visibles aux sour- 
cils, mais portent sur le vertex une proéminence membra- 
neuse , qui s’eufle etrougit dans la saison de l'amour. 

Il y en a aussi quelques-uns dans nos mers. 


Le BL. galerite. (BL. galerita. L.) Rondel. 204. B1. pavo. 
Risso. 


À dorsale unie ; tacheté et rayé de bleu, une tache noire 
ocellée derrière l’œil. 


Le BL. à téte rouge. (BL. rubriceps. Risso. ) 


Les trois premiers rayons de la dorsale élevés , et faisant 
uñié pointe rouge, ainsi que le dessus de la tête. 


(1) Aj. BL. cornutus, L. ; — BL. pilicornis, N., punaru, Märgr., 165; 
la deuxième fig., mais la prem. descript., etc. 


258 POISSONS 
Dans d’autres enfin (les Pros (1), Artéd.), il n’y.a ni 
panache, ni crête. 
Nous en avons un petit très commun sur toutes nos 
côtes, 
La Baveuse commune. ( BL. pholis. L.) BI., q1. 2. 
A profil presque vertical , à dorsale un peu échancrée, 
pointillée et marbrée de brun et de noirâtre. 
Nous distinguons de ces blennies proprement dits, sous 


le nom de 
Myxopess, | 


Des espèces à tête alongée, à museau pointu, saillant 
au devant de la bouche, à dents sur une seule rangée, comme 
daos les blennies, mais sans canines (2), et sous le nom de 


SALARIAS, 


Les espèces dont les dents , également sur une seule rangée 
et fort serrées , sont comprimées latéralement , crochues au 
bout, d’une minceur inexprimable et en nombre énorme. 
Elles se meuvent, dans l'individu frais , comme les touches 
d’un clavecin. La tête de ces poissons, fort comprimée'en 
haut, est très large transversalement dans le bas. Leurs lè- 
vres sont charnues et renflées , leur front tout-à-fait vertical, 
leurs intestins , roulés en spirale , sont plus minces et plus 
longs que dans les blennies ordinaires. 

On n’en connaît que de la mer des Indes (3). 

Nous appellerons 


Cunus (4). 


Les espèces à dents courtes et pointues, éparses’sur plu- 
sieurs rangées, dont la première est plus grande. Leur 


(1) Pholis, nom grec d’un poisson toujours enveloppé de mueus. 

Aj. BL. cavernosus, Schn., 37, 2; — Gadus salarias, Forsk, p. 22. 

(2) Les espèces sont nouvelles. | 

(3) Sal. quadripinnis, Cuv., qui est le blennius gattorugine de Forsk., 
p- 23; — Bl.simus , Sujef. act. Petrop., 1779, [Te part. , pl; 141 
ticus ou sauteur de Commers., Lacép., Il, p. 479, et plusieurs espèces 

nouvelles. J’ai tout lieu de croire qu'il faut y POS aussi le BL. eden- 

tulus, BL. Schn., ou sas, Forster , bien qu’on prétende Fur il n’a pas 
de dents.’ d 

(4) Clinus, nom dé blennies chez les Grécs modernes: ‘11125 


ACANTHOPTÉRYCGIENS. 239 


museau est moins obtus que dans les deux sous - genres 
précédents ; leur estomac plus large , et leurs intestins plus 
courts. 

Dans quelques-uns, les premiers rayons de la dorsale 
forment une pointe séparée par une échancrure du reste 
de la nageoire (1). Leurs sourcils sont surmontés de petits 
panaches. 

Il y en a même où les premiers rayons sont totalement en 
avant, et semblent former une crête pointue et rayonnée 
sur le vertex (2). 

Dans d’autres , au contraire , la dorsale est continue et 
égale (3). 

Les Crrrurparses. Cuv. 

Ont, avec la forme des clinus, des dents en velours, et ou- 
tre un petit tentacule sur l’œil, et un à la narine, ils en 
portent trois grands au bout du museau, et huit sous la 
pointe de la mâchoire inférieure. 


On n’en connaît qu’un des Indes, d’un fauve uniforme. 


Les Gonnezzes. (Muræwoïnes. Lacépède. CENTRoNoTus. 
Schn. ) 


Ont les ventrales encore plus petites que tous les autres 
blennies , presque insensibles, et souvent réduites à un 
seul rayon. Leur tête est très petite , et leur corps alongé en 
lame d’épée; leur dos est garni tout du long d’une dorsale 
égale , dont tous les rayons sont simples et sans articula- 
tions. Leurs dents sont comme dans les clinus; leur es- 
tomac et leurs intestins d’une venue. 


(r) BL. mustelaris, L., Mus.. Ad. Fred., xxx1, 3; — BL. superciliosus 
BI., 168 ; — PL. argenteus, Risso. 1 LS 

I. B. Le Blennie pointillé, Lacép., I, xtr, 3, ne me paraît qu’un indi- 
vidu mal conservé du Superciliosus- 

(2) BL. fenestratus, Forster. BL. Schn., p. 173. 

G)..BL. spadiceus, Schn., Séb., II, xxx, f. 8 ; — Bl. acuminatus, id., 
Séb , ib., 1; — BL. punctatus, Où., Fabr., Soc. d’'Hist. nat. de Copenh., 
vol. I, cah. 11, pl. x, f. 33 — BL Audifredi, Risso, pl. vi, f. 15; — 
B1. capensis, Forster, BL. Schn., 175; — BL. lumpenus, Walb. Arted: 
renov., part., DIT, pl. ur. 


240 POISSONS 
Il yen a untrès abondant sur nos côtes (BL. gunnellus, 
L.),Bl., 71,7, Lacép., Il, xnr, 2, dont la dorsale a tout 
du long de sa base une suite de taches ocellées. 
Les Orisroewarnes. (Cuv. ) 


Ont les formes des blennies propres, et surtout leur mu- 
seau court, et se distinguent par leurs maxillaires très grands 
et prolongés en arrière en une espèce de longue moustache 

A * A . 
plate. Leurs dents sont en râpe à chaque mâchoire, et la 
rangée extérieure plus forte. On leur compte trois rayons 
aux ventrales, qui sont placées précisément sous les pecto- 
rales. 
On n’en connaît qu’un, rapporté de la mer des Indes 
par M. Sonnerat ( Opistognathus Sonnerati, Cuv.). 

Nous n’osons éloigner des blennies , bien qu’ils n’aient 

aucun rayon épineux , 
Les Zoarcës. Cuv. 


Qui d’ailleurs ont le tubercule anal, les intestins sans 
cœcums, le corps oblong et lisse des blennies, six rayons 
aux branchies. Leurs ventrales ont trois rayons ; leurs dents 
sont coniques, sur un seul rang aux côtés des mâchoires ; 
sur plusieursen avant; ilsn’en ont aucunes au palais. Leur 
dorsale, leur anale et leur caudalesont réunies, après toute- 
fois que la dorsale a éprouvé une grande dépression. 

Il y en a dans nos mers et dans tout le nord, une.es- 
pèce connue depuis long-temps comme vivipare ( Blen- 
nius viviparus , L.), Bl., 72; sa taille est; d’un. pied ; elle 
est fauve, avec des taches noirâtres le long de sa dorsale. 

L'Amérique en a une beaucoup plus grande (Z, la- 
brosus, N., Blennius labrosus , Mitchill., Trans. de New- 
Yorck, 1,1, 7, qui arrive à trois pieds et plus; olivâtre 
semée de taches brunes. 


Les ANARRHIQUES. ( ANARRHICHAS. L. (1). 


Me paraissent si semblables aux blennies, que je les 


(x) Anarrhichas , grimpeur, nom imaginé par Gesner (paralipomen; 
p. 1261 ), parce que ce poisson grimpe, dit-on, contre les écueils; en s’ai- 
dant de ses nageoires et de sa queue. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 241 


nommerais volontiers des blennies sans ventrales. La 
nageoire dorsale, toute composée de rayons simplés, 
mais sans roideur , commence à la nuque, et s’étend, 
ainsi que l’anale , jusqu’auprès de celle de la queue , qui 
est arrondie aussi-bien que les pectorales. Tout leur 
corps est lisse et muqueux. Leurs os palatins , leur vo- 
mer et leurs mandibules sont armés de gros tuber- 
cules osseux, qui portent à leur sommet de petites 
dents émaillées, mais les dents antérieures sont plus 
longues et coniques. Cette dentition leur donne une 
armure vigoureuse qui, jointe à leur grande taille, en 
fait des poissons féroces et dangereux. Ils ont six rayons 
aux ouies, l’estomac court et charnu , le pylore près de 
son fond, l’intestin court, épais et sans cæœcums, et ils 
manquent de vessie aérienne. 


Le plus commun, appelé vulgairement Loup marin, 
Chat marin ( Anarr. Lupus , L.), Bl., 74, habite les mers 
du nord, et vient assez souvent sur nos côtes ; atteint six 
et sept pieds de longueur, et est brun , avec des bandes 
nuageuses plus foncées. Sa chair ressemble à celle de l’an- 
guille. Il est d’une grande ressource pour les Islandais, qui 
le mangent séché et salé, emploient sa peau comme cha- 
gxin , et son fiel comme savon (1). 


Les GoBOus , Boulereaux ou Gougeons de mer. 
( Gosrus. L.) 


Se reconnaissent sur-le-champ à leurs ventrales tho- 
rachiques réunies soit dans toute leur longueur , soit au 
moins vers leurs bases, en un seul disque creux, et for- 
mani plus ou moins l’entonnoir. Les épines de leur 
dorsale sont flexibles; l'ouverture de leurs ouïes, pourvue 


(1) On a cru que ses dents pétrifiées formaient les bufonités, mais elles 
n’en ont ni la forme ni le tissu. 

Ajoutez le petit Anarrhique ( Anarr. minor, Olafsen) , voi enIsl., 
Le. fr. pl. n. 


TOME Il. 16 


242 POISSONS 


de cinq rayons seulement, est généralement peu ou- 
verte, et comme les blennies , ils peuvent vivre quelque 
temps hors de l’eau; comme eux aussi ils ont un es- 
tomac sans cul-de-sac, et un canal intestinal sans cœ- 
cums ; leurs mâles ont enfin le même petit appendice 
derrière lanus, et l’on sait de quelques espèces qu’elles 
produisent des petits vivants. Ce sont des poissons pelits 
ou médiocres, qui se tiennent entre les roches des ri- 
vages. La plupart ont une vessie aérienne simple. 


Les Gomes proprement dits. (Gorius. Lacép. vt Schn. ) 


Ont les vèntrales réunies sur toute leur longueur, etimême 
en avant de leur base par une traverse, en sorte qu’elles for- 
ment vn disque concave. Leur corps est alongé, leur tête 
médiocre, arrondie, leurs joues renflées , leurs yeux rappro- 
chés. Leur dos porte deux nageoires, dout la postérieure assez 
longue. Nous en avons quelques - uns dans nos mers, dont 
les caractères ne sont pas encore suffisamment établis (r). 

Ils se tiennent dans les fonds argileux , et y passent l’hiver 
dans des canaux qu’ils y creusent. Au printemps, ils prépa- 
rent dans des lieux riches en facus un nid qu’ils recou- 
vrent de racines de zostera'; le mâle y demeure renfermé, 
et y attend les femelles, qui viennent successivement y dé- 
poser leurs œufs. Il les féconde, et ies garde et les défend 
avec courage (2). 
ea 

(1) Bélon et Rondelet ont voulu reconnaître dans ces poissons les 
gobius des anciens, et Artédi a prétendu retrouver dans l'Océan les 
espèces mal déterminées par ces deux auteurs dans la Méditerranée, 
De là une confusion inextricable; pour l’éclaircir, il faut recommencer 
les descriptions et les figures. C’est ce que nous essaierons en partie dans 
notre Ichtyolopie. 4. w 

(2) Ces observations ont été faites par feu Olive sur un gobie des la- 
gunes de Venise, qu’il croit le même que le niger, mais qui est peut-être 
une autre des nombreuses espèces de la Méditerrannée ; elles sont rap- 
portées par M. de Martens; dans le deuxième volume de son voyage à 
Venise, p. 419. J'en ai conclu que le golie est le Phycis des anciens ; le 
seul des poissons qui se construise un nid, Arist., Hist. anc, , liy. VIT, 
chap. 30. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 243 


Le Boulereau noir. (Gobius niger. L. ) Penn. Brit. Zool. 
pl. 38. 


À corps brun-noirâtre , les dorsales liserées de blanch4- 
tre, est le plus commun sur nos rivages de l’Océau. Il 
n’atteint que quatre ou cinq pouces. Les rayons supérieurs 
de ses pectorales ont l’extrémité libre. 

On y trouve aussien abondance 


Le Boulereau bleu. (Gob. j0z70. ) BI. 107. f. 3. 
Brun marbré de noirâtre; les nageoires noirâtres ; deux 
lignes blanches sur la première dorsale, dont les rayons 
s'élèvent en filets au-dessus de sa membrane. 


Le Boulereau blanc. (Gob. minutus. 1.) Aphia. Penn. 
pl. 37. 

À corps fauve-pâle; à nageoires blanchâtres, rayées en 
travers de ligues fauves : long de deux à trois pouces. 

La mer Méditerranée, qui nourrit peut-être ces trois 
espèces, en produit plusieurs autres de taille et de couleurs 
variées. (1) 

Le grand Boulereau. (Gob. capito. N.) Gesuer. 306. 

Long d’un pied et plus; olivâtre marbré de noirâtre ; 
des lignes de points noirâtres sur les nageoires. Sa tête est 
large et ses joues renflées. 

Le Boulereau ensanglanté. ( G. cruentatus. Gmel. ) 

Aussi assez grand, brun marbré de gris et de rouge ; 
des marbrures rouges de sang sur les lèvres et l’opercule; 
des lignes rouges sur la première dorsale; des lignes de 
points saillants forment un H sur la nuque, etc. 

Il y en a aussi des espèces dans l’eau douce ; tel est le 
Gobius fluviatilis , observé par M. Bonnelli dans un lac de 
Piémont ; plus petit que le noir, noirâtre, sans filets libres 
aux pectorales, une tache noire au-dessus de l’ouverture 
des ouïes. Aux environs de Bologne, il s’en trouve un 
plus grand (G, lota, Nob.), brun; des veines noirûtres 


(1) Voyesz-en les descriptions, maïs sans en adopter entièrement la 
nomenclature, Risso, Icht. de Nice, p. 155 et suivantes. 


| 
| 16* 


244 POISSONS 

sur la joue ; une petite tache noirâtre sur la base de la 
pectorale , une autre de chaque côté de celle de la caudale. 

Parmi les gobies étrangers on peut remarquer, à cause 
de l’extrême largeur de sa tête , le B. à large téte ( Cot- 
tus macrocephalus, Pall., Nov. Act. Petrop, E, pl. x, f. 4, 
5, 6). À causede leur forme alongéeet de leur caudale poin- 
tue, les G. lanceolatus, BI., 38,1; G. bato, Buchan., 
pl. 37, f. 10; Eleotris lunceolata, BI. Schn., pl. 15 , que 


nous nommons Gobius elongatus (1). 
Les Gosioïnes. Lacep. ' 


Ne diffèrent des gobies que par la réunion de leurs dorsa- 
les en une seule. Leur corps est plus alongé (2). 


Les Tænioïnes. cd. 


Ont , avec la dorsale unique des gobioïdes, un corps en- 
core plus alongé. Ce sont des poissons d’une physionomie 
fort extraordinaire. Leur mâchoire supérieureest très courte, 
l'inférieure haute et convexe de toutes parts, remonte au 
devant de la supérieure; toutes les deux sont armées 
de longues dents crochues ; enfin leur œil est réduit 
presque à rien et caché entièrement sous la peau. La 
concavité de leur bouche contient une langue charnue et 
presque globuleuse. Leur mâchoire inférieure a en-dessous 
quelques petits barbillons. 


On n’en connaît qu’un (le Tæœnioide Hermannien , 


(1) En espèces étrangères, on peut mettre sans difficulté parmi les gobies : 
le Gobius Plumerü, B1., 175, 3 ; -- G; lagocephalus, Pall., VIIL, pl. u, 
f. 6, 7; — G. Boddarti, id., ib., pl. 1, f. 5; — G. ocellaris, Brouss Dec., 
pl. n;— G. bosc., Lacép., II, xvi, 1, ou G. viridi-pallidus WMitchill, 
Trans. de New-Yorck, I, 8, ou G. alepidotus, Bl. Schn. ; — G. Russeli, 
N. Russel, I, 53 ;—G. giuris, Buchanan, pl xxx, f. 13; Russel, I, 50 ; 
— G. changua, Buch., pl. v, f. 10; — le Bostryche Chinois, Lacép , 
IT, x1v, et beaucoup d’espèces nouvelles que nous décrirons dans notre 
Hist. des Poiss. 

(2) Gob. broussonnet, Lacép., IT, pl. xvnr, f. 1 ( Gob, oblongatus, 
Schn., add. 548 ). 


RO De 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 245 


Lacép. ), quisse tient daps la vase des étangs, aux Indes 
orientales (1). 


Bloch (édition de Schn., p.63) sépare avec raison de 
tout le genre gobie 


Les PErroparAzmes. ( PErioparAzmus. Schn.) 


Qui ont la tête entière écailleuse , les yeux tout-à-fait rap- 
prochés l’un de l’autre, garnis à leur bord inférieur d’une 
paupière qui peut les recouvrir, et les nageoires pectorales 
couvertes d’écailles sur plus de la moitié de leur longueur, 
ce qui leur donne l’air d’être portées sur une espèce de bras. 
Leurs ouïes étant plus étroites encore que celles des autres 
gobies, ils vivent aussi pluslong-temps hors de l’eau , etaux 
Moluques, leur patrie, on les voit souvent ramper et sauter 
sur la vase, pour échapper à leurs ennemis, ou pour 
atteindre les petites crevettes, dont ils font leur principale 
nourriture. 

Les uns ont les ventrales en disque concave- des gobies 
proprement dits (2). 

Les autres ont leurs ventrales séparées presque jusqu’à la 
base (3). Las 


(1) C’est le Cæpola cæcula, BL. Schn., pl: z1v, d’après.un dessin de 
John ; le Tœnioïde hermannien, Lacép., Il, x1x, 1, d’après un dessin 
chinois: et le Gobioïde rubicunda, Buchanan, pl. v, f. 9. 

. (2) Gobius Schlosseri, Pall., Spic., VIIT, pl. x, f. 1-4, auquel il faut 
joindre le Gobius striatus, Schn., pl. xvr, resté, on ne sait pourquoi parmi 
les Gobies, car c’est un véritable Périophtalme. 

(3) Gobius Kælreuteri, Pall., Spic., VIII, pl. 11, f. 13; — Per. ruber, 
Schn.; — Per. papilio, Schn., pl. x1v. 

1. B. Soit les gobies, soit les périophtalmes, dont les nageoires ven- 
trales sefaient séparées, prendraient dans la méthode de M: Lacépède le 
nom de Gobiomores ; si avec cette division des ventrales ils ne portaient 
qu’une dorsale, ce seraient des Gobiomoroïdes , maïs les espèces rangées 
sous ces deux genres n’en portent pas tous les caractères. Le Gobiomore 
gronovien (Gob. Gronovü, Gm.), Margr., 153, n’est point de cette fa- 
mille. C’est notre genre Pasreur.de la famille des Scombres. Le Go- 
biomoroïde pison, Gob. pisonis, Gm., Amore pixuma , Margr., 166; 
Eleotris 1, Gron., Mus., 16, n’a pas le caractère de ce genre, car il a 


248 POISSONS 
Je séparerai aussi, et j’appellerai avec Gronovius. 


Ezéotris. 

Des poissons qui ont , comme les gobies, la première dor- 
sale à aiguillons flexibles, et l’appendice derrière l’anus, 
mais dont les ventrales sont parfaitement distinctes, la 
tête obtuse , un peu déprimée, les yeux écartés l’un de 
l’autre, et dont la membrane branchiale porte six rayons. 

Leur ligne latérale est peu marquée, et leurs viscères sont 
pareils à ceux des gobies. 

La plupart vivent dans les eaux douces, et souvent dans 
la vase. 

Les Antilles en ont une espèce nommée, 


Le Dormeur. (Eleotris dormitatrix. N.) Platycephalus 
dormitator. Pl]. Schn. 


Assez grande, à tête déprimée ; à joues renflées ;"à na- 
geoires-tachetées de noir, qui se tient dans les marais (1). 

Il y en a aussi au Sénégal (2) et aux Indes (3). 

Les côtes de la Méditerranée en ont une petite espèce 


deux dorsales, et dans la figure de Marsrave et dans les descriptions de 
Gronovius ; et par ses ventrales c’est un éleotris. 

BL. éd. de Schn., p. 65, sépare des gobies, et fait le genre Eleotris dif- 
férent de celui du même nom de Gronovius, des espèces dont les ven- 
trales seraient seulement réunies en éventail, sans former l’entonnoir , 
mais dans celles que j’ai examinées, jai trouvé que la membrane qui réunit 

_en avant leurs bords externes est seulement plus courte à proportion, ce 
qui a empêché de la remarquer. C’est pourquoi je les laisse dansles gobies. 

(zx) C’est le Gobiomore dormeur, Lacép. Ajoutez le Guavina, Parr., 
pl. xxxix, f. 13 — l'Amore guacu, Marg., 66; —l’Amore pixuma, id., 
ib., ou Gobius pisonis, Gm. N ? 

(2) Je Le juge d’après la note jointe à une peau séchée donnée au Mu- 
séum par Adanson, et qui est d’une espèce différente des précédentes. 

(3) Le Gobius strigaius, Broussonnet, Dec., pl. 1, ou Gobiomore 
taiboa, Lacép., copié Encycl. méth., f. 138 ; — TV Æleotris noir, Quoy et 
Gaym., Voyage de Freyc., pl. zx, f. 24 et les Sciæna macrolepidota, B1., 
298, et Maculata, id., 299, 2, dont j'avais fait autrefois le genre Pro- 
cxiLus qui doit être supprimé. 


6 Mani lee À à et à d 


RL nn » ose 


ACANTHOPTHÉRYGIENS. 247 


(Gobius auratus , Riss. ) dorée , marquée d’une tache noire 
sur la base de la pectorale (1). 


Les CarLiowyMEs. ( CALLIONYMUS. L. ) (2). 


Ont deux caractères fort marqués, dans leurs ouïes 
ouvertes seulement par un trou de chaque côté de la 
nuque, et dans leurs nageoires ventrales placées sous la 
gorge, écartées et plus larges que les pectorales. Leur 
tête est oblongue, déprimée , leurs yeux rapprochés et 
regardant en haut, leurs intermaxillaires très protrac- 
tiles, et leurs préopercules alongés en arrière et ter- 
minés par quelques épines. Leurs dents sonten velours, 
ils en manquent au palais. Ce sont de jolis poissons, à 
peau lisse, dont la dorsale antérieure soutenue par 
quelquesrayonssétacés, s’élève quelquefois beaucoup. La 
seconde dorsale est alongée ainsi que l’anale. Ils ont der- 
rière J’anus le. même appendice que les précédents. 
Leur estomac n’est point en cul-de-sac, et ils manquent 
de cæœcums et de vessie aérienne. 


Nous en avons un commun dans la Manche. 


Le Savary où Doucet. (Callion. lyra. Lin.) BI. 161. Lacép. 


x: 


Dont la première dorsale estélevée, et le premier rayon 
en long filet. ILest orangé, tacheté de violet. Le Call. dra- 
cunculus , BL., 162, n’en diffère que parce que sa première 
dorsale est courte et sans filet ; plusieurs le croient sa 
femelle. 

La Méditerranée en a quelques autres, tels que 


Le Lacert. ( Call. lacerta. N.) Rondel. 304, et moins bien 
Call. pusillus. Laroche. Ann. Mus. XII. xxv. 16. 


À première dorsale basse; la deuxième , au contraire, 
très élevée dans le mâle ; des points argentés et des lignes 


(1) C’est une éleotris et non un gobie. 
(2) Callionymus (beau nom ), l’un des noms de l’uranoscope chez les 
Grecs. C’est Linnæus qui l’a appliqué à ce genre-ci. 


248 POISSONS 


blanches liserées de noir sur les flancs. La caudale longue 
et pointue (1). 


Les Tricaonores. (Tricaonorus. Schn. ) 


Ne paraissent que des callionymes dont le corps est très 
alongé , et dont la dorsale unique et l’anale ont une lon- 
gueur proportionnée. Les deux premiers rayons de la dorsale 
alongés en longues soies , représentent la première dorsale 
des callionymes ordinaires. On dit pourtant les branchies 
des trichonotes bien fendues (2). 


Les Comrpnores. Lacép. 


Ont la première dorsale très basse, le museau oblong, 
large, déprimé, les ouïes très fendues , à sept rayons, de 
très longues pectorales , et, ce qui les distingue dans cette 
famille, ils manquent absolument de ventrales. 

On n’en connaît qu’un, du lac Baïkal ( Callionymus 

Baiïcalensis, Pall., Nov. Act., Petr., 1,1x, 1). Long d’un 

pied, d’une substance molle et grasse, que l’on presse 


pour en tirer de l’huile. On ne l’obtient que mort, après, 
des tempêtes. 


Les PLATyPTÈRES. Kubhl et van Hasselt. 


Ont, avec les ventrales larges et écartées des callio- 
nymes, une tête courte, déprimée , une petite bouche, 
des branchies ouvertes et de larges écailles; leurs 
deux dorsales sont courtes et écartées (3). 


Ÿ 


(1) A. B. Le Callionymus diacanthus, Carmichael, Trans. Linn., XII, 
pl. xxvi, ne me paraît pas de ce genre; le Calliomore indien, Callio.. 
nymus indicus, Linn., n’est autre que le Platycephalus spatula, B1., 424. 

Aj. Call. cithara , N.; — C. jaculus, et d’autres espèces nouvelles 
de la Méditerranée ; et en espèces étrangères, C. orientalis, Schn., pl. vi; 
— C. ocellatus, Pall., VIIL, pl. 4, £. 13; — C. sagütta, id., ib., £. 4, 5; 
et quelques autres que nous décrirons dans notre Ichihyologie. 

(2) Trichonotus setigerus, Bl. Schn., pl. 39. 

(3) Platyptera melanocephala, K., et V, H.; PL. trigonocephala ; 
i d., deux poissons des Indes, que nous décrirons dans notre Ichtyologie. 


ACANTHOPTÉR YGIENS. 249 


Je place en hésitant, à la fin de cette famille , un 
genre qui formera probablement un jour le type 
d’une famille particulière, c’est celui des 


Cærrus. Steller. (LABrRAx. Pallas.) 


Poissons à corps assez long, garni d’écailles ciliées; 
à tête petite, sans armure; à bouche peu fendue, ar- 
mée de petites dents coniques, inégales; dont la dor- 
sale n’a que des épines presque toujours minces, et s’étend 
_tout le long du dos; leur caractère distinctif est d’avoir 
plusieurs séries de pores semblables à la ligne latérale, 
ou en quelque sorte plusieurs lignes latérales. Leurs 
intestins manquent d’appendices cœæcales ; ils ont 
souvent une aigrette au sourcil, comme certaines blen- 
nies; mais leurs ris ontcinqrayons mous, comme 
à l'ordinaire. 


Ceux que l’on connaît viennent de la mer du Kams- 
chatka (1). 


Je forme une treizième famille, celle des 


PECTORALES PÉDICULÉES , 


{ $ 

De quelques acanthoptérygiens dont les os du 
carpe s’alongent pour former une espèce de bras 
qui porte leurs pectorales. Elle comprend deux 
genres voisins l’un de l’autre, quoique les auteurs 
les aient presque toujours fort éloignés, et qui 
tiennent de près aux gobioïdes. 


(1) Labrax lagocephalus ; — L. decagrammus ; — L. superciliosus ; 
— L. monopterygius ; — L. octogremmus; — L. hexagrammus ; tous. 
décrits et réprésentés par Pallas dans le onzième tome des Mém. de l’Ac. 
de Pétersb., pour 1810. 


250 POISSONS 
Les Bauproyes. ( Lorntus. L.) (1). 


Ont pour caractère général, outre leur squelette à demi 
cartilagineux, et leur peau sans écailles, les pectorales 
supportées comme par deux bras, soutenus chacun par 
deux os que l’on a comparés au radius et au cubitus, 
mais. qui, appartiennent réellement au carpe, et qui, 
dans ce genre, sont plus alongés qu’en aucun autre ; 
des ventrales placées fort en avant de ces pectorales ; 
enfin , des opercules et des rayons branchiostèges , en- 
veloppés dans la: peau, et les ouïes ne s'ouyrant que 
par un.trou, percé en arrière de ces mêmes pectorales. 
Ce sont des poissons voraces, à estomac large, à in- 
testin court, qui peuvent vivre très long-temps hors de 
l’eau, à cause du peu d'ouverture de. leurs ouïes. 


Les Bauproyes proprement ‘dites. Vulgairement Rares- 
PÈGHERESSES. ( Lopius. Cuv.) 


Ont la tête excessivement grande à proportion du reste de 
leur corps, très large et déprimée, épineuse en beaucoup de 
points , la gueule très fendue , armée de dents pointues , la 
mâchoire inférieure garnie de nombreux barbillons ; deux 
dorsales distinctes, et quelques rayons dela première déta- 
chés en avant, libres et mobiles sur la tête , où ils sont por- 
tés sur un inter-épineux couché horizontalement; la mem- 
brane des ouïes formant un très grand sac ouvert dans l’ais- 
selle, souténu par six rayons très alongés, mais l’opercule 
petit. Elles n’ont que trois branchies de chaque côté. 
On assure qu’elles se tiennent dans la vase, et qu’en faisant 
jouer les rayons de leur tête, elles attirent les petits pois- 
sons, qui prennent l’extrémité souvent élargie et charnue de 
ces rayons pour des vers, et qu’elles peuvent aussi en saisir 
ou en retenir dans le sac de leurs ouïes (2). 


(1) Lophius, nom fait par Artédi, de Joux ( pinna), À cause des 
crêtes de leur tête. Les anciens les nommaient férpayos ét rana 
(grenouille ). 

(2) Geoffroy, Ann. du Mus., X, p. 180. 


ACANTHOPTÉRYCGIENS. 251 


Leur intestin a deux très courts cæœcums vers son origine ; 
la vessie natatoire manque. 


La Baudroye commune , Raïe pécheresse , Diable de mer, 
Galanga, etc. ( Lophius piscatorius. L.)BI. 87. 


Est un grand poisson de nos mers, atteignant quatre et 
cinq pieds de longueur, que sa figure hideuse a rendu 
célèbre. 

Nous en avons encore dans nos mers une espèce très 
semblable ( L. parvipinnis , N.), à deuxième dorsale plus 
basse , et qui n’a que vingt-cinq vertèbres, tandis que les- 
pèce commune en a trente (1). 


Les Cuinonecres. (Anrenwarius. Commérs. ) 


Ont, comme les baudroyes , des rayons libres:sur la tête, 
dont le premier est grêle, terminé souveut par une houppe, 
et dont les suivants, augmentés d’une membrane, sont 
quelquefois très renflés, et d’autres fois réunis en une na- 
geoire. Leur corps et leur tête sont comprimés, leur bouche 
ouverte verticalement ; leurs ,ouïes , munies de quatre 
rayons, ne s’ouvrent que par un canal et un petit trou der- 
rière la pectorale : leur dorsale occupe presque tout le dos. 
Des appendices cutanées garnissent souvent tout leur corps. 
Hs ont quatre branchies. Leur vessie natatoire est grande, 
leur intestin médiocre et sans cœcums. Ils peuvent en rem- 
plissant d'air leur énorme estomac, à la manière des tédro- 
dons, gonfler leur ventre comme un ballon; à terre, leurs 


Y 


nageoires paires les aident à ramper, presque comme de 
28e etude lle che a Da Last Bo at gt tu ie os me 


(x) Nous ne savons si c’est le Lophius budecassa de MM. Spinola et 
Risso, qui est décrit comme plus fauve et plus varié en couleur que l'espèce 
commune. 

Ajoutez le Zophius setigerus , Vahl., Soc. d’hist. nat. de Copenh.; IV, 
p. 215, et pl. mr, f. 5 et 6, nommé mal à propos viviparus par BL, Syst. 

. pl xxxn. 

IN. B. La Baudroye ferguson , Lacép., Trans. phil; LIT, xui; le 
Loplius cornubicus , de Sh., Borlase corn. xxvir , 6; lé L.… barbaius, 
Gmel., Act. Stockh, 1779, 3e cah,, pl. 1v, ne sont que des individus 
altérés de la bandroye commune; le L. monopterygius, Shaw , Nat. 
miscell., 202 et 203 , n’est qu’une torpille défigurée par l’empaillage. 


252 POISSONS 
petits quadrupèdes, les pectorales , à cause de leur position, 
faisant fonction de pieds de derrière, et ils peuvent vivre 
ainsi hors de l’eau pendant deux ou trois jours. On les trouve 
dans les mers des pays chauds, et Linnæus en avait confondu 
plusieurs sous le nom de Lophius histrio (1). 

On pourrait distinguer les espèces où le deuxième et le 
troisième rayon sont réunis en une nageoire, qui même se 
joint quelquefois à la deuxième dorsale (2), 


Les Marruées. (Marrue. Cuv.) 


Ont la tête extraordinairement élargie et aplatie:, princi- 
palement par la saillie et le volume du sub-opercule; les 
yeux fort en avant ; le museau saillant comme une petite. 
corne ; la bouche sous le museau , médiocre et protrac- 
tile ; les ouïes soutenues par six ou sept rayons, et ouvertes 
à la face dorsale, par un trou au-dessus de chaque pec- 
torale; une seule petite dorsale molle; le corps hérissé de 
tubercules osseux, des barbillons tout le long de ses côtés, 
mais point de rayons libres sur la tête. Ils manquent de 
vessie natatoire et decœcums (3). 


(x) Espèces. Chironectes pictus, N., ou Lophius histrio pictus, BI. 
Schn., 142, Mém. Mus., III, xvi, 13 — Ch. tumidus, N., Mus. Ad. Fred., 
pe 56; — Ch, lœvigatus, N., ou L. gibbus, Mitch. , Trans. New-Yorck, 
E, vi, 93 — Ch. marmoratus, ou L. histr: marm., Bl. Schn., 142, Klein, 
Miss. , III, m1, 4, ou L. raninus., Tiles., Mém. des nat. de Mosc. , II, 
xv1;— Ch. hispidus, BL. Schn., 143, Mém. Mus., IT, xvir, 23 — Ch. 
scaber, ib., xv1, 2, ou Guaperva, Margr., 150 ( mais non la figure}, 
L. histrio, BL, pl. cxr ; — Ch. biocellatus, N., Mém. Mus., LI, xvu, 3; 
— Ch. ocellatus , ou L: histr. ocell., B1. Schn., 143, Parra, 1; — CH. 
variegatus, où L. chironecte, Lacép. I, x, 2, ou L. pictus, Shaw , Gen. 
Zool., Ÿ, part. IT, pl. cuxv; — Ch. furcipilis, N., Mém. Mus., INT, 
xvul, 1; Laët., Ind. Occ., 574, figure répétée pour le guaperva, Margr., 
150 ; — Ch. nummifer, N., Mém. Mus., II, xvur, 43 — Ch. Commer- 
soni, N., Lacép., Î, xiv, 3, et très mal, Ren., E, xxx, 212; — Ch, 
tuberosus , N. 

(2) Ch. punctatus, N., Mém. Mus., IT, xvin, 2, et Lacép., Ann. 
Mus., IV, zv, 3; — Ch. unipinnis, N., Mém. Mus., IH, xvur, 3, Lacép., 
Ann. Mus., III, xviu, 4. 

(3) Lophius vespertilio, L., Bl., 110; — Malth. nasuta, N., Séb., 1, 
LXXIV, 2; — M. notata, N ; — M. angusta, Nob., dont le squelette est 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 253 
Les BATRACOÏDES. Lac. ( Barracus. Bl. Schn.) (1) 


Ont la tête aplatie horizontalement, plus large que 
le corps, la gueule bien fendue , l’opercule et le sous- 
opercule épineux; six rayons aux ouïes; des ventrales 
étroites , attachées sous la gorge, et qui n’ont que trois 
rayons , dont le premier alongé et élargi, des pectorales 
portées par un bras court, résultant de l’alongement 
des os du carpe. Leur première dorsale est courte, sou- 
tenue de trois rayons épineux, la seconde molle et 
longue , ainsi que celle de l’anus qui lui répond. Sou- 
vent leurs lèvres sont garnies de filaments. Ceux qu’on 
a disséqués ont l’estomac en sac oblong, des intestins 
courts, el manquent de cœcums. Leur vessie natatoire 
est profondément fourchue en avant. Ils se tiennent ca- 
chés dans le sable pour tendre des embüches aux pois- 
sons , comme les baudroies et les platycéphales. On croit 
les blessures faites par leurs piquants dangereuses: 

Il y en a dans les deux Océans. 4 

Les uns ont la peau lisse et fongueuse, et un lambeau 
cutané sur l’œil (2). 

D’autres l’ont garnie d’écailles , et manquent de lambeaux 
sur l’œil (3). 


dans Rosenthal, pl. Ichthyol., t. XIX, 2; — M. truncata, N.; — 
M. stellata, N., ou Lophius stellatus, Vahl., Mém. de la société d’Hist. 
pat. de Copenh., IV, pl. u1, f. 3 et 4, le même que le Lophie faujas, 
Lacép., I, x1, 2 et 3, et le Lophius ruber, Til., Voyage de Krusen- 
stein, LxI. 

(1) Bérpuyos, grenouille, a cause de leur tête élargie. 

(2) Batr, tau ( Gadus tau, L.), ou Lophius bufo, Mitch., où Batra- 
choïde verneul, Lesueur, Mém. Mus, V, xvii ; — le Batr. varie, id., Sc. 
nat. phil. ; — Batr. grunniens (Cottus grunniens, L.), BL. 179, Séb., LI, 
XXII, 4; — Bair. gangene , Buchan, x1v, 8; — Batr. dubius, N., ou 
L. dubius, J. White, 265, Nieuhof, ap. Will., ap., IV, 1; — Batr. 
4-spinis, N., ou Batr. diemensis, Lesueur, Sc. nat. phil. 

(3) Batr. surinamensis , Bl. Schn., pl. vu, donné comme le Tau, 
Lacép., IT, xu1, 13 — Batr. conspicillum, N., ou le prétendu Batr. tau, 
BL., pl. zxvu, f. 2 et 3. 


254 POISSONS 
On pourrait en séparer qui manquent d’écailles et de bar- 
billons, et ont des lignes de pores percés à la peau (1), et des 
dents crochues à la mâchoire inférieure, . 
La quatorzième famille des Acanthoptérygiens , 


ou celle 
Des LABROIDES, € > 


Se reconnait aisément à son aspect; elle a le 
corps obiong , écailleux; une seule dorsale sou- 
tenue en avant par des épines , garnies le plus 
souvent chacune d’un lambeau membraneux ; les 
mâchoires couvertes par des lèvres charnues ; les 
pharyngiens au nombre de trois, deux supérieurs 
appuyés au crâne, un inférieur grand , tous trois 
armés de dents , tantôt en pavé, tantôt en pointes 
‘ou en lames, mais généralement plus fortes qu'à 
l’ordinaire ; un canal intestinal sans cæcums ou avec 
deux cœcums très petits et une forte vessié natatoire. 


Les Lapnres. (LaBrus. L.) , 


Forment un genre nombreux de poissons très sem- 
blables entre eux par leur forme oblongue, les doubles 
lèvres charnues, qui leur ont valu leur nom, dont l’une 
tient immédiatement aux mâchoires , et l’autreaux'sous- 
orbitaires, leurs ouïes serrées à cinq rayons, leurs 
dents maxillaires coniques, dont les mitoyennes et an- 
térieures plus longues, et leurs dents pharyngiennes 
cylindriques et mousses, disposées en forme de payé, 


(1) Batr. porosissimus, N., Miqui, Margr., 178, ou deuxième niqui de 
Pison, 295. IV. B. Le premier Viqui de Pison, 294, en est une figure mal 
copiée du recueil dit de Mentzel, et où le graveur a ajouté des écailles. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 255 
les supérieures sur deux grandes plaques, les inférieures 
sur une seule qui correspond aux deux autres. Leur 
estomac n'est point en cul-de-sac, mais se continue avec 
un inteslin sans aucuns CœCuims, qui, après deux re- 
plis, se termine en un gros rectum. Ii ont une vessie 
aérienne simple et robuste. 


Les Larres proprement dits. Vulgairement Vieilles de mer. 


N’ont aux opercules et aux préopercules, ni épines, ni 
dentelures; leur joue et leur opercule sont couverts d’é- 
cailles. Leur ligne latérale est droite ou à peu près. 


Nos mers en possèdent quelques espèces que les varia- 
tions de leurs couleurs ont rarement permis de bien dis- 
tinguer (1). 


La J’ieille tachetée. Duham. Sect. IV , pl. x, fig. 1. ( La- 
brus maculatus. B1. 284 ? Labrus bergilta. Ascan. Ic. I. ) 


Longue d’un pied à dix-huit pouces, à vingt ou vingt- 
ue épines dorsales ; bleue ou verdâtre en-dessus, blanche 
en dessous , émaillée partout de fauve : le fauve devient 
quelquefois général (2). 


La Vieille rayée. ( Labrus variegatus. Gm. L. lineatus. 
Penn. XLV, cop. Encycl. 402. ) 


Une ou plusieurs bandes nuageuses, irrégulières, fon- 
cées le long du flanc, sur un fond plus ou moins rou- 


(1) M. B.On ne peut sefier sur les labres ni aux figures de Bloch, ni aux 
synonymies de Gmelin. 

(2) La Wüeille :tachetée a été indiquée par Lacépède sous le nom 
de ZLabre Neustrien. 1 serait possible que le ZLabrus maculatus, BI. , 
294; en fût une mauvaise figure faite d’après un individu sec dont 
la couleur aurait été entièrement altérée; le Zabrus tinca, Shaw. , 
Nat., Misc., 426, et Gen. zool., IV, pl. n, p. 499, en est une belle variété 
rouge tachetée de blanc , mais ce n’est pas le T'inca de Linn.; le Labrus 
ballan, Pennt., 44 , copié encycl. 400 , est la variété toute fauve; le Z. 
Comber, Pennt., xzu , cop. encycl., 405 , est une variété rouge avec une 
suite de taches blanches le long du flanc. 


256 POISSONS 
geâtre ; dorsale à seize ou dix-sept épines , marquée d’une 
tache foncée sur le devant (1). 
: La Vieille couleur de chair. ( Labrus carneus. BI. et 
Labrus trimaculatus, L. ) B1., 280. 
Rougeâtre , trois taches noires sur l'arrière du dos. 
La Vieille verte. ( Labrus turdus. Gm. ) Salvian. 86. 
D'un verd plus ou moins prononcé, à taches tantôt 
nacrées, tantôt brunes, éparses ; souvent une bande nacrée 
le long du flanc (2). 
La Vieille noire ( Labrus merula. Gm. ), Salvian , 87. 
D’un noir plus où moins bleuâtre; ces trois espèces 
ont de seize à dix-sept ou dix-huit épines à la dorsale. 
Nous n’avons la dernière que de la Méditerranée (3). 
Les Cueiuines. Lacép. 
Different des labres proprement dits, parce que leur ligne 
latérale s’interrompt vis-à-vis la fin de la dorsale, pour re- 
commencer un peu plus bas. Les écailles de la fin de leur 


queue sont grandes et enveloppent an peu la base de leur 
caudale. Ce sont de beaux poissons de la mer des Indés (4). 


(x) Je n’en connais de bonne figure que celle de Pennant ; je soupçonne 
le Labr. vetula, Bl., 293, d’en être une figure altérée; c’est, dans la 
saison de l’amour , le T'urdus perbelle pictus de Willughby , 322 , et le 
Sparus formosus de Shaw. , Nat. , Miscell. 

(2) Je crois que le Labrus viridis et le Labrus luscus, Lin. , sont des 
variétés de ce turdus, qui est sujet aux plus grands changements sous le 
rapport des couleurs. Le Labr. viridis, BL. , 282 , est une girelle et diffère 
de celui de Linné. 

À (3) Aj. Labr. americanus , Bl. Schn., ou T'autoga , Mitchil, pl. il, 1 
— L. Hérisse, Lacép. III, xx, 1; — %. Large queue , id., INT, x, 3; 
— L. Deux croissants, F1 III, xxxur, 2; —L. Diane, id., mr, XXXII, I. 

IN. B. Le Cheilion doré de Commers. , Lacép. , IV, 433 , ou 4 Labrus 
inermis de Forskal (L. Hassec, Lacép.), et Voyage de Freycin., Zool., 
pl. 54, n°2, n’est qu’un labre très grèle , dont les épines dorsales sont 
flexibles. 

(4) Le Cheiline trilobé, Lacép. TIT, xxx, 3, le même que le Sparus 
chlorurus , Bl. 260 ; —Spaçus radiatus , BL. Schn., 56 ;— parus fas- 
ciatus, B]., 257, quiest aussi le Labre enneacanthe , Lacép., TL, p. 490; 
— Labrus fasciatus , BI. , 290 , qui est aussi le Labre malapteronote, 


\ 


10 
(#24 
si 


ACANTHOPTÉRYGIENS, 


Les Capiraines. ( Lacanoraimus. N. ) 


Ont les caractères généraux des labres proprement dits, 
mais leurs pharyngiens n’ont de dents en pavé qu’à leur 
partie postérieure ; le reste de leur étendue, ainsi qu’une 
partie du palais, est garni d’une membrane villeuse. Ils se 
reconnaissent dès l’extérieur, parce queles premières épines 
de leur dorsale s'élèvent en longs filets flexibles. 


Les espèces connues viennent d'Amérique (1). : 


Les Girezces. ( Juzis. N.) 


Ont la tête entièrement lisse et sans écailles. Leur ligne 
latérale est fortement coudée vis-à-vis la fin de la dorsale. 
Nous en avons quelques-unes dans nos mers. 


La Girelle la plus connue de la Méditerranée. ( Labrus 
julis. L.) BI. 287, f. 1. 


Est un petit poisson remarquable par sa belle cou- 
leur violette, relevée de chaque côté par une bande en 
zigzag d’un bel orangé, etc. Elle est sujette à beaucoup de 
variétés. On la trouve aussi dans l’Océan. 


La Girelle rouge. ( Julis gioffredi. Risso. ) 


D’un beau rouge d’écarlate ; une tache noire à l’angle 


Laccp., II, xxxt, 1; figure à laquelle doit se rapporter la descr. du Zabre 
Juligineux, id., UT, p. 493, mais non la figure qui est celle du Hesoprion 
uninotatus ;—Labrus melagaster, BL. , 296, 1; — L. diagramme, Lac., 
IT, 1, 2 ;— L. lunula, Forskal. 

I. B. Le Labrus scarus, L. ( Cheiline scare, Lacép. ), n’avait été 
établi par Artédi et Linnæus que sur une description équivoque de Bélon , 
Aquat. , éd. lat., p. 239, et Obs., p. 21 , où l’on ne peut pas même voir 
de quel genre est le poisson dont il veut parler. La figure et la description 
de Rondelet, lib. VI, ch. n, p. 164, que l’on cite d'ordinaire avec 
celles de Bélon , appartiennent à un poisson tout différent et du genre des 
spares. Le vrai Scarus des Grecs est un tout autre poisson, comme nous 
le verrons bientôt. 

. (1) Lachnolaïimus suillus , N.; Catesb., I, xy; — Z. caninus, N.; 
Parra, pl. 11,1. 2. 


TOME II. 17 


238 POISSONS 


de l’opercule ; une bande dorée le long des flancs ; habite 
aussi nos deux mers. 


La Girelle turque. (Julis turcica. Riss.) 


D’un beau vert, un trait roux sur chaque écaille, la 
tête rousse avec des lignes bleues; une ou plusieurs bandes 
verticales d'un bleu turquoise; une tache noire à la 
pectorale, la queue en croissant; c’est un des plus-jolis pois- 
sons de ia Méditerrannée. 


Les girelles des mers des pays chauds sont très nom- 
breuses, et pour la plupart peintes des couleurs les plus 
vives et les plus variées. 

. Les unes ont la caudale arrondie ou tronquée (1);et il y 
«na dont les premiers rayons dorsaux s’alongent en filets (2). 


(1) Girelles à queue ronde ou tronquée : le Labre parterre, Lacép., 
I, xxx, 2, le même que l’Echiquier, 1d., p. 493 ; — le L. trilobé, 
id. , III, rv, 3 ; — le Z. ténioure, Lac. , IL , xxix , 1, le même que son 
Spare hémisphère, TX, xv, 3, et probablement que son $pare brachion, 
TI, xvur, 3; — le L ceinture, id., III, xxvunr, 13 — Labrus brasi- 
diensis, Bl., 280; — L. macrolepidotus, BL., 284, 2 ; — L. guttatus, B}., 
283, 2 ; — L. cyanocephalus, B1., 286 ; — L. malapterus ; B. , 285 ;— 
L. chloropterus ; B1., 288 ; — L. bivitiatus , 284 , à ; — J'ulis crotaphus, 
Nob. , Parra , xxxvur, 1 3 —L. albovittatus , Kæhlr., Nov. Comm. petr., 
IX, 458, et Encycl., 399 ; — L. mola , Nob., Russel, IT , 120 ; — L. 
margaritiferus, Nob., ou Gir. Labiche, Voyage de Freycin., Zool., 
pl, f 3; — L. ornatus , Carmich., Trans. Linn., XII, xxvir. 

(2) La Girelle Gaymard, Voyage de Freycinet, pl. 1v, qui est aussi 
le $parus cretus, Forst. ; et Renard, Ire part., pl. 11, n° 11, et Ile part, 
160. 

MN. B. Les coris établis par M. de Lacépède , d’après les dessins de 
Commerson , sé sont trouvés des girelles à queue tronquée , où le dessina- 
teur avait négligé d'exprimer la séparation du préopercule et de l’oper- 
cule. Le Coris angule', III, 1v,2, paraît méme n’être que le Labrus 
malapterus , et le Coris aigrette , VII, 1v, 1, doit être bien voisin de la 
Girelle Gaymard. 

M. de Lacépède a aussi nommé Hologymnoses des pirelles dônt les 
écailles du corps , plus petites que de coutume. seraient cachées dans 
l’état de vie paf un épiderme épais; mais les écailles’ qui ne paraissent 
point dans le dessin de Commerson, gravé Lacép., II, pl. 1,13, 
se voient très bien dans le poisson desséché apporté depuis au Muséum ; 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 259 


D’autres ont la queue en croissant ou fourchue (1). 
Les Anamrses, Cuv. 


Ont tous les caractères des girelles, si ce n’est que leurs 
mâchoires n’ont chacune que deux dents plates, saillant 
hors de la bouche et reeourbées en dehors. - 


On n’en connaît qu’un ou deux de la mer des Indes (2). 
) 
Les CRENILABRES. 


Que nous séparons des lutjans de Bloch, pour les ramener 
à leur vraie place , ont tous les caractères intérieurs et exté- 
rieurs des labres proprement dits , et ne s’en distinguent que 
par la dentelure du bord de leur préopercule. 


On en prend quelques-uns dans lesmers du Nord ; tels 
que Lutjanus rupestris BI. 250 ; fauve à bandes nuageuses, 
verticales; noirâtres. Lutj. Norvegicus. id. 256; brunâtre, 
tacheté et marbré irrégulièrement de brun foncé; Zabr. 
Melops ; orangé, tacheté de bleu; une tache noire derrière 
œil, pl. xxr, fig. 1; Labr. exoletusou L. palloni de Risso, 
remarquable par les cinq épines de son anale (3). 

La Méditerranée en fournit un graud nombre des plus 
jolies couleurs, dont le plus beau estle Labr. lapina,Forsk., 
argenté, à trois larges bandes longitudinales , formées de 


ainsi ce genre doit rentrer dans les girelles, aussi bien que le Derni- 
Disque, I, pl. vi, £ 1; l’Annele, ib., pl. vu , et le Cercle, qui en 
sont tous au moins très voisins. 

(1) Girelles à queue en croissant ou fourchue : Zabre hébraïque, 
Lacép., IT, xxix, 3 ; — Labrus bifasciatus, Bl., 283; — L. lunaris A 
L., Gron., Mus., Il, vi, 2, cop. Encycl., 196; — L. lunaris, BI., 
281 , qui est différent , et pourrait même n'être qu’un individu altéré de 
la girelle turque ; — L. viridis, Bl., 282; — L. brusiliensis, BI. 280 ;— 
Julis cæruleocephalus, N., ou Girelle Duperrey, Voyage de Freycin., 
Zool. , pl., f. 333; — Z. argenté, Lac., WI, xvm. 

MB. Le Scarus gallus de Forskal est probablement le même que le 
Lab. lunaris. 

(2) Labrus tetrodon, BI. Schn., 263 ; — Anampses Cuvieri, Quoy et 

-Gaymard, Voyage de Freycin., Zool., pl. 1, f. 1. 

(3) Aj. Lab. gibbus, Penn., xuvi, copié Encycl., 403; — Lu. wi 

rescens , BL , 254 , 1. 


PE 


17 


260 POISSONS 


points vermillons; les pectorales jaunes, les ventrales 
bleues, etc. (1) 11 y en a aussi beaucoup dans les mers des 
pays chauds (2), et plusieurs espèces, laissées jusqu’à pré- 
sent parmi les labres , doivent encore être ramenées ici. 


Les Supzers. (Coricus. Cuv. ) 


Joisnent aux caractères des crénilabres, celui d’une bouche 
te] ? 
presque aussi protractile que celle des filous. 


On n’en connaît que de petits de la Méditerranée (3). 


On doit retirer du genre des spares, pour les placer au- 
près des cheïlines ou des sublets 


Les Finous. ( Errsuzus. Cuv.) F 


Si remarquables par l’extrême extension qu’ils peuvent 
donner à leur bouche, dont ils font subitement une espèce 
de tube par un mouvement de bascule de leurs maxil- 
laires, et en faisant glisser en avant leurs intermaxillaires. 
Àls emploient cet artifice pour saisir au passage les petits 
poissons, qui nagent à portée de ce singulier instrument. 
Les sublets , les zées, les picarels, l’emploient également, 


eq 


(x) M. Risso en a décrit plusieurs dans sa première édition, sous le 
nom de Luijans; dans la seconde, il a adopté notre genre CRÉNILABRE, 
et il en porte le nombre à vingt-huit ; mais une partie de ses espèces ren- 
trent les unes dans les autres, et sa synonymie est quelquefois hasardée. 
Ilyauralieu'de comparer ses espèces avec celles de Brannich, de Bloch, etc. 
Labr. venosus, Brunn. ; — Labr. fuscus, Brunn. ; — Labr. unimacu- 
latus , Brunn. ; — Lutj. rostratus, BL , 254, 2, peut-être le Cr. tnca, 
Risso; — Labr. b-maculatus, Bl., 29x, 2, est le Crenil. Roissal, Risso:; 
— Lui. bidens, Bl., 251, 1; — Labr. mediterraneus, Brunn. ;— Labr. 
rubens, Brunn.;—Labr. pirca, Brunn.;— Labr. spalatensis , Br,;—Labr. 
tinca , Br.; — Labr. ocellatus, Forsk., au oltvaceus, Brunn. , etc. 

(2) Nous devons mettre en tête le Lutjanus verres, Bl., 255, le même 
que son Bodianus bodianus, 223, et que le Perro-colorado, Parra, pl. nr, 
f.r.— Aj. Luij. notatus, Bl., 251, 2; — L. violaceus, ou L. Linkü, 
BL., 252; — L. virescens, B., 254, 15 — Lab. burgall, Schæpf. , ou 
L. chogs:1, Mitch., UI, 2 ? —_Z. chrysops, B1., 248. 

(3) Le Lutjan verdätre et le Lutjan Lamark , Risso, première éditiow. 
Dans sa denxième édition, il adopte ce sous-genre; et y joint un Coricus 
subescens, É 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 261 


suivant le plus ou moins de protractilité de leurs mä- 
choires. 

Tout le corps et la tête des filous sont recouverts de 
grandes écailles, dont le dernier rang empiète même sur la 
nageoire de l’anus et sur celte de la queue, ainsi que dans 
les cheïlines.. Leur ligne latérale est interrompue de même; 
ils ont comme elles, et comme les labres, deux dents co- 
niques, plus longues au-devant de chaque mâchoire, et 

‘ensuite de petites dents mousses; mais nous n’avons pu 
observer celies de leur pharynx. 

On n’en connaît qu’un dela mer des {ndes, de couleur 
rougeûtre (Sparus insidiator), Pall., Spic. Zool. fasc., VIH, 
pl.v, 1. 

Les Crepriques. ( Cierricus. N. ) 

Ontun petit museau cylindrique qui sort subitementcomme. 
celui des filous, mais n’est pas si long que la tête, et laisse à 
peine sentir quelques petites dents ; leur corps est oblons, 
leur tête obtuse , leur ligne latérale continue ; leurs écailles 
enveloppent la dorsale et l’anale, presque jusqu’au sommet 
des épines. 

On n’en connait qu’un des Antilles (Clepticus geni- 
sara, N.), Parra, pl. xx1, fig. 1, d’un rouge pourpré. 


Les Gompuoses. Lacép. ( Ecors. Commers. ) 


Sont des labroïdes à tête entièrement lisse, comme dans 
les girelles, mais dont le museau a la forme d’un tube long 
et mince, par le prolongement de leurs intermaxillaires et 
de leurs mandibulaires , que les téguments lient ensemble, 
jusqu’à la petite ouverture de la. bouche (1). 


Ils se prennent dans les mers des Indes, et certaines es- 
pèces fournissent un aliment délicieux (2). 


1) Gomphosus viridis, N., ou G. Lacépède, Quoy et Gaym., Voyage 
dè Freycinet, Zool., pl. v,f. 2; — Gomphosus cæruleus , Lacép., III. 
pl. v, f. 1, ou Æcarauna longirostris, Sèvastianof', Nov. act. Petrop., 
x, t. XI;—G, variegatus, Lacép., ib., £. 2. —Gomphose, de ysupos ,. 
cuneus , clavus. 
(2) Renard , Poissons de la mer des Indes, deuxième partie, pl. xur, 

f. 109. Cependant Commerson dit que le Gomphose bleu est un manger 
médiocre. 


262 POISSONS . 


Les Rasonws. ( XrricHTuys. Cuv.) 


Sont des poissons semblables aux labres par les formes, 
mais très comprimés, dont le front descend subitement 
vers la bouche par une ligne tranchante et presque ver- 
ticale , formée par l’ethmoïdeet les branches montantes 
des intermaxillaires. Leur corps est couvert de grandes 
écailles; leur ligne latérale interrompue, leurs mâchoires 
armées d’une rangée de dentsconiques , dont les mitoyen- 
nes plus longues, et leur pharynx pavé de dents hémisphé- 
riques ; enfin leur canal intestinal est continu , à deux 
replis sans cœcums ni cul-de-sac stomacal. Ils ont une 
vessie aérienne assezétendue. Les naturalistes les avaient 
placés jusqu’à nous avec les coryphènes , dont ils dif- 
fèrent beaucoup à l’intérieur et à l’extérieur, C’est des 
Jabres qu'ils se rapprochent le plus, ne s’en distinguant 
que par le profil de leur tête (1). 

La plupart ont la tête nue comme les pirelles, tel est 

Le Rason ou Rasoir de la Méditerranée. ( Coryphæna 

novacula, L.) Rondel, 146, Salv. 117. 
Rouge, diversementrayé de bleu. On estime sa chair (2). 

Quelques-uns ont la joue écailleuse (3), et il y en a 
qui se distinguent par de petites écailles (4). 


(1) Le tranchant de la rête des coryphènes tient à la crête interparié- 
tale: leurs écailles sont petites et molles ; leurs cœcums nombreux. Foyez 
Mém. du Mus., Il, 324. 

(2) N. B. Le Coryph. lineolata , Rafin., Caratt., 33, ne diffère pas 
du rason ordinaire ; mais le novacula coryphoœna de Risso n’est autre que 
le pompile on centrolophe. Les Coryph. cærulea de Bloch, 176, est un 
scare. — Ajoutez Cor. psütacus, L. ; — Cor. lineata, L. , et des espèces 
nouvelles. 

(3) Coryphoena pentadactyla , B1., 153, ou Blennius maculis 5, etc., 
Ankarstrom, Mém. de Stockh. , pl. ur, f. 2. 

Linnæus l’a confondu avec le poisson à cinq doigts de Nieuhof, Wil- 
lughb. , App. pl. vin, f. 2, qui n’est qu’un pilote, ce qui a engagé 
Lacépède à en faire son genre Hémiptéronote, dont les caractères ne 
conviennent nullement à ce rason. 

(4) Rason lécluse, Quoy ét Gaym., Voyage de Freycinet, Zool., 


pl. uxv, Î 1. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 20635 
Les Caromis. Cuv. (1). 


Ont les lèvres, les intermaxillaires protractiles, les 
os pharyngiens, les filaments à Ja dorsale et le port 
des labres, mais leurs dents sont en cardes aux mà- 
choires et au pharynx, et il y en a en avant une rangée 
de coniques. Leurs nageoires verticales sont filamen- 
ieuses, souvent même celles du ventre prolongées en 
longs filets, et leur ligne latérale est interrompue. Leur 
estomac est en cul-de-sac, mais sans cœcums. 

Nous en avons une petite, d’un brun châtain, que l’on 

. pêche par milliers dans la Méditerranée. C’est le petit Cas- 
tagneau ( Sparus chromis, L. ), Rondel., 152; le Coracin 
vulgaire ou noir des anciens. 

Le Nil en produit une autre, qui atteint deux pieds de 
long, et passe pour le meilleur poisson d'Égypte : c'est le 
Boltio» Labrus niloticus, Hasselq., 346, Sonnini, pl. xxvu, 
fig. 1; le Coracin blanc ou d'Egypte des anciens (2). 


Les Cycuzes. ( Cremza. BI. Schn. ) 


Différent des chromnis par leurs dents toutes en velours sur. 
une large bande ; et par un corps plus alongé (3). 


(1) Xpduis, xpéus, xpeun , noms grecs d’un poisson indéterminé. 

(2) Ajoutez Labrus punctatus, BL, 295, 1; — le Labre filamenteux, 
Lac., II, xviu, 2; — le Labre 15-épines , id. ïb., xxv, 1;— Sparus 
surinamensis , BL, 299,2; — Chœtodon suratensis, BL., 217? — Perca 
bimaculata, B1., 310, 1. 

(3) Je retranche beaucoup d’espèces du genre CrouLa tel que l’a formé 
Bloch, mais j'y laisse C. saxatilis, BL., 309; — C. ocellaris, BI. Schu., 
pl. zxvi; — C. argus, Valenc., ap. Humboldt, Obs. zool. , tom. II, 
p. 109; — peut-être le C. brasiliensis , Bl., 310 , 2, et des espèces nou- 
yelles. Mais le C. erythrura , BL., 26r, et le C. argyrea sont des GERRES; 
lé €. cuning-un Czxsio ; le C. brama un Canxruère; le C. macrophtalma, 
BL., 268, le C. japonice , id., 277, 1 , le C. cynodon, id., 278 ,1, son, 
des Dewtex; le ©. surinamensis, id, 277,2, etle C. bimaculata , id, , 
310, 1 , sont des Cnnomis; le C. guttata , BI., 312, le C. maculata , ïid., 
313, le C. punctata, id., 314, sont des Sernans, ou , dans la méthode 
de Bloch , des Bontans ; le C. pelagica est le Caranxomore de Lacépède, 


264 POISSONS 
Les PLésiors. Cuv. 


Sont des chromis à tête comprimée, dont les yeux sont 
rapprochés, et les ventrales très longues. 


Les MazacanrTues. (Maracanraus. Nob. ) 


Ont les caractères généraux des labres, et des dents maxil- 
laires assez semblables aux leurs, mais leurs dents pharyn- 
giennes sont en cardes comme dans les chromis et les cy- 
chles; leur corps est alongé, leur ligne latérale continue, 
leur opercule terminé par uve petite épine, et leur longue 
dorsale n’a qu’un très petit nombre d’épines minces et flexi- 
bles en avant. 


Nos colons des Antilles en ont une espèce qu’ils nom- 


ment Vive; c’est le Coryphæne plumier, Lacép. IV, vai, 1, 
jauvâtre , rayée irrégulièrement en travers de violet(1), 
à queue en croissant. 


Les SCARES. (ScaARus. L. ) 


Sont des poissons remarquables par leurs mâchoires , 

Li] “ . L . . 02 . 
(c’est-à-dire leurs os intermaxillaires et prémandibu- 
laires ) convexes, arrondies, garnies de dents disposées 
comme des écailles sur leur bord et sur leur surface 
antérieure; les dents se succèdent d’arrière en ayant, 


ou Coryphæna pelagica, Linn. On voit que Bloch avait fait son genre 
Crenra aussi mal que son genre GRAMMISTES. 

Les /liatules seraient des labres sans nagcoire anale, maïs on n’en 
cite qu’un de la Caroline , et seulement d’après une note de Garden qui a 
besoin d’être confirmée { Labrus hiatula , L. ). On ne concoït pas d’après 
quelle idée Bloch, édition de Scha., p. 481, a pu le mettre parmi les 
Trachyptéres. 

(1) M. B. Cette figure tirée de Plumier a été altérée par Bloch pour 
en faire son Coryphœna plumieri, pl 175. Lacépède en donne une 

: copie plus exacte. C’est aussi le Watejuelo blanco de Parra., XHI, 1 , ou 
le Sparus oblongus , Bl. Schn., 283. 

Aj. le Tubleui de l'Ile de France, ou Labre large raie, Vacép., IT, 
xxvint , 2, dont la description se trouve tome IV, p. 204, sous le nom de 
Toenianote large raie. 


Ve 


ACANTHOPTÉR YCGIENS, 209 


de manière que celles de la base sont les plus nouvelles 
et formeront un jour un rang au tranchant. Les natu- 
ralistes ont cru à tort que l’os lui-même était à nu. Ces 
mâchoires sont d’ailleurs recouvertes dans l’état de vie 
par des lèvres charnues; mais il n’y a pas de double 
lèvre adhérente au sous-orbitaive. Ces poissons ont la 
forme oblongue d’un labre, de grandesécailles, et la ligne 
latérale interrompue; ils portent à leur pharynx deux 
plaques en haut et une en bas, garnies de dents comme 
les plaques pharyngiennes des labres , mais ces dents sont 
des lames transversales et non des pavés arrondis. 


L’archipel en possède une espèce de couleur bleue ou 
rouge, suivant la saison, qui est le Scarus creticus d’Al- 
drovande, pisc., p. 8; et qui, d’après de nouvelles re- 
cherches , me paraît être vraiment le scarus si célèbre chez 
les anciens, et que, sous le règne de Claude, Elipertius 
Optatus, commandant d’une flotte romaine, alla cher- 
cher en Grèce pour le répandre dans la mer d’italie. 
On le mange encore aujourd’hui en Grèce, en l’assaison- 
nant de ses intestins (1). 

Il y en a de nombreuses espèces dans les mers des pays 
chauds. On leur donne communément, à cause dela forme 
de leurs mâchoires et de l'éclat de leurs couleurs, le nom 
de poissons perroquets. 


Les uns ont la caudale en croissant (2), et dans ce nom- 
bre, il y en a dont le front est singulièrement bombé (3). 


(1) MN. B. Ce n’est pas le Sc. cretensis de Bloch, 228. 

{2) Scarus coccineus , BL. Schn., Parra, XX VIII, 2, qui est le Sparus 
abildgardü, Bl., 250, et le Spare rougeor, Lacép., HI, xxx, 3 ; — le 
Grand scare à machoires bleues, Sc. guacamaïa, Nob., Parra, XXVI;— 
le Sc. catesby , Lacép., Catesb. , II, xxix 3 —le Se. bride, Lacép., IV, 1. 
a; — Sc. chrysopterus, BL Schn., 57 ;—$o. capitaneus, N., qui est à la 
fois le Sc. ennéacanthe , Lacép., IV, p. 6, et son Sc. denticulé, id., p. ia 
etpl. 1,f. 1, et dont il a rapporié une description sous la rubrique du $c. 
chadri. 

(3) Se. loro , BL, Schn., Parra, XX VII, 1, —Sc. cœruleus , Bl. Schn.., 
Parra, XX VII, 2, et Catesb., Il, xut, qui est aussi le Corp phœna cœru- 


266 POISSONS. 
D’autres l’ont coupée carrément (1). 
. Nous détachons des scares : 


Les. Caznoponws. 


Où les dents latérales de la mâchoire supérieure. sont: 
écartées et pointues, et où cette mâchoire en a un rang in-. 
térieur de beaucoup plus petites (2), et 


Les Opax. 


Qui se rapprochent des vrais labres par des lèvres ren- 
flées , et une ligne latérale continue ; leurs mâchoires com- 
posées comme celles des scares, sont cependant plates et 
non bombées, et se laissent recouvrir par les lèvres ; leurs. 
dents pharyngiennes sont en payés comme dans les la- 
bres (3). 

La quinzième et dernière famille des Acanthop- 


térygiens, ou celle 
Des BOUCHES EN FLUTE, 


Se caractérise par un long tube formé au devant. 
du crâne par le prolongement de l’ethmoïde, du vc- 
mer, des préopercules, interopercules, piérygoiï- 
diens et tympaniques, et au bout duquel se trouve 
la bouche composée comme à l'ordinaire, des inter- 
maxillaires ,maxillaires, palatins et mandibulaires. 


La , B1., 176, et, ce quest plus extraordinaire , le $pare holocyanose , 
Lacép., III, xxx, 2, et IV, p.441, tire son origine du même dessin 
de Plumier que cette figure de Bloch. . 

(1) Sc. vetula , BL. Schn., Parra, xxviu, 13 — Sc. tœniopterus, Des- 
marest; — Se. chloris, Parr., xxvin, 3; — Sc. psittacus, Forsk.; — 
Sc. viridis, BI. : 

(2) Scarus spinidens, Quoy et Gayn;, Zool. du Voyage de Freycin., 
p- 289, et quelques espèces nouvelles. 

(3) Scarus pullus, Forster, BI. Schn., 288. 


ACANTHOPTÉRYGIENS. 267 


Leur inteslin n’a point de grandes inégalités, m1 
beaucoup de replis, et leurs côtes sont courtes ou 


nulles. 

Les uns”'( les fistulaires) ont le corps cylin- 
drique ; les autres (les centrisques) l’ont ovale et 
comprimé. 


Les FISTULAïRES. ( FISTULARIA, L. ) 


Prennent en particulier leur nom du long tube com- 
mun a toute la famille. Les mâchoires sont au bout, 
peu fendues et dans une direction presque horizontale. 
Cette tête ainsi alongée, fait le tiers ou le quart de la 
longueur du corps, qui est lui-même long et mince. 
On compte six ou sept rayons aux ouies ; des appendices 
osseux s'étendent encore en arrière de la tête sur la partie 
antérieure du corps qu’elles renforcent plus ou moins. 
La dorsale répond à l’anale, l’estomac en tube charnu 
se continue avec un canal droit, sans replis, au com- 
mencement duquel adhèrent deux cæcums. 


Dans 
Les Fisruzaires proprement dits. (Fisruzar1A. Lacép. ) 


Il n’y a qu’une dorsale , composée en grande partie, ainsi 
que l’anale, de rayons simples. Les intermaxillaires , et la 
mâchoire inférieure , sont armés de petites dents. D’entre 
les deux lobes de leur caudale sort un filament quelquefois 
aussi long que tout le corps. Le tube du museau est très 
long et déprimé; la vessie natatoire excessivement petite; 
les écailles invisibles. On en trouve dans les mers chaudes 
des deux hémisphères (1). 


(1) Fistularia tabacaria, Bl., 387, 1;—Fistul. serrata, id., ib., 2, sont 
d'Amérique , Marg., 148, Catesb., Il, xvu ; — Fist, immaculata, Com- 
mers., John White, p. 296, f, 2 , est de la mer des fndes. 


1 


268 POISSOXS. 
Dans 
Les Aurosromes. Lacép. (1). 


La dorsale est précédée de plusieurs épines'libres, et les 
mâchoires mauquent de dents; le corps bien écailleux, 
moins grêle, est élargi et comprimé, entre la dersale et 
l’anale, que suit une queue.courte et menue, terminée par 
une nageoire ordinaire. Le tube du museau est plus court, 
plus gros et comprimé; la vessie natatoire est très grande. 

On n’en connaît qu’un, de la mer des Indes (2). 
û 
Les Centrisques. ( CenTriscus (3). L.) Vulgaire-. 
ment Bécasses de mer. 


Ont, avec le museau tubuleux de cette famille, un 
corps non alongé, mais ovale ou oblong, comprimé par 
les côtés et tranchant en dessous; des ouïes seulement 
de deux ou trois rayons grêles; une première dorsale 
épineuse et de petites ventrales en arrière-des pecto- 
rales. Leur bouche est extrêmement petite et fendue. 
obliquement; leur intestin sans cœcums, replié- trois. 
ou quatre fois, et leur vessie natatoire considérable. 

Dans | 
Les CENTRISQUES proprement dits: 

La dorsale antérieure, située fort en arrière, a sa pre- 
mière épine , longue et forte, supportée par un appareil qui 
tient à l'épaule et à la tête. Ils sout couverts de petites écail- 
les, et ont de plus quelques plaques larges et dentelées sur 
l'appareil dont nous venons de parler. 

Le Centriscus scolopax. L. BI. 123 (4) 

Est une espèce très commune dans la Méditerranée, longue. 

de quelques pouces, d’une couleur argentée. 


(1) Æulostome ( bouche en flûte), de zd)6s et sou. 

(2) Fistularia chinensis , BI., 388. 

(3) Centriscus , de xevres. 

(4) C’est aussi le Siurus cornutus de Forskal, Macroramphose, Lac. 


MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. 264 
Dans 


Les Ampaisines. ( Ampmis LE. Klein.) 


Le dos est cuirassé de larges pièces écailleuses, dont 
J'épine antérieure de la première dorsale a l'air d'être une 
continuation. 

Les uns ont même d’autres pièces écailleuses sur les flancs, 
et l’épine en question placée tellement en arrière, qu’elle 
repousse vers le bas la queue, la seconde darsale et l’auale. 
Tel est le Centriscus scutatus, Linn.. BI. , 193, 2. 

D’autres tiennent le milieu entre cette disposition et celle 
des centrisques ordinaires. Leur cuirasse ne couvre que la 
moitié du dos (Centriscus velitaris, Pall., Spic., VIT, 1v, 8). 

Les uns et les autres viennent de la mer des Indes. 


La deuxième division des poissons ordinaires ou 
celle des MALACOPTÉRYGTENS, Contient trois ordres, 
caractérisés d’après la position des, ventrales ou leur 
absence. 


LE DEUXIÈME ORDRE DES POISSONS, 
Ov cezur Des MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX, 


C’est-à- dire, dont les ventrales sont suspendues 
sous l'abdomen et en arrière des pectorales, sans 
être attachées aux os de l’épaule, est Le plus nom- 
breux des trois ; 1l comprend la. plupart des pois- 
sons d’eau douce, 

Nous le subdivisons em cinq famiiles. 

La première famille, ou celle 


© Des CYPRINOIDES, 


Se reconnaît à une bouche peu fendue, à des 
mâchoires faibles, le plus souvent sans dents, et 


270 POISSONS 


dont le bord est formé par les intermaxillaires ; à 
des pharyngiens fortement dentés, qui compensent 
le peu d’armure des mâchoires; à des rayons bran- 
chiaux peu nombreux. Leur corps est écailleux ; 
ils n’ont point de dorsale adipeuse, comme nous en 
verrons dans les silures et les salmones. Leur es- 
tomac n’a point de cul-de-sac, ni leur pylore d’ap- 
pendices cécales. Ce sont les moins carnassiers des 


poissons. 
Les CyPRINSs 


Forment un genre très nombreux et fort naturel , aisé 
à distinguer à sa petite bouche, à ses mâchoires sans 
aucunes dents et aux trois rayons plats de ses ouïes. Leur 
langue est lisse; leur palais est garni d’une substance 
épaisse, molle etsingulièrement irritable que l’on con- 
naît yulgairement sous le nom de langue de carpe ; leur 
pharynx offre un puissant instrument de mastication, 
savoir de grosses dents adhérentes aux os pharyngiens 
inférieurs , et pouvant presser les aliments entre elles, et 
un disque pierreux enchèssé dans une large cavité sous 
une apophyse du basilaire. Ces poissons n’ont qu’une 
dorsale, et leur corps est couvert d’écailles le plus 
souvent fort grandes; ils habitent les eaux douces, et 
sont peut-être les moins carnassiers de toute la classe, 
vivant en grande partie de graines, d’herbe et même 
de limon. Leur estomac se continue ayec un intestin 
court et sans cœcums, et leur vessie est divisée en deux 
par un étranglement. 

Nous les subdivisons en sous-genres comme il suit : 


Les Carpes proprement dites.-( Cyprus. Cuv. } 


À dorsale longue, ayant, ainsi que l’anale, une épire 
plus ou moins forte pour deuxième rayon. 


MALACOPTÉRYCIENS ABDOMINAUX. 271 


Les unes ont des barbillons aux angles de la mâchoire 
supérieure. L 
Telle est 
La Carpe vulgaire. ( Cyprinus carpio. L. ) BI. 16. (1). 


Poisson connu de tout le monde, d’un vert olivâtre, 
jaunâtre en dessous, dont les épines dorsales etanales sont 
fortes et dentelées et les barbillons courts ; ses dents pha- 
ryngiennes sont plates et striées à la couronne. Originaire 
du milieu de l’Europe, il vit dans nos eaux tranquilles, où 
ilatteint jusqu’à quatre pieds de long. Il s'élève aisément 
dans les viviers, dans les étangs , et est généralement de 
bon goût. 

On en voit assez souvent des individus monstrueux, 
à front très bombé et à museau très court. 

L'on en élève une race à grandes écailles, dont cer- 
tains individus ont la peau nue par places, ou même 
entièrement, que l’on nomme Reine des Curpes, Carpe 
à miroir, Carpe à cuir, etc. ( Cyprinus rex cyprinorum, 
BL., 17.) 

D’autres espèces manquent de barbi!lons. Tels sont en 
Europe J 
Le Carreau ou carrassin. ( Cypr. carassius. L.) BI. XI. 


À corps très élevé, à ligne latérale droite, à tête pe- 
tite, à caudale coupée carrément. 
Il est rare dans nosenvirons, mais fort commun dans 
le nord. 


La Gibèle. ( C. Gibelio. Gm.) BI. v2. 


À corps un peu moins haut, à ligne latérale arquée 
vers le bas, à caudale coupée en croissant. 


(1) Les Cyprins Anne-Caroline, Lacép., V, xvin, 1, rouge-brun , 
id. , ib., xvt, 1, mordoré, ib., 2, vert-violet, ib., 3, tous connus seu- 
lement d’après des peintures chinoises, se rapprochent beaucoup de la 
carpe. Les Chinois, qui se plaisent à élever des poissons d’eau douce, en 
obtiennent des variétés très diverses, dont on voit des figures dans leurs 
recueils, mais qu'il ne serait pas sûr d’ériger en espèces sur ces seuls 
documents. 


2 POISSONS 

Elle est plus commune autour de Paris; les épines de 
ces deux espèces sont faibles, et c’est à peine si l’on y 
aperçoit quelque dentelure. 


+7 


Telle est encore une espèce importée chez nous, et qui 
s’y est fort multipliée à cause de l'éclat et de la variété de 
ses couleurs, qui font l’ornement de nos bassins. 


La Dorade de la Chine. ( Cypr. auratus. 1, ) BI. 93. 


Qui a les épines dorsales et anales dentelées comme la 
carpe. D'abord uoirâtre, elle prend par degrés cebeaurouge 
doré qui la caractérise; mais il y en a d’argentées et de 
variées de ces trois nuances. Îl y en a aussi des individus 
sans dorsale, d’autres à dorsale très petite, d’autres dont 
la caudale est très grande et divisée en trois ou quatre 
lobes, d’autres dont les yeux sont énormément gonflés; 
et tous ces accidents, produits de l’éducation domes- 
tique , peuvent se combiner diversement (1). 

C’est aussi à ce groupe qu’appartient le plus petit de 
nos cyprins d'Europe, dit 
La Bouvière ou péteuse, ( Cypr. amarus. BI. VIL. 3.) 


Longue d'un pouce, verdâtre dessus, d’un bel aurore 
dessous ; en avril, dans le temps du frai, elle a une ligue 
d’un bleu d’acier de chaque côté de la queue ; le deuxième 
rayon dorsal forme une épine assez roide. 


Les Barpeaux. ( Barsus. Cuv. ) 


Ont la dorsale et l’anale courtes, une forte épine pour 
second ou troisième rayou de la dorsale, et quatre barbil- 
lons, dont deux sur le bout, et deux aux angles de la mä- 
choire supérieure. 

Le Barbeau commun. ( Cyprinus barbus. L.) BI. 18. 


Reconnaissable à sa tête oblougue, et très commun 


(1) Tels sont le Cypr. macrophtalmus, B1., 410, ou le gros yeux, Lacép., 
V, xvuir, 2, le C. quatre lobes, Lacép., ib., 3, et les variétés de la do- 
rade , BL., 93, 94, etc. Voyez la Collection de Dorades de la Chine, par 
Sauvigny et Martinet. — Aj. Cypr. devarid, Buchanan, pl. vi, f. 94 ;— 
€. catla , id., pl. x, f. 81. 


MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. 275 
dans les eaux claires et vives, où il atteint quelquefois 
plus de dix pieds de long. 

L'Italie a quelques espèces voisines, dont l’épine est 
plus faible, et qui néanmoins diffèrent des goujons par 
leurs quatre barbillons (Barbus caninus, Bonnelli; B. 
plebeius, NVal., B. Eques, id.) (1). 


‘Les Gousos. ( Gorio. Cuv.) 


Ont la dorsale et l’anale courtes, sans épines À l’une ni 
à l’autre, et des barbillons. 


\ AREA ME a ; : 
Nous en avons un à nageoires piquetées de brun, qui, 
malgré sa petitesse, est estimé par son bon goût ( Cypr: 
gobio, L.), Bl., 8, f. 2.11 vit en troupes dans nos eaux 
douces, et me passe guère huit pouces de longueur (2). 


Les Tanones. ( Tinca. Cuv.) 


Joignent aux caractères des goujons, celui de n’avoir 
que de très petites écailles; leurs barbillons sont aussi très 
petits. 

‘ , ; 
Nous en avons une, la T'anche vulgaire (Cypr.tinca, L.), 

BI, , 14, courte et grosse, d’un brun jaunâtre, qui n’est 


(1) Ajoutez les barbeaux de la mer Caspienne : Cyprinus mursa, 
Guldenstedt, Nov. Comm. Petrop., XVII, pl. xvnir, f. 3-5; — C. bu- 
latmai, Pall. , et le barbeau du Nil ( Cyprinus binny , Forsk., 71 ; Son- 
nini, Voyag., pl. xxvni, f. 3, ou Cypr. lepidotus, Geoffr., Eg. Poiss. 
du Nil,plx,f.2). 

IN. B. Bruce après avoir donné l’histoire du vrai binny, y rapporte 
par mégarde la figure et la description d’un polynème qu’if aura dessiné 
dans la mer Rouge , d’où l’espèce imaginaire du polyn. Miloticus Shaw. 

Il y a aussi des barbeaux aux Indes, tels que: Cypr. calbasu, 
Buchan. Poiss. du Gange, pl. 11, f. 33; —C. cocsa, id., pl. 111, f. 57; 
—C. Daniconius, id., xv, 89; —C. kunama, Russel, 204; — C. morula, 
Buch., xvur, 91;—C. gonius , ib., 1v,.82; — C. Rohia, ib., xxxvi, 
85 , et plusieurs autres que nous décrirons dans notre Ichtyologie; nous 
en avons même d'Amérique. 

_ (2) Aj. Cypr. capoeta , Guldenst., Nov. Comm. Petrop., XVII, 
pl. xvin, f. 12; — C. curmuca, Buchan., Voyage au Mysore, IN, 
pl. xxx; — ©. bendelisis , id., ib., pl. xxx. 

TOME Il. 18 


274 POISSONS 


bonne que dans certaines eaux, et qui prend quelquefois 
une belle couleur dorée ( Cypr. tinca auratus, B1., 25). 
Elle habite de préférence les eaux stagnantes. 


Les Ciremines. Cuv. 


Ont la dorsale plus grande que les goujons, et leurs bar- 
billons sur le milieu de la lèvre supérieure (1). 


Les Brémes. ( Asramis. Cuv. ) 


N'ont ni épines ni barbillons; leur dorsale est courte, 
placée en arrière des ventrales, et leur anale est longue. 
Nous en avons deux : 


La Bréme commune. ( C. brama. L. ) BI. 13. 

La plus grande espèce de cette subdivision ; elle a vingt- 
neuf rayons à l’anale, et toutes les nageoires obscures. 
C’est un assez bon poisson , fort abondant, et qu’on mul- 
tiplie aisément. 

La Bordelière, petite Bréme ou hazelin. ( C. blicca. C. 

latus. Gm. ) BI. ro. 


À. pectorales et ventrales rougeâtres, à vingt-quatre 
rayons à l’anale; peu estimée, et ne servant guère qu’à 
nourrir les poissons dans les viviers (2). 


Les Laséons. ( Lapro. Cuv.) 


Ont la dorsale longue, comme les carpes proprement 
dites, mais les épines et les barbiilons leur manquent, et 
leurs lèvres charnues et souvent crénelées, sont d’une épais- 
seur remarquable. Ils sont tous étrangers (3). 


(a ) Cypr. cirrhosus , BL., ki; — C. ARE, Buchan., pl. vi, f. 70; 
— C. nandina, id., va, 84? 

(2) Ajoutez ae poissons qui remontent de la Baltique dans les fleuves 
qui s’y jettent, la Sope ( C. ballerus ), BL., 9, la Serte (C. vimba, L.), 
BL, 4, etle C. Buggenhagü, BI., 95; et en espèces Sri , C.cotis, 
Buchan., pl. xxx1x, f. 03. 

Ve C. niloticus , Geoffr. , Poiss. du Nil, pl. 1x, f. A PAR 
BL., 409, auquel il faut ajouter le Catastomus cyprinus, Lesueur. 


2 


[LS 


MALA COPTÉRYCGIENS ABDOMINAUX. 27 


Les Carasromes. ( Carasromus. Lesueur. 

Ont les mêmes lèvres , épaisses, pendantes et frangées ou 
crénelées, que les labéons; mais leur dorsale est courte comme 
celle des ables ; elle répond au-dessus des ventrales, Ils vi- 
vent dans les eaux douces de l’Amérique septentrionale, (1). 


Les Apes. ( Leuaciscus. Klein. ) Vulg. Poissons blancs: 


Ont la dorsale et l’anale courtes, et manquent d’épines 
et de barbillons ; leurs lèvres n’ont rien de particulier. C’est 
une subdivision nombreuse en espèces, mais dont la chair 
est peu estimée. On leur applique assez indistinctement, 
dans nos diverses provinces, les noms de Meunier, Chevanne, 
Gärdox, etc. (2). 

Nous les distinguons d’après la position de leur dorsale, 
caractère qui n’est pas toujours assez net. Dans les uns, 
elle répond au-dessus des ventrales. 

Nous possédons ici de ce groupe, 
Le Meunier. ( Cyprinus dobula. L.) BI. 5.° 


À tête large, à museau rond, à pectorales et ventrales 
rouges. 
Le Gardon. ( C. idus. ) BI. 6, et mieux Meidinger. 36. 
A peu près des mêmes couleurs, à tête moins larse, 
dos plus relevé, museau plus convexe. 
La Rosse. ( Cyprinus rutilus. L. ) BI. 2. 


À corps comprimé, argenté; toutes les nageoires 
rouges. 
La J’andoise. ( C. Leuciscus. ) BL. 97, fig. 1. 

À corps étroit, à nageoires pâles, à museau un peu 
proéminent. | 
= ————— = —————————— mm 

(1) M. Lesueur en a décrit dix-sept espèces dans lé Journal de l Aca- 
démie des sciences naturelles de Philadelphie, tom. 1, 1817, p. 88 et 
suiv., et en représente neuf; mais il faut en retrancher la première ( Cat: 
cyprinus ), qui est plutôt un labéon: — Aj: Cypriteres, Mitchill ; Trans. 
New-Y., I, v1, 11, et le Cyprin sucet, Lacép:, V, xv, 2: 

(2) V.:B. Bloch et ses successeurs n’ont point suivi l’usage des envi- 
rons de Paris dans l’äpplication de ces noms français , qu'ils ont répartis 
presque au hasard. 

13* 


256 POISSONS 
On prend dans le Rhin 
Le Nez. ( C. Nasus. .. ) 


Qui a le museau plus saillant que la vandoise, plus 
obtus (1). 


En d’autres , la dorsale répond au-dessus de l'intervalle 
qui est entre les ventrales et l’anale. 
JL ya de ce groupe dans nos eaux, 
Le Rotengle. ( C. Erythrophtalmus.) BI. 1. 

À nageoires rouges comme la rosse; le corps plus 

haut, plus épais. 
L’Ablette. ( Cypr. alburnus. L. ) BI. 8. f. 4. 

À corps étroit, argenté, brillant, à nageoires pâles, 
le front droit, la mâchoire inférieureun peu pluslongue; 
très abondante dans toute l’Europe. C’est un des poissons 
dont. la nacre sert à fabriquer les fausses perles. 


Le Spirlin ou Éperlan de Seine. (Cyp. bipunctatus. L.) 
Bi: fr 


Très semblable à l’ablette; deux points noirs sur cha- 
cune des écailles de sa ligne latérale. 


Le V’éron. ( Cypr. phoxinus. L.) BI. 8. f. 5. 
Tacheté de noirâtre ; la plus petite espèce dé ce pays. 
Les rivières d'Allemagne et de Hollande nourrissent 

L’Orfe. ( C. Orphus.!) BL. 95. 


D'un beau rouge de minium (9). 


(1) Ajoutez Cypr. grislagine ; — C.jeses, et en espèces étrangères, 
Cypr. pala, N:, Russ., 207; — C. tolo, N., Rüss., 208; — C. boga, 
Buchan., Pisc. Gang., pl. xxvur, f. 80; — C. mola, ib., xix, f. 86; — 
C:sophore ; ib., xxxvnt,f. 92; — C. ariza; id., Voyage au Meissour , 
IT, xxx1. 

La difficulté de reconnaître les figures données par les auteurs d’espèces 
si semblables est encore augmentée parce qu’il y a dans les irivières 
d'Europe plusieurs autres espèces qui n’ont pas encore été représentées. 

(2) Aj. l’Aspe (C. aspius BL. ). 

En espèces étrangères : Cypr. basbora, Buchan., Pisc. Gang., I, 
f. 90; — C. morar, ib., xxx1, f. 75, et un grand nombre d’autres des 


MALACOPTÉRYCGIENS ABDOMINAUX, 277 


il yen à enfin où elle répond sur le commencement 
de l’anale (les Cneca de Buchanan), et dans plusieurs 
de: ceux-ci le corps est comprimé. presque: comme dans 
certains clupes. Tel est 

Le Rasoir. ( Cypr: cultratus. L.) BI. 37. 
Remarquable encore par sa mâchoire inférieure, qui 
remonte en avant de la supérieure, par ses grandes pec- 

torales taillées en faulx , etc. (1). 

Ce groupe possède des espèces à barbillons (2). 


On pourrait séparer de tous les autres cyprins 
Les Gonormnques. ( Gonosayneaus. Gronov. ) 


Qui ont le corps et la tête alongés et couverts, ainsi que 
les opercules, et même la membrane des ouïes, de petites 
écailles ; le museau saillant, au devant d’une petite bouche 
sans dents et sans barbillons ; trois rayons aux ouïes, et 
une petite dorsale au-dessus des ventrales. k 

. On n’en connaît qu’un du Cap. ( Cyprinus gonorhyn- 

chas, Gm. ), Gron., Zooph., pl. x, fig. 24. (3). 


Les Locuess, ou Donmices. (Cogrris. L. ) (4). 


Ont la tête petite, le corps alongé, revêtu de petites 
écailles et enduit de mucosité; les ventrales fort en ar- 
rière, et au-dessus d’elles une seule petite dorsale; la 
bouche au bout du museau, peu fendue, sans dents, 
mais entourée de lèvres propres à sucer, et de baxbil- 
Jons; les ouïes peu ouvertes , à trois rayons seulement. 


eaux douces de toutes les parties du monde, dont MM. Buchanan, 
Mitchill, etc., ont déja indiqué plusieurs, etauxquelies nous en ajouterons 
encore dans notre histoire des poissoes. M. Buchanan seul a trouvé aux 
Indes plus de quatre-vingt cyprins. Nous ne citons ici que ceux dont il a 
donné des figures. | 

(1) Aj. Crpr. clupeoïdes, BL, 408, 2; —C. bacaila, Buchan., VIT, 
76. 

(2) Cypr. dantica , id., xvr, 88. 

(3) Mal copié, Schn., 78. 


(4) KwBtrus , nom grec d’un petit poisson mal déterminé. 


278 POISSONS 


Leurs os pharyngiens inférieurs sont assez fortement 
dentés, il n’y a point de cœcums à leur intestin, ei 
leurtrès petite vessie matatoireest enfermée dans un étui 
osseux, bilobé, adhérent à la troisième et à la quatrième 
vertèbres (1). Nous en avons trois espèces dans nos eaux 
douces, j 


La Loëhe franche. ( Cobitis barbatula. L. ) BI. 31. 3. 


Petit poisson de quatre ou cinq pouces ,cnuagé.et poin- 
tillé de brun, sur un fond jaunâtre, à six barbillons : 
commun daus nos ruisseaux, et de fort bon goût. 


La Loche d’étang. RUE @). (Cobitis Jours L.) 
20Bh0 31 5: 


_ Longue quelquefois d’un pied, avec des raies longi- 
tudinales brunes et jauves ; et dix baïbillons. Elle se tient 
dans la vase des étangs, où elle subsiste long-temps 
même lorsqu’ils sont gelés ou desséchés. Quand le temps 
est orageux, elle vient à la surface, agite, et trouble 
l’eau ; quand il est froid , elle se retire plus soignéusement 
dans la vase. Elle avale sans cesse de l’air, qu’elle rend 
par l’anus, après l’avoir changé en acide carbonique, 
selon la belie observation de M. Ehrman. Sa ‘chair est 
molle et sent la vase (3). 


PAR APP ( Cobitis tænia.L. 12.) BI. 31.2. 2 


À six barbillons, à corps comprimé, orangé, marqué 
de séries de taches noires, se distingue des deux, autres. 
par un aiguillon fourchw et mobile, que le sous- “6rbitaire 
forme en avant de l’œil. C’est la plus petite des trois. 


(1) Voy. Schneider , Syn. pisc. Arted., p. 5 et 337. 

(2) AV. B. Je ne sépare pas les misgurns des loches, parce que leur 
organisation ne diffère en rien , et que les premiers n’ont pas. plus de 
dents qu'e les autres aux mâchoires ; j'ai cherché iautilement celles qu y 
décrit Bloch. 

(3) Aj. les trois espèces de cobitis à joue non armée décrites par 
Buchanan, Poiss. du Gange, p. 357-359. 


. MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. 279 


Elle se tient dans les rivières, entre les pierres, et est 
peu recherchée (1). 


Les AnABLEPs. ( ANABLEPS. B], ) (>). 


Long-temps et mal à propos réunis aux loches, ont 
des caractères fort particuliers; d’abord leurs yeux très 
saillants sous une voûte formée de chaque côté par le 
frontal, ont la cornée et l'iris partagés en deux por- 
tions par des bandes transverses, en sorte qu'ils ont 
deux pupilles et paraissent doubles quoiqu’ils n’aient 
qu'un crystallin, un vitré et une rétine (3), ce dont il 
n’y à pas d’autre exemple parmi les animaux vertébrés. 
Ensuite les organes de la génération et la vessie du 
mâle ont leur canal excréteur dans le bord. antérieur de 
la nageoire anale, Jequel est gros, long, revêtu d’é- 
cailles;, son extrémité est percée et sert sans doute à 
Paccouplement. La femelle est vivipare, et les petits 
naissent déjà très avancés. 

Ces poissons ont le corps cylindrique, revêtu de 
fortes écailles, cinq rayons aux ouïes, la tête aplatie, 
le museau tronqué, la bouche fendue transversalement 
au bout, armée aux deux mâchoiresde dents en velours; 
les intermaxillaires sans pédicule et suspendus sous les 
os nasaux qui forment le bord antériéur du museau ; les 
pectorales en grande partie écailleuses et une petite 
dorsale placée sur la queue et plus en arrière que l’a- 
nale. Leurs os pharyngiens sont grands et garnis de 
beaucoup de petites dents globuleuses ; leur vessie 
aérienne est très grande, leur intestin ample, mais sans 
cœcums. 


On n’en connaît qu’un des rivières de la Guiane ( Co- 
bitis anableps, L. ), Anableps tetrophtalmus, B1., 361. 


(x) Aj. Cobitis geta, Buchanan, x1, 96, et les sept autres espèces à 
joues armées décrites par cet ichiyologiste, Poiss. du Gange , pag. 350- 
356. è 

(2) D'évaBdéro , lever les yeux, nom donné par Artédi. 


(3) Voyez Lacép., Mém. de l’Institut, tom. I, p. 372. 


280 POISSONS 
Les PogcrLi£s. ( Porcizra. Schu.) 


Ont les deux mâchoires aplaties horizontalement, 
vrotractiles, peu fendues, garnies d’une rangée de 
petites dents très fines, le dessus de la tête plat, les 
opercules grands, cinq rayons aux ouïes, le corps peu 
alongé, les ventrales peu reculées, et la dorsale au-dessus 
de l’anale. Ce sont de petits poissons vivipares des eaux 
douces de l’Amérique (1). 


Les Lepras. ( Cuv.) 


Ressemblent aux pæcilies , si ce n’est que leurs dents 
sont dentelées. 


Il y en a une espèce en Sardaigne ( Pœcil. calaritana, 
Bonnelli )}, très petit poisson marqué de petites raies 
noirâtres sur-les flancs (2). 


Les FonpuLes. ( FunpuLus. Lacép. ) 


Ont encore beaucoup de rapports avec les pœcilies ; 
mais leurs dents sont en velours et la rangée antérieure 
en crochets; ils en ont de coniques, assez fortes au pha- 
rynx. On ne leur compte que quatre rayons aux 
ouïes (3). | 


(1) Pœcilia Schneideri, Val., ou P. vivipara, Schn., 86, 2; —P. mul- 
tilineata , Lesueur, Journ. Sc., Philad. , janvier 1821, pl, 15 —P. uni- 
macula, Val., Ap. Humb., Obs. zool., IL, pl. zr, f. 2; — P. surina- 
mensis , id., ib., f. 1. 

(2) Aj. Lebias ellipsoïdea, Lesueur, Ac. Sc., Philad., janv. 1821, pl. n, 
f, 1 et 3; — Zeb. rhomboïdalis, Val., Ap. Humb., Obs. zool., II, 
pl. 11, 3; — Leb. fasciata, id., ïb. , 4. 

(3) Fundulus cœnicolus, Nal., ou Cobüis heteroclita, Täinn., ou 
Pœcilia cœnicola , Schn.; Mudfish. de Schæœpf.; — Fund. jfasciatus, 
Val, loc. cit., zx, 1, ou Pœcilia fasciata, Schn., ou Esox pisciculus, 
Mick., dont son Æsox zonatus, où ydrargyre swampine. , Lacép., 
V, 319, est Le jeune àge, mais la figure V, x, 3, est d’une autre espèce; — 
Fund, brasiliensis, Val., loc. cil., Lu, 2. 


MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. ‘281 
Les MoxinesrA. Lesueur. 


Se distinguent par la position de leur anale entre les 
ventrales, et sous l’origine de la dorsale qui est très 
grande. Leurs dents sont comme dans les fondules, et 
ils n’ont que quatre ou cinq rayons aux ouïes (2) 


Les CyPrINopoNs. Lacép. 


Ont de fines dents en velours, et six rayons aux 
ouïes; d’ailleurs ils ressemblent aux trois geny'es pré- 
cédents , 

I yena un dans les lacs d'Autriche, surtout dans les 
eaux souterraines ( Cypr. umbra , Nob., Umsra, Cramer ). 
Petit poisson d’un brun roussâtre avec quelques taches 
brunes (2). 

La deuxième famille des Mazacopréryetens ab- 
dominaux, ou celle 


. Des ESOCES, 


Manque aussi d’adipeuse ; sa mâchoire supérieure 
a son bord formé par l'intermaxillaire, ou du 
moins, quand il ne le forme pas tout-à-fait ;: le 
maxillaire est sans dents et caché dans l épaisseur 
des lèvres. Is sont voraces ; leur intestin est court, 
sans cæcums ; plusieurs remontent dans les rivières ; 
tous ont une vessie natatoire. Excepte les micros- 


(1) Molinesia latipinna, Lesueur, Ac. Sc. nat., Philad., janvier, 1831, 
t. IT, 1. 

(2) Aj. Crprinodon flavulus, Val., loc. cit. zur, 3, qui est l’Æsox fla- 
vulus Mitch., pl. iv, f. 8 , ou le Cobüis maialis, Schn. , — C. ovinus , 
ou Æsox ovinus, Mitch., ib.;—C. variegatus, Lacép., V, xv, 1. 


282 POISSONS 


sonies , tous ceux que nous connaissons ont la dor- 
sale opposée à l’anale. 


Linnæus les réunissait dans son genre des 
{ 
BrOcueTs. ( Esox. L.) 


Que nous divisons comme il suit : 
Les Brooxers proprement dits. (Esox. Cuv.) 


Ont de petits intermaxillaires garnis de petites dents 
pointues au milieu de la mâchoire supérieure , dont ils for- 
ment 168 deux tiers; mais les maxillaires qui en occupent les 
côtés n’ont pas de dents. Levomer, les palatins, la langue, les 
phary»giens et les arceaux desbranchies sont hérissés de dents 
en carde ; sur les côtés de la mâchoire inférieure, est en outre 
uné série de longues dents pointues. Leur museau est oblong, 
obtus , large et déprimé. Ils n’ont qu’une dorsale, vis-à-vis 
de l’anale. Lear estomac, ample et plissé, se continue avec 
un intestin mince et sans cæœcums, qui se replie deux fois. 
Leur vessie natatoire est très grande. | 


Nous en avons un en Europe (Æsox lucius, L.), BI., 32, 
counu de tout le monde comme l’un des peissons les plus 
yoraces, et les plus destructeurs, mais dont la-chair est 
agréable et d’une digestion facile. 

Cette espèce existe aussi dans les eaux douces de l’A- 
mérique septentrionale, qui en ont de plus deux autres: 
l’une avec des lignes brunûâtres sur les flancs, qui forment 
quelquefois un réseau. Esox reticularis , Lesueur, Ac. Sc. 
nat. Philad.); l’autre semé de taches rondes et noirâtres 


(Es. Estor, id., ïb., L, 413). 
Les Garaxies. (Gazaxras. Cuv.) 


Ont le corps sans écailles apparentes, la bouche peu fen- 
due, des dents pointues et médiocres aux palatins et aux 
deux mâchoires, dont la supérieure a presque tout son bôrd 
formé par l’intermaxillaire; enfin quelques fortes dents 
crochues sur la langue. 

Les côtés de leur tête offrent des pores, et leur dorsale ré- 


ET I CE 


MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. 285 


pond à l’anale , comme dans les brochets, dont ils ont aussi 
les intestins (1). 


Les AzrrocÉPaaLes. Risso. 


Ont à peu près les mêmes formes générales, mais leur tête 
seule est sans écailles, leur corps en a de larges ; leur bou- 
che est petite, et n’a que de fines denés en veicurs. Is ont 
lPœil très grand , et huit rayons aux ouïes. 

On.n’en connaît qu'u» des profondeurs de la Méditer- 
ranée. ( 41. rostratus , Risso , 2° édit., f. 27 , et Mém. 

de J’ac. de Turin, XXV, pl. x, f. 24. 


!LEs Microsromes. (Microsroma. Guv.) 


Ont le museau très court, la mâchoire inférieure plus 
avancée, garnie, ainsi que les petits inteymaxillaires , de 
dents très fines ; trois rayons larges et plats aux ouïes ; œil 
grand , le corps alongé, la ligne latérale garnie d’une rangée 
defortes écailles ;: une seule’ dorsale peu en arrière des ven- 
trales ; les. Sort rs des brochets: 21:44 210 


On n’en connaît qu’un de la Méditerranée (la Serpe 
HICTOSTOME , Risso , pag. 356.) 


Les Sromias. Cuv. 


Ont le museau extrêmement court, la gueule fendué jus- 
que près des ouïes , les opercules réduits à de petits fcuillets 
membraneux, et les maxillaires fixés à la joue. Les inter- 
maxillaires , les palatins et les mandibules armés d’un petit 
nombre de a longues et crochues, et de petites dents 
semblables sur la langue: Leur corps est alongé, leurs ven- 
trales tout-à-fait en arrière, et leur dorsale opposée à anale, 
sur l’extrémité postérieure du corps. É 

On connaît deux espèces de ces singuliers poissons : 
découver ts par M. Risso dans la Méditerranée ; noirs , ornés 
tout le long de leur ventre de plusieurs rangées de points 
argentés. L’une , lÆsox boa (Risso, 1 éd., pl:x,f. 34, 
et 2° éd., f. 40), n’a point de barbillons ; l’autre, Stomias 


(1) Æsoz truttaceus, Cuv.; — Esox alepidotus , Forst. 


; 


284 POISSONS’ 


barbatus , en a un très long , épais, pendant sous la symi- 
physe de la mâchoire inférieure. 


Les CnAunuonEs. (CnAuriopus. Schn.) 


Autant qu’on en peut juger par une figure (Catesb., Supp., 
pl. 1x, Sch., pl. 85.), ont beaucoup de rapport avec les sto- 
mias par la tête et les mâchoires." Deux dents à chaque 
mâchoire croisent sur la mâchoire opposée, quand la gueule 
se ferme. La dersaie répond à l’intervalle des pectorales et 
des ventrales , qui sont bien moins reculées qu’aux stomias, 
et le premier rayon de cette dorsale $’alonge en'filament. 


On n’en a encore trouvé qu’un près de Gibraltar (Chau- 
liodus'sloant, Schn. , pl. 85 ; Esox stomias, Sh. V, part. I, 
pl. im), long de quinze ou dix-huit pouces, et d’un vert 
foncé (1). 

Les Sazanx. Cuv. (2). 


Ont la tête déprimée , les opercules se reployant en des. 
sous, quatre rayons plats aux ouïes , les mâchoires courtes 
pointues, garnies chacune d’une rangée de dents crochues, la 
supérieure formée presque en.entier par des intermaxillaires 
sans pédicules ; l’inférieure un peu alongée de la symphyse 
par un petit appendice qui porte des dents; leur palais et 
le fonds de leur bouche sont entièrement lisses. On ne leur 
voit pas même de saillie linguale (3). 


Les Ormes. (BELoNE: Cuv.) 


Ont les intermaxillaires formant tout lé bord de la mâ- 
choire supérieure, qui se prolonge, ainsi que l'inférieure, en 
un long museau ; l’une et l’autre est garnie de petites dents ; 
leur bouche n’a point d’autres dents ; celles de leur pharynx 
sont en pavé. Leur corps est alongé, et revêtu d’écailles peu 
apparentes, excepté une rangée longitudinale cärénée de 
chaque côté, près du bord inférieur. Leurs os sont bien 


(1) Le Siomias Schneideri, Risso, deuxième éd., f. 37, me paraît 
d’un autre genre et même d’un autre ordre. 

(2) Salanx , now grec d’un poisson inconne. 

(3) Il n’y en a qu’une espèce encore nouvelle. 


MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. 285 


remarquables par leur couleur d’un beau vert (1). Elles 
différent peu des brochets par lesintestins. 


Nous en avons une près de nos côtes , longue de deux 
pieds, vert dessus, blanc dessous, qui donne un bon 
manger, malgré la prévention qu'inspire la couleur de ses 
arêtes (Æsox belone , L.), B1., 33. Il y a des espèces voisi- 
nes dans toutes les mers. On dit que l’une d’elles parvient 
jusqu’à huit picds de long, et que sa morsure est dange- 
reuse (2). | 

Les Scomsrésoces. Lacép. (Saïrrs. Rafin.) 


Ont la même structure de museau que les orphies, et à 
peu près le même port et les mêmes écailles , avec la rangée 
carénée le long du ventré, mais les derniers rayons de leur 
dorsale et de leur anale sont détachés en fausses nageoires, 
comme dans les maquereaux. 


Ï y en a un dans la Méditerranée (le Scombrésoce cam 
périen, Lac., V, vi, 3. Esox saurus, BI. Sch., pl. 78, 2.) 
Saëris nians, Rafin. Nuov. gen. 1x. 1 (3). 

Les Dem-Becs. (Hemi-Rampnus. Cuv.) 


Ont les intermaxillaires formant le bord de la mâchoire 
supérieure, qui, ainsi que le bord de l’inférieure, est garni 
de petites dents; mais la supérieure est très courte, et la 
symphyse de l’inférieure se prolonge en une longue pointe 
ou demi-bec sans dents. Du reste, par leur port, leurs na- 
geoires et leurs viscères , ils ressemblent encore aux orphies. 


(1) Cette couleur est inhérente aux os, et ne dépend ni de la cuisson 
ni de la moëlle épinière, comme le croit BI., éd. de Schn., p. 39r. 

(2) Le Brochet de Barntam, Renard, Ile part., fol. 14, n° 65; le 
Belone crocodila , Lesueur, Ac. Sc. nat. Philad , I, 120, probablement 
le même que le wahla kuddera , Russel, 175, et que la variété de lor- 
phie , Lacép., VIT, pl. v,f. r. 

Aj. Belone caudimacula, N., kuddera , À., Russel, 176; — Belone 
canocila, Ham. Buchan, xxvu, 90; — Belone argalus , Lesueur , loc., 
cit., p. 125; — Bel. truncata, id., p. 126; — Bel. caribæa, id., 127, 
qui est peut-être le zimucu de Margr., 168 , et d'autres espèces quemous 
décrirons dans notre grande ichtyologie. 

(3) Aj: Scomber-esox equirostris, Lesueur, Ac. Sc. nat. Philad., 1, 
132 ; — Sc, scutellatus . id., ib. 


286 POISSONS 
Leurs écailles sont assez grandes et rondes, et il y en a aussi 
une rangée de carénées le long du ventre. 
On en trouve plusieurs espèces dans les mers chaudes 
des deux hémisphères ; leur chair, quoique huileuse ; est 
agréable au goût (1). 


Les Exocers. ( Exocerus. L. } (2). 


Se reconnaissent sur-le-champ parmi les abdominaux 
à l’excessive grandeur de leurs pectorales, assez éten- 
dues pour les soutenir quelques instants en l'air. Du 
reste, leur tête et leur corps sont écailleux , une rangée 
longitudivale d’écailles carénées leur forme une ligne 
saillante au bas de chaque flanc, comme aux orphies , 
aux hémiramphes, etc. (3). Leur tête est aplatie en 
dessus ét par les côtés; leur dorsale est placée au-dessus 


AD LAON ROSE ER Tee ee Eee RR RE TER CINE A 

(1) Espèces des Indes, Hemir. longirostris, N., ou kuddera C, Rus- 
sel, 198; — H. brevirostris ou kuddera B, Russel ,.177, Willugbb. app., 
pl. vi, f 4; — H. marginatus, N., Lacép. V, vn, 2; — H. commer- 
soni, N., Lacép., V, vis, 3, ou le demi-bec de Baggewaal, Renard , 
IIe part., pl. v, n° 21. \ ; 

Espèces d'Amérique , 4. brasiliensis , N., ou Esox brasiliensis, Bloch, 
301; — A. hepsetus ou Es. hepsetus , BL. , Schn. , et d’autres que nous 
décrirons dans notre grande histoire des poissons. Ÿ’oyez aussi l’article 
de M. Lesueur, Journ. des Sc. nat. de Philad. , 1, 134 et suivantes. 

N. B. M. de Lac. réunit l’esox hepsetus de Linn. à les. marginatus ; 
mais l’esox hepsetus est un composé de deux poissons : l’un, le piguäinga 
de Marg., 159, (le mænidia de Brown, Jam. XLV, 5), estun anchoïs. 
L'autre, amœn., ac. I, p. 321, me parait indéterminable , maïs ce ne 
peut pas être un hémiramphe. 

(2) Eféxouros, couchant dehors ; nom grec d’un poisson qui, ‘au dire 
des anciens, venait se reposer sur le rivage. C’était probablement quelque 
gobie ou quelque blennie, comme l’ont pensé Rondelet et d’autres. On 
ne comprend pas comment Artédi a pu associer nos poissons actuels à ces 
blennies : Linnæus les en a séparés en leur conservant ce nom d’exocet 
qui ne leur appartenait point. 

(3) On ne doit pas confondre, comme l’a fait Bloch, cette carène 
avec la ligne latérale qui est à sa place ordinaire, quoique sonvent peu 
marquée. 


MALACOPTÉRYCIENS ABDOMINAUX. 287 


de l’anale, leurs yeux grands, leurs intermaxillaires 
sans pédicules et faisant seuls le bord de la mâchoire 
supérieure; leurs deux mâchoires sont garnies de pe- 
tites dents pointues et leurs os pharyngiens de dents 
en pavé. 

On compte dix rayons à leurs ouïes; leur vessie nata- 
toire est très grande, et leur intestin droit et sans cœ- 
cums. Le lobe supérieur de la caudale est le plus court. 
Leur vol n’est jamais bien long ; s’élevant pour fuir les 
poissons voraces , ils retombent bientôt, parce que leurs 
ailes ne leur servent que de parachutes; les oiseaux les 
poursuivent dans l’air comme les poissons dans l’eau. 
On en trouve dans toutes les mers chaudes et tempérées, 


Nous en avons un assez commun dans la Méditerranée, 
reconnaissable à la longueur de ses ventrales, placées plus 
en arrière que le milieu du corps. C’est l’Exocetus exi- 
liens , BL. 397. Les jeunes individus ont des bandes noires 
sur leurs nageoires (1). L'espèce la plus commune dans 
l'Océan , Ex. volitans, B1. 398, a les ventrales petites et 
placées avant le milieu (2). 

Les mers d'Amérique en produisent avec des barbillons 

tantôt simples (3), tantôt doubles, et même branchus (4). 


: 


(1) Telétait le petit individa de la Caroline décrit par Linnæus, et, à 
ce que je crois , l’exocetus fasciatus , Lesueur , Ac. Sc. nat. Phil., IJ 
pl. 1v, f. 2, maïs le deuxième pirabebe de Pison , 61 , est le volitans. 

(2) Je vois par les dessins de Commerson et par celui de Whyte , Bo- 
tan. Bay, app., p. 266, ainsi que par les envois de nos voyageurs récents, 
que l’on en trouve des deux formes dars la mer Pacifique. 

IV. B. L’exiliens et le mesogaster . Bl. 399, se ressemblent beaucoup. 
Il n’est pas aisé de les distinguer dans les relations et les figurés des 
voyageurs.—L’evolans de Tinn. ne paraît qu’un volitans dont les écail- 
les étaient tombées. 

(3) Exocetus comatus, Mitch., Trans., New., 1, pl. v, £. 1 , proba- 
blement le même que l’Ex. appendiculatus, Will Wood., Ac. se. nat., 
Philad., IV, xvu, 2. 

(4) Exocetus furcatus, Miich., 1. cit., f. 2, que je soupconne le même 
que l'Ex. nuttalit, Lesueur , Sc. nat. Philad., IL, 1v, r. 


» 


288 POISSONS 


Nous placons, à la suite de la famille des ésoces, 
un genre qui en diffère peu , mais qui a les intestins 
plus longs et deux cœcums. 1] donnera lieu très pro- 
bablement à une famille particulière. C’est celui des 


Mormyres. (Mormyrus. L. )(1). 


1 


Poissons à corps comprimé, oblong, écailleux A 
queue mince à sa base, renflée vers la nageoire, dont 
la tête est couverte d’une peau nue et épaisse , qui en- 
veloppe les opercules et les rayons des ouïes, et ne laisse 
pour leur ouverture qu’une fente verticale, ce qui leur 
a fait refuser des opercules par quelques naturalistes, 
quoiqu'’ils en aient d’aussi complets qu'aucun poisson, 
et a fait réduire à un seul leurs rayons branchiaux, 
quoiqu'’ils en aient cinq ou six. L'ouverture de leur 
bouche est fort petite, presque comme aux mammi- 
fères nommés fourmilliers; les maxillaires en forment 
les angles. Des dents menues et échancrées au bout gar- 
nissent les intermaxillaires et la mâchoire inférieure, 
etil y a sur la langue et sous le vomer une longue 
bande de dents en velours. L’estomac est en sac arrondi, 
suivi de deux cœcumsset d’un intestin long et gréle, 
presque toujours enveloppé de beaucoup de graisse. La 
vessie est longue, ample et simple. On compte les mor- 
myrés parmi les meilleurs poissons du Nil. 


Les uns ont le museau cylindrique, la dorsale longue (2). 


(1) Mopuupos, nom grec d’un poisson de mer littoral et varié en cou- * | 


leur : probablement le sparus mormyrus; L. la été appliqué assez mal 
à propos par Linnæus à des poissons d’eau douce d’une couleur uniforme. 
(2) Le Morm. d'Hasselquist, Geoff., poiss. du Nil, pl. vr, f. 2; — 
Mormyrus caschive, Hasselq., 398, qui me parait différent du précé- 
dent par plusieurs traits essentiels, à en juger par sa description; — le 
morm. oxyrinque, Geoff., pl. v1, f 1, qui est le centriscus niloticus, 
Schn., pl. 30; — Mormyrus cannume , Forsk., 74, dont la description 
ne me paraît pas non ‘plus pouvoir s’accorder avec aucun des précédents. 


MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. 289 

D'autres ont le museau cylindrique , la dorsale courte (1), 

On peut croire, ainsi quele pense M. Geoffroy, que c’est 
dans l’une ou l’autre de ces subdivisions que l’on doit cher- 
cher l’oxyrinque , révéré des anciens Égyptiens. 

D’autres encore ont le museau court, arrondi, la dorsale 
courte (2). 

Evfin , il en est où le front fait une saillie bombée, en 
avant d’une bouche reculée (3). 

La troisième famille des malacoptérygiens ab- 


dominaux, ou celle 
Des SILUROIDES, 


Se distingue de toutes les autres de cet ordre, 
parce qu’elle n’a jamais de véritables écailles , mais 
seulement une peau nue, ou de grandes plaques os- 
seuses. Les intermaxillaires suspendus sous l’eth- 
moïde forment le bord de la mâchoire supérieure, 
et les maxillaires sont réduits à de simples vestiges 
ou alongés en barbillons. Le canal intestinal est 
ample , replié et sans cæœcums; la vessie grande , et 
adhérente à un appareil osseux particulier ; presque 
toujours la. dorsale et les pectorales ont une forte 
épine articulée, pour premier rayon, el il y a tres 


(1) Le Morm. de Denderah,'ou anguilloïdes, L., Geoffr., pl. vi, f. », 
mal à propos confondu avec le caschive d'Hasselquist par Linnæus , mais 
quiest le hersé, Sonnini, Voyag. en Egyp., pl. xxu, f. x. 

(2) Le Morm. de Salheyhe, M. labiatus, Geoffr., pl. wir, f. 15e 27 
de Bélbeys, M. dorsalis , d., pl. vin, f. 1, qui est:le kaschoué, Sonn., 
pl. xxi, f. 3. 

(3) Le Morm. bane,;ou M. cyprinoides , L:., Geoffr., pl. van,:f. 2, 

IN. B. Il y a dans le Nil et dans le Sénégal plusieurs autres espèces de 
Mormyres, non encore publiées. 


TOME II. 19 


290 POISSONS 


souvent en atrière une adipeuse comme dans les 
saumons. 


Les SiLzurEs. (SiLUuRUS. L. ) (1). 


Forment un genre nombreux que l’on reconnaît à sa 
nudité , à sa bouche fendue au bout du museau, et pour 
le plus grand nombre des sous-genres, à la forte épine 
qui faitle premier rayon de la pectorale. Elle est telle- 
ment articulée sur l’os de l'épaule , que le poisson peut 
à volonté la rapprocher du corps ou la fixer perpen- 
diculairement dans une situation immobile, ce qui en 
fait alors une arme dangereuse, et dont les blessures 
passent en beaucoup d’endoits pour envenimées, 
sans doute parce que le tétanos survient à la suite de 
leurs déchirures. 

Les silures ont en outre la tête déprimée, les inter- 
maxillaires suspendus sous l’ethmoïde, et non protrac- 
tiles | les maxillaires très petits, mais se continuant 
presque toujours chacun en un barbillon charnu auquel 
se joignent d’autres barbillons attachés à la mâchoire 
inférieure ou même aux narines. Le couvercle de leurs 
branchies manque de la pièce que nous avons appelée 
subopercule ; la vessie natatoire robuste et en forme de 
cœur, adhère par ses deux lobes supérieurs à un ap- 
pareil osseux particulier, qui tient à la première ver- 
tèbre. L’estomac est en cul-de-sae charnu; l’intestin 
long, ample et sans cœcums (2). Ces poissons abondent 
dans les rivières des pays chauds. On trouve des grains 
dans l’estomac de plusieurs espèces. 


(x) Silurus et glanis, deux noms anciens, pris tantôt pour synonymes, 
tantôt pour différents, et donnés à des poissons du Nil, du Danube, de 
l’Oronte et de quelques rivières de l’Asie-Mineure. Il n’est guère dou- 
teux qu'ils n’appartiennent à ce genre. 

(2) Hasselquist en attribue au schilbe, mais je me suis assuré du 
contraire. 


PO I 


MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. 291 
Dans 


Les Sizures proprement dits. (Sizurus. Lacép.) 


Il n’y a qu’une petite nageoire de peu de rayons, sur le 
devant du dos, mais l’anale est fort longue , et va très près 
de celle de la queue. 


Les Sixures, plus spécialement ainsi nommés. ( Sizurus 
Artéd. et Gronov.) 


Ont la petite dorsale sans épine sensible; les dents én 
cardes aux deux mâchoires, et derrière la bande intermaxil: 
laire de ces dents, est une bande vomérienne. Tel est 


Le Saluth des Suisses. (Silurus glanis. L.) BI. 34. Feis 
ou Scheid des Allemands ; Hal des Suédois. 


Le plus grand des poissons d’eau douce de l’Europe, 
et le seul de tout ce grand genre qu’elle possède; lisse, 
noir , verdâtre, tacheté de noir endessus, blanc jaunâtre 
en dessous, à grosse tête, à six barbillons , quelquefois 
long de six pieds et davantagé , et pesant, dit-on , jusqu’à 
trois centslivres. Ilse trouve dans les rivières d’ Anne = 
deHonpgrie, dans lelac d’Harlem, etc. ; se cache dans la vase 
pour attendre sa proie. Sa chair est grasse, et on emploie 
en quelques endroits son lard comme celui du porc (1). 


Les ScuiLés. 


Différent de ces silures propres pat un corps comprimé 
verticalement, et par une épine forte et dentelée à leur dor- 
sale. Leur tête petite, déprimée, leur nuque subitement 
relevée, et leurs yeux placés très bas, leur donnent une 
apparence singulière. 


On n’en connaît encore que dans le Nil, où leur chair 


(1) Ajoutez Si. fossilis , BL., 370, 2 ; —Sùl bimaculatus , id., 364 ; — 
W'allagoo , Russel, 160 ; —#il. attu, Schn. , 95; —le Sil. chinois, 
Lacép. V, u, 1; — Sil. asotus, L. Pallas , nov. act. Petrop. I, x1, 2, 

IV. B. D’après une inspection de l’individu desséché, l’ompok siluroïde, 
Lacép. V, 1, 2, est un silure dont la dorsale repliée n’a pas été vue par 
le dessinateur. 


] 19 


* 


292 POISSONS 


est moins mauvaise que celle des autres silures de ce 
fleuve. Ils ont huit barbillons (1). 


On pourra faire un nouveau sous-genre de quelques es- 
pèces d'Amérique à tête ronde , mousse, petite, pourvue de 
barbillons et dont les yeux sont presque imperceptibles (2). 


Les Macuoirans (3). ( Mysrus. Artéd. et Lin. dans ses pre- 
mières éditions. }) 
Sont des silures qui, outre leur première dorsale rayonnée, 


en ont une seconde adipeuse ; ils se composent principale- 
ment des pimelodes et des doras, Lacép. 


Les Pimerones. Lacép. 


Ont le corps revêtu seulement d’une peau nue, sans ar- 
mures latérales. 

Ce sous-genre est encore beaucoup trop nombreux en 
espèces, et ses espèces sont beaucoup trop diverses par 
leur conformation, pour que nous n’ayons pas étéobligés de 
le diviser et de le subdiviser. 

Nous y distinguons d’abord : 


Les Bacres. 


Qui ont à chaque mâchoire une bande de dents en ve- 
lours, et derrière celles de la mâchoire supérieure, une bande 
parallèle qui appartient au vomer ; le nombre de leurs bar- 
billons et la forme de leur tête, servent à les subdiviser. 

Parmi ceux qui ont huit barbillons, il y en a à tête 
oblongue et déprimée (4). 

A tête large et courte (5). 


- 


(1) Silurus mystus Hasselq., Geoff., poiss. d'Ég., pl. Il, fig. 3 et 4; 
— Silurus auritus, Geoff.. ib., f. 1 et 2. 

(2) Silurus candira, Spix, X, 1 ;—Sil. cœcutiens , id. , ib., 2. 

(3) Machoiran, nom de ces poissons dans les colonies françaises. 
Schn., p. 478, le rapporte mal à propos aux balistes. 

(4) Si. Bayad., Forsk., Porcus bayad., Geoïf., Égyp. , poiss., pl. 
xv,f. 1 et2; — Si. Docmac, Forsk., Geoffr., ib., 3, 4 ; — Pimelodus 
ar. ; Buchan. , xx, 68 ? 

(5) Si. erythropterus , BL. 369, 2 ; — Pumel. carasius , Buchan., XI, 
67; — Pin. gulio , id., xxin, 66; — Pim. carcio, id., 1, 72; — Pim. 
nangra , id., x1, 635. 


\ 


MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. 299 


Parmi ceux à six barbillons, les plus remarquables ont 
le museau déprimé et large, autant et plus que le bro- 
chet (1). 

D’autres ont la tête ovale, et ses os chagrinés lui for- 
ment une espèce de casque (2). 

D’autres l’ont ronde et non casquée, mais couverte seu- 
lement d’une peau nue (3). 

Quelques-uns se font remarquer par une tête déprimée, 
des yeux placés très bas sur ses côtés, et une adipeuse ex- 
trêmement petite; ils ressemblent beaucoup aux schilbés (4). 

Enfin il y a des bagres qui n’ont que quatre barbillons (5). 


Les PimeLopes proprement dits. 


N’ont point de bande de dents au vomer, parallèle à celle 
de la mâchoire supérieure, mais il y en a souvent à leurs 
palatins. Ils offrent dans le nombre de leurs filets et dans les 
formes de leur tête , des variétés encore plus nombreuses que 
les bagres. 

Ainsi parmi ceux qui n’ont qu’une seule bande de dents, 
on en voit qui ont la tête casquée, et une plaque osseuse 
ou bouclier distinct entre le casque et l’épine de la dor- 
sale (6). 

D’autres où le bouclier s’unit et ne fait qu’un seul corps 
avec le casque qui règne ainsi depuis le museau jusqu’à 
la dorsale (7). 

D’autres encore qui ont la tête ovale, revêtue seulement 
de peau, au travers de laquelle les os ne paraissent pas, et 


(1) Si. lima, BI. Schn. ; — 51. fasciatus , BL. 366, et diverses espèces 
nouvelles. Spix fait de cette division son genre Sorustm. 

(2) Pimélode aboureal Geoffr. , Égyp. poiss., pl. xiv, f. 3et4; — 
Pimel. bilineatus , Deddi-Jallah., Russel, 169. 

(3) Ces espèces sont nouvelles. 

(4) Spix en fait son genre Hxrorurazmus, dont il a deux espèces : 
Hyp. edentatus, 1x, Hyp. nuchalis, xvux. 

(5) SZ. bagre, B1. 365; — Sil. marinus, Mitch. 

(6) SZ, clarias, B1. xxxv, 1, 2; — Pimel, maculatus, Lacép., V, p. 
103 ; — Sil. hemioliopterus , BI. Schn. 

(7) Espèces nouvelles. 


294 POISSONS 


dans ce groupe, les uns ont six barbillons (1); les autres 
huit (2). 

Il y en a à tête nue, mais très large, que l’on connaît 
sous le nom de chats, et leurs barbillons sont aussi tantôt 
au nombre de six (3), tantôt de huit (4). 

On doit en distinguer à tête petite, plate , à dorsales aussi 
très petites; à dents presque imperceptibles. (5). 

Viennent ensuite les pimelodes, qui , outre la bande de 
dents de la mâchoire, en ont des plaques aux palatins ; ces 
dents palatines peuvent être en velours ou cardes, et 
alors le bouclier de la nuque peut être distinct du cas- 
que (6), ou bien il peut lui être réuni (7). Ces dents pala- 
tines sont quelquefois aussi, rondes comme de petits pa- 
vés (8). 

Il y a des pimelodes très singuliers, par des dents en 
cardes qui leur forment un groupe mobile en dedans de 
la peau de la joue (9). 

Il y en à aussi à museau alongé (10), et même pointu et 
presque sans dents (11). 


€es pimelodes à museau alongé conduisent au groupe 
encore beaucoup plus extraordinaire 


Des Snazs. (Sywononris. Cuv. } (12). 


Dont le museau est étroit, et où la mâchoire inférieure 
porte un paquet de dents très aplaties latéralement, termi- 


(1) Si. 4-maculatus , B1. 368, 2 ; — Pim. namdia , N., Margr., 149; 
— Pim.sebæ, N., Seb. IT, xxix, 5; — Pim. pirinamp., Spix, 8. 

(2) Pim. octocirrhus , N., Seb. , IL, xxix, 1. 

(3) Espèces nouvelles. 

(4) SA. catus, Linn., Catesb., Il, xxui. 

(5) Espèces nouvelles. 

(6) Pim. herzbergü , BL. , 367? — le Pim. doigt-de-nègre, Lacép. 

(5) Espèces nouvelles. 

(8) Espèces nouvelles. 

(9) Pim. genidens , Nob., espèce nouvelle. * 

(10) Le Xarasche (Pim. biscutatus), Geoffr., Égyp., poiss., XIV, 1, 2; 
— Pin, gagata, Buchan. , xxxix, 65? 

(11) Püm. conirostris, N. 

(12) Synodontis, nom ancien d’un poisson du Nil , indéterminé. 


HR TE PES IT SE ETS 


ER CAT RENE 


Ra or he 


MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. 295 


nées en crochets, et suspendues chacune par un pédicule 
flexible, dentition dont il n’y a Der d’autre exemple connu. 
Le casque rude, formé par le crâne de ces poissons, se con- 
tinue sans ni avec une plaque osseuse qui s’é- 
tend jusqu’à la base de l’épine de la première dorsale, épine 
qui est très forte, aussi-bien que celles des tie Len Leurs 
barbillons inférieurs, quelquefois même les maxillaires, 
ont des barbes latérales. On trouve de ces poissons dans le. 
Nil et dans le Sénégal ; leur chair est méprisée (1). 


Les AGÉNe1osEs. Lacép. 


Ont tous les caractères des pimelodes, excepté qu'ils 
manquent de barbillons proprement dits. 

Dans les uns, l’os maxillaire , au lieu de se prolonger en. 
un barbillon charnu et flexible, se redresse comme une 
corne dentelée (2). 

Dans d’autres, il ne fait aucune saillie, et reste caché 
sous la peau ; les.épines dorsale et pectorale y sont peu ap- 
parentes (3). 


Les Doras. Lacép. 


Sont des machoïrans, c’est-à-dire des silures à deuxième 
dorsale adipeuse, où la ligne latérale est cuirassée par une 
rangée de pièces osseuses , relevées chacune d’une épine ou 


(x) Silurus clarias , Hasselquist , très différent du Clarias de Gronc- 
vius et de Bloch.; c’est le même que le si. schal, Schn., Sonnini, Voyag. je 
pl. xx1, f. 2, ou que le Pimelode scheilan, Geoff., poiss. d'Ég., pl. xur, 
f. 3 et 4; — Pimelodus synodontes , Geoff., ib., xu, f. 5; — Pimelodus 
membranaceus, id. , ib.,f. 1 et 2. IV. B. Schal est leur nom générique 
dans la basse Égypte; Gurgur dans la haute. 

(2) Silurus militaris, B1., 3 

(3) Si. inermis, Bl., 363, Seb., IL, xxx, 8; — Pimel. silondia, 
Buchan, , VII, 50. 

NN. B. Le Silurus ascita, L., ad. fr., pl. xxx, f. 2, 2, n’est qu’un Pi- 
melode ordinaire sortant de l'œuf, et dont le jaune n’est pas encore tout 
à fait rentré dans l’abdomen. Linnæus a pris ce jaune pour un ovaire , 
et son erreura été paraphrasée par Bloch. C’est aussi par une faute 
d'impression que Linnæus place quatre barbillons à la mâchoire supc- 
rieure. Ses figures les mettent à l’inférieure. 


296 POISSONS 


d’une carène saillante. Leurs épines dorsales et pectorales 
sont très fortes, et-puissamment dentelées. Leur casque est 
âpre, et se continue jusqu’à la dorsale, comme aux schals, 
et leur os de l’épaule fait une pointe en arrière. 

Ilyena qui n’ont que la bande de dents en velours à la 
mâchoire supérieure (1). 

D’autres ont le museau pointu, et point de dents ou des 
dents à peine sensibles; leursbarbillons maxillaires ont quel- 
quefois des soies latérales (2). 


Les HéréroBRANCHES. (HErEropRANcHUSs. Geoff.) 


Ont la tête garnie d’un bouclier âpre, plat, et plus large 
qu'aucun autre silure, parce que les frontaux et les parié- 
taux donnent des lames latérales, qui recouvrent l'orbite 
et la tempe; l’opercule est encore plus petit à proportion 
qu'aux précédents, et ce qui les distingue même de tous les 
poissons, c’est la particularité observée par M. Geoffroi, 
qu’outre les branchies ordinaires , ils ont des appareils rami- 
fiés comme des arbres, adhérents à la branche supérieure 
du troisièmeet du quatrième arc branchial , et qui paraissent 
être une sorte de branchies surnuméraires. Du reste, leurs 
viscères ressemblent à ceux des autres silures; leur mem- 
brare branchiale a de huit ou neuf, à treize ou quatorze 
rayons. Leur épine pectoraleest forte et dentelée , maisil n’y 
en a point de telle à la dorsale ; leur corps est nu et alongé 
ainsi que leur dorsale et leur anale. Il n’y a point d’épine 
à la dorsale. La caudale est distincte. Ceux qu’on connaît ont 
huit barbillons : ils viennent du Nil, du Sénégal, et de 
quelques rivières d’Asie. Leur chair est médiocre au mau- 
vaise. 


(1) Silurus costatus, L., BL., 396, et Gronov., V, r, 2, qui est aussi le 
Cataphractus americanus , Catesb, , suppl. IX, cité d'ordinaire sous 
Sil. cataphractus ; — Sil. carinatus, Lacép. qui me paraît le même que 
Gronov., III, 4 ét 5, cité aussi d'ordinaire sous 6. cataphractus et que 
le Alip-bagre, Margr., 174; ainsi l’espèce du Si. cataphractus se rédui- 
rait à rien. — Doras granulosus, Valenc., ap. Humb., Obs. zool., I, 
163. 

(2) Doras niger, Valenc., loc. cit., ou Corydoras edentulus. Spis. V; 
— Dor. oxyrhynchus,Val., ib. 


MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. 297 


Les uns, les Macnorréronotes, Lacép. CLari48, Gronov. 
n’ont qu’une dorsale toute rayonnée. 


L'un deux, le Sharmuth ou Poisson noir (Silurus an- 
guillaris , Hasselq. et L.), est commun en Egypte et en 
Syrie, ct forme, en ce dernier pays, un grand article de 
nourriture (1). 


D’autres ont uue dorsalerayonnée, et une adipeuse (2). 
Les PLortoses. Lacép. ‘ 


Se caractérisent par une seconde dorsale rayonnée , très 
longue, aussi-bien que l’anale, et toutes les deux s’unissant 
à la caudale pour former une pointe comme dans l’anguille. 
Leurs lèvres sont charnues et pendantes; leur gueule est 
armée en avant de dents coniques, derrière lesquelles en 
sont de globuleuses , qui , à la mâchoire supérieure, appar- 
tiennent au vomer. Une peau épaisse enveloppe leur tête 
comme le reste de leur corps; leur membrane branchiale a 
neuf ou dix rayons. 

Ceux qu’on connaît viénnent des Indes orientales. On 
leur compte huit barbillons, et derrière l’anus et le tu- 
bercule charnu et conique commun à tous les silures, 
est encore un appendice charnu et ramifié, dont les fonc- 
tions doivent être singulières. | 

Les uns ont des épines dorsales et pectorales dentelées et 
considérables (3). 

D’autres les ont presque cachées sous la peau (4). 


(x) Aj. Macropt. magur, Buchan., xxvi, le même que le sélurus 
nommé anguillaris par Patr. Russel, 168; —4911. batrachus, B1., 390, v, qui 
pourrait bien être le mème que le Hacropteronote brun, Lac., V, n, 2; 
— l Hexacircine , id., ib., 3, n’a que six barbillons , mais il n’est tiré que 
de dessins chinois. 

(2) Le Halé (Heterobranchus bidorsalis), Geoffr., Eg., Poiss. du Nil, 
pl. xvi, f. 2. 

(3) Platystacus anguillaris, Bl., 373; 1; Renard, I, fol. 3, 
f. 19. 

(4) Plotosus cæsius , Buchan. , xv, 44. 


298 POISSONS 


Les Cazuicures. (Cazuicurays, Linn. dans ses prem. édit. 
CarapsrAcrus. Lacép.) (1). 


Ont le corps presque entièrement cuirassé sur ses côtés 
par quatre rangées de pièces écailleuses, et il y a aussi sur 
la tête un compartiment de ces pièces ; mais le bout du 
museau est nu , ainsi que le dessous du corps; leur deuxième 
dorsale n’a qu’un seul rayon dans son bord antérieur ; leur 
épine pectorale est forte, mais la dorsale est faible ou courte. 
La bouche est peu fendue, et les dents presque insensibles ; 
les barbillons au nombre de quatre ; les yeux petits et sur 
les côtés de la tête. 

Ces poissons peuvent ramper à sec quelque temps , comme 
l’anguille. 

Les uns ont l’épine pectorale simplement äpre (2) ; 

D’autres l’ont dentelée, comme la plupart des silures (3). 


Les MALAPTÉRURES. Lacép. 


Se distinguent de tous les vrais silures parce qu'ils 
n’ont point de nageoire rayonnée sur le dos, mais seu- 
lement une petite adipeuse sur la queue , et qu’ils man- 
quent tout-à à-fait d’ épine aux pectorales, dont les rayons 
sont entièrement mous. Leur tête est recouverte, 
comme leur corps , d’une peau lisse; leurs dents sont 
en velours et disposées, tant en haut qu’en bas, sur 
un large croissant; on leur compte sept rayons bran- 
chiaux. Leurs mâchoires et leurs viscères ressemblent à : 
ceux des silures. 

On n’en connaît qu’un à six barbillons , à tête moins 
grosse que le corps, qui est renflé en avant; c’est le fa- 
meux SYure électrique du Nil et du Sénégal (Siléruis elec- 


tricus , L.), Geoffr., poiss. d'Ég., pl. xnr,f. 1 » Brousson., 
Ac. . Sc., 1782. Le Raasch ou Tonnerre des Arabes, qui 


(1) AV. B. Bloch réunit dans son genre CaraParacrus les doras et les 
callichtes. 

(2) Silurus callichthys, B1., 377, x. 

(3) Espèce nouvelle. 


MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. 299 
donne, comme la torpille et le gymnote, des commotions 
électriques. Il paraît que le siége de cette faculté est un 
tissu particulier situé entre la peau et les muscles , et qui 
présente l'apparence d’un tissu cellulaire graisseux, 
abondamment pourvu de nerfs. 


Les AsPRÈDES ou PLATYSTES. ( AsPREDO. Lin. dans ses 
édit. quatrième et sixième. PLATYSTACUS. BI.) (1) 


Ont des caractères fort particuliers dans l’aplatisse- 
ment de leur tête et l'élargissement de la partie antérieure 
de leur tronc , qui résulte surtout de celui des os de l’é- 
paule ; dans la longueur proportionnelle de leur queue; 
dans leurs petits yeux placés à la face supérieure; dans 
leurs intermaxillaires couchés sous l’ethmoïde, dirigés 
en arrière et ne portant de dents qu’à leur bord posté- 
rieur ; enfin et principalement en ce que ce sont les 
seuls poissons osseux connus , qui n ’aientrien de mobile 
à l’opercule ; attendu que les pièces qui devraient le 
composer sont soudées au tympanique et au préoper- 
cule. L'ouverture dés branchies se fait par une simple 
fente de la peau, sous le bord externe de la tête, et 
leur membrane qui a cinq rayons est adhérente par- 


(1) Sous ce nom de platystacus, Bloch réunit les plotoses et les as- 
prèdes. Lacépède laisse les asprèdes avec les silures, mais fait un genre 
distinct des plotoses. 

NN. B. On doit éloigner de tout ce grand genre Sicure : 1° le Silurus 
cornutus, Forsk., p. 66, qui a fourni le genre Æacroramphose, Lac., 
ce n’est que la bécasse ( centriscus scolopazx , L. ); 2° le genre Pogonathe, 
Commers. et Lac. La première espèce, Pogonatus courbina, Lac., V, 
p. 122, n’est autre que le pogonias, Lac., IT, xvi, 2, et III, p. 138, et 
par conséquent de la famille des sciènes; l’autre, Pogonatus auratus, 
est évidemment du genre des Ombrines; 3 le genre Centranodon , Lac., 
ou Siluris imberbis, Houttuyn, Act. haarl., xx, 2,338; ce n’est dans 
aucun sens un silure , puisqu'il a des écailles, des aiguillons aux oper- 
cules, la Lenrog dorsale épineuse, etc. Il est probablement voisin des 
dbz , et c’est fort gratuitement que Bloch , édit. de Schn., p. 110, le 
range parmi les sphyrènes. 


300 POISSONS 


tout ailleurs. La mâchoire inférieure est transversale, 
et le museau avance plus qu’elle. Le premier rayon pec- 
toralest armé de dents plusgrosses que dans aucun autre 
silure; il n’y a qu’une dorsale sur le devant du dos, 
dont le premier rayon n’est pas très fort; l’anale au 
contraire est très longue et règne sous toute la queue, 
qui est longue et grêle. 

On n’en connaît que peu d’espèces, qui ont six ou huit 
barbillons ; ce qui est remarquable, c’est que lorsqu'il y 
en a huit, il y en a une paire attachée à la base des bar- 
billons maxillaires; les quatre de la mâchoire inférieure 
sont par paires l’un derrière l’autre (1). 

On voit à quelques-uns de ces poissons des globules qui 


paraissent leurs œufs , et qui adhèrent à leur thorax par 
des pédicules. 


Les LoricaïrrRes. ( LORICARIA. L. ) 


Ainsi nommées à cause des plaques anguleuses et 
dures qui cuirassent entièrement leur corps et leur 
tête, se distinguent d’ailleurs des silures cuirassés, 
tels que les callichtes et les doras, par leur bouche 
percée sous le museau. C’est avec celle des schals que 
cette bouche a le plus d’analogie; des intermaxillaires 
petits, suspendus sous le museau, et des mandibulaires 
transverses et non réunis, portent des dents longues, 
grêles , flexibles et terminées en crochet; un voile cir- 
culaire, large, membraneux , entoure l'ouverture; les 
os pharyngiens sont garnis de nombreuses dents en 
pavés. Les vrais opercules sont immobiles comme dans 
les asprèdes, mais deux petites plaques extérieures mo- 
biles paraissent en tenir lieu. La membrane a quatre 


0 


(1) Silurus aspredo , L. ; Platystacus lævis, B1 , Séb., LIT, xxix , 9et 
10; — Platyst. cotylephorus , BL. , 372; — Silurus hexadactylus, Lac., 
V, p. 82. — Le Platysiacus verrucosus , Bl., 353, 3, diffère des autres 
par une queue et une anale plus courtes, 


MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX, 301 


rayons. Les premiers rayons de la dorsale et des pecto- 
rales etmême des ventrales sont de fortes épines. On ne 
trouve ni cæœcums_ ni vessie aérienne. On peut en faire 
deux sous-genres. 


Les Hyposromes. Lacép. 


Ont une deuxième petite dorsale , munie d’un seul rayon 
comme dans les callichtes. Leur voile fabial est simplement 
papilleux , et porte un petit barbillon de chaque côté. Ils 
n’ont point de plaques sous le ventre; leurs intestins roulés 
en spirale sont grêles comme de la ficelle, et douze ou 
quinze fois plus longs que le corps. On les pêche dans les 
rivières de l'Amérique méridionale (1). 


Les Lonicatres proprement dites (LoricariA. Lacép.) 


N’ont qu’une seule dorsale en avant ; leur voile labial est 
garni sur ses bords de plusieurs barbillons , et queiquefois 
hérissé de villosités ; leur ventre est garni de plaques en 
dessous; leurs intestins sont de grosseur médiocre (2). 


La quatrième famille des Malacopiérygiens 
abdominaux, ou celle 


Des SALMONES, 


Ne formait, dans Linnæus, qu’un grand genre 
nettement caractérisé par un corps écailleux et une 
première dorsale à rayons mous, suivie d’une‘ se- 
conde petite el adipeuse, c’est-à-dire formée simple- 
ment d’une peau remplie de graisse et non soutenue 
par des rayons. 


—— 


(x) Loricaria plecostomus, L., B., 374; — Hyp. etentaculatum ; Spix, 
IV. 

(2) Loricaria cataphracta , Lion. , ou L. cirriora , BL. Sehn., et &e- 
tigera, Lacép., BL, 395, 1 , 2; — Loric. rosirata, Sp. , WI; — Aine- 
lepis aspera ; id., W> — Acarithicus hystrix, id., 1. 


302 POISSONS 


" Cesontdes poissons à nombreux cœcums, pourvus 
d’une vessie natatoire ; presque tous remontent dans 
les rivières et ont la chair agréable. [ls sont d’un 
naturel vorace. La structure et l’armure de leurs 
mâchoires varient étonnamment. 


Ce grand genre 


Des Saumons. (Sazmo. L.) 


Doit être subdivisé comme il suit : 


Les Saumons proprement dits, ou plutôt les Truires. 
(Sazmo Cuv.) 


Ont une grande partie du bord de la mâchoire supérieure 
formée par les maxillaires, une rangée de dents pointues 
aux maxillaires, aux intermaxillaires , aux palatins et aux 
mandibulaires, et deux rangées au vomer, sur la langue et 
sur les pharyngiens, en sorte que ce sont les plus complé- 
tement dentés de tous les poissons. Dans les vieux mâles, 
le bout de la mâchoire inférieure se recourbe vers le palais , 
où est une fossette pour le loger quand la bouche se ferme. 
Tout le monde connaît leur forme. Leurs ventrales répon- 
dent au milieu de leur première dorsale et l’adipeuse à 
l’anale. Leurs rayons branchiaux sont au nombre de dix ou 
environ. Leur estomac étroit et long fait un repli, et est 
suivi de très nombreux cœcums ; leur vessie natatoire s’é- 
tend d’un bout de l’abdomen à l’autre, et communique 
dans le haut avec l’œsophage. Ils ont presque toujours le 
corps tacheté , et leur chair est généralement très bonne. 

Ils remontent dans les rivières pour frayer, sautent même 
au-dessus des cataractes, et l’on en trouve jusque dans les 
ruisseaux et les petits lacs des plus hautes montagnes. 


Le Saumon. (Salmo salar. L.) BI. 20. 


Est la plus grande espèce du genre, à chair rouge, à 
taches irrégulières brunes, qui s’effacent promptement 
dans l’eau douce; le crochet cartilagineux que forme sa 


MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. 305 
mâchoire inférieure , même dans le vieux mâle, est peu 
considérable. De toutes les mers arctiques, d’où il entre 
en grandes troupes dans les rivières, au printemps. Sa 
pêche est très importante dans tous les pays septentrio- 
naux , où l’on en sale et en fume beaucoup. 


Le Bécard (Salmo hamatus. N.) BI. 98. 


Est tacheté de rouge et de noir sur un fonds blanchä- 
tre ; le museau du mâleest rétréci en pointe , et le crochet 
de sa mâchoire inférieure est bien plus marqué qu’au 
saumon. Ses dents sont plus fortes, sa chair est aussi 
rouge, mais plus maigre , et moins estimée. Il se pêche 
aussi à l'embouchure de nos rivières. 


La Truite de mer. (Salmo Schiefermulleri.) BI. 103. 


Moiïndre que le saumon , à dents plus grèles et plus 
longues, a les flancs semés de petites taches en forme de 
croissant sur un fonds argenté; sa chair est jaune.On nous 
en apporte beaucoup en été. 


Le Auch du Danube et de ses affluents. (Sa/mo hucho. L.) 
BI. 100, et mieux Meidinger. 45. 


Qui devient presque aussi grand que le saumon , diffère 
peu du précédent par ses taches, mais a le museau plus 
pointu , et les dents bien plus fortes. 


Quant aux autres truites de rivière , il y en a dans toutes 
nos eaux claires, et surtout dans celles des montagnes, de 
couleurs et de tailles très différentes , parmi lesquelles plu- 
sieurs naturalistes ont cru pouvoir distinguer certaines 
espèces, tandis que d’autres prétendent que ce sont seule- 
ment des variétés résultant de l’âge, de la nourriture, et 
surtout des:eaux dans lesquelles elles séjournent ; mais je 


trouve qu’ils portent cette supposition au-delà de la vrai- 
semblance. 


La grande Truite du lac de Genève. ( Salmo lemanus. N.) 


Qui se trouve aussi dans quelques lacs voisins , a la tête 
et le dos semés de petites taches rondes et noirâtres sur 1 
fond blanchâtre; sa chair est très blanche. li y en à - 
quarante et de cinquante livres. 


004, | POISSONS 
La Truite saumonée. ( Salmo trutta. XL.) BI. 21. 


Est marquée de taches ocellées ou en forme d’X, les 
supérieures sont quelquefois entourées d’un cercle plus 
clair ; beaucoup de ces taches sur les opercules et l’adi- 
peuse ; la chair rougeâtre. Les ruisseaux d’eau claire qui 
se jettent immédiatement dans la mer sont les eaux où 
Von pêche les meilleures ; mais il en monte à toutes les 
hauteurs. | 


La Truite commune. (Salmo fario. L.) BI. 22. 


Plus petite, à taches brunes sur le dos, rouge sur les 
flancs , entourées d’un cercle clair, mais variant à l'infini 
pour les teintes du fond depuis le blanc et le jaune doré 
jusqu’au brun foncé; à chair blanche; commune dans 
tous les ruisseaux ou l’eau est claire et vive. 


La Truite pointillée. (Salmo punctatus. N.) 5. alpinus. BI. 
104; mais non l’Æ/pinus de Linn. Le Curpione des lacs 
de Lombardie? 


Est semée de petits points noirs et rouges. On la trouve 
tout autour des Alpes. Sa chair est délicieuse. \ 


La Truite marbrée des lacs de Lombardie. (Salmo mar- 
moratus. N.) 


À des taches et des traits irréguliers bruns, serrés et 
et mêlés de manière à former une espèce de marbrure, etc. 


On est plus d’accord de séparer 


La Truite rouge, Charr des Anglais. (S.salvelinus. L. Mei- 
dinger, 19, sous le nom d’Æ/pinus.) 
Qui a destaches rouges sur les flancs, le ventre orangé, 
l’anale et les nageoires pectorales rouges; leur premier 
rayon est gros et blanc. 


La Truite des Alpes. (S. alpinus. Linn.) BI. 99, et Meidin- 
ger, 22, sous le nom de Salvelinus. 


A peu près des mêmes couleurs, mais les premiers 
rayons de ses nageoires inférieures ne se distinguent pas. 
Elle remplit les lacs des montagnes de la Laponie, et est 
une ressource précieuse pour is Lapons en été. 


MALACOPIÉRYGIENS ABDOMINAUX. 305 
Il y a aussi dans nos rivières une petite truite, 


Le Salmlet des Anglais. Le Saumoneau du Rhin. Peun. 
Zool. brit. II, PL. rx. 1. 


Que plusieurs croient distincte ; le verdâtre du dos 
forme , avec le blanc du ventre , des zigzags dans chacun 
desquels est une tache rouge. C’est un petit poisson dé- 
licieux. 


L'Ombre Chevalier. (S. Umbla. L.) Bi. 1o1. 


A les écailles plus petites et les dents plis fines que 
‘les autres ; ses taches sont peu marquées et mauquent 
souvent; sa chair, plus grasse et blanche, approche de 
celle de l’anguille. L’ombre chevalier du Le de Genève est 
surtout AR El (x). 


Les ÉrerLans. (OsmErus. Artéd.) 


Ont deux rABES de dents écartées à chaque palatin, mais 
leur vomer n’en a que quelques- -unes sur le devant. Du 
reste, leurs formes sont celles des truites, mais leur mem- 
brane des ouïes n’a que huit rayons. ae corps est sans 
taches, et leurs ventrales répondent au bord antérieur de 
leur première dorsale. On les prend dans la mer et à l’em- 
bouchure des grands fleuves. 


On n’en connaît qu’un petit, brillant des plus belles 
teintes d’argent et de vert-clair, et excellent à manger 
(S. Eperlanus, L.), B]., 28, 2. 


Les Lonnes. (Marrorus. N.) 


Avec la bouche fendue des précédents , n’ont que des 
dents en velours raz aux mâchoires , au palaiset à la langue. 


(1) Outre ces saumons et ces truites de nos eaux, les naturalistes russes 
et américains en ont décrit plusieurs, mais qui n’ont pu être comparés 
suffisamment aux nôtres, au point que Pallas même conserve des doutes 
sur quelques-unes de ses espèces. Nous nous efforcerons d’en éclaircir la 
synonymie dans notre grande Ichtyologie; mais les détails où cette re- 
cherche nous obligerait d'entrer ne peuvent trouver place ici : nous y 
ferons connaître aussi plusieurs espèces du nord de l’Amérique , dont une 
partie a été indiquée par MM. Mitchill, Lesueur, Rafinesque, Ri- 
chardson , etc. 


TOME II. 20 


306 POISSONS 

Leurs ouïes ont huitrayons; leur corps est alongé, couvert 
de petites écailles; leur première dorsale et leurs ventrales 
sont plus en arrière que le milieu ; ils se reconnaissent 
surtout à de larges pectorales rondes qui se touchent presque 
-en dessous. 


On n’en connaît qu’un des mers septentrionales (Salmo 
groenlandicus , B1., 381; le Capelan, Duhamel, sect. I, 
pl. xxv1; Clupea willosa, Gmel.), petit poisson que l’on 
emploie pour appât à la pêche de la morue. Le mäle, 
dans le temps du frai, prend tout le long du flanc une 
large bande, garnie d’écailles longues, étroites et relevées 
qui ont l’apparence de poils. 


Les Oupres. (Taymarzus. N.) (1). 


Ont la même structure de mâchoire que les truites , mais 
leur bouche est très peu fendue, et leurs dents sont très 
fines. Leur première dorsale longue et haute ; leurs écailles 
plus grandes les distinguent encore ; d’ailleurs , elles ont à 
peu près les habitudes des truites, et leur bon goût. Leur 

estomac est un sac très épais : leurs ouïes ont sept ou huit 
rayons. 


L’Ombre commune ( Salmo thymallus. L.) BI. 24. 


À sa première dorsale aussi haute que le corps, et du 
double plus longue que haute, tachetée de noir et quelque- 
fois de rouge; elle est brunätre, rayée en long de noirâtre; 
et d’un excellent goût (2). 


Les Lavarers. ( Coreconus. N.) 


Ont la bouche comme les precédents, et encore moins 
bien armée, car elle n’a souvent point de dents du tout. 
Leurs écailles sont encore plus grandes , mais leur dorsale 
est moins longue qu’elle n’est haute de l'avant. | 

L'Europe en possède plusieurs espèces très semblables 
entre elles ; une d’elles cependant, 


(:) N. B. He réunissait les ombres et les lavarets sous son genre 
CorEconus. 

(2) Aj. Coregonus signifer, Richardson, ler Voyage du capitaine 
Franklin, pl. 26; — Cor. thymalloïdes, id. 


MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. 307 


Le Houting ou Hautin des Belges. (Salmo oxyrhinchus.L.) 
Bloch. 25 , sous le faux nom de Lavaret 


Se distingue encoreaisément par une proéminence molle 
qu'il porte au bout du museau. De la mer du Nord, de 
la Baltique, où il poursuit les bandes de harengs. On le 
prend aussi dans l’Escaut , dans le lac de Harlem, etc. (1). 


La Vemme. ( Salmo maræœnula. B|. 28. fig. 3). et S. al- 
. bula. Ascan. pl. xxrx. 


À aussi un caractère fort déterminé dans sa mâchoire 
inférieure qui dépasse la supérieure (2). 
Les autres ont le museau obtusou comme tronqué ; et 
il est fort difficile de leur assigner des caractères précis. 
Tels sont : 


La Marène. ( Salmo maræna. BL. 27.) 


Des lacs du Brandebourg ; son museau quoique obtus, 
avance plus que la bouche. 11 


Le Lavaret. ( Salmo artmanni. BL. 105. ) 


Des lacs du Bourget, de Constance, du Rhin, etc. 
Son museau est tronqué au niveau du devant de la 
bouche, sa tête est moins longue à proportion ; sa forme 
plus effilée. 


La Fera. (Coregonus fera. Jurine), mém. de la Soc. phys. 
de Genève, tom. HE, part. [, pl. vrr. 


Du lac de Genève et de quelques autres, est plus haute 
que le lavaret, a les nageoires plus grandes. 
La Gravanche.(Coregonus hyemalis. Jurine, ib. pl. vu.) 
Du lac de Genève, où.elle ne se montre qu’en hiver, 
Rs ie PE NE Line ligne» ds 
(x) Une mauvaise figure de ce hautin envoyée à Rondelet (Rondel., 
Fluviat., 195), et à laquelle, je ne sais par quelle erreur, on avait des- 
siné trois dorsales , a donné lieu au genre Tripréroxotr, Lacép., lequel 
doit en conséquence être supprimé. Schoenefeld lui avait transporté mal 
à propos le nom d’Ælbula nobilis, et Artédi et Linnæus l'avaient con- 
fondu avec le lavaret, en quoi ils ont été suivis par Bloch. Le Salme 
thymallus latus, Bl., 26, en paraît une variété dans le temps du frai. 
(2) Aj. Salmo clupeoïdes, Pall. 
+ 
20 


308 POISSONS 


sa tête est plus grosse, ses nageoires Es grandes à pro- 
portion que dans la fera. 


La Paliée noire. ( Cor. palæa. N. ) 


Du lac de Neuchâtel, est plus haute, surtout de la 
nuque, que tous les précédents ; ses teintes sont foncées. 


Le :Sik. (S. sikus, N.) Ascan. pl. xxx, sous le nom de 
Lavaret. 


Des rivières de Norvége, a le museau proéminent 
comme la marène, mais le corps plusétroit, plus brun (1). 


Les ARGENTINES. ( ARGENTiINA. L. ) 


Ont la bouche petite et sans dents aux mächoires, comme 
les ombres, mais cette bouche est déprimée horizontale- 
ment; la langue est armée, comme dans les truites et les 
éperlans, de fortes dents crochues, et il y en a une rangée 
transversale de petites en avant du vomer. Il y a six rayons 
aux ouïes ; les intestins diffèrent peu de ceux des truites. 


On n’en connaît qu'une espèce de la Méditerranée 
( Argentina sphyræœna , L. ),Cuv., Mém. du Mus., E, xr. 
dont la vessie natatoire est très épaisse, et singulière- 
ment chargée de cette substance argentée si remarquable 
dans les poissons ; elle s’emploie pour colorer les perles. 
Son estomac est remarquable par sa couleur noire (2). 


Artédi , et plusieurs de ses successeurs, ont réuni sous le 
nom de Cnaracins (Cmaracinus), tous les salmones qui 


(x) Aj. Salmo silus, Ascan. , xx1v; — Coregonus albus, Lesueur Ac. 
Sc. nat. Phil. I. p. 35.;— Cor. quadrilateralis, Richardson, Voyage de 
Franklin, pl. xxv, f. 2; — Salmo peled, Pall. 

(2) Ce poisson, qui est bien sûrement l’Ærgentina de Willughby, 229, 
et par conséquent celle d’Artédi et de Linnæus, a constamment une seconde 
dorsale adipeuse, comme l’a bien observé Brannich, Icht. mass., 59; on 
aurait donc dû le ranger parmi les salmo. L’argentina muchnata, Forsk., 
n’est autre que l’elops saurus; il eu est probablementdemême de l’argen- 
tina carolina de Linnæus , quoique Catesby , dans la figure citée, Car., 
IT, xxiv, ait oublié la dorsale. Gronovius n'a donné pour son argentina 
qu’un anchois, et Pennant qu'une scopéle (serpe de Risso). Quant à 
l’'argentina glossodonta, Forsk., c’est un genre particulier, le Buririn 
de Commerson. 


MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. 309 


æ’ont pas plus de quatre ou cinq rayons aux ouïes; mais 
leurs formes et surtout leurs dents, varient encore assez 
pour donner lieu à plusieurs subdivisions. Cependant je 
trouve à tous les nombreux cœcums des salmones précé- 
dents, avec la vessie divisée par un étranglement des cy- 

? é Y 
prins. Aucun w’a les dents sur la langue des truites. Noas y 
établissons les sous-genres suivants ; 


Les CurimaTes. Cuv. 


Gnt toute la forme extérieure des ombres; leur petite 
bouche, la première dorsale au-dessus des ventrales, etc. 
Quelques-uns même ressemblent à certaines ombres par des 
dents qui ne se voient qu’à la loupe, et n’en diffèrent que 
par le nombre de leurs rayons branchiaux (1). 

D’autres ont à chaque mâchoire une rangée de dents 
dirigées obliquement en avant, tranchantes, les antérieures 
plus longues, comparables en un mot à celles des ba- 
listes (2). 

Ils vienrent des rivivres de l'Amérique méridionale. 


Les Anosromes. (Anosromus. Cuv.) 


Ont, avec la forme des ombres et une rangée de petites 
dents en haut et en bas, la mâchoire inférieure relevée au 
devant de la supérieure, bombée, en sorte que la petite 
bouche a l’air d’une fente verticale sur le bout du mu- 


seau (3). 
Les Serres. Lacép. (GasreroPezecus. BI.) 


Ont la bouche dirigée vers Le haut comme les anostomes; 
mais leur ventre est comprimé, saillant et tranchant, parce 
RE Re 

(x) Salmo edentulus , BL., 380; — S. unimaculatus , B1., 381, 3; — 
$. tæniurus , Valen., Ap. Humb. , Obs. ool., II, p. 166 ;—$. curima, 
N., Margr., 156; — Curimate Gilbert, Quoy et Gaym., Voyage de 
Freycinet, Zool., pl. xzvur , f. 13 — et probablement $. cyprinoïdes , 
Gronov., Zooph., n° 378. Ce sont les Pacu, Spix, xxxvVIII et XXXIX. 
Ses Axopus, xz et xu1, en diffèrent seulement par une bouche un peu 
plus fendue. 

(2) Salmo fasciatus, BL, 379; —$. Friderici , id., 378. 

(3) Salmo anostomus , L., Gronov., VIT, 2. 


310 POISSONS 


qu’il est soutenu par des côtes qui aboutissent au sternum ; 
leurs ventrales sont fort petites, et fort en arrière; leur 
première dorsale sur l’anale qui est longue. A leur mâchoire 
supérieure, sont des dents coniques; à l’inférieure, des 
dents tranchantes et dentelées {1). 


Les Prapuques. 


Avec la petite tête et la bouche peu fendue des curimates, 
ont un corps comprimé, la carène du ventre tranchante, 
mais non dentelée, et l’anale très longue. Leur première 
dorsale répond au commencement de leur anale (2). 


Les Serra-SaLmes. Lacép. 


Déjà distingués par M. de Lacépède, ont le corps com- 
primé, haut verticalement, et leentre tranchant et dentelé 
en scie, caractères auxquels il faut ajouter celui de leurs 
dents triangulaires , tranchantes, dentelées. Le maxillaire , 
sans dents, traverse obliquement sur la commissure. Il y a 
souvent une épine couchée en avant de leur dorsale. 


Ceux que l’on connaît viennent des rivières de l’Amé- 
rique méridionale. Ils poursuivent, dit-on, les canards, 
et même les hommes qui se baignent, et avec leurs dents 
tranchantes, leur emportent la peau (3). 


Les TérraconorrÈRes. (TeTrAGonoPTERUSs. Artédi.) 


Ont la longue anale , et les dents tranchantes et dentclées 
des serra-salmes ; le maxillaire sans dents traverse de même 
obliquement sur la commissure, mais leur bouche est peu 
fendue , et leur ventre n’est ni caréné, ni dentelé-(4). 


(1) Gasteropelecus sternicla , B}., 97, 3. * 
(2) Salmo argentinus, Bl. 382,1 ; Maryr: 190; —S. binaculatus 
, Bl.16;—5$. gibbosus, Gronov., Mus., I, 1, 4 ;—S. melanurus, B1., 38, 2. 


(3) Salmo rhomboïdes, Bl., 383 ; — Serras. piraya, Cuv., Mém. Mus.,. 


V, pl. xxvm, f. 4; — Serras. mento, id. , ib.; f. 3; — Serr. aureus, 
Spix, xx1x; — $. nigricans , id., xxx. 

(4) Tetragonopterus argenteus, Ariéd., ap. Seb., IN, pl, xxxiv; 
£. 3, ou Coregonoïdes amboinensis , Art., spéc., 44, quel'on a confondu 
mal à propos avec le salmo bimaculatus ; — Chalceus fasciatus, Cuv., 
Mém. Mus., V, pl. xxvi, f. 2; —Serraselmo chalceus , Spiv, xxx, 1. 


MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX», 31 I 
Les CuaAzceus. Cu, 


Ont la même forme de bouche, et les mêmes dents tran- 
chantes et dentelées que les précédents, mais leur corps est 
oblong , et non caréné ni dentelé. Leur maxillaire a de très 
petites dents rondes (1). 


Les Raus. (Myzeres. Cuv.) 


Sont remarquables par des dents bien singulières, en 
prisme triangulaire, court, arrondi aux arêtes, et dont la 
face supérieure se creuse par la mastication,, en sorte que les 
trois angles y font trois pointes saillantes. La bouche , peu 
fendue, a deux rangs de ces dents aux intermaxillaires, et 
un seul à la mâchoire inférieure , avec deux dents en arrière; 
mais la langue et le palais sont lisses. Les maxillaires placés 
sur la commissure, n’ont aucunes dents. 

Quelques-uns ont la forme élevée , les nageoires verticales 
en faux , l’épine couchée en avant , et même le ventre tran- 
chant et dentelé des serra-salmes, avec lesquels on les réu- 
nirait volontiers sans leurs dents. Il y en a même un qui 
porte aussi une épine couchée en avant de la dorsale (2). L’on 
en trouve en Amérique de fort grands, qui sont bons à 
manger (3). 

D’autres ont simplement la forme alongée. Leur première 
dorsale répond à l'intervalle des ventrales et de l’anale. 


On n’en connaît qu’un d'Égypte (4). 


(1) Chalceus macrolepidotus, Cuv., Mém. Mus. , IV, plxxr fr: 
— Ch. opalinus, id., ib., V, pl. xxvi, £ 1 ; — Ch. angulaitus, Spix, 
XXXIV. 

(2) M letes rhomboidalis, Cuv., Mém. du Mus., IV, pl. xxu, f. 3. 

(3) Outre le précédent, Myl. duriventris , ib., £. 2; — M. brachy- 
pomus , ib., f. 1; — A1. macropomus, ib., pl. xxt, £. 3; — M. paco, 
Humboldt, Obs. zool., I , pl. xzvur, f. 2. 

(4) Le Aiaü du Nil, qui est le cyprinus dentex, Linn. , Mus. Ad. fr. et 
XIIe éd. , ou le salmo dentex d'Hasselquist, et le $. niloticus de Fors - 
kahl, et qui se trouve ainsi deux fois dans Gmelin et ses successeurs, 
C’est le 3/y1. Hasselquistü, Cuv., Mém. Mus., IV, pl. xx, f. 2. 


312 POISSONS 
Lns Hyprocyns. ( Hyprocyon. Cuv.) 


Ont le bout du museau formé par les intermaxillaires ; les 
maxillaires commençant près ou en avant des yeux, et com- 
plétant la mâchoire supérieure. Leur langue et leur vomer 


sont toujours lisses , mais il y a des dents coniquesaux deux 


mâchoires. Un grand ne mince et nu comme 
l’opercule couvre la joue. 

Les uns ont encore une rangée serrée de petites dents aux 
maxillaires et aux palatins; leur première dorsale répond 
à l'intervalle des ventrales et de l’anale (1). Ils viennent des 
rivières de la zone torride; leur goût ressemble à celui de 
la carpe (2). 

D’autres ont une double rangée de dents aux intermaxil- 
laires et à la mâchoire Pre une rangée simple aux 
maxillaires , mais leurs palatins n’en ont pas. Leur première 
dorsale est au-dessus des ventrales (3). 

D'autres encore n’ont qu’une simple rangée aux maxil- 
laires et à la mâchoire inférieure ; les dents y sontalternative- 
ment très petites et très longues , surtout les deux secondes 
d’en bas, qui passent au travers de deux trous de la mä- 
choire supérieure, quand la bouche se ferme. Leur ligne 
latérale est garnie d’écailles plus grandes; leur première 
dorsale répond à l'intervalle des ventrales et de lPa- 
nale (4). 

Une quatrième sorte a le museau très saillant, pointu , les 
maxillaires très courts, garnis, ainsi que la mâchoire infé- 
rieureet les intermaxillaires, d’une seule rangée de très petites 
dents serrées; leur première dorsale répond à l’intervalle 


(1) C’est ce qui les a fait ranger parmi les osmères par M. de Lacépède. 

(2) Salmo falcatus, BL, 385; — S. odoe, id., 386; — Hydrocyon 
Jalcirostris, Cav. , Mém. Mus., V, pl. xxvu, f. 1, — Hydr. hepsetus, 
N., ou ydr. faucille, Zoo!. du Voyage de Freycin. ; pl. 48, £. 2. 

(3) Espèce nouvelle du Brésil ( Æydroc. brevidens, Cuv., Mém. 
Mus., V, pl. xxvut, , f. 1, ou Characinus amazonicus , Spix, xxx.) 

(4) Autre espèce du Brésil Hydroc. scomberoïdes, Cuv., Mém. Mus., 
V, plxxvu,f. 2, où Cynodon vulpinus, Spix, xxvi; — Cynodoz 
&ibbus , id., xxvur. 


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MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. 313 


des ventrales et de l’anale. Tout le corps est garni de fortes 
écailles (1). 

D’autres enfiu n’ont absolument de dents qu’aux inter- 
maxillaires et à la mâchoire inférieure ; elles y sont en petit 
nombre, fortes et pointues. Leur première dorsale est au- 
dessus des ventrales. On n’en connaît qu’un du Nil (2). 


Les Cirnanines. (Cirmarinus. Cuv.) 


Se reconnaissent à leur bouche déprimée, fendue en tra- 
vers au bout du museau, dont le bord supérieur est formé 
en entier par les intermaxillaires, et où les maxillaires, 
petits et sans dents, occupent seulement la commissure ; la 
langue et le palais sont lisses, la nageoire adipeuse est cou- 
verte d’écailles , ainsi que la plus grande partie de la caudale. 
On les trouve dans ie Nil. 

Les uns ont de très petites dents à la mâchoire supérieure 
seulement, le corps élevé comme aux serra-salmes, mais le 
ventre sans tranchant ni dentelures (3). 

D’autres ont aux deux mâchoires un grand nombre de 
dents serrées sur plusieurs rangs, grêles et fourchues au 
bout; leur forme est plus alongée (4). 


Les Saurus. { Saurus. Cuv. ) 


Ont le museau court; la gueule fendue jusque fort en 
arrière des yeux; le bord de la mâchoire supérieure formé 
en entier par les intermaxillaires; beaucoup de dents très 
pointues le long des deux mâchoires, des palatins, sur la 


(x) Autre espèce du Brésil ( Æydroc. lucius, Cuv., Mém. Mus., V, 
pl. xxv1, f. 3, ou Xiphostoma Cuvieriü, Spix, xx.) 

(2) Le Roschal ou Chien d’eau, Forsk., 66, ou Characin dentex » 
Geoffr. , Poiss. d'Eg., pl. 4, f. 1, et Cuv., Mém. Mus., V, pl. xxvin,f. r, 
mais qui n’est point, comme l’a cru Forskahl, le sa/mo dentex d’Hassel- 
quist : celui-ci est le raü. 

(3) Le Serrasalme citharine où Astre de la nuit des Arabes , Geoffr., 
Poiss. d'Eg., pl. v, f. 2 et 3 ( Citharinus geoffræi, Nob. ) ; — Salmo 
cyprinoïdes, Gronov., Mus. , p. 378. 

(4) Le Characin M rchl Geoff., ib., fig. 1, ou salmo ægsy ni Gn.; 
c'est le salmo niloticus d’Hasselquist, très différent de celui de For ska 
qui est Le raü, 


314 POISSONS 


langue et les pharyngiens, mais aucune sur le vomer; huit 
ou neuf, et souvent douze ou quinze rayousaux ouïes, La 
première dorsale un peu en arrière des ventrales, qui sont 
grandes; des écailles sur le corps, les joues et les oper- 
cules ; leurs viscères ressemblent à ceux des truites. Ce 
sont des poissons de mer très voraces. 


On en trouve un dans la Méditerranée ($. Saurus , L.), 
Salv., 242 (1). 

Le lac de Mexico en possède un presque transparent 
(S#. mexicanus, Nob.). Un autre également transparent ; à 


dents très longues, flexibles, en partie terminées en flèches; 


à museau excessivement court; à nageoires très frèles 
(S. ophiodon, Nob.), F’ara motta, Russel , 171, s'emploie 
aux Indes, séché et salé comme assaisonnement (2). 


Les Scopëces. (Scorezus. Cuv. ) Serpes de Risso (3). 


Ont la gueule et les ouïes extrêmement fendues; les deux 
mâchoires garnics de très petites dents ; le bord de la supé- 
rieure entièrement formé par les intermaxillaires : [a langue 
et le palais lisses. Leur museau est très court et obtus: on 
leur compte neuf ou dix rayons aux ouïes; et outre la dor- 


(x) Aj. $. saurus, BL, 384, qui me paraît différent de celui de la 
Méditerranée ; — Salmo fœtens, B1., 384, 2 ; — S. tumbil., BL., 400; — 
losmère galonne, Lac., V, vi, 1; — le Salnione varié, id., V, 11, 3; — 
L'Osmèére à bandes , Risso, prem. éd., p. 326 ; — $. badi, Nob. , (Badi 
motta), Russel., 192 ; — Salmo myops, Forster ,'BL. Schn., p. 421; — 
$. rminutus, Lesueur, Sc. nat. Philad., V, part. I, pl. v;—#. coniros- 
tris , Spix., xLI11 ; — S. intermedius, id., xL1V; —$. truncatus, id., xzv, 
et plusieurs espèces nouvelles que nous décrirons dans notre Jchtyologie. 

IN. B. Que l’Esox synodus, Gron. , Zooph. , VEL , 1, synodus syno- 
dus, Schn., Synode fascé , Lac., ne paraît qu’un saurus qui avait perdu 
son adipeuse ; sa petitesse fait qu’elle disparaît aisément par le frottement 
où la dessication. 

(2) Le Salmo microps , Lesueur, Soc. des Sc, nat. de Philad. , V, 
part. I, pl. 11, est sinon la même espèce, une espèce très voisine, M. Le- 
sueur en fait son genre Harronow, parce qu’il lui a cru des dents au 
vomer , mais ce sont les dents pharyngiennes qu'il a prises pour des 
vomériennes à cause de l’extrême briéveté du museau. 

(3) Sxonshos, nom grec d’un poisson inconnu. 


DFI CE PTE 


MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. 315 


sale ordinaire, qui répond à l’intervalle des ventrales et de 
l’anale, il y en a en arrière une très petite, où l’on aper- 
çoit des vestiges de rayons. 

On les pêche dans la Méditerranée, mélés avec les an- 
chois, euils sy nomment mélettes , comme d’autres petits 
poissons. L’un d’eux (la Serpe Humbolt, Risso, pl. x, 
fig. 38), est remarquable par le brillant des points ar- 
gentés disposés le long de son ventre et de sa queue (r). 


Les AuLopes. ( Auzopus. Cuv. ) (2). 


Réunissent des caractères de gades à des caractères de 
saumons. Leur gueule est bien fendue; leurs intermaxil- 
laires, qui en forment tout le bord supérieur, sont garnis, 
ainsi que les palatins, le bout antérieur du vomer et la mä- 
choire inférieure, d’un ruban étroit de dents en cardes; 
mais la langue n’a que quelque âpreté, ainsi que la partie 
plane des os du palais. Les maxillaires sont grands et saus 
dents, comme dansle grand nombre des poissons. Leurs 
ventrales sont presque sous les pectorales, et ont leurs rayons 
externes gros et seulement fourchus. La première dorsale ré- 
pond à la première moitié de l'intervalle qui les sépare de 
Vanale. Il y a douze rayons aux branchies; de grandes 
écailles ciliées couvrent le corps, les joues et les opercules. 


La Méditerranée en produit une espèce ( Sa/mo fila- 
mentosus, BI. ), Berl. Schr., X, 1x, 2. 


LEs STernoPpTyx. Herman. 


Sont de petits poissons à corps haut et très comprimé, 
soutenu par les côtes, à bouche dirigée vers le ciel ; dont 
les huméraux forment en ayant une crête tranchante. 
terminée en bas par une petite épine; les os du bassin 


(1) Je crois ce poisson le même que la prétendue argentina sphyræna 
de Pennant, Brit. Zool., no 156; ainsi on le trouverait aussi dans notre 
Océan. — Ajoutez la Serpe crocodile , Risso , p. 357 ; — la Serpe balbo, 
id., Ac. des Sc. de Turin, tome xxv, pl. x, f. 3, — Mais la Serpe micros- 
tome , p. 356 , cest sûrement. d’un autre genre , et de la famille des bro- 
chets. 


(2) Adorës, nom grec d’un poisson inconnu, 


326. : POISSONS 

en forment une autre aussi terminée par une petite 
épine en avant des ventrales , qui sont assez petites pour 
avoir échappé au premier observateur. Le Jong de la 
crête du bassin, de chaque côté, est une série de petites 
fossettes, que l’on a regardées comme un pli festonné 
du sternum, ce qui a donné lieu au nom de sternoptyx. 
En avant de leur première dorsale , est une crête os- 
seuse ou membraneuse qui appartient aux inter-épineux 
antérieurs , et derrière cette nageoire se voit une petite 
saillie membraneuse, qui représente la nageoire adipeuse 
des salmones ; leurs maxillaires forment les côtés de leur 
bouche. 

Nous en avons deux espèces qui pourront former un 
jour les types de deux genres, 

Le Sternoptyx d'Herman. (Sternoptyx diaphana. Her- 
man, Naturforscher, fascic. XVI. pl. 8. copié Walbaum, 
Artéd. renov. tome Il. pl. LE. fig. 2. 

À les dents en velours et cinq rayons aux ouïes; sa 
forme est singulièrement oblique, sa bouche revenant 
même au-delà de la verticale, 

Le Sternoptyx d'Olfers. ( Sternoptyx Olfersii. N.) 

À les dents en crochets et neuf rayons aux ouïes; 
Toutes les deux se trouvent dans les parties chaudes de 
l'Océan Atlantique (1). 


La cinquième famille des Malacoptérygiens 
abdominaux, ou celle 


Des CLUPES, 


Se reconnaît aisément en ce que n’ayant point 
d’adipeuse , sa mâchoire supérieure est formée 


(1) Nos descriptions sont faites d’après nature. Herman refusait au 
sien des rayons aux ouïes et des ventrales; mais son individu, qui existe 
encore à Strasbourg, montre les uns et les autres. Nous en traiterons plus 
en détail dans notre grande histoire des poissons. 


ES 


MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. 817 


comme dans les truites, au milieu par des inter- 
maxillaires sans pédicules, et sur les côtés par les 
maxillaires ; leur corps est toujours bien écailleux. 
Le plus grand nombre a une vessie natatoire, et de 
nombreux cœæcums. Il n’y en a qu’une partie qui 
remonte dans les rivières. 


Les HARENGS. ( CLUPEA. L. ) 


Ont deux caractères bien marqués dans leurs inter- 
maxillaires étroits et courts, qui ne font qu’une petite 
partie de la mâchoire supérieure dont les maxillaires 
complètent les côtés, en sorte que ces côtés seuls sont 
protractiles, et dans le bord inférieur de leur corps 
qui est comprimé et où les écailles forment une dente- 
lure comme celle d’une scie. Les maxillaires se divisent 
en oùtre en trois pièces. Les ouïes sont très fendues : 
aussi dit-on que ces poissons meurent à l'instant où on 
les tire de l’eau. Les arceaux de leurs branchies sont 
garnis , du côté de la. bouche, de longues dentelures 
comme des peignes. L’estomac est en sac alongé; la vessie 
nalatoire longue et pointue, et les cœcums nombreux. 
Ce sont de tous les poissons ceux qui ont les arêtes les 
plus nombreuses et les plus fines. 


Les Harenes proprement dits. { Czupea. Cuv. ) 


Oùt les maxillaires arqués en avant, divisibles longitudi- 
nalement en plusieurs pièces; l’ouverture de la bouche mé- 
diocre; la lèvre supérieure non échancrée. 


Le hareng commun. (Clupea harengus. 1.) BI. 29. 1. 


Poisson connu de tout le monde, a les dents visibles 
aux deux mâchoires ; la carène du ventre péu marquée, 
le subopercule coupé en rond; des veines sur le sous- 
orbitaire, le préopercule et le haut de l’opercule. Ses 
ventrales naissent sous le milieu de sa dorsale; la longueur 


318 POISSONS 


de sa tête est cinq fois dans sa longueur totale; et, en 
portant en arrière le distance de son museau à sa première 
dorsale, on atteint le milieu de la caudale. Son anale a 
seize rayons. 

Ce poisson fameux part tous les ans en été des mers du 
nord , descend en automne sur les côtes occidentales de la 


France, en légions innombrables, ou plutôt en bancs 


serrés d’une étendue incalculable, qui fraient en route, 
et arrivent, presque extenués , à l’issue de la Manche, 
vers le milieu de l'hiver. Des flottes entières s'occupent 
de sa pêche , qui entretient des milliers de pêcheurs, de 
saleurs et de commerçants. Les meilleurs sont ceux que 
l’on prend le plus au nord; une fois arrivés aux côtes de 
basse Normandie, ils sont vides , et leur chair est sèche et 
désagréable. 

Le Melet, pes ou Harenguet , Sprat des Anglais. à 

‘ pea sprattus. BI. 29. 2.) (1). 


A les proportions du hareng , mais il demeure beaucoup 
plus petit. Ses opercules ne sont pas veinés; une bande 
dorée se montre le long de ses flancs au temps du frai. On 
en fait des salaisons dans le nord. 


La Blangueite, Breitling des Allemands, Vhite-Bite des 
Anglais, (Clupea latulus. N.) Schonefeld. p. 4r. 


À le corps plus comprimé, le ventre plus tranchant que 
le hareng ; sa hauteur et la longueur de sa tête ont cha- 
cune le quart de la longueur totale. Sa dorsale est plus 
avancée , son anale plus longue , et approchant davantage 
de la caudale. C’est un très petit poisson de la plus belle 
couleur d’argent, avec une petite tache noire sur le bout 
du museau (2) 


(1) Artédi et ses successeurs ont confondu l’esprot avec la sardine. 

(>) Espèces voisines de la blanquette par les formes : le Cailleu, Du- 
Ham. , sect. III, pl. xxx1, f. 3 (CL. clupeola , N. ): — la Sardine de la 
Martinique (CL. nos N.), Duham., ib., f. 4; — CL. melanura , 
N., Lacép., V, xt, 3 , sous le nom de Clupanodon Jussieu, mais la des- 
cription se nie à la fig. x1, 3, nommée variété du clutélehéh ché 
nois.— CL. coval, N., Russ., 186, etc. 


_ en mamlstit 


cd Li = ar D, de. DES VOTE ST 
TE + 


MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. 819 


Le Prlchard des Anglais, ou le Célan de nos côtes. (Clupea 
pilchardus. B\. 406.) et mieux Will. pl. I. f. 1. 


À peu près de la taille du hareng , a les écailles plus 
grandes; le subopercule coupé carrément ; des stries en 
rayons au préopercule, et surtout à l’opercule; sa tête est 
plus courte, à proportion, qu’au hareng, et sa dorsale 
plus avancée : en sorte que la distance du museau à la 

. dorsale n’atteindrait pas la caudale. Les ventrales naissert 
sous la fin de la dorsale. Son anale a dix-huit rayons ; 
deux écailles plus longues se portent de chaque côté sur 
sa caudale. Il se pêche plutôt que le hareng, et surtout 
sur la côte-ouest de l’Angleterre. 


La Surdine. (Clupea sardina. N.) Duham. sect. IL pl. xvr. 
ES PRE 


Est tellement semblable au pilchard , que nous ne lui 
trouvons de différence que dans sa taille moindre. C’est 
le poisson célèbre par l’extrême délicatesse de son goût, 
dont on fait des pêches si abondantes sur les côtes de 
Bretague. On en prend aussi beaucoup dans la Méditer- 
ranée , où le hareng n’est pas connu (1). 


Les ALoses. (ALosa. N.) 


Se distinguent des harengs proprement dits, par une 
échancrure au milieu de la mâchoire supérieure. Elles of- 
frent du reste tous les caractères des pilchards et des sar- 
dines. 


L’ Alose proprement dite. (CL. alosa. XL.) Duham. sect. HI. 
| DUR 


Qui devient beaucoup plus grande et plus épaisse que 
le hareng, et atteint jusqu’à trois pieds de longueur, se 
distingue par l’absence de dents sensibles, et par une tache 


(x) On pourrait encore séparer des harengs proprement dits le Jan- 


. gartoo, Russel, 191, ou Clupea melastoma, Schn. ; et son Ditchæe, 192, 


qui ont la dorsale plus en arrière que les veutrales et une longue anale. 


320 POISSONS 
irrégulière noire, derrière les ouïes. Elle remonte ‘au 
printemps dans les rivières , et est alors un excellent man- 
ger. Quand on la prend en mer, elle est sèche et de 
mauvais goût. 


La Finte. (Clupea finta. N. C1. ficta. Lac.) Venth des 
Flamands, ÆAgone de Lombardie, Lachia, Alachia 
d'Italie, etc. 


Est plus alongée que l’alose, et a des dents très marquées 
aux deux mâchoires , et cinq ou six taches noires le long 
du flanc. On la retrouve jusque dans le Nil. Son goût est 
de beaucoup inférieur (1). - 


Les Caizzeu-Tassarrs. (CHarorssus Cuv.) 


Sont des harengs proprement dits , où le dernier rayon de 
la dorsale se prolonge en un filament. Les uns ont les mâ- 
choires égales et le museau non proéminent; leur bouche 
est petite et sans dents (2). * 

Quelques-uns ont le museau plus saillant que les mâchoiï- 
res; leur bouche est petite comme dans les précédents. Les 
peignes supérieurs de la première branchie s’uuissent à ceux 
du côté opposé, pour former sous le palais une pointe 
pennée très singulière (3). 


(1) Bloch. , pl. 30, ne donne sous le nom d’alose qu’une Finte, dont 
le bas ventre était dépouillé de ses écailles. Aj. CL. vernalis, Mitch., V, 9; 
— C1. œstivalis, id., V,6; — CI. menhaden, id., V, 7; — Cl. ma- 
towaka, id., V, 8; — CL. palasah, N., Russel, 198; — CL. kelee, id., 

195; Clupanodon ilisha, Hamilt. Buchanan, XIX, 73 ; — Clupan. 
champole, H. Buch., XVIII, 54 ; et ses autres espèces, p. 246-257. 

Les genres Pomoropus , Dorosoma , Noremconus de M. Rafnesque 
( Poiss. de l'Ohio); doivent se rapprocher plus ou moins des aloses, et 
manquent de dents ; mais nous ne les connaissons pas assez bien pour les 
placer définitivement. 

(2) Le Cailleu-tassard des Anülles ( Clup. thrissa, BL , 404, 1.3), 
Duham. , sect. III, pl. xxx, f, 3; — Peddakome, Russel, 197; — 
Megalops oglina, Lesueur, Sc. nat. Philad., I, 359; — M. notatus, 
id. , 36; — M. cepedianus , id. ib. , 

(3) Clup. nasus, Bl:, 427, ou Home, Russel, 196. 


L 


ads dd: ddr du be aniotet(h Chotné d RÉSRSS 


MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. 321 


Nous placons à la suite des‘vrais harengs, quelques 
genres étrangers qui s’en approchent par leur ventre 
tranchant et dentelé. 


LES ODONTOGNATHES. Lacép. (GNATHOBOLUS. Schn. ) 


Ont le corps très comprimé, à dentelures très aiguës: 
jusqu’à l’anus; l’anale longue et peu élevée, une très: 
petite dorsale frêle ; qui est presque toujours détruite ; 
six rayons aux ouïies; leur, maxillaire..se prolonge - un) 
peu en pointe, et est armé de petites dents dirigées en, 
avant. On ne leur a point apercu de ventrales (1). 


On n’en connaît qu’un de Cayenne, 
L’Odontognathe aïguillonné. Lacép. WE. vn. 2. 
o 
À peu près de la forme d’une petite sardine, mais en 
core plus comprimé. 


LES PRISTIGASTRES. ( PRISTIGASTER. Cuv. ) 


Ont la tête et les dents comme les harengs ordinaires ? 
quatre rayons aux ouïes, et paraissent aussi manquer 
de venirales; leur ventre très comprimé, forme un arc 
convexe tranchant et dentelé. Il y en a M ge les deux 
Océans (2).” 


Les NoroPrÈres. ( NoroprERus. Lacép. ) 


 Long-temps placés parmi les gymnotes, se rappro- 
chent davantage des harengs. Leurs opercules et leurs 
joues ont des écailles ; leurs sous-orbitaires, le bas de 


(1) M. de Lacépède n'ayant vu qu’un individu mal conservé, a-eru 
que ses maxillaires étaient naturellement dirigées en avant de la bouche 
comme deux cornes; mais c’était un accident. Ils sont placés dans ce 
genre comme dans tous les autres. C’est sur cette idée erronée qu’a été 
formé le nom de Gnathobolus ( lançant ses mâchoires ). 

(2) Pr. tardoore, N., Russel, 193; — Pr. cayanus, N., Esp. nouv. 

TOME II. 21 


322 EU POISSONS 1 1! 

leurs préopercules et leurs interopercules, deux arêtes 
de leur mâchoire inférieure et la carène de leur ventre, 
dentelés; leurs palatins et leurs deux mâchoires armés 
de dents fines, et la supérieure en grande partie formée 
par, le. maxillaire ; leur langue - garnie de fortes dents 
crochues. Ils n’ont qu'ün seul rayon, mais fort et os- 
seux: à la membrane des ouïes; deux ventrales presque 
imperceptibles:sont suivies d’une très longue anale ; qui 
occupe les trois iquärts de la longueur ;'et s’unit ; come 
dans pros à la nageoire de la queue , et sur le 
dos ,-vis-ä-vis du'miliea de cette: sas est'une : 2 nt 
dralté à rayons mous: 2 iniog & 


On en connaît: un ‘des étangs d’eau ‘douce des fndés, 
Gymnotus notopterus, Pal, Spic., VI, .plvr, f: 2 Clupea 
synura, Sch., 426. Notoptère kapirat , Lacép. (1). 


Les AncHois. ( ENGRAULIS. Cuv. ) ? 


Forment un genre assez différent des harengs, par sa 
gueule fendue jusque, loin derrière, les yeux, par des 
ouïes encore plus ouvertes, et dont les rayons sont au 
nombre de douze et ray fr un petit museau pointu, 
sous lequel.sont fixés, de très petits intermaxillaires, saille 
en ayant de leur bouche; les maxillaires sont droits et 
alongés. 

Les plus connus-n’ont pas même le ventre tranchant; leur 
anale est courte, et leur dorsale placée vis-à-vis des ventrales. 

L’Anchois vulgaire. (CZ. encrasicholus. L.) BI.:302.. 
: Long d’un,empan , à dos brun bleuâtre, flancs.et.ven- 
tre argentés , se pêche en quantités innombrabies dans la 
” Méditerranée , et jusqu’en Hollande; et on le prépare, 
‘après en avoir ôté la tête et les intestins, pour servir comme 
*’assaisonnement. C’est un des mets les plus répandus. 


. (1) C’est bien la Tanche de mer de Bontius, :ndi,.78, mais-non pi pas: Je 
capirat ou pangais ; Ren., feuille. 16, fig. 90:.qui a de longuesiventrales. 


MALACOPTÉRYGIENS ABDOMiINAUX. 323 


© Le Mélet. (Engr. meletta. N.) Duhaw. sect. VE, pl. x, f. 5. 

Est une espèce plus petite de la Méditerranée , à profil 
moins convexe. 

L'Amérique en a plusieurs espèces remarquables, dont 
une sans aucunes dents (Engr. edentulus. N.), Sloane, 
Jam. , IL, pl. 250, f. 2 (1). 

D’autres ont, comme les vrais harengs, le corps com- 
primé, et le ventre tranchant et dentelé (2). 


Les Tanisses. (Tanyssa. Cuv.) 


Ne diffèrent des anchois à ventre dentelé que par un grand 
prolongement de leurs maxillaires. 
On n’en connaît que des Indes orientales (3). 


Les MÉGALOPESs. ( MÉGALOPS. Lacép. ) ‘ 


Ont les mâchoires constituées comme les harengs 
proprements dits, auxquels ils ressemblent aussi par la 
forme générale , et par la disposition des nageoires ; mais 
leur ventre n’est point tranchant, ni leur corps com- 
primé; des dents en velours ras garnissent leurs mä- 
choires et leurs os palatins; on leur compte beaucoup. 
plus de rayons aux ouïes (de vingt-deux à vingt- 
quatre), et le dernier rayon de leur dorsale, souvent 
même de leur anale, sé prolonge en filet, comme dans 


: 


les cailleux-tassarts. 


L'Amérique en a une espèce ( la Savalle où Apalike), 


. (1) -Aj. Engr. lemniscatus, N., ou piquitinga, Margr., 159, Spix, 
xxul; — le Stoléphore commersonien, Tacép,, V,xu, 1, ou UVuttoo, 
Russel. 187, probablement ns australis, White, p. 196, f. 1; 
— la Clupée tuberculeuse, Lacép., V, p. 460. NV. B. Sa Fée raie 
d'argent, ne diffère pas de son Stoléphore. 

(2) Clupea atherinoides, BI,; — CL. telara, Buch, , 11, 792; — Ci. 
Phasa , id. , p.240; — F: “aie M Russel, 194. 

(3) Clupea setirostris |; Broussonnet , déc. Icht., copié Encycl. 316; 
— CI. mystus où Pedda poorawah , Russel, 190; — Cl, mystax, BL , 
Schn., 83; — Poorawah , Russel, 189. 


* 


21 


824 POISSONS 

Clupea cyprinoides, B1. 403, d’après Plumier; CL. gigantea, 
Sh., Camaripu guaçu. Margr., qui atteint jusqu’à douze 
pieds de longueur, et n’a que quinze rayons à la dorsale : 
son anale a aussi un filet. Il y en a une autre aux Indes, 
confondue mal à propos avec la précédente : le Mégalope 
filamenteux , Lacép. V, xx, 3, sous le faux nom d’apa- 
like. Russel, 203. Elle a dix-sept rayons à la dorsale. 


Les ÉLores. ( ELors. L. ) 


Ont tous les caractères des mégalopes, mais manquert 
de filet prolongé à la dorsale; leur forme est un peu 
plus alongée; on leur compte jusqu’à trente rayons et 
plus à la membrane des ouïes; une épine plate arme 
le bord supérieur , et l’inférieur de la caudale. 

On en trouve dans les deux hémisphères (1). 


Les Buririns. ( Buririnus. Commerson. ) 


Ont avec des mâchoires composées comme celles des 
harengs, et le corps alongé et rond comme les élops et 
les mégalops, le museau proéminent comme les anchois, 
la bouche peu fendue, des dents en velours aux mà- 
choires, douze ou treize rayons aux ouïes ; et ce qui fait 
leur caractère le plus distinctif, des dents en pavés ar- 
rondis et serrés sur la langue, le vomer et les palatins. 

On en trouve aussi dans les deux Océans. 


(1) L’ÆElops de la mer des Indes est l’ Argentina miachnata de Forskal , 
et le Mugil salmoneus de Forster, BL. Schn., p. 121; quoïqu'ilne lui 
donne que quatre rayons branchiaux, je m’en suis assuré par sa figure. 
C’est’ aussi le Jinagow ; Russel, 179 , et le Sÿrode chinois , Laccp., V,, 
x, 1. L’élops d'Amérique est le Mugil appendiculatus de Bosc, ou 
Mugilomore Anne-Caroline, Lacép., V, 398; le Pounder, Sloane, Jam., 
IL, pl. 250, f. 1. L’ Argentina carolina , Lin. , est bien sûrement aussi le 
même poisson , bien qu'il n’en cite qu’une très mauvaise figure, Catesb., 
JT, xxiv; mais le Saurus maximus, Sloane, IT, pl. 25r, 1, que l’on cite 
A’ordinaire comme synonyme del Hs! est d’un tout autre genre. C’est 
PEsoz synodus , Lin. , Synode fasce, Lacép., ou, ce qui revient au 
même , un de nos Saurus qui avait perdu sa nageoire adipeuse. 

Jæ 


de À 


MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. 325 


Les élopes et les butirins sont de beaux poissons ar- 
gentés, à beaucoup d’arrêtes, à cœcums nombreux, qui 
deviennent grands; et donnent de bon bouillon (1). 


Les CHIROCENTRES. ( CHIROCENTRUS. Cuv. ) 


Ont, comme les harengs , le bord de la mâchoire su- 
périeure formé au milieu par les intermaxillaires, sur 
les côtés par les maxillaires qui leur sont unis; les uns 
et les autres sont garnis, ainsi que la mâchoire infé- 
rieure, d’une rangée de fortes dents coniques, dont 
les deux du milieu d’en haut et toutes celles d’en bas 
sont extraordinairement longues. Leur langue et leurs 
arcs branchiaux sont hérissés de dents en cardes, mais 
ils n’en ont point aux palatins ni au vomer. Leurs 
ouïes ont ,sept ou huit rayons, dont les externes fort 
larges. Au-dessus et au-dessous de chaque pectorale est 
une longue écaille membranense pointue, et les rayons 
pectoraux sont fort durs; leur corps est alongé, com- 
primé, tranchant, mais non dentelé en dessous; leurs 
ventrales extrêmement pelites et leur dorsale plus courte 
que l’anale , vis-à-vis de laquelle elle est placée. L’es- 
tomac est un long sac grêle et pointu, le pylore près 
du cardia, la vessie natatoire longue et étroite. Je ne 
trouve pas de cœcums. 


(x) Le Butirin banane de Commerson, Lacép., V, 45, qui est aussi son 
Synode renard, id., V, pl. vur,f. 2, ou Æsox vulpes, Lin., Catesb. 
IE, 1, 2, copié Encyclop, 294, est un poisson de la mer Atlantique sur 
les'côtes d'Amérique, le même que l’'Ubarana de Margrave, Bras., 
154, ou Clupea brasiliensis, Bl. Schn.; que l’Æmia de Browne; 
que l’Ælbula gonorynchus , BL. Schn. , p.432 , ou Ælbula plumieri, 
“id., pl. 86; que le Clupeée macrocephale, Tacép., V,xiv, 1, et que 
le Macabi, Parra, pl. 35, f. 4, ou Æmia immaculata, BI. Schn., 
451. Spix en a deux, pl. xxi, 2, et xxiv. — Le Butirin des Indes est 
V’Argentina glossodonta , Forsk, ou Argentine bonuk, Lacép., l’Esox 
argenteus, Forster, ap., BL. , Schn., 396. N'ayant vu que l'espèce d’A- 
mérique , je ne connais pas encore bien leurs caractères distinctifs. 


326 POISSONS 
Ün n’en connaît qu’un argenté de la mer des Indes(r). 


Les Hyopows. Lesueur. 


Ont la forme des harengs, le ventre tranchant mais 
non dentelé; la dorsale vis-à-vis de l’anale, huit ou 
neuf rayons aux ouïes, et des dents en crochets aux 
mâchoïres, au vomer , aux palatins et à la langue, 
comme les truites. HAE PTS 

Ceux que l’on connaît, vivent dans les éaux douces 
de l’Amérique septentrionale (2). 


Les EryrHriNs. ( ERYTHRINUS. Gronov. ) 


Ont comme toute cette famille, de petits intermaxil- 
laires etles maxillaires faisant une grande partie des côtés 
de la mâchoire supérieure ; une rangée de dents coniques 
occupe les bords de chaque mâchoire, et parmi celles de 
devant il en est quelques-unes plusgrandes quelesautres. 
Les palatins ontchacun deux plaques de dents en velours. 
I n’ya que cinq rayons larges auxouïes. La tête est ronde, 
mousse, garnie d’os durs et sans écailles. Des sous-or- 
bitaires durs couvrent toute la joue. Le corps est oblong, 
peu comprimé, revêtu de larges écailles comme dans les 
carpes. La dorsale répond aux ventrales. L’estomac est 
un large sac, et il y a beaucoup de petits cœcums. La 
vessie nalatoire est très grande. 

Ces poissons habitent les eaux douces dans les pays 
chauds, et leur chair est agréable (3). 


(1) L’Esoce chirocentre, Lacép., V, vu, 1, sabre on sabran de Com- 
merson , qui est le même poisson que le Clupea dentex , Schn., p. 428, 
Forsk., p. 72, ou que le €lupea dorab, Gm., etque le Wallah , Russel, 
199. C’est probablement aussi le parring ou chnees des Moluques, Ren. , 
VITE, 56. sé 

(2) Æyodonclodalus , Tesueur, Ac. des Sc. nat. de Philad., I, pl. x1v, 
et p. 367 ; — H. tergisus, id., ib., p. 366. 

(3) Esox malabaricus, BL., 392; —S$ynoduserythrinus, BL Schn.,Gron., 
Mus., VI,6,—Syn tareira, BI. Schn., pl. 79, Margr., 157; — Syn. 


MALACOPTÉRYGEFENS  ABDOMINAUX. 827 


"1 


US 


Ont beaucoup-de rapport avec les Evythrins, parleurs 
mâchoires, leurs dents, ‘leur ftêté couverte de pièces 
osseuses et dures, leurs grandés écailles, les’ rayons 
plats de leurs ouïes, mais ces rayons sont au nombre 
de douze: Entre les branches de leur mâchoire in- 
férieure est une sorte de bouclier osseux, dont on 
voit déjà un commencement dans les mégalops et les 
élops; derrière leurs dents coniques en sont -d’autres 
en petits payés, et leur dorsale qui.commence entre 
les pectorales et les ventrales s'étend jusque près de la 
caudaie. L’anale au contraire est courte. Les narines 
ont:chacune un pêtit appendice tubuléux. L’estomac 
est ample et charnu, l’intestin large et fort, sans, cæ- 
cums, et ce qui est bien notable, la vessie natatoire est 
celluleuse comme un poumon de reptile. fa. 

On n’en connaît qu’une, des rivières de Caroline, où 
elle vit d’écrevisses (Amia calva, L.), BL. Schn., 80 (x), 
Eile se mange rarement. 


Les Vasrrès. ( Supis. Cuv. ) (2). A] 
Sont encore des poissons d’éau douce qui ont tous les 
caractères des érythrinis, excepté que leur dorsale et leur 


anale , placées vis-à-vis l’une de l’autre et à peu près 


palustris, BL Schn., maturaque, Margr., 169 ; — Erythrinus , tœniatus , 
Spix, XIX ; — Probablement aussi lEsox gy mnocephelus , Lin. 

I. B. Le Synodus vulpes, connu seulement par Catesb., IT, xxx, me 
paraît le même que le Butirin banane , et je crois que le $ynodus synodus, 
Schn., que l’on ne connaît que par une figure de Gronovius , Zooph. 
et Mus., VII, 2, n’est qu’un $almo saurus qui avait perdu la seconde 
dorsale, L’Esox synodus, Lin., autant qu’on en peut juger par sa courte 
description, west paslemême. F'ERERES 
"n(1) M B: L'Arnia inmaculata, Schn,; 451, où Macabi, Parra; XXXW, 
1,3, 2, h’est autre. que le Butirin banane 

(2) Sudis, nom employé par Pline, comme synonyme de sphyræna, 


328 | POISSONS 


égales entre elles, occupent le dernier tiers de la lon- 
gueur du corps. 


‘On en possède un à museau court , rapporté du Sénégal 
par Adanson ; que M. Ruppel a ‘aussi trouvé dans le Nil, 
Sudis adunsonii , Nob.; et un autre de très grande taille , 

-, à museau HN à grandes écailles osseuses , à tête sin- 
gulièrement rude, du Brésil (Sudis gigas, n.S. pirarucu, 
Spix, xv1).M. Ebr ER en a découvert un troisième dans 
le Nil (Sudis niloticus, Ehr.), où il a observé un tuyau 
singulier , contourné en spirale qui adhère à la troisième 


branchie , peut-être est-ce quelque disposition analogue à ; 


celles que nous avons observées dans les Anabas, et autres 
genres voisins. 


Les OsréocLosses. (OsTrocLossum. Vandelli. ) 


Ont beaucoup de rapports avec les sudis, et s’en dis- 
tinguent surtout par deux barbillons qui leur pendent 
sous la symphyse de la mâchoire inférieure; leur anale 
s’unit à leur caudale , leur langue est osseuse et extraor- 
dinairement âpre, par une multitude de petites dents 
courtes, droites et tronquées, qui la recouvrent au 
point qu'elle sert comme de râpe pour réduire les fruits 
en pulpe ou en exprimer le jus. 


On en connaît une espèce assez grande du Brésil(Osteo- 
| glossum Vandellii, n., ou schnosoma bicirrhosum , Spix, 
xXxv ): 


Les LÉPisosTÉEs, Lacép. ( LEPISOSTEUS. ) 


. Ont un museau formé de la réunion des intermaxil- 
laires, des maxillaires et des palatins, au vomer et à 
l’ethmoïde; la mâchoire inférieure l’égale en longueur; 
et l’un et l’autre, hérissés sur toute leur surface inté- 
rieure de dents en rape, ont le long de leur bord une 
série de longues dents pointues. Leurs ouïes sont réunies 
sous la gorge par une membrane commune qui a trois 
rayons de chaque côté. Ils sont revêtus d’écailles d’une 


ES 


D ae à à. : 


MALACOPTÉRYGIENS ABDOMINAUX. 329 


dureté pierreuse; la dorsale et l’anale sont vis-à-vis 
l’une de l’autre et fort en arrière. Les deux rayons ex- 
trêmes de la queue et les premiers de toutes les autres 
nageoires sont garnis d'écailles qui les font paraître den- 
telés. Leur estomac se continue à un intestin mince, 
deux fois replié, ayaut au pylore beaucoup de cæcums 
courts; leur vessie natatoire est celluleuse comme dans 
Vamia, et occupe la longueur de l'abdomen. 

On les trouve dans les rivières et les lacs des parties 
chaudes de J’Amérique (1). Ils deviennent grands et 
sont bons à manger (2). 


Les Bicxirs. { POLYPTERUS. Geoff. ) 


Ont les bords de la mâchoire supérieure immobiles 
et formés au milieu par les intermaxillaires, et sur les 
côtés par les maxillaires; une pièce osseuse chagrinée 
comme celles du reste de la tête couvre toute leur joue; 
ils n’ont aux ouïes qu’un rayon plat; leur corps alongé 
est revêtu d’écailles pierreuses comme aux lépisostées, 
et, ce qui les distingue au premier coup-d’œil de tous 
les poissons , le long de leur dos règnent un grand nombre 
de nageoires séparées, soutenues chacune par une forte 
épine qui porte quelques rayons mous, attachés sur sa _ 
face postérieure. La caudale entoure le bout de la queue, 
l’anale en est fort près; les ventrales sont très en arrière; 
les pectorales portées sur un brasécailleux un peu alongé. 
Autour de chaque mâchoire est un rang de dents coni- 


(1) Je ne crois pas que Le poisson des Indes Orientales, Renard, VIII, 
f. 56. Valent., III, 459, soit, comme le veut Bloch, l’Esox osseus ; c’est 
plutôt une espèce d’orphie. 

(2) Le Rae Esoz osseus, L., Bl., 390; — le Lépisostée spatule, 
Lacép., V, vi, 2, et les autres espèces ou variétés décrites par M. Rafi- 
nesque , poiss. de l'Ohio, p. 72 et suivantes. 

NV. B. Sous le nom d’Æsox viridis, Linnæus paraît avoir réuni une 
description de l'Orphie envoyée par Garden, avec la fig. du Caïman 
donnée par Catesby , IT, xxx. 


530 : POISSONS 
ques , et dernière, des dents en velours ou en rape. 
Leur estomac ést très grand; leur canal mince, droit, 
avec une valvule spirale et un seul cœcum; leur vessie 
natatoire double, à grands lobes , surtout celui du côté 
gauche, communique par un large trou avec l’æœsophage. 
Il y en a une espèce à seize dorsales, découverte dans le 
Nil par M. Geoffroy (Polypterus bichir.), Geoffr:, Ann .Mus. 
1, v; et une autre du Sénégal , qui n’a que douze dorsales 
sur le dos P. senegalus, n. Leur chair est bonne à manger. 


LE TROISIÈME ORDRE DES POISSONS, 


Ou cezur nes MALACOPTÉRYGIENS SUBBRACHIENS, 


Se caractérise par des ventrales attachées sous les | 


pectorales, et dont le bassin est immédiatement 
suspendu aux os de l'épaule. 
Elle contient presque autant de familles que de 
genres. 
La première ou celle 
DES GADOIDES. 


Se composera presque entièrement du grand genre 
Des GaApes. ( Gapus. L.) (3) 


Reconnaissable à ses ventrales, attachées sous la gorge 
et aiguisées en pointe. 
Leur corps est médiocrement alongé, peu comprimé, 


(1) Gadus est dans Athénée le nom grec d’un poisson autrement appelé 
onos. Artédi l’a appliqué à ce genre, afin d'éviter ceux d’onos, d’asellus, 
de mustela, employés par les anciens, et que les premiers ichtyologistes 
modernes ont cru, quoique sans preuve, désigner quelques-uns de nos 
gades, mais qui étant aussi des noms de quadrupèdes, auraient produit de 
l’ambiguité, Gadus,ressemble d'ailleurs au nom anglais de ces poisronpend 


ES 


MALACOPTÉRYGIENS SUEBRACHIENS. 331 


couvert d’écailles molles, peu volumineuses; leur tête 
bien proportionnée, sans écailles ; toutes leurs nageoires 
molles; leurs mâchoires et le devant de leur vomer. 
armés de dents pointues, inégales, médiocres ou pe- 
tites , sur plusieurs rangs et faisant la carde ou la ràpe; 
leurs ouïes grandes, à sepl rayons. Presque tous por- 
tent deux ou trois nageoires sur le dos, une ou deux 
derrière l’anus, et une caudale distincte.-Leur estomac 
est en forme de grand sac, robuste; leurs cæœcums sont 
très nombreux et leur canal assez long. Ils ont une 
vessie aérienne, grande, à parois robustes, et souvent 
dentelée sur les côtés. 

La plupart de ces poissons vivent dans les mers 
froides ou tempérées, et donnent d'importants articles 
de pêche. Leur chair blanche, aisément divisible par 
couches , est généralement saine, légère et agréable. 

On peut subdiviser les gades comme il suit. 

Les Moruess. 


A trois nageoires dorsales, deux anales; un barbillon 
au bout de la mâchoire inférieure : ce sont les plus nom- 
breux. 

La Morue proprement dite, ou Cabeliau. (Gadus Morrhua. 

L.) BI. 64. {1). 

Longue de deux et trois pieds , à dos tacheté dejaunâtre 
et de brun, habite dans toute la mer du Nord, et se 
multiplie tellement daus les parages septentrionaux , que 
des flottes entières s’y rendent chaque année pour la 
prendre, la saler, la sécher, et en fournir à l’Europe et aux 
colonies. En France, on nommela morue fraîche Cabeliau, 
d’après le nom hollandais de ce poisson. 


L’Egrefin. (Gadus Æzglefinus. L.) BI. 62. 


A dos brun, à ventre argenté, à ligne latérale noire; 


—— 


(1) Bélon croit que morrhue vient de merwel, nom qu’il dit anglais, 
mais que je ne trouve plus dans les auteurs modernes de cette nation. Ils 
la nomment cod, cod-jish. 


332 POISSONS 


une tache noirâtre derrière la pectorale; aussi nombreux 
que la morue dans les parages du nord, mais d’un goût 
moins agréable. Quand il est salé, on le nomme Hadou , 
d’après son nom anglais ÆZadok (1 » 


Le Dorsch ou petite Morue. (Gadus callarias. 1. BI. 63. (2). 
à Paris; Faux Merlan. 


Tacheté comme la morue; mais d’ordinaire beaucoup 
plus petit, et a mâchoire supérieure plus longue que l’au- 
tre. C’est l’espèce la plus agréable à manger fraîche; elle 
est surtout recherchée sur les côtes de la mer Baltique (3). 


Les MErLans. 
Où le nombre des nageoires est le même que dans les 
morues, mais qui manquent de barbillons. 
Le Merlan commun. (Gadus Merlangus. L.) BI. 65. 


Est connu de tout ie monde le long des côtes de l’Océau, 
à cause de son abondance et de la légèreté de sa chair. On 
le distingue à sa taille d’environ un pied , à son dos gris- 
roussâtre-pâle , à son ventre argenté, et à sa mâchoire 
supérieure plus longue. 
Le Merlan noir, Charbornier, Colin, Grelin , etc. (Gadus 
carbonarius. L.) B1. 66 (4). 


Devient du double plus grand que le merlan; est d’un 


(1) Egrefin ou plutôt eaglefin, était autrefois son nom anglais selon 


Bélon et Rondelet. C’est le schelfisch 4 Anderson et des Allemands , Hol- 
landais , Danois, etc. 

(2) Dorsch, nom de ce poisson sur les côtes de la mer Baltique. Cat 
larias, galarias , etc. étaient des noms anciens mal déterminés , maïs qui 
ne convenaient sûrement pas à un poisson étranger à la Méditerranée. 

(3) Ajoutez le Tomcod ({G. 1omcodus , Mitchill.); — le tacaud, gode, 
mollet ou petite morue fraiche( G. barbatus, B1. 166); — le capelan ou 
officier (G. minutus, BL. , 67, 1); — la wachnia, G. macrocephalus, 
Tiles., Ac, de Pétersb., IT, pl. xv1 ; — Gadus gracilis, id., ib., pl. xvin; 
— le Saida (Gad. sdida, Lepechin, Nov. Com., Petrop., XVIIE, p. v, 
£. 1, copié encycl., f. 360; — le Bib. ( Gad. luscus , Penn. cop. encycl., 
302 ; — Gad. blennoïdes , penn., cop. encycl., 363. 

{4j Son nom ordinaire colin, vient de celui qu’il porte dans les langues 
du Nord, kohl jisch , coal fish, poisson charbonnier. 


D, 

MALACOPTÉRYGIENS SUBBRACHIENS. 333 
brun foncé , et a la mâchoire supérieure plus courte, et 
la ligne latérale droite. La chair de l’adulte est coriace. On 
le sale et on le sèche comme la morue. 


Le Lieu ou Merlan jaune. (G. pollachius. L.) BL. 68. 


A les mâchoires et presque la taille du précédent ; est 
brun dessus , argenté dessous , et a les flancs tachetés. Il 
vaut mieux que le colin, et ne cède qu’au merlan et au 
dorche. Tous ces poissons vivent en grandes troupes dans 
l’Océan atlantique (x). 


Les Merrucues. 


Qui n’ont que deux nageoires dorsales, une seule à l’anus, 
et qui manquent de barbillons comme les merlans. 

Le Merlus ovdinaire. (Gadus Merluccius. L.) BI. 164. 

Long d’un à deux pieds , et quelquefois beaucoup plus ; 
à dos gris-brun , à dorsale antérieure pointue , à mâchoire 
inférieure plus longue. On le pêche en abondance égale 
dans l’Océan et dans la Méditerranée, où les Provençaux 
lui donnent lenom de r2erlan. Salé et séché dans le nord, 
il prend celui de stock-fisch , qui se donne également à la 


morue sèche (2). 


Les Lorres. (Lora. Cuv.) 


dJoignent à déux nageoires dorsales et une anale, des 
barbillons plus ou moins nombreux. 


La Lingue ou Morue longue. (Gadus molua: L.) :BI. 
Gg. (3). 

De trois à quatre pieds de long; olivâtre dessus, 

argentée dessous ; les deux dorsales d’égale hauteur; la 


mâchoire inférieure un peu plus courte, portant un seui 
barbillon. 


Ce poisson, aussi abondant que la morue, se conserve 


(x) Ajoutez le sey, Gadus virens, Ascan. , 25. 

(2) Aj. Gad. magellanicus, Forst., ap., BL, Schn., p. 10; — Gad. 
maraldi, Risso , première éd., f. 13. 

(3) Længa, lœnge, ling, noms de ce poisson en divers pays du Nord. 
Molua ; corruption de morrhue , appliqué à cette espèce par Charleton. 


354, POISSONS 
aussi aisément , et fait un article presque aussi, important 
de pêche (1). 
La Lotte commune où de rivière. (Gadus Lota.) BI. 70. 

Longue d’un et deux pieds; jaune, marbrée de brun ; 
un seul barbillon au menton ; les deux nageoires d’égale 
‘hauteur. C’est le seul poisson de ce genre qui remonte 
avant dans les eaux douces. Sa tête un peu déprimée, et 
son corps presque cylindrique, lui donnent un aspect 
particulier. On estime fort sa chair, et surtout son foie, 
qui est singulièrement volumineux (2). 


On: pourrait encore distinguer parmi les lottes 
Les Morezres.( Morezra. Cuv.) 
Dont la dorsale antérieure est si peu élevée, qu’on a peine 
à l’apercevoir. 
‘La Mustèle commune. (G+ Mustela L.) BL: 165, sous le 
j : nomde G. tricirrhatus. = 
Brun-fauve, à taches noirâtres; deux barbillons à la 
mâchoire supérieure ; un à l’inférieure (3). 
Les Brosmes. (Brosmius Cuv.) 

N’ont même point de première dorsale séparée, mais une 
seule et longue nagecire, qui s'étend jusque tout près de 
la queue. . F 

On n’en connaît que das leñord. L'espèce la plus com- 


mune (G. brosme. Gm.) Penn., Brit. zool., pl. 34, ne 
descend pas plus bas que les Orcades. Il parait si il y en 


(1) Aj. Gadus bacchus, Forster, ap., BL., Schn., p. 53;— Lota elon- 
gata:, Risso, deuxième éd., £. 47. 

(2) Aj. Gadus roi as Lesueur, Ac., Sc. nat. Philad., I. p. 83. 

(3) Ajoutez aux motelles le Gadus cimbrieus, Schn,, pl..9; euG.'quin- 
quecirrhatus, Penn., Brit. Zool., pl. 33, nommé mal à propos/rustela 
par Bloch et Gmel. Comparezaussi les, Mustela maculata et fusca, Risso, 
deuxième éd., p. 215, et les Blennius lupus et labrus, Rafinesque, Ca- 
ratt., pli, f. 2 et 3. 


_—# 


MALACOPTHÉRYGIENS SUBBRACHIENS, 385 


a encore en Islande une espèce plus grande. (G. lub.), 
nouv. Mém. de Stockh., XV, pl, 8 (1). 

Tous ces poissons se salent er se sèchent. 

Enfin dans 


Les Broruzes. (Broruza Cuv.) 


La dorsale et l’anale s'unissent avec la caudale en une seule 
nageoire , terminée en pointe. 


On n’en connaît qu’un des Antilles, à six barbillons 
(Enchelyopus barbatus, BI.,Schn.), Parra., pl. xxxi, f.2 (2). 


Les Puyars. Artéd. et Schn. (3). 


Ne diffèrent des autres gades que par des ventrales d’un 
seul rayon, ‘souvent fourchu. D’ ailleurs, leur tête est grosse, 
leur menton porte un barbillo, et ER dos deux nageoires, 


dont la seconde longue. Nos mers en possèdent quelques 
espèces. 


, La plus commune, dans la Méditerranée, s’y nomme 
. Molle où Tanche de mer (Pliycis Mediterraneus, Laroche, 
Phycis tinca, Schn., Blennius phycis, L.), Salvian, fol. 
380. Sa dorsale antérieure est ronde, et pas plus "élevée 
que l’autre; ses ventrales à peu près de la longueur de sa 
l1ête: M 
Une autre:qu’on pêche aussi dans FOcéan; 
Le Merlus barbu , Dukam,H, pl. xxv, F4. ( Phyeis blen- 
noides:, Schu:), Gadus albidus ; Gw., Blennius gudoïdes , 
Risso. Gadus furcatus, Penn., etc. 
À sa première dorsale plus relevée, et son premier rayon 


(:} On donne ‘oussi aux brosmes , en plusieurs cantons, lés noms de 
lin ques et de dorches. Voyez Penn., loc. cit. et Olafsen, voyage enlsl., 
trac Lfr., pl. 27 et 28. 

(: 2) Mes quatre subdivisions des Lotes , des motelles, es brosmes et des 
bror ‘ules, sont réunies par Schneïder dans le‘genre enchelyopus, Ce nom 
form 46 otiginairement par Klein, pour toutés sortes de poissons alongés, 
signi fie ange Gronovius le réservait au Blennius viviparus qui 
estin on genre zoareès. : 

:1(8) Phycis, nom ancien d'un igobie: Rondelet l'a appliqué à notre 
premi re espèce dont Artédi avait fait un genre, réuni aux blénnies par 
Linnæ us, et rétabli par Bloch,, éd, de Schn , p, 56. 


336 POISSONS 
très alongé; les ventrales deux fois plus longues qué 


la tête (r). 


Les Ranicers. 


Ont la tête plus déprimée que les phycis et que tous les 
autres gades, et la dorsale antérieure si petite, qu’elle est 
comme perdue dans l’épaisseur de la peau. 


On n’en a encore que de l'Océan (2). 


On ne peut rapprocher que des gades le genre 
suivant : 


Les GRENADIERS. ( MACROURUS. Bloch. LEPIDOLEPRUS. 
Risso. ) 


Leurs sous-orbitaires s’unissent en avant entre eux 
et avec les os du nez, pour former un museau déprimé 
qui avance au-dessus de la bouche, et sous lequel celle- 
ci conserve sa mobilité. La tête entière et tout le corps 
sont garnis d’écailles dures et hérissées de petites épines. 
Les ventrales sont petites et un peu jugulaires ; les pec- 
torales médiocres. La première dorsale est courte ‘et 
haute; la deuxième dorsale et l’anale, l’une et lautre 
très longues, s’unissent en pointe à la caudale; les mâ- 
choires n’ont que des dents très fines et très courtes. Ils 


(1) J'ai donné les caractères ci-dessus, ayant à la fois les deux pois- 
sons sous les yeux. Le Bairachoïdes gmelini, Risso, première éd., fig. 16 
ne diffère point de notre premiere espèce. 

Ajoutez l Enchelyopus americanus , Schn., ou Blennius chäbse nat. ‘de 
Berl., VII, 143, où Gadus longipes , Mitch. I, 4. 

NN. B. La fig. de Schn., pl. 6, est sine mal à propos au P}iy- 
cis tinca , comme l’a bien remarqué M. de la Roche, Ann du Mus., XII, 
p. 333, c’est plutôt celle du G. longipes. : 

(2) Le Gadus raninus, Mull., Zool., Dan., pl. 45. Blennius ranû aus, 
Gmel. Batrachoïdes blennioïdes , Lacép. Phycis ranina, B1., Schn.., 57; 


—- le Gadus trifurcatus , Penn., Brit., Zool., LIL, pl. 8x Phycis f usca, 
Schn. . 


Rs LS 


MALACOPTÉRYGIENS SUBBRACHIENS. 837 


vivent à de grandes profondeurs, et rendent un son 
comme les grondins quand on les tire de l’eau. 
On en connaît deux espèces, des profondeurs de nos 


deux mers, Lepidol.cælorhynchus et trachyrhynchus, Risso, 
première édition, pl. vu, f. 21 et 22 (1). 


La deuxième famille des Malacoptérygiens sub- 
brachiens, vulgairement dite, 


POISSONS PLATS; 
Comprend le grand genre 
Des PLEURONECTES. (PLEURONECTES. L. ) (2) 


Ils ont un caractère unique parmi les animaux verté- 
brés, celui du défaut de symétrie de leur tête, où les 
deux yeux sont du même côté, lequel reste supérieur 
quand l’animal nage, et est toujours coloré fortement, 
tandis que le côté où les yeux manquent est toujours 
blanchâtre. Le reste de leur corps, bien que disposé en 
gros comme à l’ordinaire, participe un peu à cette ir- 
régularité. Ainsi les deux côtés de la bouche ne sont 
point égaux, et il est rare que les deux pectorales le 
soient. Ce corps est très comprimé, haut verticalement; 


(1) . B. Nous nous sommes assurés, par une compäraison immédiate, 
que le Lepidoleprus cœlorhynchus de la Méditerranée, Risso, première 
éd., pl. vu, f. 22, ne diffère en rien du Macrourus rupestris, BL., 197, 
où Coryphœna rupestris , Gmel., Gunner, Mém. de Drouth., IX, pl. rr; 
f. 1. D’un autre côté, le Lepidoleprus trachyrhyÿnchus, Risso, ib., f. 21 , 
est le même poisson que l'Oxycephas scabrus, Rafinesque, indice, pl. », 
f. 2. La même espèce ou une très voisine du Japon, est dans l'Atlas du 
Voyage de Krusenstern, pl. 1x, f. 8 et 9. Giorna avait donné des figures 
incomplètes des deux espèces. Mém. de l’Ac. de Turin , vol. IX, pl. 1. 
Le Lep. trachyr. est aussi le Mysticetus d’Aldroyande, Pisc., p. 342. 

(2) Pleuronectes ; nom composé par Artédi, de rep , le flane ; et, 
wmxrhs nageur; parce qu'ils nagent sur le côté; les anciens leur du 
noïent des noms différents selon les espèces, comme Passer, Fhombns,, 
Buglossa , etc. P- 

TOME Il. 22 


" j 
l “197€ 


338 POISSONS 


la dorsale règne tout le long du dos; l’anale occupe le 
dessous du corps, et les ventrales ont presque l'air de 
la continuer en avant, d'autant qu’elles sont souvent 
unies l’une à l’autre. Il ÿ a six rayons aux ouïes. La ca- 
vité abdominale est petite, mais se prolonge en sinus 
dans l'épaisseur des deux côtés de la quéue , pour loger 
quelque portion de viscères. Il n’y a point de vessie nata- 
toire, et ces poissons quittent peu le fond. Le squelette de 
leur crâne est curieux par ce renversement qui porte les 
deux orbites d’un même côté; cependant on y retrouve 
toutes les pièces communes aux autres genres, mais 
inégales. 

Les pleuronectes fournissent, le long des côtes dans 
presque tous les pays; une nour riture agréable et saine. 

On trouve quelquefois des individus qui ont les yeux 
placés de l’autre côté que le reste de leur espèce, et que 
l’on nomme contournés; d’autres où les deux côtés 
du corps sont également colorés, et que l’on appelle 
doubles. Le plus souvent c’est le côté brun qui se ré- 
pète, mais cela arrive quelquefois aussi au côté blanc(1). 

Nous les divisons comme il suit 

Les PLres. (PLaressa. Cuv.) 


Ont à chaque mâchoire une rangée de dents tranchantes, 
obtuses, et le plus souvent aux pharyngiens des dents en 
pavés ; leur dorsale ne s’avance que jusqu’au-dessus de l’œil 
supérieur, et laisse, aussi bien que l’anale, un intervalle nu 
entre elle et la caudale ; leur forme est rhomboïdale ; la plu- 
part ont les yeux à droite. On leur observe deux ou trois petits 
cœcums. Nos mers en nourrissent quelques-unes, telles que 


La Plie franche ou Carrelet (2). (Pleur. platessa. 1.) BI. 42. 
. Reconnaissable à six ou sept tubercules, formant une 


(1) Le Rose-colouréll flounder, Shaw., IV, 11, pl. 43, est un Hlet où le 
côté blanc est double. 
2) W°'B. Le nom de carrelet où ‘petit carreau, a été appliqué par 
quélqués duteuts à la barbüe , mais contre l’usage de nos côtés ét _ nos 
marchés. Le vrai carrelet est une jeune plie. è 


MALACOPTÉRYGIENS SUBBRACHIENS. 339 


ligne sur le côté droit de sa tête, entre les yeux, et aux 
taches aurore, qui relèvent le brun du corps de ce même 
côté. Elle est trois fois aussi longue que haute. C’est l’es- 
pèce de ce sous-genre dont la chair est la plus tendre (1). 


La Plie large. (PL. latus. N.) 


A les mêmes tubercules que la plie, maïs son corps n’est 
qu’une fois et demie aussi long qu’il est haut. On la prend : 
très rarement sur nos côtes. 


Le Flet ou Picaud. (Pleur. flesus. XL.) BI. 44. (Et 50, sous 
le nom de P{. passer.) (2). 


A peu près de même forme que la plie, à taches plus 
päles, n’a que de petits grains à la ligne saillante de sa 
tête, et porte tout du long de sa dorsale et de son anale 
un petit bouton äâpre sur la base de chaque rayon. Sa 
ligne latérale a aussi des écailles hérissées. Sa chair est de 
beaucoup inférieure à celle de la plie. H remonte fort 
haut dans les rivières, et beaucoup d'individus, dans cette 
espèce, sont tournés en sens contraire. 


La Pole. (PL. Pola. N.) Duham. Sect.IX. pl. vi.f. 3et4, 


sous le nom de raie Limandelle. 


Est, de forme oblongue, et approchant de celle de la 
sole, quoique plus large, et se distingue des autres plies à 
dents tranchantes par une tête et une bouche plus petites. 
Son corps est lisse, et sa ligne latérale droite. On l’estime 
ici à l’égal de la sole. 


La Limande. (PL. Limanda, L.) BI. 46. 


Est de forme rhomboïdale comme le flet , et a des Yeux 
assez grands ; et, entre eux, une ligne saillante. Sa ligne 
latérale éprouve une forte courbure au-dessus de la péc- 
torale. Ses écailles sont plus âpres qu’aux précédents, ce 
qui lui a valu son nom (de lima , lime). Ses dents, quoi- 


* (1) paraît qu’il y a dans le Nord une très prande plie, qui diffère à 
quelques égards de celle de nos côtes ; et surtout parce que l’é épine, der- 
rièré son anus, démeure cachée sous la peau ( PL borealis, Faber, AVE : 
tôme XXI, p. 868 ). 

” (a) Le PL. PE d’ Artédi et de Linn. n’ést point différent du tarbot 
celui de Bloch n’est qu’un vieux flet contourné à gauche. * 


22* 


340 POISSONS 


que sur une seule rangée, comme dans les autres plies ; 
sont moins larges et presque linéaires. Le côté des veux 
est brun-clair, avec quelques taches effacées, brunes et 
blanchâtres. Quoique petite, on l’estime plus à Paris que 
la plie, parce qu’elle supporte mieux le transport (1). 


Les FLérans. (Hippocrossus. Cuv.) 


Ont avec les nageoires et la forme des plies, les mâchoires 
et le pharynx armés de dents le plus souvent fortes et aiguës. 
Leur forme est généralement plus oblongue. 


La mer du nord en produit un qui deviert énorme, 
et atteint , dit-on, six et sept pieds de longueur, et trois 
ou quatre cents livres de poids. C’est 


Le grand Flétan ou Helbut. (PI. Hippoglossus. L.) BI. 43. 


Il a les yeux à droite ; la ligne latérale arquée au-dessus 
de la pectorale. On le ÉÉÉbE le sale et le vend par mor- 
ceaux dans tout le nord (2). 

La Méditerranée en a de plus petits, dont quelques-uns 
ont les yeux à gauche. 

Un d’entreeux (PZ. Macrolepidotus, Bl.,190,ou Citharus, 
Rondet., 314 , se distingue par des écailles plus grandes à 

. proportion qu’à aucun autre. Îl,est oblong, et a la ligne 
latérale droite. 


Les Tursors. (RaomsBus. Cuv.) 


Ont aux mâchoires et au pharynx, comme les flétans, 
des dents en velours ou en carde; mais leur dorsale s’avance 
jusque vers le bord de ia mâchoire supérieure, et règne, 
ainsi que l’anale, jusque tout près de la caudale. La plupart 
ont les, yeux à MNERE ’ 

Dans les uns , ces yeux sont rapprochés’, et leur intervalle 
a une crête un peu. saillante. Telles sont les deux grandes 


. (1) Aj- Pleur. planus, Mitchill. ; — Pleur, stellatus, Pall., Mém. de 
V'Ac. de Pétersb., IL, x, 1. 

(2) Les PL limandoïdes., BL., 186, ou Citharus asper, Rondel “are 
et pinguis, Faber, Isis, tome XXI, p. 870, paraissent aussi des flétans 
du Nord. Aj. Pl: erumeti, Bl., Schn., ou adalah , Russel, 15 69; — 
PL. nalaka, N., ou Norce ÉA Russel 77: 


RP Pous I hat. Po 
él) À an gpnu | 1800 . au 3.R Rep [l 


MALACOPTÉRYGIENS SUBBRACHIENS. 342 


espèces de nos côtes, les plus estimées de tout le genre 
pleuronecte. 


Le Turbot. (PI. maximus. L.) BI. 49. 


À corps rhomboïdal , presque aussi haut que long ; hé- 
rissé du côté brun de petits tubercules, et 


La Barbue. (PL. rhombus. 1.) BI, 43. 


À corps plus ovale, sans tubercules, se distinguant en 
outre parce que les premiers rayons de sa dorsale sont à 
moitié libres, et ont leur extrémité divisée en plusieurs 
lanières. 


Le Targeur (Pl, punctatus. Bl.180.) PL. lævis. Shaw. Pleur. 
hirtus, Zool. dan., pl. 103. Kitt des Anglais, Penn., pl. 
41, Rai. syn., pl. 1 f. 1. Duham., sect. 1x, pl.v, f. 4- 


Est beaucoup plus rare sur nos côtes ; ovale comme la 
barbue, il n’a pas de lanières à ses rayons. Ses écailles sont 
rudes; ses dents très fines ; sa joue garnie comme d’un 
velours raz , et il a des taches et des points noirs sur un 
fonds brun (1). dr 


La Cardine ou Calimande | FWhiff des Anglais. (PL. Car- 
dina , N.) Duham., sect. IX, pl. va, f, 5, et Raï. 190, 
plun° 2 (5) 


Est tout-à-fait oblongue ; ses premiers rayonssontlibres, 
mais simples; ses deuts en velours très raz; elle a des 
taches, blanches et noirâtres en partie jetées sur un fonds 


(1) J’ai lieu de croire que le PL. unimaculatus, Risso, deuxième éd. , 
f. 35, est une variété de sexe du targeur. 

(2) Ces figures n’étant pas gravées au miroir, montrent les yeux à droite; 
ils sont à gauche. Bloch, par je ne sais quelle distraction , a cru quelle 
whiff de Raï et de Pennant, est le targeur, mais le targeur est le Aie 
de.ces deux auteurs. Il suffit d’un coup d’æil sur la planche I de Raï, où 
ils sont représentés tous les deux, pour s’en convaincre. Aj. PL. triocella- 
tus, Schn., Russel, 96, — PL maculosus, N., Russel, 75; — PL. 
aquosus , Mitch, pl. 11, f. 3; — PL. boscü, Riss., première éd., pl. vn, 
f. 33; — PI. aramaca, N., Margr., 181, très différent du PL, macrole- 
pidotus qui est non pas du Brésil, mais de la Méditerrance, et avec le- 
quel Bloch l’a confondu. 


342 POISSONS 


brun. On la prend aussi sur nos côtes de la Manche, mais 
rarement. | 

La Méditerranée en a un de quelques pouces ,et dont 
les grandes écailles minces tombent très facilement ( PL. 
nudus, Risso) Arnoglossum, Rondelet, 324. 

Et un autre encore plus petit , tout diaphane , avec une 
série de points rouges écartés , sur la dorsale et sur l’anale 
(Rh. candidissimus , Risso deuxième édit. , fig. 34.) ou 
Pleur. diaphanus , Schn, IV, deuxième part. , 300. 

En d’autres turbots, les yeux sont fort écartés, et le 
supérieur reculé; leur intervalle est concave. Ils ont un 
petit crochet saillant sur la base du maxillaire du côté 
des yeux, et quelquefois un autre sur l’œil inférieur. La 
Méditerranée en produit de cette sorte. (1) 


Les Sozes. (Socea. Cuv.) 


Ont, pour caractère particulier, la bouche contournée et 
comme monstrueuse du côté opposé aux yeux, et garnie 
seulement de ce côté-là de fines dents en velours serré, 
tandis que le côté des yeux n’a aucunes dents. Leur forme 
est oblongue; leur museau rond, et presque toujours plus 
avancé que la bouche; la dorsale commencant sur la bouche, 
règne, aussi bien que larale,, jusqu’à la caudale. Leur 
ligne latérale est droite ; le côté de la tête opposé aux yeux, 
est généralement garni d’une sorte de villosité. Leur intes- 
tin est long, plusieurs fois replié, et sans cœcums. 


L'espèce commune dans nos mers, et connue d’un 
chacun (PL. solex, L.), BI. 45, brune du côté des yeux, 
à pectorale tachée de noir, est un de nos meilleurs pois- 
sons. 
Nous eu avons encore plusieurs autres , surtout dans la 
Méditerranée (2). . | 


(1) Pleur. podas, Laroche, Ann. du Mus., XIII, xx1v, 14, ou PI. 
rhomboï es, Rondel. 313, qui est aussi le même que les PL. argus et 
mancus de Risso, première éd.; — Pleur. mancus, Brousson. Dec., 
iehe., pLuret iv; — PL argus, Bl., et lunatus, Gm., BL., 48, ou mieux 
Catesb. carol., xxvu1. 

(2) La Pole de Bélon, 143, et de Rondel.,323 , différente de celle de 
Paris, qui est une plie, a les yeux à gauche, selon ces deux auteurs; je ne 


! 
; 
. 


MALACOPTÉRYGIENS SUBBRACHIENS. 543 
Quelques espèces étrangères n’ont aucune distinction 
entre leurs trois nageoires verticales (x). 


Nous appellerous 
Monocuires. ( Monocair. Cuv.) 


Des soles qui n’ont qu’une extrêmement petite pectorale 
du côté des yeux, et où celle du côté opposé est presque 
imperceptible , ou manque tout-à-fait. 

Nous en avons un dans la Méditerranée ; le Linguatula , 
Rondelet, 324 (Pleur. microchirus, Lar., An. Mus: XIII, 
356) (2). 

Les Acmires. (Acmirus. Lacép.) 


Sont des soles absolument ét ie de nageoires pec- 
torales. 

On peut aussi les diviser, selon que leurs nageoires ver- 
ticaies sontgdistinctes (les Acmires (3) proprement dits), 


sais si c’est le RA. polus, Riss., deuxième éd., f. 32, qui est dessiné avec 
des yeux à droite; — le PL. ocellatus , Sch., 40, le même que PL. ronde- 
letii , Sh., solea oculata, ou Pégouze, Rondel., 322;— PL. lascaris, 
Risso , première éd., pl. vir, f. 32, et plusieurs espèces étrangères que 
nous-décrirons dans notre grande Ichtyoloyie. 

(x) PL. zebra, BL, 189: — PL. plagiusa, L.;. — Pl. orientalis , 
Schn., 157; — PL. commersonien, Lac., IT, xu1, 2, ou Jerré poto, 
A., Russel, 50; mais la descript., Lacép., IV, 656, Sie autre espèce 
du sous-genre turbot; — la sole cornue, Russel, 72, figure peu exacte; 
— PL. jerreus, N., ou Jerré potoo, B., Russel, 715 — PL. pan, 
Buchan. XIV, 4 

.(2) C'est tt à le Pleur. mangili, Risso, 310. JL en existe 
* d’autres espèces, dont quelques-unes sont sans dE Mn lbns parmi 
les achires des auteurs. Le PL. trichodactylus doit aussi y appartenir. Aj. 
Ja pegouze de Risso, 308, deuxième éd., f. 33; — le Mon. théophile, id. 

(3) PL achirus, L., kde barbu, Geoff., Ann. du Mus., tomel, 
pl. xr. Ce n’est pas le même que celui de técép. IL est essentiel de re- 
marquer que ses barbes ne sont pas des rayons, mais des cils, comme il y 
en a dans la sole commune, et comme l’on en retrouve dans plusieurs achi- 
res; —l Ach. marbre, Lac., I, xu, 3, et IV, p. 660; — l’Ach. fascé, 
id., PL. lineatus ; Sloane , Jaw., pl. 346, PL. mollis, Mitch., IF, 4. 


544 POISSONS 
Ou qu’elles s’unissent à la caudale (les Pracusta (1), 
Brown. ). 


La troisième famille que nous appellerons 
1 


DISCOBOLES, 


À cause du disque formé par leurs ventrales, 
comprend deux geûres peu nombreux. 


“Les Porve-ÉcuezLe. (LEPADOGASTER. Gouan. } 


Sont de pelits poissons remarquables par les carac- 
tères suivants. Leurs amples pectorales, descendues à la 
face inférieure du tronc, prennent des rayons plus 
forts , se reploient un peu en avant, et s’unissent l’une 
à l’autre sous la gorge par une membrane transverse, 
dirigée en avant, qui se compose de l’unjon des deux 
ventrales. Du reste, leur corps est lisse et sans écailles , 
leur tête large et déprimée, leur museau saillant et 
extensible, leurs ouïes peu fendues, garnies de quatre 
ou cinq rayons; ils n’ont qu’une dorsale molle vis-à- 
vis d’une anale pareille. Leur intestin est court, droit, 
sans cœcums ; ils manquent de vessie natatoire : cepen- 
dant on les voit nager avec vivacité le long des rivages. 

Dans \ 

- Les Porte-ÉcuELLE proprement dits, 

La membrane qui représente les ventrales règne circulai- 
rement sous je bassin , et forme un disque concave; d’un 
autre côté , les os de l'épaule forment en arrière une lépère 
saillie, qui complète uu second disque, avec la membrane 
qui unit les pectorales. Nos mers en possèdent plusieurs 
espèces. , 
Dans les unes, la dorsale et j’anale sont distinctes de la 


(1) PL. bilineatus , BI. 158, ou Jerré potoo, E., Russel, 54; — l4ch. 
orne, Lac., IV, p. 663 ; — Pleur. arel, Sch., 159; PL. plagusiæ , aff. 
Jam., Br. 445, différent du PL plagiusa, L. ;— PI. potous, N., ou Jerre 
potoo, D., Russel, 73. 


MALACOPTÉRYGIENS SUBBRACHIENS. 345 
caudale, avec laquelle leur membrane se continue cepen- 
dant quelquefois , mais en se rétrécissant (1). 

En d’autres, ces trois nageoires sont unies (2). 


Les Gosrésoces. Lacép. 


N’ont point ces doubles rebords, et par conséquent l’in- 
tervalle entre les pectorales et les ventrales n’y est point 
diviséen un double disque, mais ne forme qu’un seul grand 
disque fendu des deux côtés, et s’y prolongeant par des 
membranes. Leur dorsale et leur anale sont courtes, et : 
distinctes de la caudale. Leurs ouïes sont beaucoup plus 


fendues (3). 
Les CyCLOPTÈRES. ( CYCLOPTERUS. L. ) 


Ont un caractère très marqué dans leurs ventrales, 
dont les rayons, suspendus tout autour du bassin, et 
réunis par une seule membrane, forment un disque 
ovale et concave, que le poisson emploie, comme un 
suçoir, pour se fixer aux rochers. Du reste, leur bouche 
est large, garnie, aux deux màchoires et aux pharyn- 
giens , de petites dents pointues ; leurs opercules petits ; 
leurs ouïes fermées vers le bas, et garnies de six rayons; 
leurs pectorales très amples , et s’unissant presque sous 
la gorge, comme pour y embrasser le disque des ven- 
trales ; leur squelette durcit très peu, et leur peau est 
visqueuse et sans écailles, mais semée de. petits grains 
durs. Ils ont un estomac assez grand, beaucoup de 


| (1) Lepadog. gouan, Lac., 1, xx, 3, 4 , ou Lep. rostratus, Schn. ; 
— Lepad. balbis , Risso, pl. IV, f. 9, probablement le même que le 
Cyclopt. cornubicus ; Sh., ou Jura sucker, Pen., Brit. Zobl., n° 59; 
— Lepadog. decandolle, Risso, p. 76. 

(2) Lepadog. Wildenow, Risso, pl. IV, f. 10, 

(3) Lepad. dentex, Schn., Pall., Spic., VIT, 1, le même que le Cy- 
clopterus nudus , Lin., Mus., ad. fr., xxŸnr, 1, et que le Gobiesoce testar, 
Lac., IT, xx, 13 — Cyclopterus bimacdlatus, Pecn., Brit. Zool., 
pl. xau, f. 1; — Cyclopterus litioreus, Schn., 199. 


346 POISSONS 
cœcums, un long intestin et une vessie natatoire mé- 
diocre. Nous les divisons en deux sous-genres. 


Les Lumrs. 


. * . . 
Ont une première dorsale plus ou moins visible quoique 
très basse, à rayons simples, et une seconde à rayons bran- 
chus , vis-a-vis l’anaie ; leur corps est plus épais. 


: Le Lump de nos mers, Gras-Mollet , etc: (Cyclopterus 
Lumipus. L.) BL. 90. 


À sa première dorsale tellement enveloppée par une 
peau épaisse et tuberculeuse , qu’à l’extérieur on la pren- 
drait pour une simple bosse du dos. Trois rangées de gros 
tubercules coniques le garnissent de chaque côté. Il vit, 
surtout dans le nord, de méduses et autres animaux gé- 
latineux. Sa chair est molle , insipide. Lourd et de peu de 
défense, il devierit la proie des phoques, des squales, etc. 
Le mâle, dit-on, garde avec soin les œufs qu’il a fécon- 
dés (1). 

Les Liparis. (Liparis. Artéd.) 


N'ont qu’une seule dorsale assez longue, ainsi que l’anale; 
leur corps est lisse, alongé et comprimé en arrière. 
Nous en avons un sur nos côtes ( Cycl. Liparis, L.), 


BI. 123,3, 4 (2). 


Le genre dont nous allons parler. pourrait 
aussi donner lieu , comme celui des pleuronectes, 


(x) Le Cyel. pavonius, n’est qu'une variété d'âge du lump. Le Cy- 
<lopt. gibbosus, Will., V, 10,f.2, ne paraît qu'un lump mal empaillé; 
— aj. Cycl. spinosus, Schn., 46; — Cycl. minutus, Pall., Spic., VIT, 
an, 7,8, 9:— Crcl. wentricosus, id., ib., Il,1,2, 5 P — Gobius mi- 
nutus, Zool., Dan., CLIV, B. 

(2) C’est le même que le Gobioïde smyrnéen, Lac., nov. com., Pétrop., 
IX, pl. x, f. 4, 6, et probablement que le Cyclopt, souris, Lac., IV, 
xv, 3, et peut-être que le prétendu gobius, Zool., Dan., CXXXIV;—aj. 
Crclopt. montagui, soc. Wern.; 1, v, 1; — Cyclopt. gelatinosus, Pall., 
Spic., VIH, m1, 1 ; — gobius, Zool., Dan., CLIV, A. #4 


MALACOPTÉRYGIENS SUBBRACHIENS. * 347 


à l’érection d’une famille particulière dans l’ordre 
des malacoptérygiens subbrachiens. 


Les Écaeneis. ( Ecmengis. L.) 


Sont remarquables, entre tous les poissons, par un 
disque aplati qu’ils portent sur la tête, et qui se com- 
pose d’un certain nombre de lames cartilagineuses trans- 
versales, obliquement dirigées en arrière, dentelées ou 
épineuses à leur bord postérieur , et mobiles, de manière 
que le poisson, soit en faisant le vide entre elles, soit 
en accrochant les épines de leurs bords, se fixe aux diffé- 
rents corps, tels que rochers , vaisseaux , poissons, etc. , 
ce qui a donné lieu à la fable que l’écheneis pouvait ar- 
rêter subitement la course du vaisseau le plus rapide. 

Ce genre a le corps alongé , revêtu de petites écailles ; 
une seule dorsale molle vis-à-vis de l’anale; la tête tout- 
à-fait plate en dessus; les yeux sur le côté; la bouche 
fendue horizontalement, arrendie; la mâchoire infé- 
rieure plus avancée, garnie, ainsi que les intermaxil- 
laires , de petites dents en cardes; une rangée très ré- 
gulière de petites dents semblables à des cils le long du 
bord des maxillaires , lesquels forment le bord exterre 
de la mâchoire supérieure : le bord antérieur du vomer 
garni d’une bande de dents en cardes, et toute sa sur- 
face, qui est élargie, âpre, ainsi que celle de la langue. 
On leur compte huit rayons branchiostéges. Leur es- 
tomac est un large cul-de-sac; leurs cæœcums au nom- 
bre de six ou huit; leur intestin ample, mais court; ils 
manquent de vessie natatoire. 


Les espèces n’en sont pas nombreuses ; la plus connue, 
dela Méditerranée, célèbre sous le nom de Remora (Echen, 
remora, L.), Bi. 192, est plus courte , et n’a que dix-huit 
lames à son disque. Une autre espèce, plus alongée (Ech. 

_naucrates, L.), Bl. 171, en a 22; et une troisième, la plus 


348 POISSONS 
Jongue de toutes ( Ech. lineata, Schn. ), trans. Linn. 1, 
pl. 17, n’en a que dix: 
Nous en avons découvert une (Ech. osteochir, N.), dont 
les rayons des pectorales sont osseux, comprimés et ter- 
minés par une palette légèrement crénelée. 


LE QUATRIÈME ORDRE DES POISSONS, 
Ov cezur Des MALACOPTÉRYGIENS ÀPODES, 


Peut être considéré comme ne formant qu’une 
famille naturelle, qui est celle 


Des ANGUILLIFORMES , 


Poissons qui ont ous une forme alongée, une 
peau épaisse el molle , qui laisse peu paraître leurs 
écailles, peu d’arêtes, et qui manquent de cœcums. 
Presque tous ont des vessies nataioires, lesquelles. 
ont souvent des formes singulières. 


Le grand genre 
Des ,AnGuILLES. ( Munæwa. L.) 


Se reconnaît à des cpercules petits, entourés concen- 
triquement par les rayons (1), et enveloppés aussi-bien 
qu’eux dans la peau qui ne s’ouvre que fort en arrière 


(1) Aucun de ces poissons ne manque, ànotre connaissance, d’opercules 
ni de rayons, comme quelques naturalistes l’ont cru, La murène commune 
a sept rayons de chaque côté ; le Mur. colubrina en a jusqu’à 25. Ces 
rayons sont même très forts dans les synbranchus, où l’opercule est 
d’ailleurs complet, et formé de toutes les pièces qui lui sont ordinaires. 

IN. B. Les Ecreuvs, Rafinesque , nov. gen., p. 63, pl. xv, 1. 3, pl. xvr, 
f. 2 et 3, scraient, les uns des anguilles, les autres des congres sans 
opercules auxtouïes ; mais nou: doutons de la réalité de ce caractère. 


MALACOPTÉRYGIENS APODES. 549 


4 
par un trou ou une espèce de tuyau, ce qui, abritant 
mieux les branchies, permet à ces poissons de demeurer 
quelque temps hors de l’eau sans périr. Leur corps est 
long et grêle; leurs écailles comme encroûtées dans une 
peau grasse el épaisse ne se voyent bien qu'après le des- 
séchement ; ils manquent tous de ventrales et de cœcums 
et ont l’anus assez loin en arrière. 


On l’a démembré successivement en cinq Ou six genres 
que nous croyons devoir encore subdiviser. 


LesAnweuices. (AncuiLLA. Thunberg et Shaw. Murzæwa. BI.) 


Se distinguent par le double caractère de nageoires pecto- 
rales, et d’ouïes s’ouvrant de chaque côté sous ces nageoires. 
Leur estomac est en long cul-de-sac. Leur intestin à peu près 
droit ; leur vessie aérienne alongée porte vers son milieu 
une glande propre. 


Les AncuiLces proprement dites. (Muræna. Lacép.) 


Ont la dorsale et la caudale sensiblement prolongées au- 
tour du bout de la queue, et y formant par leur réunion 
fine caudale pointue. 


Dans les Ancuizes vrAïEs, la dorsale commence à une 
assez grande distance en arrière des pectorales. 

Les unes ont la mâchoire supérieure plus courte. 

Nos anguilles communes sont de cette subdivision ; nos 
pêcheurs en reconnaissent de quatresortes, qu’ils préteñdent 
Former autant d'espèces, mais que les auteurs confondent 
sous le nom de Muræna Anguilla, Linn.; l’ Ang. verniauxi, 
qui est, je crois, la plus commune; l’ Ang. long bec, dont le 
museau est plus compriméet plus pointu ; l’Æng. plat bec, 
Grig eeldes Anglais, qui l’a plus aplatiet plus obtus, l'œil 
plus petit ; l’Ang. pimperneaux , Glut-eel des Anglais, qui 
l’a plus court à proportion,et dont les yeux sont plus grands 
qu'aux autres (1). 


(1) Nous en donnerons une description comparative et des figures 
exactes dans notre grande histoire des poissons. 


2 


350 POISSONS 
D’autres ontla mâchoire supérieure plus longue (x) 


Dans les Cowcres, la dorsale commence assez près des 
pectoraies, ou même sur elles; et dans toutes les espèces 
que l’on connaît , la mâchoire supérieure est la plus longue. 


Le Congre commun. (Mur. Conger. L.) BI. 155. 


Se trouve dans toutes nos mers, et atteint cinq ou six 
pieds de long, et la grosseur de la jambe. Sa dorsale et son 
anale sont bordées de noir, et sa ligne latérale ponctuée de 
blanchâtre. On l'estime peu pour la table. Cependant l’on 
pourrait en faire des salaisons avantageuses. 


Le Myre. (Mur. Myrus. L.) Rondel. 4o7 (2). 


De la Méditerranée ; avec les formes du congre, reste 
toujours plus petit, et se reconnaît à quelques taches sur 
le museau , une bande en travers sur Pocciput, et deux 
rangées de points sur la nuque, de couleur blanchâtre (3). 

Il y a des congres étrangers, dont la dorsale commence 
même en avant des pectorales , où au moins sur leur 
base (4). 


Les OPmsures. (OPaisurus. Lac.) 


Différent des anguilles proprement dites, parce que la 
dorsale et l’anale se terminent avant d’arriver au bout dela 
queue, qui se trouve ainsi dépourvu de nageoire, et finit 


(1) Mur. longicollis, Cuv. (Lac., Il , ur, 3, sous le faux nom de Mu- 
rœna MyTUS ). 

(2) Myrus était, chez les anciens, un poisson que quelques-uns re- 
gardaient comme le mäle de la murène ; Rondelet l’a appliqué le 
premier à cette espèce qui est très distincte, quoique depuis Willughby , 
personne ne l'ait bien décrite que M. Risso , et qu’il n’en existe point de 
figure. ! 

(3) La Méditerranée produit encore quelques petites espèces de congres, 
décrites par MM. de Laroche et Risso , sous les noms de Mur: baleurica , 
Lar., Ann. dù Mus., XIII, xx, 3, ou Afur. cassini, Risso, —: Mur. 
mystax, Lar.; ib., ÉxmI, 103— Mur. nigra , Risso ; p: 93: On doit 
aussi en rapprocher le Mur. strongylodon, Schn., 91, qui est loin d'être 
une variété du »yrus, comme le croit l’auteur. — 1} Ænguille marbree , 
Quoy et Gaym.; Zool., du voyage de Freyc., pl. 51, f. 2. 
(4) Mur. talabou, Russel, 38; — la savanne de ‘la Martinique. 
(M. savanna , N.); — le C. à chapelet, v.de Krusenst.; LX AE EI VIT A 


MALACOPTÉRYGIENS APODES. 351 


comme un poinçon. L’orifice postérieur de leur narine est 
ouvert au bord même de la lèvre supérieure. Leurs intestins 
sont les mêmes qu'aux anguilles, mais il en pénètre une 
partie dans la base de la queue, plus en arrière que l'anus, 

Dans les uns, les pectorales ont encore la grandeur ordi- 
naire ; leurs dents sont aiguës et tranchantes. 


Le Serpent de mer. (Mur. Serpens. L.) Salv. 57. 


De la Méditerranée; long de cinq à six pieds et plus, 
et de la grosseur du bras; brun dessus, argenté dessous; 
le museau grêle et pointu; vingt rayons à la membrane 
branchiale (1). 


En d’autres, les pectorales sont excessivement petites , et 
ont même échappé quelquefois aux observateurs. Ces 
éspèces lient les anguilles aux murèues ; leurs dents sont 
obtuses (2). 


Les Murèves proprement dites. (Muxæna. Thunb. Gymno- 
raorAx. Bl. Murænopnis. Lacép. ) 


Manquent tout-à-fait de pectorales ; leurs branchies s’ou- 
vrent par un peit trou de chaque côté; leurs opercules sont 
si minces, et leurs rayons branchiostéges si grêles , et telle- 


ment cachés sous la peau, que d’habiles naturalistes en ont 


ié l’existence Leur estomac est un sac court, et leur vessie 
aérienne petite, ovale, et placée vers le haut de l’abdomen. 
M. de Lacépède nomme particulièrement murénophis , les 
espèces qui ont une dorsale et une anale bien visibles. 
Les unes ont des dents aiguës, sur une seule rangée à 
chaque mâchoire. 


(1) lei vient sans doute le Hur. ophis, Bi. 154, Ophis hyala, Buchan., 
pl v,f. 5;— Ophis longmuseau, Quoy et Gaym., Zool., du voyage 
de Freyc., pl. ci, f 1; — Ophisurus guttutus, Cuv. Espèce nouvelle de 
Surinam, 

MN. B. Les Cocrus, Rafin., nov. gen., p. 62, seraient des ophisures 


* sans membranes branchiales, Nous craignons aussi à leur sujet, quelque 
"erreur d'observation, 


(2) Mur. colubrina, Bodd., où annulata ; Thunb., où Murenophis 
colubrin. Lac. V, xx, 1; — Mur, fasciata, Thunb.; — Mur. nob. 


. maculosa, donné sous le nom d’'Ophisurus ophis, Lac, IL, M1, 25 — 


l’'Oph. atternan, Quoy. et Gaym., Zool. de Freyc., pl. 45, f. 2. 


352 . POISSONS - 
La plus célèbre est 


La Murène commune. (Mur. helena. L.) BI. 153. 


Poisson très répandu dans la Méditerranée , et dont les 
anciens faisaient un grand cas; ils en éloraietté dans des 
viviers, et l’on a souvent redit l’histoire de VediusPollion, 
qui faisait jeter aux siennes ses esclaves fautifs. Cepoisson 
atteint trois pieds et plus ; il est tout marbré de brun et 
de jaunâtre. Sa morsure est souvent cruelle (x). 


D’autres ont defdents «iguës sur deux rangs à chaque 
mâchoire, indépendamiment d’un rang au vomer (2). 

D’autres ont des dents coniques ou rondes sur deux rangs 
à chaque mâchoire ; et telle est dans la Méditerranée 


La M. Unicolore. Laroche, Ann. Mus. XII, xxv, 15. (M. 
Christini, Riss. ) 


Toute couverte de petites lignes ou de petits points 
bruns, serrés, qui la font paraître d’un brun uni- 


forme (3). 


Il y en a à dents latérales rondes, sur un seul rang; les 
vomériennes également rondes sur deux rangs; les anté- 
rieures coniques (4). 

Nous en avons à dents latérales rondes sur deux rangs; à 
vomériennes également rondes sur quatre, formant une 
sorte de pavé. L'espèce n’a presque pas de nageoires appa- 
rentes (5). 


(x) Aj. la moringue des Antilles. (77. moringa, N.), Catesb., IT, 
xx1; — M, punctata, B., Schn. ; — M. meleagris, Sh, où M. pintade, 
Quoy. et Gaym., Zool. dé Freyc., pl 62,f.2; — M. prathenisl, id., 
ib., f. 2; — M. favaginea, Bl,, Schn., 105 ; —/M. pantherine, Lacép., 
ou #1. picta, Thunberg. 

(2) Murenophis gris, Lacép., V, x1x, 3. 

(3) Les autres espèces sont nouvelles. 

(4) Murenophis étoilé, Lacép., ou M. nebulosa, Thunb., Séb. If, 
. sx, 1; — M. ondulé, Lac., V, xix, 2. (M. catenatus, Bl., Schn.) 
— M. sordida, Cuv:, Séb., Il, zxix, 4. 

(5) Grmnomurène. robe, Lacé . V, xx, 4, vu Muræna zebra ; 
Shaw. , Séb., IT, xx, 3. : 


ONE. 


MALACOPTÉRYGIENS .APODES. 353 


On en connaît enfin à dents en carde sur plusieurs rangs , 
et la Méditerranée en possède une de cette sorte. 


La Sorcière. ( M. Saga. Risso , 1'° ed. f, 39.) 


Remarquable par ses mâchoires alongées, rondes et 
pointues, et sa queue alongée en pointe très aiguë (1). 


Les SPHAGEBRANCHES. (SPHAGEBRANCœUS. B].) 


Diffèrent des murènes, principalement en ce que les ou- 
vertures de leurs branchies sont rapprochées l’une de l’autre, 
sous la gorge. Les nageoires verticales ne commencent, 
dans plusieurs, à devenir saillantes que vers la queue, et 
leur museau est ayancé et pointu. Ils ont l’estomac en long 
cul-de-sac, l’intestin droit, et la vessie longue, étroite, et 
placée en arrière. 

Il y en a des espèces absolument sans, nageoires pecto- 
rales (2). 

Et d’autres où l’on eu voit de paté vestiges (3). 

Il y en a même (les Arremcures, Dumér., Cécurs, 
Lacép.), où l’on n’aperçoit aucunes nageoires verticales , et 


- qui sont, par conséquent, des poissons entièrement sans 


nageoires (4). 
Le Monoprire. Commerson et Lacép. 


À ses deux orifices branchiaux réunis sous la gorge en une 
fente transversale , divisée dans son milieu par uue cloison. 
La dorsale et l’anale se montrent seulement sur le milieu 
de la queue, et se réunissent à sa pointe. Il a des dents 


(1) Le Vettasoma melanura, Rafin. , caratt., pl. xvr, f. 1, est au 
moins bien voisin de ce Muræœnophis saga ; de Risso: * 

N. B.Les Dalophis, Rafinesque, earatt. , pl. vu, f. 2 et 3, seraient 
des murènes sans dents , mais nous ne les connaissons pas. | 

(2) Sphagebranchus rostratus, B1., 419, 2, et le soi-disant Boris 
phale spallanzani, Risso, 85; — Cols pterygea, Vahl.,. Mém. 
d'Hist. nat. de Copenh., III, x, 1, 2, Manti-bukaropaumu , Russel, 
LD 37. 

3) Sphageb. imberbis, Laroche, Ann. Mus., XIII, xxv, 18. 

(4) Muræna cæca , Tin. Laroche ; Ann. Mus., XII, xx1, 6, 


TOME II. 23 


354 POISSONS 


en carde aux mâchoires et aux palatins; six rayons à chaque 
ouïe , et seulement trois branchies très petites. 
On n’en connaît qu’un des iles de la Sonde ( Monopt. 
javanais, Lacép.) à dos vert, à ventre fauve (1). 


Les Synerancues. (Synsrancaus. Bl. UnNiBRANCHAPERTURE. 
Lacép.) 


Se distinguent d’abord des sphagebranches , en ce que 
leurs branchies ne communiquent au dehors que par un 
seul trou, percé sous la gorge, rond ou longitudinal, et 
commun aux deux côtés. [ls n’ont aucunes nageoires pec- 
torales , et leurs verticales sont presque entièrement adi- 
peuses. Leur tête est grosse, leur museau arrondi, leurs 
dents obtuses, leurs opercules en partie cartilagineux; leurs 
rayons des ouïes forts, et au nombre de six. Leur canal 
intestinal est tout droit, et l'estomac ne s’en distingue que 
par un peu plus d’ampleur, et une valvule au pylore. Ils 
manquent de cœcums, etont une vessie aérienne longue et 
étroite. Leur séjour est dans les mers des pays chauds, et il 
yen a qui deviennent assez grands (2). 4 


Les ALageës. Cuv. 


Ont , comme les synbranches, une ouverture commune 
sous la gorge pour leurs branchies, mais on leur voit des 
pectorales bien marquées , entrelesquelles estun petit disque 
concave. On distingue au travers de la peau un petit oper- 
cule et trois rayons ; les dents sont pointues, et les intestins 
comme dans les synbranches. 


Nous n’en connaissons qu’un petit, de la mer des Indes. 
? 


C’est à la suite de ce grand genre des murènes 
qu'il nous paraît convenable de placer un poisson 


(1) Je soupçonne que c’est encore le poisson que Lacép. a représenté, 
V,xvu, 3, sous le nom d’Unibranchaperture lisse. 

(2) Synbr. marmoratus , Bl., 418; — Synbr. immaculatus , id. » 19, 
Unibr. cachia. Buchan, XVI, 4, Dondoo- Fee Russel, xxxy, n’a 
point de nageoire du tout. 


MALACOPTÉRYGIENS APODES. 355 


nouvellement découvert , et l’un des plus singuliers 
que l’on connaisse : 


Le SaccopHArRYNx de Mitchill; OPHIoOGNATHUs de 
Harwood. 


Dont le tronc susceptible de se renfler comme un gros 
tube, se termine par une queue très grêle et très 
longue, entourée d’une dorsale et d’une anale très 
basses, qui s’unissent à sa pointe. Sa bouche armée de 
dents aiguës, s'ouvre jusque loin en arrière des yeux, 
qui sont tout près de la pointe très courte du museau. 
Sesouïes s'ouvrent par un trou au-dessous des pectorales, 
qui sont trés petites. 

Ce poisson devient très grand, et paraît vorace. On n’en a 
vu que dans l’Océan atlantique, où ils flottaient à la surface, 
au moyen de la dilatation de leur gorge (1). 


LEs Gymnores. ( Gxmnorus. L. ) (2). 


Ont, comme les anguilles, les ouïes en partie fermées 
par une membrane, mais cette membrane s’ouyre au 
devant des nageoires pectorales; l'anus est placé fort 
en avant; la nageoire anale règne sous la plus grande 

partie du corps, et le plus souvent jusqu’au bout de 
la queue, mais il n’y en à pas du tout le long du dos. 


Les Gxmnotes proprement dits. (Gymnorus. Lacép.) 


N'ont mêmeaucune nageoire au bout de la queue ; Sous 
lequel s’étend la nageoire anale. 


TT 0 ep D me ou dE 10 

(1) Le Saccopharynzx flagellum, de Mitchill., était long de six pieds, 
V'Ophiognathus ampullaceus de Harwood, Trans. phil., de 1827, en 
avait quatre et demi. Le premier ne paraissant pas avoir eu de dents à la 
mâchoire inférieure, il se pourrait que ces deux poissons, bien que pris 
dans les mêmes parages, ne fussent pas identiques par l'espèce, mais ils 
appartiennent manifestement au même genre. . 

(2) Gymnotus, où plutôt grmnonotus {dos-nu), nom donné à ces 
poissons par Artédi. 


Z* 
/ 29 


356 POISSONS 
Les Gymnores vrais out la peau sans écailles sensibles. 
Leurs intestins, pliés plusieurs fois, n’occupent qu’une 
cavité médiocre. Ils ont de nombreux cœcums, et un estomac 
en forme de sac court et obtus , fort plissé en dedans. Une 
de leurs vessies aériennes, cylindrique et alongée , s’étend 
beaucoup en arrière dans un sinus de la cavité abdominale. 
L'autre, ovale et bilobée, de substance épaisse, occupe le 
haut de l’abdomen, sur l’œsophage. 
Nous n’en connaissons que des rivières de l’Amérique 
méridionale. Le plus célèbre est 
Le Gymnote électrique. (Gymnotus electricus. L.) BI. 156. 
À qui sa forme presque toute d’une venue, sa tête et sa 
queue obtuses ont fait donner aussi le rom d’Anguille 
électrique. 1] atteint cinq et six pieds de longueur, et 
donne des commotions électriques si violentes, qu’il abat 
les hommes et les chevaux. Il use de ce pouvoir à volonté, 
et le dirige dans le sens qu’il lui plaît, et même à distance, 
car il tue de loin des poissons ; mais il épuise ce pouvoir 
par l'exercice , et a besoin , pour le reprendre, de repos 
et de bonne nourriture (1). L’organe qui produit ces sin- 
guliers effets , règne tout le long du dessous de la queue, 
dont il occupe près de moitié de l'épaisseur ; divisé en 
quatre faisceaux longitudinaux, deux grands en dessus, 
deux plus petits en dessous , et contre la base de la na- 
geoire anale. Chaque faisceau est composé d’un grand 
nombre de lames membraneuses parallèles très rapprochées 
entre elles, et à peu près horizontales , aboutissant d’une 
part à la peau, de l’autre au plan vertical moyen du 
poisson ; unies enfin l’une à l’autre par une infinité de 
petites lames verticales et dirigées transversalement. Les 
petites cellules, ou plutôt les petits canaux prismatiques 
et transversaux , interceptés par ces deux ordres de lames, 
sont remplis d’une matière gélatineuse, et tout l’appareil 
reçoit proportionnellement beaucoup de nerfs (2). 


(1) Voyez Humboïdt, Obs. Zool., I, p. 49 et suivantes. 

(2) Voyez Hunter, Trans., philos., tome LXV, p. 395. 

Ajoutez le Gymnotus œquilabiatus | Humboldt , Obs. Zool., I, pl. x, 
ne 2. Il paraîtrait, d’après M. de Humboldt, que cette espèce n'aurait 


pas la vessie aérienne postérieure. 


MALACOPTÉRYGIENS APODES. 357 


Les Carapes. (Carâpus. Cuv.) (1), ont le corps comprimé, 
écailleux, et la queue s’amincissant beaucoup-eu arrière. Îls 
vivent aussi dans les rivières de l'Amérique méridionale (2). 

On pourrait peut-être en distinguer les espèces à bec 
alongé , ouvert seulement au bout (3). 


Les Apréronores. Lacép. (Srennarcaus. Schn.) (4). 


Ont leur nageoire anale terminée avant d’arriver au bout 
de la queue, lequel porte une nageoire particulière ; sur le 
dos est un filament charnu, mou, couché dans, un sillon 
creusé jusque sur le bout de la queue, et retenu dans ce sillon 
par des filets tendineux, qui lui laissent quelque liberté : 
organisation très singulière, dont on n’a pu encore deviner 
V’usage (5). Leur tête est oblongue, comprimée, nue, et sa 
peau ne laisse voir au-dehors ni les opercules, niles rayons. 
Le reste de leur corps est écailleux. Leurs dents sont'en 
velours , et à peine sensibles sur le milieu de chaque mä- 
choire. Ils viennent d'Amérique, comme les gymnotes 
propres et les carapes (6). 


LEs GYMNARCHUS (Cuv.) 


Ont le corps écailleux et alongé, et les ouïes peu ou- 
vertes au devant des pectorales comme les gymnotes , 
mais c’est leur dos qui est garni tout du long d’une 
mageoire à rayons mous, el il n’y en a aucune derrière 
leur anus ni sous leur queue, qui se termine en pointe. 
Leur tête est conique, nue, leur bouche petite, gar- 


, 


(1) Carapo , nom de ces poissons au Brésil , selon Margrave. 

(2) Grmnotus macrourus , BL., 157, 2; Carapo , Gm.; — G. brachiu- 
rus, BL, 157, 13— fasciatus, Gm.; —G. albus, Séb., IT, pl. 32, fig. 3. 

(3) Gyrmnotus rostratus , Schn., pl. 106. 

- (4) Sternarchus, (anus au sternum). 

(5) J'ai cru m’apercevoir que la séparation est accidentelle, et que c’est 
proprement un des muscles de la queue qui se détache aisément, parce. 
que la peau est plus faible en cet endroit. 

(6) Gymnotus albifrons, Pall., Spic., Zool., VIT, pl. su, f. v; Lac., 
II, vi, 146, 3. 

IV. B. Le Gymnotus acus , ou fierasfer, va aux donzelles, etle Gym- 
notus notopterus , Pall. et Gm. Motoptère capirat, Lae., aux hartugs. 


358 POISSONS 
nie de petites dents tranchantes sur une seule rangée. 


On n’en connaît qu’un du Nil, Gymnarchus niloticus, 
Nob., découvert par M. Riffault. 


Les LEPTOCÉPHALES, ( LEPTOCEPHALUS. Pennant. ) 


Ont la fente des ouïes ouverte au devant des pecto- 
rales ,; etle corps Eten comme un ruban. Leur tête 
est extrêmement petite » à museau court et un peu 
pointu , les pectoralesp resqu ’insensibles ou même tout- 
à-fait EE la dorsale et l’anale également à peine 
visibles, s’unissent à la pointe de la queue ; les intestins 
n ’occupent qu’ une ligne extrêmement étroite le long du 
bord inférieur. 

On en connaît une espèce de nos côtes, et de celles d’An- 
gleterre (Leptocephalus morisii, Gm.), Lac. H, im, 2, mais 

il y en a plusieurs autres dans les mers des pays chauds ; 

toutes minces comme du papier, et transparentes comme 

du verre, en sorte qu’on n’aperçoit pas même de squelette. 

L'étude plus approfondie de leur organisation, est une des 


plus intéressantes auxquelles des naturalistes voyageurs 
puissent se livrer. 


Les DonzeLzes. (OPniprum. L. ) 


Ont, comme les anguilles propres, l’anus assez en 
arrière, une nageoire dorsale et une anale qui se joignent 
à celle de la queue pour terminer le corps en pointe; 
ce corps est d’ailleurs alongé et comprimé, ce qui l’a 
fait comparer à une épée, et recouvert comme celui des 
anguilles de petites écailles irrégulièrement semées dans 
l'épaisseur de la peau. Mais ces poissons diffèrent des 
anguilles par des branchies bien ouvertes, munies d’un 
opercule très apparent , et d’une membrane à rayons 
courts. Leurs rayons dorsaux sont articulés mais non 
branchus 


Les Dowzerces proprement dites. 


Portent sous Ja gorge deux paires de petits barbillons ad- 
hérent$ à Ja pointe de l’os hyoïde. 


LA 


MALACOPTÉRYGIENS APODES. 559 
Il yena deux daus la Méditerranée : 
La Donzelle commune. (Ophidium barbatum.) BI. 59. 


Couleur de chair , à dorsale et anale lisérées de noir; 
les barbillons antérieurs plus courts; atteint au plus huit 
à dix pouces. 


La Donzelle brune. (Oph. Vassalli. Kisso.) 


Brune ; sans liséré aux nageoires ; les barbillons égaux. 
L’estomac de ces poissons est' un sac oblong, mince ; 
leurs intestins, assez repliés, manquent de cœcums; leur 
vessie aérienne , ovale, assez grande, et fort épaisse, est 
supportée par trois pièces osseuses particulières , suspen- 
dues sous les premières vertèbres, et dout la mitoyenne 
se meut par quelques muscles propres. Ils ont la chair 
agréable. 

Nous en connaissons une troisième espèce du Brésil 
(Oph. brevibarbe, N.), brune, à barbillons plus courts; 
et ily en a dans la mer du sud une très grande, rose, 
‘tachetée de brun , Ophidium blacodes, Schn. 484 (1). 


Les FierAsrers. 


Manquent de barbillons, et leur dorsale est si mince, 
qu’elle ne semble qu’un léger repli de la peau. Leur vessie 
natatoire n’est soutenue que par deux osselets; celui du 
milieu leur manque. 


La Méditerranée en a un à dents en velours (Ophidium 
imberbe, L. (2) ), et un qui porte à chaque mâchoire deux 
dents en crochets (Oph. dentatum , N.). Ce sont de très 
petits poissons. 


(1) Aj. l’Oph. barbatum, Mitch., I, f. 2, qui paraît encore une espèce 
particulière. 

(2) C’est en même temps le Gymnotus acus, Gm., et le Votoptère fon- 
tanes , Risso, 1re éd. , pl. 1v, f. 11. 

Quant à l’'Ophidium imberbe des ichtyologistes du Nord, tels que 
Schonefeld, Montag., soc. Werner. I, pl. n1, f. 2, et à l'Ophidium 
viride , Fab., Faun., Groënl., 148, je ne les connaïs pas, mais je les crois 
voisins des anguilles. 

Enfin, l’Ophidium ocellatum, Tilesius, Mém. de Pétersb., IT, pl. 180, 
11, 27, me paraît devoir se rapprocher des gonelles. 


560 POISSONS 
Les ÉQUILLES. ( Ammopyres. L.) 


Ont le corps alongé comme les précédents, et sont 
pourvues d’une nageoire à rayons articulés , mais 
simples sur une grande partie de leur dos, d’une 
autre derrière l’anus , et d’une troisième fourchue 
au bout de la queue; mais ces trois nageoires sont 
séparées par des espaces libres. Le museau de ces pois- 
sons est aigu ; leur mâchoire supérieure susceptible 
d’extension, et l’inférieure dans l’état du repos plus 
longue que l’autre. Leur estomac est pointu et charnu; 
ils n’ont ni cæœcums ni vessie natatoire, et se tiennent 
dans le sable, d’où l’on va les enlever quand la mer se 
retire. Ils vivent des vers qu’ils y prennent. 

Nos côtes en produisent deux espèces, long-temps con- 
fondues sous le nom commun d’Ammodites tobianus, L., 
mais qui ont été récemment distinguées (1). 

Le Lançon. (Amodites tobianus. B1. 75. 2.) Rai. L, synop. 

UE. f. 19. 5; 

Qui a la mâchoire inférieure plus pointue, les maxil- 
laires plus longs, les pédicules des intermaxillaires très 
courts , et dont la dorsale ne commence que vis-à-vis la fin 
des pectorales ; et 


L’Équille. (Amm. lancea. N.) Pennt. Brit. Zool. pl. xxv. 
f. 66. 


Dont les maxillaires sont plus courts, les pédicules des 
intermaxillaires plus longs, et dont la dorsale commence 
vis-à-vis le milieu des pectorales. Il est plus épais à pro- 
portion. 

Tous deux sont communs sur toutes nos côtes; longs 
“de huit à dix pouces; d’un gris argenté. Ils sont bons à 
manger, et l’on s’en sert aussi pour attacher aux hameçons 
comme appât. 


(1) C’est à M. Lesauvage , habile médecin de Caen, que l’on doit cette 
distinction; mais il a transposé le nom de tobianus. Voyez, bullet. des 
Sc., sept.,,1824, p. 141, Il y aura à examiner si l’Ær”modytes cicerellus , 

Pafinesque, Garatt., pl 1x, f. 4 est différent du tobianus. 


LOPHOBRANCHES. 361 


Tous les poissons dont nous avons parlé jusqu’à 
présent, non-seulement ont le squelette osseux ou 
reux , et les mâchoires complètes et libres, mais 
fib , eti P 
leurs branchies sont constamment en forme de 
lames ou de peignes. 


L'ordre des 
LOPHOBRANCHES k 


Qui est le cinquième des Poissons , 

À aussi ses mâchoires complètes et libres, mais 
se distingue amplement par ses branchies, qui, 
au lieu d’avoir, comme à l’ordinaire , la forme de 
dents de peigne , se divisent en petites houppes 
rondes disposées par paires le long des arcs 
branchiaux, structure dont aucun autre poisson 
n’a encore offert d'exemple. Elles sont enfermées 
sous un grand opercule attaché de toutes parts par 
une membrane qui ne laisse qu’un petit trou pour la 
sortie de l'eau , et ne montre, dans son épaisseur, 
que quelques vestiges de rayons. Ces poissons se 
reconnaissent en outre à leur corps cuirassé d’une 
extrémité à l’autre par des écussons qui le rendent 
presque toujours anguleux. Îls sont généralement 
de petite taille et presque sans chair. Leur intestin 
est égal et sans cœcums ; leur vessie natatoire mince, 
mais assez grande à proportion. 


562 POISSONS 
Les SYNGNATHES. ( SYNGNATHUS. L. ) (1). 


Forment un genre nombreux dont le caractère con- 
siste en un museau tubuleux, formé, comme celui des 
bouches en flûte, par le prolongement de l’ethmoïde, du 
vomer, des tympaniques, des préopercules, des sous- 
opercules , etc., et terminé par une bouche ordinaire, 
mais fendue presque verticalement sur son extrémité. 
Le trou de la respiration est vers la nuque. Ils man- 
quent de ventrales. Leur génération a cela de parti- 
culier, que leurs œufs se glissent et éclosent dans une 
poche qui se forme par une boursouflure de la peau, 
dans les uns sous le ventre, dans les autres sous la base 
de la queue , et qui se fend pour laisser sortir les petits. 
Les SyNGNATHES proprement dits, vulgairement Aiguilles 

e mer. 

Ont le corps très alongé, très mince, et peu différent en 
diamètre sur sa longueur. On en trouve plusieurs espèces 
dans toutes nos mers. 

Il yeua qui, outre leurs pectorales, ont une dorsale, 
une caudale et une anale (2). 

D’autres manquent d’anale seulement (3). La poche aux 
œufs de ces deux grouppes est sous la queue. 

D’autres manquent d’anale et de pectorales, mais onture 
dorsale et une caudale. Ils ont leur poche aux œufs sous 
le ventre (4). 


Quelques-uns, enfin, n’ont d’autre nageoire que la 
dorsale (5). 


(1) De oùy et yyoiSos (mächoires réunies), nom composé par Ârtédi, qui 
croyait le tube du museau de ces poissons formé par la réunion de leurs 
mâchoires. 

(2) Syngnathus trphle , L., BL, 91, 1; — Syng. acus, L., BL, 91, 2. 

(3) Syng. pelagicus, Risso, p. 63; — Syng. Rondeletü, Laroche , 
Ann., Mus., XII, 5, 5, viridis, Riss., 65. Rondel., 229, 1 ; — 4. bar- 
Barus , Penn., brit., Zool., ou rubescens, Riss. 

(4) Srng. æquoreus, L., (Montagu, soc. Werner., I, 4,f. x). 

(5) Syng. ophidion, L., Bl., 91, 3; — Syn. papacinus, Risso, IV, 7; 
— Syng. fasciatus , id., ib., 8. 


LOPHOBRANCHES. 365 


Les Hippoeampes. (Hippocampus. Cuv.) Vulg. Chevaux 
marins. 


Ont le tronc comprimé latéralement, et notablement plus 
élevé que la queue; en se courbant après la mort, ce tronc 
et la'tête prennent quelque ressemblance avec l’encolure 
d’un cheval en miniature. Les jointures de leurs écailles sont 
relevées en arêtes , et leurs angles saillants en épines. Leur 
queue n’a point de vageoires. 

Il s’en trouve dans nos mers une espèce à museau plus 
court ( Æipp. brevrrostris, N.), Will., pl. J. 25, fig. 3. 
Et une autre à museau plus long (Æipp. guttulatus , N.), 

Will. J. 25, f. 5, qui n’ont toutes deux que quelques 
filaments sur le museau et sur le corps. Il y en a aussi de 

voisines dans les deux Indes (1). 

La Nouvelle-Hollande en produit un plus grand et très 
singulier par les appendices, en forme de feuilles, qui 

ornent diverses parties de son corps. (Syng. foliatus, 

Shaw., Gen. Zuol., V,n, pl. 180, Lacép., Annales du 

Mus., IV, pl. 58.f. 3.) 


Les Sozénosromes (2). Séb. et Lacép. 


Diffèrent principalement des syngnathes par de très gran- 
des ventrales en arrière des pectorales, unies ensemble et 
avec le tronc en une espèce de tablier, qui sert à retenir 
leurs œufs, comme la poche des syngnathes. Ils ont aussi 

une dorsale de peu de rayons, mais élevée, située près de la 
duque ; une autre très petite sur l’origine de la queue, et 
une grande caudale pointue; du reste, ils ressemblent 
beaucoup à l’hippocampe. 


Où n’en connaît qu’une espèce de la mer des Indes, 
Fistularia paradoxa. (Pall., Spic., VIE, 1v, 6.) 
Les PÉGAsEs. ( Praasus. L.) 


"Ont un museau saillant formé des mêmes pièces que 


(x) Syng. longirostris, N., Will, J 25, £. 4, et d’autres espèces que 
nous fcrons connaitre dans notre grande Ichtyologie. 

(2) Solénostome, bouche en tuyau, de awlnv, tube, ct ceux , 
bouche, 


364 POISSONS 


les précédents, mais la bouche, au lieu d’être à son 
extrémité, se trouve sous sa base; elle rappelle un peu 
celle de l’esturgeon par sa protractilité, mais elle se 
compose des mêmes os que dans les poissons ordinaires. 
Le corps de ces pégases est cuirassé comme dans les hip- 
pocampes et les solénostomes, mais leur tronc est large, 
déprimé, le trou des branchies sur le côté, et il y a 
deux ventrales distinctes en arrière des pectorales , qui 
sont souvent grandes, ce qui a donné occasion au nom 
que porte ce genre. La dorsale et l’anale sont vis-à-vis 
l’une de l’autre. L’intestin étant logé dans une cavité 


plus large et plus courte qu'aux syngnathes, fait deux 
ou trois replis. 


Il s’en trouve quelques espèces dans la mer des Indes (1). 


Sn 


Après ces cinq ordres de poissons osseux ou fi- 
breux, à mâchoires complètes et libres, nous pas- 
Sons au sixième ordre ou à celui 


Des PLECTOGNATHES, 


Qui peut être rapproché des chondroptérysiens, 
auxquels ils tient un peu par l’imperfection des 
mâchoires, et par le durcissement tardif du sque- 
lette; cependant ce squelette est fibreux, et en 
général toule sa structure est celle des poissons. 
ordinaires. Leur principal caractère distinctif tient 
à ce que l’os maxillaire est soudé ou attaché fixe- 
ment sur le côté de l’intermaxillaire qui forme seul 


(1) Pegasus draco, Li, Bl., 209; —Pegas. natans, B1., 1215 — Peg. 
volans, L.; — P. laternarius, N., à museau garni de six rangées longitu- 
dinales de dentelures. 


PLECTOGNATES. 365 


là mâchoire, et à ce que l’arcade palatine s’en- 
grène par suture avec le crâne, et n’a par con- 
séquent aucune mobilité: Les opercules et les rayons 
sont en outre cachés sous une peau épaisse, qui ne 
laisse voir à l’extérieur qu’une petite fente bran- 
chiale (1). On ne trouve que de petits vestiges de 
côtes. Les vraies ventrales manquent. Le canal in- 
testinal est ample , mais sans cœcums(2), et presque 
tous ces poissons ont une vessie nalatoire Consi- - 
dérable. 

Cet ordre comprend deux familles très naturelles, 
caractérisées par la manière dont leurs mâchoires 
sont armées : les Gymvoponres et les SCLÉRODERMES. 

La première famille, ou 


Les GYMNODONTES, 


À, au lieu de dents apparentes , les mâchoires 
garnies d’une substance d’i ivoire , divisée intérieu- 
rement en lames, dont l’ensemble représente comme 
un bec de perroquet, et qui, pour l'essentiel, se 
compose de véritables dents réunies , se succédant à 
mesure qu’il y en a d’usées par l'effet de la tritura- 
tion (3). Leurs opercules sont petits; leurs rayons 
au nombre de cinq de chaque côté , et les uns et les 
autres fort cachés. Ils vivent de crustacés, de fucus ; 


(x) Cette disposition dont il y a déjà un commencement dans les chi- 
ronectes , a fait croire à plusieurs naturalistes que les plectognathes man- 
quent d’opercules et de rayons. Ils en ont comme les autres poissons. 

(2) Bloch suppose à tort des cœcums aux diodons. 

(3) Voyez mes leçons d’An. comp., tom. HE, p. 125. 


366 POISSONS 


leur chair est généralement muqueuse et peu esti- 
mée; plusieurs mêmes passent pour empoisonnés , 
au moins dans certaines saisons. 

Deux de leurs genres, les tetrodons et les diodons, 
vulgairement les boursouflus , ou les orbes , peuvent 
se gonfler comme des ballons, en avalant de l'air 
et en remplissant de ce fluide leur estomac, ou 
plutôt une sorte de jabot très mince et très exten- 
sible qui occupe toute la longueur de l’abdomen 
en adhérant intimement au péritoine , ce qui l’a 
fait prendre tantôt pour le péritoine même, tantôt 
pour une espèce d’épiploon. Lorsqu'ils sont ainsi 
gonfiés, ils culbutent ; leur ventre prend le dessus, 
et ils flottent à la surface sans pouvoir se diriger ; 
mais c’est pour eux un moyen de défense, parce 
que les épines qui garnissent leur peau se relèvent 
ainsi de toute part (1). Ils ont en outre une vessie 
aérienne à deux lobes; leurs reins placés très haut 
ont été pris mal à propos pour des poumons (2). 
On ne leur compte que trois branchies de chaque 
côté (3). Ils font entendre, quand on les prend, 


(1) Voyez Geoffroy-St.-Hilaire, Desc. des poissons d'Egypte, dans 
le grand ouvrage sur l'Egypte. Il y a aussi des dispositions analogues dans 
les chironectes. 

(2) C’est ainsi que je crois pouvoir expliquer l’erreur de Schæpf. , 
Écrits des nat. de Berlin, VIIL, 190, ei celle de Plumier, Schn., 513, 
<et sans doute aussi celle de Garden , Lin., Syst. ed. x, 1, p. 348, in 
not. Quant aux organes celluleux dont parle Broussonnet , Ac. des Sc. 
1780, dernière page , il n'existe rien qui puisse y avoir donné lieu. Ilest 
de fait que ces poissons ne diffèrent en rien des autres pour la respiration. 

(3) On a déja un exemple de ce nombre dans la baudroie. 


PLECTOGNATHES. 367 


un son qui provient sans doute de l'air qui sort de 
leur estomac. Leurs narines sont garnies chacune 
d’un double tentacule charnu. 


Les Diopons. (Diopon. L.) Vulg. Orbes épineux. 


Se nomment ainsi, parce que leurs mâchoires indi- 
vises ne présentent qu’une pièce en haut et une en bas. 
Derrière le bord tranchant de chacune est une partie 
ronde , sillonnée en travers, qui forme un puissant in- 
strument de mastication (1). Leur peau est armée de 
toute part de gros aiguillons pointus, en sorte que 
quand ils sont enflés, ils ressemblent au fruit du ma- 
ronnier. . 

Il yen a un.assez grand nombre d’espèces dans les mers 
des pays chauds. 

Les unes ont les piquants longs, soutenus par deux racines 
latérales. 

La plus commune de ce groupe ( Diod. Atinga, B]. ), 195, 
et mieux Séb. Il, xx, 1, 2, atteing plus d’un pied de 
diamètre (2). 

D’autres ont des piquants courts portés sur trois racines 
divergentes (3). 

D’autres, enfin, ont des piquants grêles comme dés épin- 
gles ou di Sur (4). e 


(x) Les mâchoires de ce genre ne sont pas très rares parmi les pétri- 
fications. 

(2) Le Diod. histrix , BL., 126, est la même espèce non gonflée. Je la 
nomme, pour éviter toute équivoque, Diodon punctatus ; — Aj. Diod. 
spinosissimus , Cuv. Mém. Mus, ; IV, p.134, Séb., IIT, xxiv, 10; — 
Diod. triedricus , Cuv., Mém. Mus., IV, p. 133, Séb., IT, xxm, 4; — 


D. nictemerus, Cuv., ot) cit., IV, var, 5 ; — D; novem maculatus , id., 
ib., vi, 3; — D. sex mises id., ib., vn, 15 — D: rulétacidätut; 
id., ib., 4. 


(3) Diod. tigrinus, Cav.; Mém. Mus., IV, vi, 1, ou orbiculatus, BL., 
127, Séb., IT, xxint, 33 — D. rivulatus, Cuv., ib., 2, où Maculato- 
striatus, Mitchill., v1, 3, prob. l'orbe, Lac., I, xxrv, 3; —D. jaculiferus, 
Cuv.., loc. cit., vu, 3; — D. antennatus, id., ib., 2. 

(4) Diod. pilosus , Mitchill., Poiss. de New-Y., I, 471. 


368 POISSONS 
Lxs TÉTRODONS. ( TETRAODON. L. ) 


Ont les mâchoires divisées dans leur milieu par uné 
suture, de manière à présenter l'apparence de quatre 
dents, deux dessus, deux dessous. Leur peau n'est 
garnie que de petites épines peu saillantes. Plusieurs 
espèces passent pour être venimeuses. 


Le plus anciennement connu est celui du Nil, 


Fanaca des Arabes, Flasco psaro des Grecs, etc. (Tetrao: 
don lineatus, L.), Tet. physa, Geoffr., Poiss. d'Egypt., I, 
1, Rondel., 410. 

À dos et flancs rayés longitudinalement de brun et de 
blanchâtre. Le Nil en jette beaucoup sur les terres dans 
les inondations, et ils servent alors de jouet aux enfants. 

Quelques-uns ont le corps comprimé latéralement et le 
dos un peu tranchant; ils doivent se gonfler moins que 
les autres. L’un d’eux est électrique (1). 


(1) La tête et la queue des tétrodons sont généralement lisses, mais 
le reste de leur corps peut être rendu plus ou moins âpre, au moyen de 
très petites épines qui sortent de leur peau. Les diverses combinaisons des 
parties lisses et des parties àpres, et les configurations qui résultent des 
formes plus ou moins oblongues de leur tête, nous ont permis de les ar- 
ranger comme il suit : 

I. Espèces à tête courte, susceptibles de se boursouffler en forme 
globuleuse. . 

1° À corps rude partout. 

A. Sans taches; — Tetr. immaculatus, Lacép., I, xxiv, 1, Russel, 
J, 26. 

B. A taches noires; Tetr. moucheté, Lacép., Ï, xxv, , ou 7. com- 
mersonü , Schn., Russel , 1, 28; — T'eir. fluviaulis, Buchan. xxx,1; 
— Tetr. geometricus, B]. Schn., Catesb., II, xxvin. 

C. A bandes noires. Tetr. fahaca, ou T°. physa, Geoff., Ep., poiss., I, 
13 — T. lineatus, BL, 141, dont Tetr. psitatus, BL. Schn., 95, est 
au moins très voisin. 

D. À taches pales. T'etr. testudineus, BL., 139, dont 7”. reticularis, 
BI. Schn., paraît une variété; — T°, hispidus, Lacép., 1, xxiv, 2, et 

Geoff., Eg., poiss., 1,2; — 7. patoca, Buchan. XVIII, 2. 

20 À corps lisse partout. T. lævissimus, BL., Schn, ; — T°. cutcutia,, 
Buchan, XIII, 3. 

! 30 A flancs seulement lisses , et avec des tentacules latéraux. 7. spen- 


PLECTOGNATHES. 369 


Je sépare des tétraodons et même de tous les 
orbes ou boursouflus : 


Les Mozss. ( OnrHaconriscous. Schn. CEPHALUS. Sh. ) 
Vulgt. Poissons-lunes. 


Qui ont les mâchoires indivises, comme les diodons, 
mais dont le corps comprimé et sans épines n’est pas 
susceptible de s’enfler et dont la queue est si courte 
et si haute verticalement, qu’ils ont l’air de poissons 
dont on aurait coupé la partie postérieure, ce qui leur 
donne uue figure très extraordinaire et bien suffisante 
pour les distinguer. Leur dorsale et leur anale , chacune 
haute et pointue, s'unissent à la caudale. Ils manquent 
de vessie natatoire ; leur estomac est petit et reçoit im- 
médiatement le canal cholédoque. Sous leur peau est 
une couche épaisse de substance gélatineuse. 


On en trouve dans nos mers une espèce quelquefois 
longue de plus de quatre pieds, et pesant plus de trois 


gleri, BL. 144, Seb., LIT, xxur, 7 et 8, qui est le même que le Tetr. plu- 
mieri, donné d’après Plumier , Lacép. , 1, xx, 3. ÎV. B. Que ce que La- 
cép. a pris pour une bosse, n’est que la pectorale de l’autre côté dont on 
voit la pointe, et que le Sphéroïde tuberculé établi par Lacép., IT, 1, est 
tiré de la même pl. de Plumier, et représente le même poisson vu de 
face. Schneider s’en était déjà aperçu, BL. , Schn. , ind. p. vu. — 7. 
honkenit, B1., 143. 
. 4° À flancs lisses, sans tubercules latéraux. 7. ocellatus, B1., 145; 
— T. turgidus, Mitch., pl. vi, f. 5, — T. lunaris, Russel , I, 29. 

II. A tête oblongue. 

19 À flancs seulement lisses. 7, argentalus, Lacép., Ann. mus., 
IV, xn. 

20 À dos et flancs lisses, le ventre seul rude. 7”. lagocephalus , BI., 
143, et Séb., III, xxrr, 5 et 6; — T7. lœvigatus, Will., pl. J., 2. 

III. À dos caréné. T. rostratus, B]., 146,2, dont Tetr. elecuricus, 
Paters., Trans. phil., vol. 56, pl. 3, est au moins très voisin; — 7. 
gronovü. 


TOME I. 24 


370 POISSONS 
cents livres; à peau très rude, et d’une belle couleur ar- 
gentée. (Tetrodon mola, L.) BI., 128 (1). 

Il y en a au Cap une espèce oblongue ( Orthagoriscus 
oblongus, BI. Schn., 07.), dont la peau est dure et di- 
visée en petits compartiments anguleux. 

On en a péché quelquefois dans l’Océan une troisième 
espèce, très petite, et qui a quelques épines ( Orth. 
spinosus, Bi. Schn.), Diodon mola, Pall., Spic., Zool., 
VIH, pl.iv,f. , et mieux KϾlr., Nov. Comm. Petrop. X, 
pl. viu, f. 3. ° 


Nous ferons aussi un genre particulier 
Des Triopons, 


Poissons dont la mâchoire supérieure est divisée 
comme dans les tétrodons, et l’inférieure simple comme 
dans les diodons ; un fanon énorme presque aussi long que 
le corps, et deux fois aussi haut ,est soutenu en ayant par 
un très grand os qui représente le bassin et les rapproche 
de certains balistes. Leurs nageoires sont comme dans les 
diodons ; leur corps est àpre comme dans lesMlétrodons, 
et la surface de leur fanon est surtout hérissée de beau- 


coup de petites crèles rudes placées obliquement. 


On n’en connaît qu’un de la mer des Indes , découvert 

oi . ‘ - . 
par M. Reinward (Triodon bursarius, Reinw.) Triod. ma- 
croptère, Less. et Garn., Voyage de Duperrey, Poiss., 


n° 4. 


(x) Aj. Or. oblongus , Schn., 97; — Ort. varius, Lac., 1, xxn, 2 
— Ori. hispidus , Nov. Comm., Petr., X, vin, 2 et 3. 

IV. B. L'Ovoïde fascé, Lac., 1, xx1v, 2. Ovum Commersoni, Schn., 
108, avait été décrit et représenté par Commerson , d'après un individu 
bourré, qu’il soupçonnait lui-même d’être un Tétrodon mutilé, et qui 
en effet, n’est qu’un T'etrodon lineatus ; qui a perdu ses nageoires. 

Le Sphéroïde tuberculé a été donné comme nous l’avons dit, sur un 
dessin de Plumier , qui ne représente qu’an Zetrodon vu de face, dont 
on ne peut voir les nageoires verticales. Conf., Schn., index, zvur. 

Ainsi, ces deux genres doivent être supprimés. 


PLECTOGNATHES. 371 


La deuxieme famille des PLECTOGNATHES, ou 
Les SCLÉRODERMES , 


Se distingue aisément par le museau conique ou 
pyramidal prolongé depuis les yeux, terminé par 
une pelite bouche armée de dents distincies en petit 
nombre à chaque mâchoire. Leur peau est géné- 
ralement âpre ou revêlue d’écailles dures; leur vessie 
patatoire ovale, grande et robuste. 


Les BarisTes. ( Bauisres. L. ) (1). 


Ont le corps comprimé, huit dents sur une seule 
rangée à chaque mâchoire, le plus souvent tranchantes, 
la peau écailleuse on grenue, mais non absolument os- 
seuse; une première dorsale composée d’un ou plu- 
sieurs aiguillons articulés sur un os particulier, qui tient 
au crâne et leur offre un sillon où ils se retirent; une 
Tina brsale molle , longue, placée vis-à-vis d une 
anale à peu près semblable. Bien qu’ils n’aient pas de 
ventrales, on observe dans leur squelette un véri- 
table os du bassin , suspendu à ceux de l’épaule. 

On les trouve en grand nombre dans la zone torride, 
près des rochers à fleur d’eau, où ils brillent, comme 
les chétodons , de couleurs éclatantes; jeur chair, en 
général peu estimée, devient, dit-on, dangereuse à 
l'époque où ils se nourrissent des polypes des coraux; 
je n’ai trouvé que des fucus dans ceux que j’ai ouverts. 


Les Bazisres proprement dits. 


Ont le corps entier revêtu de grandes écailles très dures, 
rhomboïdales, qui, n’empiétant point les unes sur les autres, 


(1) Balistes, nom donné à ces poissons par Artédi, d’après leur nom 
italien Pesce balestra, qui vient lui-même de quelque ressemblance 
qu'on a cru voir entre Je mouvement de leur grande épine dorsale et 
celui d’une arbalète, 


2/4* 


372 POISSONS 


ont l’air decompartiments de la peau; leur première dorsale 

a trois aiguillons , dont le premier est de beaucoup le plus 

grand; le troisième très petit , et plus écarté en arrière; l’ex- 

trémité de leur bassin est toujours saillante et hérissée , et 

derrière elle sont quelques épines engagées dans la peau, 

qui, dans les espèces longues, ont été considérées comme 
des rayons des ventrales. 

Les uns n’ont point d’armure particulière à la queue, et 
parmi eux il en est qui n’ont point derrière les ouïes d’é- 
cailles plus grandes que les autres. Telle est une espèce que 
nous possédons dans la Méditerranée. 


Balistes capriscus. L. Salv. 207, et Will. [, 19. Pourc, 
pesce balestra, etc. 


D'un gris-brunâtre, tacheté de bleu ou de verdâtre ; sa 
chair est peu estimée (1). 


D’autres, avec cette queue non armée, ont derrière les 
ouïes des écailles plus grandes (2). 

Le plus grand nombre a les côtés de la queue armés d’un 
certain nombre de rangées d’épines courbées en avant, et 
tous ceux de cette division que nous connaissons, ont der- 
rière les ouïes des écailles plus grandes (3). 


(1) W._B. Je soupçonne le B. maculatus, B1., 151, de n’être que le 
capriscus, Je suis même tenté d’y rapporter le B. buniva, Lac., V, xx1; 
. 13 —AÀj. Bal. stellaris, Schn., Lac., 1, vi; — Bal. sufflamen, Müch., 
vi, 2; — Bal. jellaka, N., Lamayellaka, Russel , I, 22. 

(2) Bal. forcipatus, Will, I, 22; — Bal, vetula, BL, 150; — Bal. 
punctatus, Gm., Will., app. 9, f. 4; — on pourraît encore distinguer le 
Bal, noir, Lac., I,xv, remarquable par ses dents supérieures latérales 
prolongées en canines et les grandes fourches de sa queue. . B. Le 
B. niger, Schn., ne diffère point du ringens ; — Bal. fuscus, Schn. , ou 
B. grandes taches , Lac., 1, 378 , remarquable par ses joues nues et gar- 
nies de rangées de tubercules. 

(3) Espèces à deux ou trois rangées d’épines. Bal. lineatus , Schn., 87. 
Renard , 217, ou B. lamouroux, Quoy et Gaym., Zool. de Freyc. , pl. 
47 ,f. 1? — Bal. cendré, Lac., 1, xvu, 2, ou B. arcuatus, Schn., 
Journ. de Phys. , juillet 1774. 

Espèces à trois rangées. Bal. aculeatus, L., R1., 149, Lac., Ï, xvu, 
1 Renard, 1,28, f. 154, et II, 28, f. 136; — Bal, verrucosus, L., 


PLECTOGNATHES. 373 


Les MowacanTnes. Cux. 


N'ont que de très petites écailles , hérissées de scabrosités 
roides et serrées comme du velours; l'extrémité de leur 
bassin est saillante et épineuse, comme dans les balistes 
proprement dits, mais ils n’ont qu’une grande épine den- 
telée à leur première dorsale, ou du moins la seconde y est 
déjà presque imperceptible. 

Dans les uns, l’os du bassin est très mobile, et tient à 
l’abdomen par une sorte de fanon extensible; et il y a sou- 
vent de fortes épines aux côtés de leur queue (1). 

D’autres se distinguent parce que les côtés de leur queue 
sont hérissés de soies rudes (2). 


———————__—————— ————— 


Mus., ad. f. xxvu, 57, le même que le B. pralin, Lac., 1, 365, et le 
B. viridis, Schn. 

Espèces à quatre ou cinq rangées. Bal. écharpe, Lac., I, xv1, 1, ou 
Bal. rectangulus, Schu., on Bal. medinilla, Quoy et Gaym., Zool. de 
Freyc., pl. 46, f. 2; — Bal, conspicillum, Schn., Renard , 1, 15, f. 58, 
et Lac.,I,xvi, 3, sous le faux nom de Baliste amdricain. Il est de la 
mer des Indes ; — B. viridescens , Schn., ou verdätre, Lac., 1, xv1, 3. 

Espèces à six ou sept rangées. Bal. armé, Lac., 1, xvux, 2. IV. B. Ce 
n’est ni lArmatus de Schn., ni, comme il le croit, son Chrysopterus ; 
— Bal. ringens, BI., 152, 2, on niger, Schn., ou Sillonné, Lac., I, xvin, 1. 

Espèces à douze , quinze rangées. Bal. bursa , Schn. ; B. bourse, Lac,, 
JET, 7. Renard, I, 7, et Sonnerat, Journ. de Phys., 1774. 

Espèces dont les aiguillons sont peu sensibles et réduits : à de petits tu- 
bercules. Bal. bridé, Lac.; 1,xv , 3; — Bal. étoilé, Lac., 1, xv, 13 — 
ou B. stellaris, Scho., ou Dondrum yellakak, Russel, xx. 

IN. B. Si le Bazisrapus de Tilesius, Mém. de l’Ac. de Pétersb., VII, 
x, manque en effet de bassin, il devra former un sous-senre à la suite 
‘des balistes proprement dits. 

(1) Balistes chinensis , B1., 152, 1 ; — Bal. tomentosus, id., 148, qui 
west pas celui de Linnæüs, mais bien le Pira aca, Margr.. 154; — Bal. 
Japonicus , Tiles., Mém. de la soc. de Moscou , tome IT, pl. 13; — Bal. 
pelleon , Quoy et Gaym., Zool. de Freyc., pl. 45, f. 3; — Bal. geogra- 
phicus , Per., Cuv. ; Règne an. , pl. 1x, £. 2. 

(2) Bal. tomentosus, L., Séb., TT, xx1v, fig. 18. Gronov., Mus., VI, 
f.5; — B. à brosses, Bal. scopas, Commers. , Lac. I, xviu, 3, con- 
forme à la description que Lin. donne de Hipilur; mais non au Carac= 
ière ni à la fig. de Séba qu’il cite, 


374 POISSONS 

D’autres, parce que leur corps est tout couvert de petits 
tubercules pédiculés (x). 

D’autres encore parce qu’il est garni partout de cils grêles, 
et souvent branchus (2). 

D’autres enfin manquent de ces divers caractères (3). 


Les AzuTÈres. Cuv. 


Ont le corps alongé, couvert de petits grains serrés, à 
peine sensibles à la vue; une seule épine à la première dor- 
sale ; et ce qui fait leur caractère particulier, le bassin entiè- 
rement caché sous la peau , et ne faisant point cette saillie 
épineuse qu’on voit dans les autres balistes (4). 


Les Triacawraes. Cuv. 


Se distinguent de tous les autres balistes, parce qu’ils ont 
des espèces de ventrales, soutenues chacune par un seul 
grand rayon épineux , adhérentes à un bassin non saillant. 
Leur première dorsale, après une très grande épine, en a trois 
ou quatre petites. Leur peau est garnie de petites écailles 
serrées; leur queue s’alonge plus que dans les autres sous- 
genres. 


On n’eu connaît qu’un de la mer des Indes (5). 


(1) Balistes papillosus, Schn., White, p. 254. 

(2) Bal. penicilligerus , Péron., Cuv., Règne an., pl. 1x, f. 3; — Bal. 
vülosus, Ehrenb. 

(3) Bal. hispidus, L., Séb., IT, xxxiv, 2; — Bal, longirostris, 
Schn., Séb., ET .-xx1v, 195 — Bal. papillosus , L.? Lac., 1, xvn, 3, 
sous le nom de monoceros, Clus., exot., lib. VI, cap. xxviu; — Bal. 
villosus, n.; — Bal. guttatus , n. 

(4) Bal. monoceros , L,, Catesb., 19 ; — lewnonoceros de BL, qui est 
différent, 147; — Bal. lævis, B1., 414; — Acaramucu, Margr., 163, 
encore différent des trois précédents; — Bal. kleinü, Klein., miss,, III, 
pl. ut, f. 113 — Al. cryptacanthus, N., Renard, Il, part. pl. xeu, 
f. 284. 

(5) Bal. biaculeatus , B1., 148 , 2. 

Nous aurons de nombreuses espèces de tous cessous-genres, à décrire 
dans notre grande histoire des poissons. 


D. de =. 


PLÉCTOGNATHES. 379 


Les CoFrrres. (OsTRACION. L.) 


Ont, au lieu d’écailles, des compartiments osseux et 
réguliers, soudés en une sorte de cuirasse inflexible qui 
leur revêt la tête et le corps, en sorte qu’ils n’ont de 
mobile que la queue, les nageoires, la bouche et une 
sorte de petite lèvre qui garnit le bord de leurs ouïes , 
toutes parties qui passent par des trous de cette cui- 
rasse. Aussi le plus grand nombre de leurs vertèbres 
sont-elles soudées ensemble ; leurs mâchoires sont ar- 
mées chacune de dix ou douze dents Æniques. On ne 
voit extérieurement à leurs ouïes qu’une fente garnie 
d’un lobe cutané ; mais à l’intérieur elles montrent un 
opercule et six rayons. L’os du bassin manque aussi bien 
que les ventrales, et il n’y a qu’une seule dorsale et 
une anale, petites l’une et l’autre. 

Ils ont peu de chair, mais leur foie est gros et donne 
beaucoup d’huile. Leur estomac est membraneux et 
assez grand. Quelques-uns ont aussi été soupçonnés de 
poison. 

On peut les diviser d’après la forme de leur corps et 
les épines dont il est armé; mais ‘l n’est pas encore 
bien certain qu'il n’y ait pas à cet égard des différences 
entre les sexes (1). 


(1) 1° Coffres à corps triangulaire sans épines. Ost. triqueter . BL, 
130; — Ost, concatenatus, B1., 131. 

20 Triangulaire armé d’épines en arrière de l’abdomen. Os. bicaudalis, 
BI., 132; — Ost. trigonus, B1., 135. 

30 Triangulaire armé d’épines au front et derrière l'abdomen. Ost. 
quadricornis , Bl., 134. 

4° Triangulaire armé d’épines sur les arêtes. Ost. stellifer, Schn., 97 ; 
le même qu'Ost. bicuspis, Blumenb. Abb., 58. 

5° À corps quadrangalaire sans épines. Ost. cubicus , BL., 137; — Ost. 
punctatus et lentiginosus , Schn , Séb., III, xxiv, 5; Lac., I, xxr, 1, où 


376 POISSONS 


La deuxième série de la classe des poissons, ou les 
CHONDROPTÉRYGIENS, 


Ne peut être considérée ni comme supérieure, 
ni comme inférieure à celle des poissons ordinaires ; 
car plusieurs de ses genres se rapprochent des rep- 
tiles par la conformation de leur oreille et de leurs 
_ organes génitdix, tandis que d’autres ont une telle 
simplicité d'organisation , et que leur squelette est 
réduit à si peu de chose, que l’on pourrait hésiter 
à en faire des animaux verlébrés ; c’est donc une 
suite en quelque sorte parallèle à la première, 
comme les marsuplaux, par exemple,-sont pa- 
rallèles aux autres mammifères onguiculés. 

Le squelette des chondroptérygiens est essen- 
tiellement cartilagineux, c’est-à-dire qu’il ne s’y 
forme point de fibres osseuses, mais que la matière 


meleagris , Sh., gen. zool., V, part. IT, pl. 172; — Ost. nasus, Bl., 138, 
Will., 1, 113 — Ost. tuberculatus, Will., I, ro. 

6° À corps quadrangulaire armé d’épines au front et derrière l’abdo- 
men. Ost. comutus, Bl., 133. 

7° À corps quadrangulaire armé d’épines sur ses arêtes. Ost. diaphanus, 
Schn. , p. 501; — Ost. turritus, BL., 136. 

8° À corps comprimé, l’abdomen caréné , des épines éparses. Osz. 
auritus , Sh., nat. Miscell., IX, n° 338, et gen. zool., V, part. IT, pl. 
1793, le même que le coffre quatorze-piquants, Lacep., An. mus. ; IV, 
LV, 1, et quelques espèces voisines. 

I. B.L'Ost. arcus , Séb., TI, xx1v, 9, n’est peut-être qu’une variété 
du cornutus , et le gibbosus, Aldrov. , 561, ne me paraît qu'un triqueter 
mal dessiné. 


CHO NDROPTÉRY GIENS. 377 


calcaire s’y dépose par petits grains et non par filets 
ou par filaments; de là vient qu'il n’y a point de 
sutures à leur crâne, qui est toujours formé d’une 
seule pièce, mais où l’on distingue par le moyen 
des saillies, des creux et des trous, des régions 
analogues à celles du crâne des autres poissons ; 
il arrive même que des articulations mobiles, dans 
les autres ordres, ne se manifestent point du tout 
dans celui-ci; par exemple, une partie des vertèbres 
de certaines raies sont réunies en un seul corps; 
il disparaît aussi quelques-unes des articulations des 
os de la face; et même le caractère le plus ap- 
parent de cette division de la ciasse des poissons, 
est de manquer des os maxillaires et intermaxil- 
laires, ou plutôt de ne les avoir qu’en vestiges ca- 
chés sous la peau, tandis que leurs fonctions sont 
remplies par les os analogues aux palatins, et 
même quelquefois par le vomer. La substance gé- 
latmeuse qui dans les autres poissons remplit les 
intervalles des vertebres, et communique seule- 
ment de l’un à l’autre par un petit trou, forme 
dans plusieurs chondroptérygiens, une corde qui 
enfile tous-les corps des vertèbres sans presque va- 
rier de diamètre. 

Cette série se divise en deux ordres; les chon- 
droptérygiens dont les branchies sont libres comme 
celles des poissons ordinaires, et ceux dont les 
branchies sont fixes , c’est-à-dire attachées à la peau 
par leur bord extérieur, en sorte que l'eau ne 


378 POISSONS 
sort de leurs intervalles que par des trous de la 
surface. 


EEE ZE 
Le premier ordre des CHONDROPTÉRYGIENS, ou 
le septième de la classe des poissons , 


Les STURIONIENS, ou CHONDROPTÉRYGIENS A 
BRANCHIES LIBRES, 


Tient encore d’assez près aux poissons ordinaires 
par ses ouies, qui n’ont qu’un seul orifice très ou- 
vert, et garni d’un opercule, mais sans rayons à la 
membrane, 

Il ne comprend que deux genres. 


Les ESTURGEONS. ( ACIPENSER. L. } (x). 


Poissons dont la forme générale est la même que 
celle des squales, mais dont le corps est plus ou moins 
garni d’écussons osseux, implantés sur la peau en ran- 
gées longitudinales; leur tête est de mème très cui- 
rassée à l'extérieur ; leur bouche, placée sous le museau, 
est petite et dénuée de dents; l'os palatin soudé aux 
maxillaires, en forme la mâchoire supérieure, et on 
trouve les intermaxillaires en vestige dans l'épaisseur 
des lèvres. Portée sur un pédicule à trois articulations, 
cette bouche est plus protractile que celle des squales. 
Les yeux et les narines sont aux côtés de la tête. Sous le 
museau pendent des barbillons. Le labyrinthe est tout 
entier dans l'os du crâne, mais il n’y a point de vestige 
d'oreille èxterne. Un trou percé derrière la tempe n’est 
qu’un évent qui conduit aux ouïes. La dorsale est en 


(1) Acipenser est leur ancien nom latin; Sturio , d’où est venu estur- 
geon, est moderne , probablement lear nom allemand , Stoer, latinisé. 


CHONDROPTÉRYGIENS À BRANCHIES LIBRES. 379 


arrière des ventrales et a l’anale sous elle. La caudale 
entoure l’extrémité de l’épine, et a en dessous un lobe 
saillant ; plus court cependant que sa pointe principale. 
A l’intérieur on trouve déjà la valvule spirale de l’in- 
testin , et le pancréas uni en masse des sélaciens; mais 
ilya de plus une très grande vessie natatoire commu- 
niquant par un large trou avec l’æsophage. 

Les esturgeons remontent en abondance de la mer 
dans certaines rivières et y donnent lieu aux pêches les 
plus profitables ; la plupart de leurs espèces ont la chair 
agréable. On fait le caviar de leurs œufs, et la colle de 
poissou de leur vessie natatoire. 


” Nous avons dans toute l’Europe occidentale 
L’Esturgeon ordinaire. (Acipenser sturio. L.) BI. 88. 


Long de six ou sept pieds, à museau pointu ; ses écus- 
sons disposés sur cinq rangées sont forts et épineux. Sa 
chair est assez semblable à celle du veau. 

Les rivières qui se jettent dans la mer Noire et dans la 
Caspienne, produisent, avec notre esturgeon commun » 
trois autres espèces de ce genre, et peut-être davan- 
tage (1). 

Le petit Esturgeon ou Sterlet. (Acipenser Ruthenus. L. (1) 
A. Pygmœus. Pall. BI. 80. 

Qui ve passe guère deux pieds de longueur, et où les 
boucliers des rangées latérales sont plus nombreux, caré- 
nés, et ceux du ventre plats. Ïl passe pour délicieux, et 
son caviar est réservé pour la cour. 

Il y a lieu de croire que c’est l’Elops et l’Acipenser si 
célèbre chez les anciens (2). 


(x) Les espèces d’esturgeon sont encore assez mal déterminées par les 
naturalistes, et Pallas même, qui les a le mieux connues, ne leur assigne 
pas encore dans sa Zoologie russe, des caractères comparatifs assez dis- 
tincts, et il ne s’accorde ni avec Kramer, ni avec Guldenstedt , ni avec 
Lepechin. D’un autre côté, les figüres de Marsigli sont trop grossières. 
Nous devons en attendre de meilleures des savants naturalistes autri- 
chiens, auxquels le Danube offre ces poissons en abondance. 

(2) Foyes ma note sur le Pline, de l édition de Lemaire, tom. IL, p. 74. 


380 POISSONS 
Le Scherg des Allemands ; Sevreja des Russes. (Acipenser 

helops. Pall. Ac. stellatus. BI. Schn.) Marsill. Dan. IV. 

XLLét Del 0 à 

Atteint quatre pieds delong, et a le bec plus long, plus 
mince , et les boucliers plus hérissés que les autres. Son 
abondance est prodigieuse, mais il est moins bon que 
l’esturgeon. 

Le Hausen ou grand Esturgeon. ( Acipensér huso. L.) 
BI. 120. 

Dont les boucliers sont plus émoussés, le museau et 
les barbillons plus courts qu’à l’esturgeon ordinaire; la 
peau pluslisse. Il atteint souvent douze et quinze pieds de 
longueur, et plus de douze cents livres de poids. On en a 
vu un.qui pesait près de trois milliers. Cette espèce a la 
chair moins bonne, et est quelquefois malsaine. C’est 
avec sa vessie natatoire que l’on fait la meilleure colle de 
poisson. Il remoute aussi dans le P6. 

L'Amérique septentrionale possède plusieurs esturgeons 
qui lui sont propres (1). 


Les Pozyonons. Lacép. ( SPATULARIA. Sh. ) 


Se reconnaissent sur-le-champ à une énorme prolon- 
gation de leur museau à laqueile ses bords élargis don- 
nent la figure d’une feuille d’arbre. Leur forme gé- 
.nérale et la position de leurs nagcoires rappellent d’ail- 
leurs les esturgeons ; mais leurs ouïes sont encore plus 
ouvertes et leur opercule se prolonge en une pointe 
membraneuse qui règne jusque vers le milieu du corps. 
Leur gueule est très fendue et garnie de beaucoup de 
petites dents; la mâchoire supérieure est formée de 
l'union des palatins aux maxillaires et le pédicule a 
deux articulations. L’épine du dos a une corde, comme 


(1) Aocip. oxyrhynchus, Lesueur, trans., americ., nouv. ser., t. I, 
p.394; — Ac. brevirostris, id., ib., 390; —Æc. rubicundus, id. ib., 388» 
et pl. xir, qui paraît ressembler beaucoup au sterlet; — Æc. maculosus , 

d., ib,, 392, se rapproche beaucoup du common. 


CHONDROPTÉRYGIENS A BRANCHIES FIXES, 381 


celle de la lamproie; on trouve dans l’intestin la valvule 
spirale , commune à presque tous les chondroptérygiens; 
mais le pancréas commence à se diviser en cœcums. Il 
y a une vessie natatoire. 
On n’en connaît qu’une espèce du Mississipi, le Po- 
lrodon feuille, Lac., I, x11, 3 (Squalus spatula , Mauduit), 
Journ. de Phys. , nov. 1774, pl. n. 


Les CarmÈères. (Caimzæra. L.) (1). 


Montrent le plus grand rapport avec les squales, par 
leur forme générale et la position de leurs nageoires ; 
mais toutes leurs branchies s’ouvrent à l’extérieur par 
un seul trou apparent de chaque côté, quoiqu’en pé- 
nétrant plus profondément on voie qu’elles sont at- 
tachées par une grande partie de leurs bords, et qu’il 
y a réellement cinq trous particuliers aboutissant au 
fond du trou général. Elles ont cependant un vestige 
d’opercule caché sous la peau. Leurs mâchoires sont en- 
core plus réduites que dans les squales, car les palatins 
et les tympaniques sont aussi de simples vestiges sus- 
perdus aux côtés du museau, et la mâchoire supérieure 
n’est représentée que par le vomer. Des plaques dures 
et non divisibles garnissent les mâchoires au lieu de 
dents; quatre à la supérieure, deux à l’inférieure. Le 
museau, soutenu comme celui des squales, saille en 
ayant et est percé de pores disposés sur des lignes assez 
régulières, la première dorsale, armée d’un fort ai- 
guillon , est placéesur les pectorales : les mâles se recon- 
naissent, comme ceux des squales, à des appendices os- 
seux des ventrales, mais qui sont divisés en trois branches, 
et ils ont de plus deux lames épineuses situées en avant 


(1) Ce nom leur a été donné à cause de leur figure bizarre, qui peut 
paraître monstruéuse quand on les a desséchés avec pea de soin, comme 
les premiers individus représentés par Clusius, Aldrovande, etc. 


382 POISSONS 


de la base des mêmes ventrales ; enfin ils portent entre 
les yeux un lambeau charnu terminé par un groupe de 
petits aiguillons. L’intestin des chimères est court et 
droit, cependant on y voit à l’intérieur une valvule 
spirale comme dans les squales. Elles produisent de très 
grands œufs coriaces, à bords aplatis et velus, 


Dans 
Les Caimëres proprement dites, (Cæimæra: Cuv.) 


Le museau est simplement conique; la deuxième dorsale 
commence immédiatement derrière la première, et s'étend 
jusque sur le bout de la queue, qui se prolonge en un long 
filament, et est garnie en dessous d’une autre nageoire 
semblable à la caudale des squales. 


On n’en connaît qu’une espèce. 


La Chimère arctique. (Chimæra monstrosa. L.) BI. 124 et 
Lacép.1, xx, 1, la femelle. Vulg. Roi des Harengs; dans 
la Méditerranée Chat. 


Longue de deux ou trois pieds, de couleur argentée, 
tachetée de brun. Elle habite nos mers, où on la pêche, 
surtout à la suite des poissons voyageurs. 


Dans 


Les CazLorinques. (CazLorayneaus. Gronov.) 


Le museau est terminé par un lambeau charnu, comparable 
pour la forme à une houe. La deuxième dorsale comnmience 
sur les ventrales, et finit vis-à-vis le commencement de celle 
qui garnit le dessous de la queue. 


On n’en connaît aussi qu’une espèce , 


La Chimère antarctique. (Chimæra callorkynchus. L.) Lac. 
[, xu, la femelle. 


Des mers méridionales. 


CHONDROPTÉRYGIENS A BRANCHIES FIXES. 383 


Le deuxieme ordre des CHONDROPTÉRYGIENS, 
qui est le huitième des poissons, ou celui des 


CHONDROPTÉRYGIENS A BRANCHIES FIXES, 


Au lieu d’avoir les branchies libres par le bord 
externe, et ouvrant tous leurs intervalles dans une 
large fosse commune, comme dans tous les poissons 
dont nous avons parlé jusqu'ici, les a au contraire 
adhérents par ce bord externe, en sorte qu "elles 
laissent échapper l’eau par autant de trous percés 
à la peau qu'il y a d’intervalles entre elles, ou du 
moins que ces trous aboutissent à un conduit com- 
mun, qui transmet l’eau au-dehors. Une autre 
circonstance particulière à ces poissons, consiste 
en de petits arcs cartilagineux , souvent suspendus 
dans les chairs, vis-à-vis les bords extérieurs des 
branchies, et que l’on peut appeller des côtes bran- 
chiales. 

Les CaonproPrÉRyYGïENs à branchies fixes de la 
première famille, ou les 


SÉLACIENS ( PLaciosTomEs , Dumér. ), 


Compris jusqu’à présent sous deux genres, ( les 
SQUALES et les Rares ) ont beaucoup de caractères 
communs. 

Leurs palatins et leurs postmandibulaires, seuls 


584 POISSONS 
armés de dents , leur tiennent lieu de mâchoires , et 


les os ordinaires des mâchoires n'existent qu’en ves- 
tige ; un seul os suspend ces mâchoires apparentes 
au crâne, et représente à la fois le tympanique, le 
jugal , le temporal et le préopercule, L’os hyoïde 
s'attache au pédicule unique dont nous venons de 
parler , et porte des rayons branchiostéges comme 
dans les poissons ordinaires ; bien qu’ils ne parais- 
sent pas autant au-dehors ; il est de même suivi des 
arcs branchiaux, mais il n’y a aucune des trois pièces 
qui composent l’opercule, Ces poissons ont des pec- 
torales et des ventrales ; celles-ci sont situées en ar- 
rière de l’abdomen et des deux côtés de l’anus. Leur 
labyrinthe membraneux est enfermé dans la sub- 
stance cartilagineuse du crâne; le sac qui en fait par- 
üe, ne contient que des masses amylacées et non des 
pierres. Le pancréas est sous forme de glande con- 
glomérée, et non divisé en tubes ou cœcums distincts. 
Le canal intestinal est court à proportion , mais une 
partie de l'intestin est garnie en dedans d’une lame 
spirale qui prolonge le séjour des aliments. 

Il se fait une intromission réelle de semence; les 
femelles ont des oviductus très bien organisés, qui 
tiennent lieu de matrice à ceux dont les petits éclosent 
dans le corps; les autres font des œufs revêtus d’une 
coque dure et cornée, à la production de laquelle 
contribue une grosse glande qui entoure chaque 
oviductus. Les mâles se reconnaissent à de certains 


CHONDROPTÉRYGIENS À BRANCHIES FIXES. 385 


appendices placés au bord interne des ventrales, 
souvent très grands et très compliqués, et dont 
l’usage général n’est pas encore bien connu. 


Les Squares. (Squazus, L.})(i). 


Forment un premier grand genre qui se distingue par 
un corps alongé, une queue grosse et charnue et des 
pectorales de grandeur médiocre, en sorte que leur forme 
générale se rapproche des poissons ordinaires; les ou- 
vertures de leurs branchies se trouvent ainsi répondre 
aux côtés du cou, et non au-dessous du corps, comme 
nous le verrons dans les raies. Leurs yeux sont également 
aux côtés de la tête. Leur museau est soutenu par trois 
branches cartilagineuses qui tiennent à la partie anté- 
rieure du crâne, et l’on reconnaît aisément dans le 
squelette les rudiments de leurs maxillaires, de leurs 
intermaxillaires et de leurs prémandibulaires. 

Leurs de l’épaule sont suspendus dans les chairs 
en arriére des branchies, sans s’articuler ni au crâne ni 
à l’épine. Plusieurs sont vivipares. Les autres produisent 
des œufs revêtus d’une corne jaune et transparente 

“dont les angles se prolongent en cordons cornés. 

Leurs petites côtes branchiales sont apparentes , et 
ils en ont aussi de petites le long des côtés de lépine : 
celle-ci est entièrement divisée en vertèbres. Leur 
chair généralement coriace n’alimente que les pau - 
vres. 


Ce genre est nômbreux, et peut fournir beaucoup de 
sous-genres. 


RE ————————————_—_— ——————__—— 


(1) Squalus , nom latin de poisson , employé par quelques auteurs sans 
que l’on puisse déterminer l’espèce qui le portait ; c’est Artédi qui l’a ap- 
pliqué à ce genre. On trouve aussi squalus pour squatina. 

TOME II. 20 
+» 


386 POISSONS 
Nous séparons d’abord 


Les Rousserres. (Scyziium. Cuv.) (1). 


Qui se distinguent des autres squales par leur museau 
court et obtus , par leurs narines percées près de la bouche, 
continuées en un sillon qui règne jusqu’au bord de la lèvre, 
et plus ou moins fermées par un ou deux lobules cutanés. 
Leurs dents ont une pointe au milieu , et deux plus petites 
sur les côtés. Elles ont toutes des évents et une anale. Leurs 
dorsales sont fort en arrière, la première n’étant jamais plus 
avant que les ventrales ; leur caudale est alongée, non four- 
chue, tronquée au bout ; leurs ouvertures des branchies sont 
en partie au-dessus des pectorales. 

Dans les unes, l’anale répond à l'intervalle des deux dor- 
sales; telles sont les deux espèces de nos côtes, souvent 
confondues ou mal distinguées. 


La grande Roussette. (Sq. canicula. L.) BI. 114. Rondel. 
380. Lacép. I, x, 1. 
A petites taches nombreuses, à ventrales coupées obli- 
quement. 


La petite Roussette ou Rochier. (Sq. catulus eu stellaris. 
L.) Rond. 383. Lacép.[, 1x, 2. ; 


À taches plus rares et larges, quelquefois en forme 
d’yeux ; à ventrales coupées carrément. 
Nous en possédons encore une troisième à taches noires 


et blanches (2). 
Dans d’autres roussettes , toutes étrangères , l’anale est 


(x) Scylium , un des noms grecs de la roussette. 

(2) Ajoutez la Roussette d’Artédi, Kisso, deuxième éd., fig. 5, ou 
Squalus prionurus , Otto. ; — la Roussette de Gunner (Sg- catulus, Gun- 
ner), Mém. de Dronth., IT, pl. 1, qui paraît une espèce à part; — le 
Sq. d'Edwards ( Edw., 380 ), sous le faux nom de greater cat fish qui 
indiquerait la roussette, et que l’on cite mal à propos sous le prétendu $q. 
stellaris ;—le $q. africanus où galonné de Broussonnet (Shaw. Nat. misc., 
346). IV.B Que le mot longiütudinalibus, ajouté gratuitement au caractère 
par Gm., n’est pas juste; —— le prétendu Sg. canicula , BL., 112, qui est 
une espèce étrangère distincte, à moins que ce ne soit une variélé très, 
forte du rochier. 


“ 


CHONDROPTÉRYGIENS À BRANCHIES FIXES. 587 


lacée en arrière de la deuxième dorsale; les évents sont 
extraordinairement petits; la cinquième ouverture bran- 
chiale est souvent cachée dans la quatrième, et les lobules 
de leurs narines sont généralement prolongés en barbil- 
lons (1). Fe 2 É À 


Sous le nom de 
SquaLes proprement dits. 


Nous comprenons toutes les espèces à museau proémi- 
nent , sous lequel sont des narines non prolongées en sillon, 
ni garnies de lobules; leur nageoire caudale a en dessous 
un lobule qui la fait plus ou moins approcher de la forme 
fourchue. On peut y conserver l’ancienne distribution, 
d’après la présence ou l’absence des évents et de l’anale; 
mais pour la rendre naturelle, il faut y multiplier les di- 
visions. L 


Espèces sans évents , pourvues d'une anale. 
Les Requis. ( Carcaarias. Cuv.) (2) 


Tribu nombreuse et la plus célèbre, ont les dents tran- 
chantes, pointues, et le pius souvent dentelées sur leurs 
bords ; la première dorsale bien avant les ventrales, et la 
deuxième à peu près vis-à-vis l’anale. Ils manquent d’évents; 
leur museau déprimé a les narines sous son milieu , et les 
derniers trous des branchies s’étendent sur les pectoraies 


Le Requin proprement dit, ou plutôt Requiem ( Sq. 
carcharias. L. ) Bélon, 60 (3). 


Atteint jusqu’à vingt-cinq pieds de longueur, et se re- 


(x) Le Sq. pointillé, Lac., Il, 1v,3, le même que le Sq. barbillon j 
Brouss. ( Sq. barbatus , Gm.), et que le $g. punctatus, Schn., parra, 
pl. 34, fig. 2; — le Sg. tigre, Lac., ou $q. fasciatus, BL., 113. (Sq. tigri- 
nus, et $g. longicaudus, Gm.); — le $g: lobatus, Schn., Phil., vor. 
pl. 43, p. 285; —le Bokee sorra, Russel , Corom., X VI. 

(2) Carcharias, mom grec de quelque grand squale, synonyme de 
lamia. 

(3) N. B. Cette figure de Bélon est la seule bonne. La plupart des 
autres sont fausses. Bl., 119, est une espèce très différente qui paraît plus 

a 25* 


388 : POISSONS 


connaît à ses dents en triangle à peu près isocèle, à côtés 
rectilignes et dentelés à la mâchoire supérieure; les 
inférieures en pointe étroite sur une base plus large, 
arme terrible ; qui en fait l’effroi des navigateurs. Il paraît 
qu’on le trouve dans toutes les mers; mais on a souvent 
donné son nom à d’autres espèces à dents tranchantes. 


Nous prenons encore sur nos côtes 
La Faux ou Renard. (Sq. vulpes. L.) Rondel. 387. 


À dents en triangle isocèle pointu aux deux mächoires, 
reconnaissable surtout au lobe supérieur de sa queue, 
aussi long que tout son corps. Sa deuxième dorsale et son 
anale sont au contrairé extrêmement petites (1). 


Le Bleu. (Sq. glaucus. L. ) BI. 66. 


À corps grêle, d’un bleu d’ardoise en dessus , les pec- 
torales très longues et très pointues ; les dents supérieures 
en triangle curviligne , courbées vers le dehors : les in- 
férieures plus droites, toutes dentelées (2). 


Les Lames ou Touizzes. (Lamna. Cuv.) (3). 


Ne diffèrent des requins que par leur museau pyramidal, 


voisine des leiches ; — Gunner, Mém. de Dronth., II, pl. x etxr, le 
même qu’a décrit Fabr., Groënl., 127, est une autre espèce, aussi voi- 
sine des leïches ; — Rondelet, 390, copié Aldrov. , 383, est le nez, aussi 
bien que Aldrov., 388, où seulement lanale est arrachée, et que les mä- 
choires id., 382 ; — Je ne parlerai pas de la fig. monstrueuse de Gesner , 
173, copiée Will, B 7; — Lacép., I, vu, 1, est le Sq. ustus. 

(1) C’est sur ce dernier caractère qu’est fondé le genre Arorias de 
Rafinesque. 

(2) Ajoutez le Sg. ustus, Dam. (Sg. carcharia minor, Forsk.), Lac., I, 
vin, 1; — Requin à nageoires noires , Quoy et Gaym., Zool. de Freyc., 
pl. 43, f. 15 — le Sg. glauque, Lac., T, 1x, 1, qui est différent de celui 
de BI. ; — le Sg. ciliaris, Schn., pl. 31, dont les cils marquent seule- 
ment l'extrême jeunesse. Le palasorrah et le sorrakowah, Russ., XIV et 
XV, et un assez grand nombre d’espèce nouvelles que nous drétèns 
dans notre histoire des poissons. 

(3) Lamna Vun des noms grecs de la lamie. Je n’ai pu employer, 
celui de lamia que Fabricius a appliqué à un genre d’insectes. 


CHONDROPTÉRYGIENS A BRANCHIES FIXES. 389 


sous la base duquel sont les narines , et parce que leurs trous 
des branchies sont tous en avant des pectorales. 


Celle qu’on connait dans nos mers. 
Le Squale nez.( Sq. cornubicus. Schn. ) Lac. [, 11, 3. (1). 


À une carène saillante de chaque côté de la queue , et 
les lobes de sa caudale presque égaux. Sa grandeur la 
souvent fait confondre avec le requin (2). 


Espèces réunissant des évents et une anale. 
Les Mianpres. (Garzeus. Cuv.) (3). 


Sont à peu près en tout de la forme des requins ; mais en 
diffèrent parce qu’ils ont des évents. On r’en connaît qu’un 
dans nos mers, de taille médiocre, et reconnaissable à ses 
dents, dentelées seulement à leur côté extérieur. C’est le 
Sq. Galeus, L.), BI. 118, Duham., sect. IX, pl. xx, fig. 
ret2. (4). ; 


Les Emissoues. (Musrezus. Cuv.) (5). 


Offrent toutes les formes des requins et des milandres ; 


(x) Le lumia Rondelet, 399. Le carcharias Aldrov., 383 et 388, ne 
sont autre chose que le sg. nez qui devient très grand, quoïqu’en dise 
Bloch, éd. de Schn., p. 132. Les mâchoires prétendues de carcharias 
données par Aldrov., 382, sont aussi celles du nez. Il paraît plus com- 
mun que le vrai requin dans la Méditerranée. 

(2) Ajoutez le beaumaris ( sq. monensis , Sh. ), qui a le museau plus 
court et les dents plus aiguës; — Zsurus oxyrhynchus , Rafin., Carat. , 
XIII, 1, pourrait bien être une espèce de ce genre, peut-être même 
l'espèce commune défigurée par l’empaillage. 

(3) Galeus, nom grec générique pour les squales. 

(4) C’est aussi le lamiola Rondel., 377, cop. Aldrov., 394 et 393 
Salv., 130, 1, cop. Will., B., 6-1. Si on lui a attribué quelquefois une 
taille énorme, c’est pour lui avoir rapporté les mâchoires et les dents 
représ. Lacép. , I, vn,2,et Hérissant, Ac. des Sc., 1749, maïs qui 
viennent d’une espèce étrangère que nous décrirons dans notre grande 
Ichtyologie. 

(5) Mustelus, traduction latine de y4):05 et générique pour les squales 

« NN. B. M. Rafinesque réunit les roussettes , les milandres ex les émissoles , 
sous son genre GALEUS. 


390 POISSONS 
mais outre qu’elles ont des évents comme ces derniers, elles 
se distinguent par des dents en petits pavés. 


Nos mers en produisent deux, confondues sousle nom 
‘de Sg. Mustelus, L. (x). 


Les Grisers. (Norinanus. Cuv.) (2). 


Diffèrent des milandres seulement par l’absence de la 
première dorsale. 


Le Griset proprement dit. (Squalus griseus. L. et Sq. vacca. 
Schn.) Augustin Scilla, pl. xvu (3). 


Cendré dessus , blanchâtre dessous, est très remarquable 

» par ses six ouvertures branchiales, larges, et par ses dents 

triangulaires en haut , dentelées en scie en bas. Son mu- 
seau est déprime et arrondi comme au requin. 


Le Perlon. (Squalus cinereus. Gm.) 


À jusqu’à sept ouvertures branchiales très larges; ses 
dents sont assez.semblables aux inférieures du précédent. 
Son museau est pointu comme celui du nez (4). 

Ces deux espèces vivent dans la Méditerranée (5). 


Les PEcerins. (Sezacue. Cuv.).(6). 


Joignent aux formes des requins et aux évents des milan- 
dres , des ouvertures de branchies assez grandes pour leur 


7 (r) L’Emaissole commune, Rondel,, 375. Salv., 136, f. 2, cop., Will., 

pl. B. 5, fig. 1, et mal à propos cité sous le milandre. 

L’Emissole tachetée de btanc où lentillat. (Rondelet 376. Bel, m8, 
cop. Aldr., 393.) ‘ 

(2) Nuruduvde (dos sec), nom grec de quelque squale dans 
Athénée. 

(8) Les dents y sont bien représentées, mais le poisson très mal. C’est 
le geffre Hexancuus , Rafinesque. 

(4) C’est le genre Herrrancuias de M. Rafinesque , qui lui refuse mal 


à propos des évents. 
(5) MM. Quoyet Gaymard ont découvert dans la mer des Indes , une 


espèce de ce sous-genre, toute tachetée de noir et à sept évents. 
(6) Seluche, Selézyn , nom grec commun à tous les cartilagineux. 


CHONDROPTÉRYGIENS À BRANCHIES FIXES. 391 


entourer presque tout le cou , et des dents petites , coniques 
et sans dentelures; aussi l’espèce connue (Sg. maximus, 
L.), Blainville, Ann. du Mus. tom. XVIII, pl. va, f. 7. 
n’a rien de la férocité du requin, quoiqu’elle le surpasse 
en grandeur, aussi bien que tous les autres squales. Il y en a 
des individus de plus de trente pieds. Elle habite les mers 
du nord, mais nous en voyons quelquefois sur nos cêtes 
par les vents forts du nord-ouest (1). 


Les CEstraciows. Cuv. 


Ont , avec les évents, l’avale , les dents en pavé des émis- 
soles , une épine en avant de SSQue dorsale, comme les 
ie et de plus, leurs mâchoires pointues avancent 
autant que le museau, et portent au milieu des dents petites, 
pointues , et vers les angles d’autres fort larges, rhomboï- 
dales, dont l'assemblage représente certaines coquilles 
spirales. 


On n’en connaît qu’un de la Nouvelle-Hollande (8. 
Philippi, Schn.), Phil., Voy. pl. 283 ,etles dents: Davila, 
Cat. L, xxu. 


Espèces sans anale, mais pourvue d’évents. 
Les Aiquizzars. (Spinax. Cuv.) 


Joignent , comme les milandrés et les émissoles, à tous 
les caractères des requins, celui de la présence des évents, 
et se distinguent en outre par l’absence d’auale, par de pe- 
tites dents tranchantes, sur plusieurs rangs, et par une 
forte épine en avant de chacune de leurs dorsales. 


(1) Voyez son amatomie par M. de Blainville, loc. cit. XV. B. Les dif- 
férences remarquées entre les figures et les’ descriptions de Gunner , 
Dronth., IN, n,1,de Pennant, Brit. Zool., n° 4r, de Home, Phil. 
Trans., 1809, et de Shaw, Gen. Zool., pourraient tenir à la difficulté 
de bien observer de si grands poissons, et ne pas suffire pour établir des 
espèces, Je ne vois pas non plus en quoi le squalus certes: Lesueur , 
Ac. Sc. nat. Phil. différerait de ce sq. maximus. 


\ 


[2 


/ 


392 POISSONS 


L’un des squales les plus communs dans nos marchés 
est le Sg. acanthias, L., Bl. 85. Brun dessus, blanchâtre 
dessous. Les jeunes sont tachetés de blanc. ( Edw., 


288. (1). 
Les Humanrnins. (CEnrTriNA. Cuv.)(2). 


Joigneut aux épines, aux évents et à l’absence d’anale des 
aiguillats , la position de leur seconde dorsale sur les ven- 
trales et une queue courte qui leur donne une taille plus 
ramassée qu'aux autres espèces. Leurs dents inférieures sont 
tranchantes , et sur une ou deux rangées; les supérieures 


grêles, pointues et sur plusieurs rangs. Leur peau est 
très rude. 


L'espèce la plus commune sur nos côtes est le Sq. cen- 
trèna, L. (BI. 115.). 


Les Leicues. (Scymnus. Cuv.) (3). 


Ont tous les caractères des humantins , excepté les épines 
aux dorsales. Nous:en avons aussi sur nos côtes. 
La Leicheoù Liche. Brouss., nommée Sq. Américanus 
par méprise (4). 


(r) Ajoutez le sagre Brouss. (sg. spinax L.), Gunner, Mém. de 
Dronth., II, pl. vi ;—l Aiguillat Blainville, Risso, deuxième éd., f. 6. 
IN. B. Le Squazus uyatus , Rafin., Caratt., pl. x1v, f. 2, ne diffère point 
des aïguillats, et c’est probablement le sg. spinax. Je pense que son 
Daratias nocturnus ; ib., f. 3, n’est qu’un aïguillat dont les évenis lui 
ont échappé. Son Ermorrerus aculeatus, me paraît aussi un aiguillat 
dessiné d’après le sec. L'auteur ne lui compte que trois orifices bran- 
chiaux, mais il n’en compte non plus que trois à l’ange, qui bien sûre- 
ment en a cinq. 

(2) Kesyrpiyn, nom de ce poisson ou de l’aiguiïilat en grec, de xe»rpor , 
aïiguillor. Ce sont les Oxynorus de Rafinesque. 

(3) Seymnus, nom grec de la roussette ou de quelque espèce voi- 
sine. 

(4) Parce que Gmel. a confondu le cap Breton près de Bayonne avec 
le cap Breton près de Terre-Neuve, Le sq. nicéen , Risso, première éd , 
f. 6, est le même poisson mal représenté. Il est un peu mieux, deuxième 
éd., f. 4. Le Dalatias sparophagus, Raf., car., x1u1, 2, doit aussi appar- 
tenir à ce sous-genrc. 


CHONDROPTÉRYGIENS A BRANCH!ES FIXPS. 909 


Il y en a une dans les mers du nord , que l’on dit aussi 
terribie que le requin (1); et la mer des Indes en a une 
remarquable par la petitesse de sa première dorsale (2). 

Une autre, le Sg. écailleux , Brouss. (Sg. squamosus, 
Lacép., I, x, 3, sous le faux nom de Sq. Liche, se fait re- 
marquer par Di petites écailles en forme de feuilles , re- 
levées et serrées, qui garnissent toute sa peau. Son museau 
est long et déprimé. 

Nous distinguons des leiches, des espèces qui ont la 
première dorsale sur les ventrales, et la deuxième plus en 
arrière. 

Il y en a une toute garnie de petites épines ( le Squale 
bouclé, Lacép.,1, im, 2; $q. spinosus , BI. Schn.) 


On peut faire un deuxième genre 
Des MARTEAUXx. (ZyGÆNA. Cuv. SPHYRNA. Rafin. ) 


Qui joignent aux caractères des requins une forme de 
tête dont ie règne animal n'offre point d’autre exemple. 
Aplatie horizontalement ; tronquée en avant, ses côtés 
se prolongent iransversalement en branches qui la font 
ressembler à la tête d’un marteau; les yeux sont aux 
extrémités des branches et les narines à leur bord an- 
rieur. 
| L'espèce la plus commune dans nos mers (Sq. zygæna, 

L.), Z. malleus, Naleuciennes , Mém. Mus. , IX, x1, 1; 

Parra, 32 ; Salv., 40; Will., B., 1,.a quelquefois jusqu’à 

douze pieds de Jong (3). 


(1) C’est le prétendu sq. carcharias de Gunner, Dronth., I, x et x1, 
et de Fab., Groenl., 127, el peut-être aussi celui de Bi., 119, quoiqu'il 
lui donne une anale. C’est probablement ici qu’il faut placer le sq. brevi- 
pinnis , Lesueur , Ac. Sc. Phil., I, 122, dont cet auteur fait son genre 
Somnrosus; mais il ne décrit pas ses dents, 

(2) ssahe laborde, Quoy et Gaym., voyage de mr E Zool., pl. 44, 
fus 

(3) Aj. l'espèce représentée par Bl., 117, ERPITET à ses narines 
placées bien plus près du milieu (Z., Nob. Blochü),Val., Mém. Mus, IX, 


x1, 2. Sa deuxième dorsale est aussi bien plus près de la caudale ; — les- 


394 | POISSONS 


Le troisième genre, ou celui 
DEs ANGES. (Squarina. Dumér. (1). 


À des évents et manque d’anale comme la troisième 
subdivision des squales , mais il diffère de tous les squales 
par sa bouche fendue au bout du museau et non des- 
sous, et par ses y&@1x à la face dorsale et non sur les 
côtés. Leur têteest ronde, leur corps large et aplati ho- 
rizontalement; leurs pectorales grandes et se portant en 
ayant, mais restant séparées du dos par une fente où 
sont percées les ouvertures des branchies; leurs deux 
dorsales en arrière des ventrales et leur caudale attachée 
également au-dessus et au-dessous de la colonne. 

Nousen avons un dans nos mers qui devient assez grand, 

Squatina angelus. (Squalus squatina, L.), à peau rude, 

de petites épines au bords des pectorales , Bi. 116 (2). 


Les Scies. ( Pristis. Lath.) (3). 


Forment un quatrième genre. Elles unissent à la 
forme alongée des squales en général, un corps aplati en 


pèce à large tête, donnée sous le nom de pantouflier, Lacép., I, vit, 3. 
C’est le pantouflier de Risso, Zyg. tudes, Val., Mém. Mus , IX, xn, 1, 
Koma sorra, Russel , xnt, 2 ; — le vrai pantouflier (sq. tiburo:, L..et Val., 
loc.c.,xu, 2 ), Margr., 181 , reconnaissable à sa tête en forme de cœur. 
IV. B. que la queue de la fig. de BL. est tordue, ce qui a occasioné l’er- 
reur de l’éd. de Schn., p. 131. Caudæ inferiore lobo longiore. 

(1) Pén en grec, squatina et squatus en latin ; noms anciens de ce 
poisson, conservés jusqu'a ce jour en Italie et en Grèce. 

(2) Aj. Squat. aculeata, Dumer., de la Méditerranée, une rangée de 
fortes épines le long du dos; — Squat. Dumerilü, Lesueur, Ac. des Sc. 
nat. de Philad., T, x, à peau granulée, etc. 

(3) Npéçu, scie , nom grec de ce poisson. 

Espèces : Pristis antiquorum ; — Pr. pectinatus ; — Pr. cuspidatus ; 
— Pr. microdon; — Prist. cirrhatus. Voyez Liaath., Trans. de la Soc. 
Linn., vol. II, p. 282, pl. 26 et 27; — Pristis semi-sagitatus, Shaw., 
Russel , I, 13. 


CHONDROPTÉRYGIENS A BRANCHIES FIXES. 3QD 


avant et des branchies percées en dessous comme dans 
les raies; mais leur caractère propre consiste en un très 
long museau déprimé en forme de lame d'épée, armé de 
chaque côté de fortes épines osseuses, pointues et tran- 
chantes, implantées comme des dents. Ce bee qui leur a 
valu leur nom, est une arme puissante avec laquelle ces 
poissons ne craignent point d'attaquer les plus gros 
cétacés. Les vraies dents de leurs mâchoires sont en 
petits pavés, comme dans les émissoles. 


L'espèce commune ( Pristis antiquorum, Lath., Squal. 
pristis, L.) atteint à une longueur dedouze ou quinze pieds. 


Les RAIES. (Raïa. Lin.) (à). 


Forment un genre non moins nombreux que celui 
des squales. Elles se reconnaissent à leur corps aplati 
horizontalement et semblable à un disque, à cause de 
son union avec des pectorales extrêmement amples et 
charnues , qui se joignent en avant l’une à l’autre, ou 
avec le museau , et qui s'étendent en arrière des deux 
côtés de l’abdomen jusque vers la base des ventrales; 
les omoplates de ces pectorales sont articulées avec l’é- 
pine derrière les branchies; les yeux et les évents sont 
à la face dorsale , la bouche , les narines et les orifices 
des branchies à la face ventrale. Les nageoires dorsales 
sont presque toujours sur la queue. Leurs œufs sont 
bruns, coriaces, carrés, avec les angles prolongés en 
pointes. Nous les subdivisons comme il suit: 


Les Rainosares. (Rainogarus. Schn.) (2). 


Lient les raies anx squales par leur queue grosse, charnue 
et garnie de deux dorsales et d’une caudale bien distinctes, 


(x) Raïa en latin, furis et Burès ‘en grec ; sont les noms anciens de 
ces poissons. 

(2) Pevofuros , que Gaza traduit par squatino-raia, est le nom grec 
de ces poissons , que les anciens croyaient produits par l’union de la raie 
Et de l'ange. 


396 POISSONS 


le rhomboïde formé par leur museau et leurs pectorales , est 
aigu en avant, et bien moins large à proportion que dans les 
raies jan Ils ont du reste tous les caractères des raies; 
leurs dents sont serrées en quinconce, comme de petits 
pavés plats. 

Dans les unes, la première dorsale est encore sur les ven- 
trales (1). 

Dans d’autres, elle est beaucoup plus en arrière. 

Telles sont l’espèce de la Méditerranée (A. rhinobatus , 
L.), Will, D:5 “fr. 

Et celle du Brésil, dont on a dit qu’elle participe aux 
propriétés de la Torpille, mais en qui cette propriété ne 
ne s’est point vérifiée. (R. electricus, Schn.), Marg. 152. 

Il y en a une espèce dont la peau est granulée comme du 
galuchat, Rh. granulatus (2). 


Les Rurva. Schn. 


Ne diffèrent des rhinobates que par un museau court, 
large et arrondi (3). 


Les Torpirzes. (Torprpo. Dum.) (4). 


Ont la queue courte et encore assez charnue; le disque de 
leur corps est à peu près circulaire, le bord antérieur étant 
formé par deux productions du museau quise rendent de. 
cô é pour atteindre les pectorales ; l’espace entre ces pecto- 
rales et la tête et les branchies , est rempli de chaque côté 
par un appareil extraordinaire, ee de petits tubes mem- 


(1) Rhin. lævis Schn:, 71, Russel, 16, ‘et Rh. Djiddensis , Forsk., 
18, qui ne font probablement qu’une espèce. C’est à elle que se rapporte 
la A de Rhinobate, Lac., V, vi, 3, eu celle de Duhamel, part. IT, 
sect. 1x, pl. xv. 

(2) N. B. La R. thouin, Lac., 1, 1-3, est une variété du rhinobate 
ordinaire. Le Raia halavi, Forsk., ne me paraît pas non plus en différer. 
Aj. Sutivara, Russ., XI. 

(3) Rhina ancylostomus , BL. Schn., 72; l'éditeur y joint mal à propos 
la Raie chinoise, Lac., 1, 11, 2, qui, autant qu’on en peut juger par une 
figure chinoise , se rapproche plutôt des torpilles. 

(4) Torpedo, vépxn; noms anciens de ces poissons , dérivés de leur 
faculté engourdissante. 


CHONDROPTÉRYGIENS À BRANCHIES FIXES. 397 


braneux , serrés les uns contre les autres comme des rayons 
d’abeilles , subdivisés par des diaphragmes horizontaux en 
petites cellules pleines de mucosité animés par des nerfs 
abondants qui viennent de la huitième paire. C’est dans cet 
appareil que réside la vertu électrique ou galvanique qui a 
rendu ces poissons si célèbres , et qui leur a valu leur nom ; 
ils péuvent donner à ceux qui les touchent des commotions 
violentes , et se servent probablement aussi de ce moyen 
pour étourdir leur proie. Leur corps est lisse, leurs dents 
petiteset aiguës. 


Nous en avons plusieurs espèces confondues parLinnæus 
et la plupart de ses successeurs, sous le nom de Ruia 
torpedo (1). 

La Torpille à taches œillées. (Torpedo narke. Kiss.) Bl- 
122. Rondel. 358 et 362. 


Varie pour le nombre de ses taches de cinq à une; n’a 
point de dentelures charnues au bords de ses évents. 


La Torpille galvanienne. (Torp. galvanii. Riss.) Rondel. 
363. 1. 


À sept dentelures charnues autour de ses évents, et est 
tantôt d’un fauve uniforme, tantôt marbrée, ou ponctuée, 
. ou tachetée de noirâtre. 
Î y en a plusieurs autres dans les mers étrangères (2). 


Les Rares proprement dites. (Ra1a. Cuv.) 


Ont le disque de forme rhomboïdale, la queue mince, 
garnie en dessus , vers sa pointe, de deux petites dorsales, et 
quelquefois d’un vestige de caudale; les dents menues et 
serrées en quinconce sur les mâchoires. Nos mers én four- 
nissent beaucoup d’espèces encore assez mal déterminées par 


(1) La Torpille vulgaire à cinq taches. Torpedo narke, Riss., Rondel.; 
358 et 362. ” 

Trpedo unimaculata , Riss., pl. 11, £. 3. 

T. marmorata , id., ib., f. 4, Rondel., 362. 

T. galvanü, d., ib., f, 5, Rondel.; 363 , f. 1. 

(2) Temeree, Russel , 1; — lVallatemeree, id., 2; — la Raï chinoise, 
Lacép., 1, 1, 2. L'une ou l’autre est le Raïa timlei, B1., Schn., 359. 


398 POISSONS 
les naturalistes. Leur chair se mange, quoique naturellement 
dure et ayant besoin d’être attendrie. 


La Raïe bouclée. (Raïa ciavata. 1.) Le mâle, BI. 84, sous 
le nom de Rubus, la femelle. 


L’une des plus estimées, se distingue par son äpreté et 
par les gros tubercules osseux ovales, garnis chacun d’un 
aiguillon recourbé, qui hérissent irrégulièrement ses deux 
surfaces. Leur nombre est très variable. 

“La Raïe ronce. (R. rubus. L.) Lac: 1, v. 


Diffère de la précédente par l’absence de ces gros tuber- 
cules, nommés boucles. Toutes les deux ont d’ailleurs des 
aiguillons crochus sur le devant et sur l’angle des ailes 
dans le mâle, et sur leur bord postérieur dars la femelle. 
Les appendices de leurs mâles sont très longs et très 


compliqués (1). 
La Raie blanche ou cendrée. (R. batis. L.) R. oxyrhinchus 
major, Rondel. 348. 


A le dessus du corps pre, mais sans aiguillons, et une 
seule rangée d’aiguillons sur la queue. C’est l'espèce qui 
atteint les plus grandes dimensions; on en voit qui pèsent 

plus de deux cents livres. Elle est tachetée dans sa jeu- 
nesse, et prend avec l’âge une teinte plus pâle et plus 
uniforme (2). 
ro 
(1) N.B. Le R. batis, Penn., Brit., Zool., n° 30, n’est autre chose que 
ce rubus, Lac. Le rubus de BI., 84, qui est le À, clavata, de Will, est 
sinon une espèce, du moins une variété, remarquable par quelques bou- 
cles éparses en dessus et en dessous. IL y en a aussi une variété marquée 
d'un œil sur chaque aile. C’est le R. oculata aspera, Rondel,, 351. 
(2) Ajoutez la Raie ondée ( R. undulata ), Au IV, x1v, 2, qui dif- 
fère peu ou point de la mosaïque , id., ib., xv1,2; — la À. chardon (R. 
fullonica, L.), Rondel., 356, MORE sous + nom d’oxyrhinchus, 
BL., 80, et Lac., I,1v, 1; — la R. radula, Laroche, An. Mus., XIII, 
321, emest fort voisine. — La À. lentillat (R. oxyrhinchus) ; Rondell, 
347 , dont la Rae bordee Lac., V, xx, 2, ou le À, rosiellata, Risso, 
pl. Let 2. Lœviraia , Salv., 142, est une espèce très voisine ; — À. aste- 
rias , Ron@el., 350, et Laroche, Ann. Mus., XIII, pl. xx,f. 1; — À. 
miraletus , Rondel., 349 ; — R. aspera, Rond. 356. 
Notez qu’il ne faut avoir aucun égard à la synonymie donnée par 


CHONDROPTÉRYGIENS À BRANCHIÉS FIXES. 399 


On a observé dans quelques espèces de raies, des indi- 
vidus portant, sur le milieu du disque, une membrane 
relevée en forme de nagecire. Telle était (dans ?’espèce de 
R. aspera), la raie Cuvier, Lac. 1, vu, 1. J’en ai vu aussi 
dans l’espèce de la bouclée. 


Les Pasrenacues. (Trycon. Adans.) (1). 


Se reconnaissent à leur queue armée d’un aiguillon den- 
telé en scie des deux côtés, jointé à leurs dents, toutes 
menues, serrées en quinconce. Leur tête est enveloppée, 
comme dans les raies ordinaires, par les pectorales, qui 
forment un disque en général très obtus. 

Les unes ont la queue grêle et à peine munie d’un repli 
en forme de nageoire ; et dans lenombre il en est à dos lisse. 
Telle est 


La Pastenague commune. (R. pastinaca. L. ) BI. 8. 


À disque rond et lisse ; elle se trouve dans nos mers, où 
son aiguillon passe pour venimeux , parce que ses dente- 
lures rendent dangereuses les blessures qu’il fait (2). 

Il en est aussi à dos plus ou moins épineux (3) ou à dos 
tuberculé (4). 

D’autres ont la queue garnie en dessous d’une large 

+ membrane, et c’est dans ce nombre qu’est l'espèce dont 
le dos garni de tubercules osseux et serrés donne le gros 
galuchat (R. Sephen., Forsk. ). (5) Il y en a même une dont 
corps arrondi est tout hérissé de petits piquants, et dont 


Artédi, Linnæus et Bloch , attendu qu’elle est dans une confusion com- 
plète, ce qui vient surtout de ce qu’ils ont employé comme principal 
caractère le nombre des rangées d’aiguillons à la queue, lequel varie 
selon l’âge et le sexe, et ne peut servir à distinguer les espèces. Celui des 
dents aiguës ou mousses n’est pas sûr non plus, et il est souvent douteux 
dans l'application. 

(1) Pastinaca , rpiyuy ou tourterelle, noms anciens de ces poissons. 

(2) Aj. Tenkée Shindraki , Russ. 1 , 5. 

(3) La Raie tuberculee , Lacép., 1, 1v, 1. Le graveur a oublié l’aiguil- 
lon de la queue; — Raia sabina, Lesueur, Ac. Sc. nat. Phil. 

(4) Zsakurrah-Tenkée , Russ. I, 4. 

(5) Aj: Wolga-Tenkée , Russ. I, 3. 


406 POISSONS 


la queué en a de bouclés comme ceux du dos de la raic 
bouclée(R. gesnert., Nob.) (1); mais plusieurs ont aussi le 
dos lisse (2). ! d 

Il yen a, dont la queue peu alongée et assez grosse 
se termine au bout par une nageoire (3). 

Enfin , dans quelques-unes, le corps est très large par 
l’ampleur des ailes , et la queue très courte (4). 


Les AvacanTes. Ehrenb. 


Ressemblent aux pastenagues; mais leur queue, longue 
et grêle, n’a ni nageoire ni aiguillon: {l'y en a une espèce 
dans la mer Rouge, dont le dos est garni d’un galuchat en- 
core plus gros que dans la sephen , et à grains étoilés (5). 


Les Mourines. (Myzioparis. Dumér.) (6) 


Ont la tête saillante hors des pectorales , et celles-ci plus 
larges transversalement que dans les autres raies, ce qui leur 
donne quelque apparence d’un oiseau de proie qui aurait 
les ailes étendues, et les a fait comparer à l'aigle. Leurs 
mâchoires sont garnies de larges dents plates, assemblées 
comme les carreaux d’un pavé, et de proportions différen- 
tes, selon les espèces ; leur queue, extrêmement grêle et 
longue, se termine en pointe, et est armée, comme celle 
des pastenagues , d’un fort aiguillon dentelé en scie des deux 
côtés, et porte en dessus, vers sa base, en avant de l’ai- 


(1) On n'avait que la figure de sa queue, Gesner , 77. 

(2) R. lymna, Forsk. , p. 17. C’est au moins une espèce extrêmement 
voisine qui est représentée, mais sans aïguillon , sous le nom de torpille. 
Lac.,l, vi, 1, et peut-être est-ce aussi le P. grabatus, Geoff., Eg. 
Poiss., Bl., XXV, 1, r./V. B. La lymnede Lac., I, 1v, 2 et 3, n’estqu’une 
pastenague ordinaire; — R.Jamaïcensis , Cuv., Sloane Jam., pl. 246, 
fig. 1. 

(3) La Raïe croisée, Lacép., Ann. Mus., IV, 1v, 2. 

(4) P. kunsua, N., Tenkee kunsu , Russel, I, 6; — À. maclura, Le- 
sueur, Sc. nat., Phil., ou Micrura, B1., Schn., 360. 

(5) L’ÆAiereba, Margr., 175 (Raia orbicularis, BL., Schn.), appartient 
peut-être à cette subdivision. 

(6) MusoBaros, de puln (meule), à cause de la forme de leurs dents. 
ÆMourines est leur nom provencal. 


CHONDROPTÉRYGIENS À BRANCHIES FIXES. AO 


guillon, une petite dorsale. Quelquefois il y a deux et 
plusieurs aiguillons (1). 
Les unes ont le museau avancé et parabolique. 


L’Aigle de.mer, Mourine, Ratepenade , Bœuf, Pesce ratto, 
etc. (Raia aquila. L.) Duham. part. Il, sect. 1x, pl. x, 
et les dents. Juss. Ac. des Sc. 1721, pl. 17 (2). 


Se trouve dans la Méditerranée et dans l'Océan ; il de-_ 
vient fort grand. Les plaques du milieu de ses mâchoires 
sont beaucoup plus larges que longues , sur un seul rang. 

‘Les latérales à peu près en hexagone régulier, sur trois 
rangs (3). 

D’autres (Les RaivoprerA Kuhl.) ont le museau divisé en 

deux lobes courts, sous lesquels en sont deux semblables (4). 


Les CÉPHALOPTÈRES. (CEPHALOPTERA. Dum.) (5). 


Ont la queue grêle, l’aiguillon, la petite dorsale et les 
pectorales étendues’en largeur des mourines; mais leurs! 
dents sont plus menues encore que celles des pastenagues ,; 
finement dentelées. Leur tête est tronquée.en avant, et les 
pectorales, au lieu de l’embrasser, prolongent CURE leur 
extrémité antérieure en pointe saillante ; cé qui donné au 
poisson l’air d’avoir deux cornes. 


On en pêche quelquefois dans, la Méditerranée une 


(1) Voyez la queue à cinq aïguillons, Voyage de Fréycinct , Zobl.;: 
ka, f.3. 

(2) IV. B. La fig. de BL., 81, n’est nullement celle de l'aigle. C'est 
une pastenague à laquelle on a ajouté une nageoire devant l’aiguillôn.( 

(3) Ajoutez Myl. bovina, Geoff:, Eg., Poiss., pl. XVI, f 1; A. 
narinari, L., Margr., 55, et sous le nom d’aigle, Lacép., 1, vi, 2, et 
les dents, Trans. Phil:, vol. XIX , n°232, p! 673.) Eëél tenkééz RH, 
1, 8. On la trouve dans Les deux PCR ;— À. flagellum, Schn., qi 
Son À. nieuhowä, Will, app., X, Hookarrah tenkee ; Russ., VIT, n’en 
diffère peut-être que parce que Paiguillon était, tombé, Les dents sont 
comme dans l’aquila;—R. Jussieui, Nob., à dents du milieu plus larges 
que longues, sur trois rangées. Juss., Ac. des Se., 1921, pli 1v, f. 12. 

(4): Myliobates marginata , Geoff.; Eg., Poiss., pl. xxv, £, 2; — Raia 
quadriloba, Lesueur, Ac. Sc. nat:; Philad. 

(5) Céphaloptère , tête ailée., à cause des productions'de leurs pecto- 
rales. 


TOME II. j 26 


402 POISSONS 

espèce gigantesque. (Raïa cephaloptera, Schn.)Raie giorna, 

Lac. V, xx, 3. (1). À dos noir, bordé de violâtre. 

Les CnonprorTÉr etes de la deuxième famille, 
ou les 

SUCEURS. (Cycrosromes. Dumér. ) 

Sont, à l’égard du squelette, les plus imparfaits 
des poissons et même de tous les animaux vertébrés ; 
ils n’ont ni pectorales ni ventrales ; leur corps alongé 
se termine en avant par une lèvre charnue et cir- 
culaire ou demi-circulaire , et l’anneau cartilagineux 
qui supporte cette lèvre, résulte de la soudure des 
palatins et des mandibulaires. Tousles corps des ver- 
tèbres sont traversés par un seul cordon tendineux, 
rempli intérieurement d’une substance mucilagi- 
neuse , qui n’éprouve point d’étranglements, et les 
réduit à la condition d’anneaux cartilagineux à 
peine distincts les uns des autres. La partie annu- 
laire un peu plus solide que le reste, n'est pas ce- 
pendant cartilagineuse dans tout son pourtour. On 
ne voit point de côtes ordinaires, mais les petites 
côtes branchiales, à peine sensibles dans les squales 
et les raies, sont ici fort développées et unies les 
unes aux autres pour former comme une espèce de 


(1) La Raïe 'fabronienne ,'Lac., W, v, 4-2, n’est probablement qu’un 
individt mutilé de'Ta giorna, mais la R. giorna de Lesueur ; Ac. 
Sc. nat., Phil, paraît différente de celle de la Méditerranée , et pourrait 
étre plutôt la mobular, Dubam , deuxième part., neuvième sect., pl 17; 
= Quant aux À. banksienne, Lac., I, v, 3; — Manatia, id., 1,vu,2; 
— Diabolus minus, Will., app., IX, 3, il est fàcheux qu’elles ne re- 
posent pas sur des documents bien authentiques. 

Ajoutez le Cephalopière massena, Riss., p. 15; — Eregoodoo-tenkee, 

Russ., 1,9. 


‘ 


CHONDROPTÉRYGIENS A BRANCHIES FIXES. 409 


cage, tandis qu'il n’y a point d’arcs branchiaux 
solides. Les branchies, au lieu de former des peignes, 
comme dans tous les autres poissons, présentent 
l'apparence de bourses résultantes de la réunion 
d’une des faces d’une branchie avec la face opposée 
de la branchie voisine. Le labyrinthe de l'oreille 
de ces poissons est enfermé dans le crâne ; leurs na- 
rines sont ouvertes par un seul trou au devant du- 
quel est l’orifice d’une cavité aveugle (1). Leur 
canal intestinal est droit et mince avec une valvule 


en spirale. 
Les LAmproyes. ( PETOMYZON. L.) (2). 


Se reconnaissent aux sept ouvertures branchiales 
qu’elles ont de chaque côté. La peau se relève au-dessus 
et au-dessous de la queue en une crête longitudinale 
qui tient lieu de nageoire, mais où les rayons ne s’a- 
perçoivent que comme des fibres à peine sensibles. 


Les Lamproyes proprement dites. (Perromyzon. Dum.) 


Leur anneau maxillaire est armé de fortes dents, et des 
tubercules revêtus d’une coque très dure et semblables à 
des dents, garnissent plus ou moins le disque intérieur de 
la lèvre, qui est bien circulaire. Cet anneau est suspendu 
sous une plaque transverse, qui paraît tenir lieu des inter- 
maxillaires, et aux côtés de laquelle on voit des vestiges de 


(1) C’est ce qne les auteurs nommaient mal à propos évent. Voyez en 
général sur cette famille : Duméril, Diss. sur les Poiss. Cyclostomes. 

(2) Lamproye, Lampreda , Lamprey , noms corrompus de Lampetra , 
qui lui-même est moderne et vient, à ce que croient quelques-uns, de Lam- 
bendo petras. Petromyzon en est la traduction grecque faite par Artédi. 
Il est singulier que l’on soit incertain du nom ancien d’un poisson estimé 
et commun dans la Méditerranée, 

26* 


4o4 POISSONS 


maxillaires. La langue a deux rangées longitudinales de 
petites dents, et se porte en avant et en arrière comme un 
piston; ce qui sert à l’animal à opérer la succion qui le dis- 
tirgue. L'eau parvient de la bouche aux branchies par un 
canal membraneux particulier, situé sous l’œsophage, et 
percé de trous latéraux, qu’on pourrait comparer à une 
trachée-artère. Il y a une dorsale en avant de l’anus, et une 
autre eu arrière, qui s’unit à celle de la queue. Ces poissons 
ont l’habitude de se fixer par la succion aux pierres et autres 
corps solides , ils attaquent par le même moyen les plus 
grands poissons, et parviennent à les percer et à les dévorer. 


La grande Lamproye. ( Petromyzon marinus. L.) Bloch. 
77- Les dents mieux. Lac. 1, 1,2. 


Longue de deux ou trois pieds, marbrée de brun sur 
un fond jaunäâtre; la première dorsale bien distincte de la 
seconde; deux grosses dents rapprochées au haut de l’an- 
neau maxillaire. Elle remonte au printemps dans les em- 
bouchures des fleuves. C’est un manger très estimé. 


La Lamproye de rivière, Pricka, Sept-OEïl , etc. (Petro- 
myzon FRE L. BI. 78, 5. 


out d’un pied à dix-huit pouces; argentée , noirâtre 
ou olivâtre sur le dos; la première dorsale bien distincte 
de la seconde; deux grosses dents écartées au haut de 
lanneau maxillaire. On la trouve dans toutes les eaux 
douces. 


La petite Lamproye de rivière , Sucet, etc.(Petr. planeri. 
BI.) Gesner. 705. 
Longue de huit ou dix pouces; les couleurs et les dents 


de la précédente ; les deux dorsales contiguës ou réunies. 
Elle habite aussi nos eaux douces (1). 


u (x) NB. La fig. du planeri, BL, 78,3, n ’est.qu’un jeune Seed 
En revanche, je pense que les petrom. Sucet:, Lac., IL, 1, 3; — Sept- 
œil, IV yxv ,5 3 Noir, ib., 2 , ne sont que des variétés da planeri; — 
mais Jafig.T, 1,11 sous le nom de Zamproyon (Petrom. brarchialis). 
représente pne espèce particulière de ce genre et non un ammocète. Je ne 
vois!pas de différence certaine entre le Petrom. argenteus , BL, 415,213 
et le Jluvialis. 


CHONDROPTÉRYGIENS A BRANCHIES FIXES. 405 


Les Myxines. L. 


N'’ont qu’une seule dent au haut de l’anneau maxil- 
laire, qui lui-même est tout-à-fait membraneux, tandis 
que les dentelures latérales de la langue sont fortes et 
disposées sur deux rangs de chaque côté, en sorte que 
ces poissons ont l’air de ne porter que des màchoires 
latérales comme les insectes ou les néréides, ce qui les 
avait fait ranger par Linnæus dans la classe des vers ; 
mais tout le reste de leur organisation est analogue à 
celle des lamproyes (1) : leur langue fait de même l’effet 
d’un piston, et leur épine du dos est aussi en forme 
de cordon. La bouche est circulaire , entourée de huit 
barbillons, et à son bord supérieur est percé un évent, 
qui communique dans son intérieur. Le corps est cy- 
lindrique et garni en arrière d’une nageoire qui con- 
tourne la queue. L’intestin est simple et droit, mais 
large et plissé à l’intérieur; le foie a deux lobes. On ne 
voit point de traces d’yeux. Les œufs deviennent grands. 
Ces singuliers animaux répandent par les pores de leur 
ligne latérale une mucosité si abondante, qu'ils sem- 
blent convertir en gelée l’eau des vases où on les tient. 

Ils attaquent et percent les poissons comme les lam- 
proies. 

On les subdivise d’après les orifices extérieures de 
leurs branchies, 

Dans 

Les HeprarTRÈmEs. Dumér. 

Il y a encore sept trous de chaque côté comme dans les 
lamproves. 

On v’en connaît qu’un de la mer du sud , le Gastro- 


branche dombey, Lac.K, xxur, 1. Petromyzon cirrhatus, 
Forster, Bl. Schn., p. 532 (2). 
(x) Voyez le mémoire d’Abildgaardt , Ecrits de la Soc. des nat. de 
Berlin , tome X, p. 193. 

(2) Voyez le mémoire de sir Everard Home, dans les Trans. Phil. 
de 1815, 


406 POISSONS CHONDROPTÉR. A BRANCH. FIXES. 
Dans 


Les Gasrrosrancues. Bloch. 


Les intervalles des branchies, au lieu d’avoir chacun son 
issue particulière au dehors, donnent dans un canal commun 
pour chaque côté, etles deuxcanaux aboutissent à deux trous 
situés sous le cœur, vers le premier tiersde la longueur totale. 


On n’en connaît qu’un de la mer du nord Myxine glu- 
tinosa, Linn. Gastrobranchus cœcus, BI. 413. 


Les AmmocÈres. (Ammocorres. Dumér.) 


Ont toutes les parties qui devraient constituer leur sque- 
lette tellement molles et membraneuses, qu’on pourrait 
les considérer comme n’ayant point d’os du tout. Leur 
forme générale et leurs trous extérieurs des branchies, sont 
les mêmes que dans les lamproyes, mais leur lèvre charnue 
n’est que demi-circulaire , et ne couvre que le dessus de la 
bouche; aussi ne peuvent-ils se fixer comme les lamproyes 
proprement dites. On ne peut leur apercevoir aucune dent, 
mais l'ouverture de leur boughe est garnie d’une rangée de 
petits barbiflons branchus. Ils n’ont point de trachée parti- 
culière, et leurs branchies reçoivent l’eau par l’œsophage , 
comme à l’ordinaire. Leurs dorsales sont unies entre élles et 
à la caudale, en forme de repli bas et sinueux. Ils se tiennent 
dans la vase des ruisseaux , et ont beaucoup des habitudes 
des vers, auxquels ils ressemblent tant par la forme (1). 


Nous en avons un nommé 


Lamprillon, Lamproyon, Civelle , Chatouille, etc. (Petrom. 
branchialis. L.) 


Long de six à huit pouces, gros comme un fort tuyau 
de plume, que l’on a accusé de sucer les branchies des 
poissons, peut-être parce qu’on le confondaitavec le petrom. 
planeri. On l’emploie comme appât pour les hameçons. 


(1) Voyez Omalius de Hallois , Journ. de phys., mai 1808. 
I, B. Le Petrom. rouge, Viac., IT, 1, 2, est de ce genre; peut-être ne 
iffère-tl pas essentiellement du Lamprillon commun. < 


FIN DU TOME DEUXIÈME. 


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